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Sur le film a-politique de Xavier Giannoli.

« L’habileté est de ne pas en avoir fait un film politique. On entre dans cette histoire par l’humain, à travers la relation d’un père avec sa fille, l’amitié entre deux hommes et la maladie ». (Jean Dujardin sur « Les Rayons et les Ombres« )

HUIS-CLOS APOLITIQUE. LE HORS CHAMP PAS EVOQUE.

– Nous sommes donc dans un huis-clos où ne joueraient que ce trio (Jean Luchaire, sa fille et Otto Abetz). Film apolitique, a-historique, contrairement aux écrits des critiques et des paroles de Dujardin.

– Le hors champ, celui des rapports de forces évolutif en France, à Alger, à l’international est à peine mentionné, voire totalement gommé (on n’entend pas par exemple « Europe nouvelle » souhaitée par les fascistes français. Probablement pour qu’on ne la confonde pas avec, celle qui allait dominer : l’Europe nouvelle de… l’après-guerre !  Le hors champ est juste une illustration :  par exemple, il est parlé des rafles de juifs mais, sur cette question, Xavier Giannoli ne veut surtout pas associer « juifs » à « communistes ». La haine « judéo-communiste » est pourtant un mot incontournable, il est nécessaire pour la comprehension complète de ces rafles. Le qualificatif est interdit par Xavier Gianiolli sauf à le faire prononcer une seule fois par un tribun fasciste en tribune. Qui est ce dernier ? Pffft, pas besoin d’être trop politique. Faut rester dans l’«humain» comme le prône Jean Dujardin ! Dommage, car il aurait fallu expliquer ce qu’était le PPF de Deloncle et le rôle qu’il joua dès sa création (1936-37). Pfftt, pourquoi aller alourdir la fiction, hein ?

– Donc pas de « judéo-communiste ». Rapporté à aujourd’hui, on voit alors les raisons de ce refus. Gianolli nous le dit dans son interview à Paris-Match : « jouer avec le feu antisémite par intérêt électoral est gravissime ». Qui joue avec le feu ? Ben voyons, écoutons-en l’écho : c’est Jean-Luc Mélenchon qui serait un problème, qui serait un Doriot-bis. 

ABSENCE DE CHRONOLOGIE.

– Sans chronologie, pas d’Histoire, pas de compréhension historique. Terrible cette absence quand sont évoqués tous ces allers-retours dans le film entre 1930 et 1947. On ne sait jamais – comme dirait Corinne Luchaire – où on se trouve et à quel moment. Le retour des cendres de l’Aiglon du 15 décembre 1940 est placé n’importe où et n’importe comment dans le film. Misère supplémentaire : la construction de la séquence fait croire que le refus de Pétain de s’y rendre est un acte embryonnaire de protestation contre Hitler !

– Ainsi le pacifisme d’après-guerre 1914 et celui d’après 1933 n’ont pas le même sens. Autant être pacifiste après la boucherie de 14-18 est un comportement humaniste normal, autant être pacifiste après 1933 est d’un tout autre ordre : ce sont les ligues d’extrême-droite qui exaltent le pacifisme (y compris sur la question de la guerre d’Espagne où Blum demeurera neutre alors que les Républicains espagnols demandent de l’aide). Oui, après 1933, les fascistes français ne veulent pas pousser la France à s’armer contre Hitler. Ces fascistes français traitent la Gauche de « fauteurs de guerre » à la solde des Soviets et de l’Angleterre. Une absence de réarmement qui coûtera cher puisque l’armée allemande envahira – au grand bonheur de tous ces Cagoulards – la France en 2 jours.

– On est dans le Royaume de la Confusion alors que le principal qui réside dans les attitudes de bien des Collaborateurs est éludé. Le paradoxe de ces Collabos n’est que de façade : ces derniers savent dès l’échec de la guerre-éclair contre les Soviets que l’Allemagne ne sera pas gagnante. Avec la défaite de Stalingrad (1942),les nazis perdront la guerre. Ces fachos vont changer de tuteur (américain mais pas gaulliste) mais bcp d’entre eux (la grande majorité) continueront – dans le réel – de servir Hitler, de pousser à la chasse aux juifs (traités de « youpins de Staline »), à la chasse aux résistants majoritairement communistes et à la chasse aux résistants gaullistes minoritaires.

