PanamaPapers et autres paperolles.

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Il y a bien longtemps, au début des années 2000, Denis Robert nous parlait déjà de Clearstream et de ses étranges façons de faire. On avait sous les yeux les fiches de comptes non-publiés de cette Chambre de Compensation. Tout était dit, tout était écrit. Mais comme souvent, on ne croit pas aux vérités qui sont sous nos yeux. Quelques 15 années plus tard, éclatent les scandales de LuxLeaks, SwissLeaks puis, aujourd’hui, de PanamaPapers. Scandales qui touchent hommes politiques, sportifs et grands patrons de presse (Patrick Drahi, boss de L’Express et de Libération)…

Voilà donc le dernier BiBiPapers.

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Panamapapers

Aujourd’hui éclate le scandale du «PanamaPapers». On ne peut que se louer du travail d’investigation et d’exploitation du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) qui a mis à jour 11,5 millions de documents. Tout cela va certainement faire du bruit. Aujourd’hui, la censure n’est plus à vouloir cadenasser ces informations. Tant mieux. La censure a cependant changé de visage. Car elle s’immisce non dans l’exposition mais dans la façon dont on aura d’en tirer les conclusions. Il est fortement à parier que – comme dans les dernières lignes du Monde – on continue de semer des illusions. On demandera plus de régulation, une surveillance renforcée des réseaux, on se dressera pour condamner ces «excès» gna gna et regnagna. Lisons juste la première conclusion du premier article du Monde : «Le système financier dans son ensemble se doit de réguler le grand Meccano de l’offshore. Il a tout à y gagner». On amorce déjà le virage libéral d’explication : on demande au… «système financier» lui-même (!) de faire du ménage… C’est que surtout il ne faut pas prononcer les vilains mots, il faut surtout ne pas s’en prendre au capitalisme mondial et à la corruption généralisée qu’il engendre.

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CfLliLdXEAALsHt

Patrick Drahi, grand boss de Libération et de L’Express, est un des grands noms de cette liste. Belle aubaine pour titiller ces grands Capitaines des Medias (qui se veulent les plus discrets possibles). Belle occasion pour les faire sortir de leur petit monde en exposant leurs petites affaires. Pourquoi se priver de ce double plaisir ? Deux de nos grands editorialistes (Christophe Barbier et Laurent Joffrin) ne cessent de vouloir donner des leçons de démocratie, d’occuper les espaces médiatiques dans de bien fumeux duels, de nous seriner que l’ennemi, c’est la Gauche Radicale. Que leur dire aujourd’hui si ce n’est déposer ces deux tweets dans un grand éclat de rire nietzschéen ?

J’attends avec impatience l’édito de @C_Barbier idéalement placé pour parler de #panamapapers avec #Drahi son Boss !

Quelle chance pour les journalistes de #liberation ! Ils ont #Drahi sous la main. #panamapapers

 

Dans cette affaire, BiBi ne saurait oublier un des trois actionnaires du Monde Pierre Bergé . Et de l’apostropher ainsi humblement (ce Bergé qui fustigea quelques-uns de ses journalistes qui révélèrent le nom de fraudeurs dans l’affaire SwissLeaks). Qu’aurait-il à dire sur l’affaire d’aujourd’hui et à répondre au tweet-bibi ?

Pierre #Bergé va t-il oser s’offusquer du travail des journalistes du @lemondefr et réemployer le mot de « délation »? #panamapapers

CfLog8RWAAA3NJm

Bien entendu, devant une si grave affaire, le mieux est encore de continuer d’en rire en acérant quelques autres flèches au curare. Celles-ci toujours déposées (ou décochées) sur Twitter.

Sur Papa Cameron :  #panamapapers Le père aujourd’hui décédé du Premier ministre David #Cameron aura connu le paradis de son vivant (paradis fiscal of course).

Sur Lionel Messi :  Et il faudrait se mettre à genoux devant le #Messi ? #panamapapers

Sur Michel Platini qui reçut les encouragements exemplaires de Manuel Valls lorsque furent dévoilées les factures FIFA : Voilà #Platini pris dans les filets.#panamapapers

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Enfin, the last but not the least, voilà François Hollande qui n’a guère tardé à réagir en Ennemi numéro 1 de la Finance. Le voilà faisant l’éloge des lanceurs d’alerte (gloups !), lui qui plaça Jérôme Cahuzac (autre inscrit dans les petits papiers du Panama) en poste de Ministre du Budget. Hélas pour François, BiBi a de saines lectures et a une très bonne mémoire. Dans le livre d’Ignacio Ramonet («L’Empire de la Surveillance») il retrouva un bas de page sur lequel il n’y a rien à rajouter.

CfMEi4XXEAAiwu1

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bauer_fouks_rocard_valls2

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Restons dans la mélasse socialiste. Dans le JDD, canard-laquais de Lagardère où Valls a ses entrées quand-il-veut, comme-il-veut, notre Premier Ministre fit la déclaration suivante : «Mon candidat pour 2017, c’est François Hollande. Je soutiens le Président et veux qu’il se représente». Qu’en conclure ? Très simple : Valls n’ignore pas que Hollande sera battu l’an prochain sans espoir d’être repêché. La tactique vallsienne est donc ultra-simple : pour lui, une candidature 2017 est prématurée. En bon Communicancant qu’il est, Valls sait qu’il ne faut pas se précipiter, qu’il lui faudra patienter jusqu’en 2022.

Avec Fouks et Alain Bauer, le trio attendra tranquillement que le probable Juppé fasse son quinquennat (dont la politique à n’en pas douter sera de plus en plus impopulaire). Alors ? Et alors ? Zorro-Valls va arriver, sans se presser et il ira briguer alors la fonction suprême. Mais ce que les équipes de Com ignorent c’est que la Vie (et l’avis des français) ne se modèle pas sur les désirs de QuiQueCeSoit, même notre bonhomme se nomme Manuel Valls. Et soyez sûrs, chers lectrices et chers lecteurs, que BiBi sera là, applaudira à tout rompre le Réel bottant fesses de notre Travailleur Manuel et que – de tout cela – il tâchera d’en faire un savoureux BiBiPaper.

2 Responses to PanamaPapers et autres paperolles.

  1. Robert Spire dit :

    Nous devrions être tous debout la nuit et le jour à demander des comptes à nos représentants politiques qui permettent ces immenses détournements de richesses et protègent les bénéficiaires; et aussi à aux élus irréprochables, leur inaction. Ces derniers qui ont toujours comme dernier argument: « Mais que voulez-vous que j’y fasse? »

  2. Bien d’accord Robert, samedi à la manif aussi.

    Bizarre, cette actualité nous a fait réagir tous les deux… Si l’autorégulation est aussi efficace que celle du MEDEF quant aux salaires des patrons, ça ira !
    D’ailleurs, l’emploie de régulation à la place de réglementation n’est pas anodin..

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