Singulières synchronicités (à propos du livre de Guy Birenbaum).

Enfant

Lorsqu’au sortir de sa dépression, Guy Birenbaum voit la petite lumière au bout de son tunnel, c’est l’étonnement qui le saisit. De retour dans le Réel, il nous parle des rencontres incongrues qu’il fait, des hasards de situations, de ses surprises et les nomme des «synchronicités».

Elle me disait… (16).

Elle me disait 16

Tant de fois où Elle baissait la voix jusqu’à en être inaudible. Je n’osais lui demander de répéter, sachant que ses phrases ne supporteraient pas la redite. Instants passés, effacés à jamais ; phrases perdues, révolues, disparues.

J’essayais pourtant de m’en souvenir, de rester concentré pour, plus tard, les inscrire une à une dans mes carnets. Je me rendais alors compte que, la plupart du temps, mes transcriptions étaient tronquées, approximatives. Je finissais par me dire qu’au fond peu importait cette infidélité car mon bouleversement, mon bonheur tenaient en grande partie des seuls instants où Elle les disait.

Elle parlait. J’écoutais. Elle se taisait.

J’enregistrais ses silences.

Son débit était toujours très lent, un pas devant l’autre, un mot après l’autre. Elle parlait, elle rêvait, elle marchait. Trois mouvements simultanés. Puis elle se taisait. Parfois, elle relançait ses mots à la volée, elle parlait au ciel sans s’arrêter sur ma présence. D’autres fois, elle marquait une courte halte, posait son regard intense sur moi et je revenais à nouveau dans le jeu.

J’ai appris à aimer ces va-et-vient, ces saccades, ce bain sonore où les idées ne comptaient plus, où le sens se perdait dans les sables, dans les fourrés, dans les forêts, dans le grand vent du grand large.

Et convaincu j’étais que la Terre toute entière, que la mer et les Océans nous chérissaient, nous remerciaient.

Blog en jachère.

ANNIVERSAIRE-7

Avril 2010 : deux ans après la naissance de mon blog, je profitais malicieusement du Premier Avril, pour faire croire à l’arrêt définitif de mon blog.

Premier avril 2015 : soudainement, je me suis dis qu’arrivé à 1461 articles et sept années de blog, il était temps de tourner provisoirement le bouton, de ralentir la Machine. Sept années après mon dépucelage numérique, je repousse doucement la porte, demandant à mes fidèles lecteurs et lectrices du blog d’annuler leurs rendez-vous et de refermer leurs carnets de bal.

Voilà donc ma décision prise de faire jachère, d’épouser une phase de ralentissement extrême, de lâcher truelle, marteau et fil à plomb.

Mediapart et Jean-Luc Mélenchon : faut-il s’étonner ?

Tempête 3

 «Étonnants» journalistes de Mediapart ?

Fabrice Arfi et François Pernaud de Mediapart ont poussé une violente charge contre Jean-Luc Mélenchon. Et l’attaque tout azimut a été de taille : qualificatifs ahurissants, phrases tronquées… Toutes choses qui en laissa plus d’un sur son séant.

Mais à la réflexion, est-ce si étonnant que ça ?

Elle me disait… (15)

noell oszvald  bibi

« Je ne sais plus ce que je dis ». C’est par ces mots déposés que notre quinzième rencontre a débutée. Non qu’Elle s’en vantait pour faire l’intéressante. Non qu’Elle commençait lucidement à délirer… Ce n’était pas non plus un constat froid, distancié. «Je ne sais plus ce que je dis» ajouta t-elle une seconde fois.

Et tout advint ensuite. Tout, entrecoupé de silences, de sourires (qui n’en étaient surement pas) : phrases lâchées dans les brumes, en plein soleil, sur les bords des grands fleuves ou en enjambant les ruisseaux des montagnes (ce jour-là, nous étions remontés aux sources). Il était naturellement hors de question d’en prendre note sur le vif. Je m’y étais résigné.

C’est donc sur des souvenirs brouillardeux que je les ai reconstruites et les ai retranscrites ici. Parfois, il me semble même que j’ai usurpé sa place d’énonciatrice. Honteux, je suis presque persuadé – à mon corps défendant – que tout cela vient de moi. Je pèse longuement le pour, longuement le contre. L’a-t-elle dit ? L’ai-je ainsi écoutée ? Je ne sais plus.

J’avoue alors que très souvent, trop souvent, fébrile à mon tour, je me surprends à murmurer, à me répéter : «Je ne sais plus, je ne sais plus ce que j’écris».

Au final, restent ces vingt fois. Les voici donc…