SUR JEAN LUCHAIRE.

– Sur Luchaire, le parti pris de Xavier Giannoli n’est pas pris avec de gros sabots. Le réalisateur est plus « subtil ». Dans ses plans, lors de chaque apparition de Jean Dujardin-Luchaire, le cinéaste ne le montre jamais vraiment pro-hitlérien. Dans chacune de ses mimiques, Jean Luchaire-Dujardin a comme des « hésitations ». Discrètes hésitations à aller dans le pire, filmées pour minorer les saloperies de son héros. Hésitations qui n’ont jamais existé car il n’y a aucune ambiguïté chez Luchaire, ce protégé de Pierre Laval, même s’il fréquenta dans ses premières années 1920-25 des « amis » de « gauche ».

– En mars 1941, l’avocat Maurice Garçon, pourtant d’extrême-droite, parle de Jean Luchaire comme d’un « aventurier sans scrupules » qui « joue les traitres avec contentement » (Journal 1939-45). En janvier 1943, le même avocat écrit : « Le pactole coule sur lui. Il est l’un des hommes les plus en vue, les plus décriés, les plus haïs de Paris ».  Qui pourrait le deviner quand Giannoli construit l’époque en longs plans séquences sur les gentilles orgies à l’ambassade d’Allemagne, où le Drame se réduit à la toux de Papa et de sa fille ? Une ambassade où, déjà, avant-guerre, via le Comité France Allemagne, Abetz connaissait déjà tous les Français qu’il reverra en 1940 dans le Paris occupé.

– La fiction de Giannoli présente Jean Luchaire sous l’angle du tubard, du souffrant, du papa attentionné à sa fille (alors que dès 1941, en Chef de la Presse française, il emmène Corinne dans « l’immonde bordel de la rue de Fourcy »). Ces parties fictionnelles (le pauvre Jean tousse beaucoup et très tôt – comment ne pas avoir de compassion ?) sauvent son héros en minorisant ses saloperies (guère montrées). De 1930 à 1934, il organise du côté français les Camps de Jeunesse franco-allemands dont est chargé Otto Abetz (qui a adhéré au parti nazi en 1931) du côté allemand et c’est sous la direction de Jean Luchaire que la presse parisienne entre dans l’ère de la collaboration.

SUR ABETZ.

– Xavier Giannoli filme Abetz à Berlin quand les nazis viennent l’embaucher en misant sur sa francophilie. Le réalisateur marque une supposée réticence d’Abetz quand ces mêmes nazis lui font remarquer qu’il n’est pas adhérent au parti. Là encore, foin des dates et aucune réticence de la part d’Abetz envers le NDASP puisqu’il y adhèrera en… 1931 (bien avant donc le 30 janvier 1933 !).

– Un mot sur la critique de Télérama dont le titre m’a laissé perplexe (« Abetz promeut la Collaboration à coups de fonds secrets »). Une expression très insuffisante car elle laisse croire que le Tout-Paris politique ne faisait qu’encaisser ces « distributions ». Alors faisons un rappel sur ce nazi :  Abetz faisait de séjours fréquents entre 1933 et 1939 à Paris avec Julius Westrick, Friedrich Sieburg, von Welczeck, Achenbach et Krug von Nidda – futur consul allemand à Vichy. Abetz, parlant français, disposait depuis novembre 1935 du Comité France Allemagne, vivier hitlérien, émanation française très active de la Cagoule et des ligues, un Comité agrégeant des politiciens allemands et français nazis.

