« Un sentiment de rage indignée».

Pas d’aujourd’hui que je conseille de lire les travaux du sociologue Alain Accardo. Ce dernier, au long parcours de chercheur en sciences sociales, a été un moteur de mes reflexions dans le capharnaüm de ce Monde. Ses analyses ont été des points de repères essentiels lorsque l’épais brouillard de l’idéologie libérale m’enveloppait à mon corps défendant.

Mes Voyages de la quinzaine dans TWITTER.

Pour ce billet de mi-juin, j’ai refait le périple TWITTER des 15 premiers jours. Et j’en ai tiré la substantifique moëlle.

A mon réveil, le Capitalisme était toujours là.

Comment se débarrasser de la question-constat qu’un ami me posa innocemment au début de la retransmission du match de football France-Irlande au Stade de France ? «Je ne comprends pas, me disait-il, qu’un match amical de foot rassemble 80.000 personnes et que le défilé du 26 mai ne réunisse pas plus que ce nombre».

Devais-je écarter sa question en la déniant ? Non, car elle était d’importance. D’autant plus qu’écoutant Alain Badiou (entretien au MediaTV avec Aude Lancelin) quelques jours plus tard, le constat du philosophe sur le rapport des forces du présent allait dans la même direction : «L’idée fait défaut… On a affaire à des résistances, donc à des données qui tentent d’empêcher le pire, d’empêcher la dislocation complète du système social… mais ce n’est pas saisi ou resaisi dans une dimension affirmative commune. De là une certaine faiblesse». Il parlait du mouvement populaire qui donne pourtant des signes d’espoir.

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Oui nous sommes « En Guerre ».

« En guerre » c’est le titre du dernier film de Stéphane Brizé.

Dans un précédent billet, j’avais dit mes réserves sur «La Loi du Marché» où l’on voyait le personnage principal (le chômeur solitaire Thierry, joué aussi par Vincent Lindon) s’enfoncer dans une dérive individuelle et se tenir à l’écart de toute lutte collective. Cette fois-ci (Brizé aurait-il lu le billet-BiBi ?), le réalisateur prend le contrepied de sa «Loi du Marché» et met en scène un ouvrier syndiqué CGT de l’usine agenaise Perrin, représentant des 1100 ouvrier(e)s en lutte contre une maison mère d’une multinationale basée en Allemagne. Cette dernière s’apprête à fermer le site et à délocaliser alors qu’un plan sur les 5 dernières années avait été accepté par les ouvriers de l’usine agenaise.

«Words, Words, Words»

Dans le Hamlet (Acte II scène 2) de Shakespeare, il y a cet échange entre Polonius et Hamlet :

POLONIUS. (…) Que lisez-vous là, monseigneur ?

HAMLET. – Des mots, des mots, des mots !

POLONIUS. – De quoi est-il question, monseigneur ?

HAMLET. – Entre qui ?

POLONIUS. – Je demande de quoi il est question dans ce que vous lisez, monseigneur !

HAMLET. – De calomnies, monsieur !

Il y aura donc ici de la lecture, des mots qui calomnient, qui font risette, des discours de trahisons, des manipulations langagières, des mots qui tanguent, des mots qui se redressent et qui crient. Et des gens qui se donnent le mot. Du haut de leurs perchoirs. Et en bas, de plus en plus nombreux, en bas dans les rues.

Words, words, words.

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