– Pour la propagande hitlérienne dès avant-guerre, Abetz sera donc en contact avec des diplomates réels ou non (Régis Huraut de Vibraye, Wladimir d’Ormesson), des journalistes (Brinon, Luchaire, Bertrand de Jouvenel, G.Scapini, Alfred Fabre-Luce), des industriels au Top (E.Mercier, René Duchemin) etc. Des noms dont on ne parle jamais, inconnus du grand public. Tous ces noms avaient l’aval, le soutien du Figaro par exemple (François Coty, Pierre Brisson, Lucien Romier son directeur politique). Abetz connaît tous ces Collabos qui sont pleinement collabos, sans nuances et sans ambiguïtés. Il les connaît tous très bien déjà bien avant mai 1940 date de la création de la Maison de la Corporation qui fait la promotion de Jean Luchaire.

SUR L’ARGENT.

– Un autre mot vient cacher l’essentiel : le mot Argent. La vénalité individuelle serait donc la seule cause du comportement de Luchaire. De quoi en rire ! On pourrait croire ici qu’allait être évoquée la provenance de cet argent dont Luchaire se gave. Mais là encore, Giannoli est bien timide en ne citant qu’un seul nom : un financier allemand (l’industriel Hugo Stinnes Jr) qui aurait été le seul vilain financier des « Nouveaux temps ».  

– Un peu d’Histoire là-dessus : Une part importante des subventions reçues par la presse a été versée par l’Allemagne nazie mais aussi par la « France » sous forme de publicités sans contrat écrit. Ceci explique qu’on ne peut pas trouver très facilement trace de subventions tant des Autorités allemandes que du gouvernement de Vichy. On sait juste qu’Otto Abetz a dépensé, à la fin novembre 1939, 300 millions sur le milliard mis à sa disposition. Ses services allemands en ont versé huit millions environ à la Corporation de la presse de Luchaire.

– Ne pas oublier que l’argent provenait aussi d’organismes français d’inspiration allemande (Institut des questions juives, la LVF ou encore le Parti populaire français PPF)ou de caisses occultes (de la Direction des services de Presse, de la Propagande et Publicité du ministère des Finances de Vichy). Au total ? Environ 3,2 millions.

– Rappel précieux : le quotidien « Les Nouveaux Temps » a adopté le format du Temps, quotidien du grand patron des Comités des Forges, De Wendel. Le Temps s’est sabordé le 28 novembre 1942. Le Monde emprunta sa calligraphie après-guerre… (Rire).

SUR CORINNE POST 1945.

Corinne Luchaire arrêtée en Italie par l’armée US- bien loin de la violente séquence de X.Giannoli

Photo Mondadori via Getty Images

– Relevons que l’actrice embauchée du film est dans l’entre-soi du Cinéma. Nastia Golubeva n’est une inconnue que pour le grand public. Pas vraiment venue par hasard faire du cinéma. C’est juste la fille de… Léos Carax. Sur son jeu, rien à (re)dire. Il est OK.

– Je relève que d’emblée, les premières images nous obligent à être de son côté puisque deux vilains de Paris l’agressent (sûrement des monstrueux Rouges). Un début de film qui entérine donc le fait qu’elle est innocente (cri qui rythmera tout le film).

– Perso, pour décrire le climat de 1947-48, je préfère rappeler, à l’opposé de Giannoli et de ses premières images, qu’à la même époque (1950), Vladimir Jankelévitch – qu’on ne peut soupçonner d’avoir été communiste – se montrait déjà très inquiet à propos du « retour des amis français du Docteur Goebbels » sur le devant de la scène politique et augura que « demain, la Résistance devra se justifier d’avoir résisté ». C’était cela ce qui se jouait dès cette époque. Papon, Bousquet et tant d’autres ne seront pas des exceptions mais la règle.

Ah LE Cinéma !

– Enfin, on notera le propos de fin de Giannoli faisant dire à Léonide Moguy, parti en 1940 non en Russie soviétique mais aux Etats-Unis qu’heureusement, il restera LE Cinéma. Vision d’idéaliste comme si LE Cinéma était tout entier du côté du Progrès et de l’humanisme. Non, ce qui reste et restera ce sont DES films. Pas tous.

– DES films. Ceux indestructibles de Pasolini, de Renoir, de Nanni Moretti, de Kiarostami et tous ceux qui viendront. DES films. Pas LE cinéma !

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(1) FINANCEMENT : Le fait qu’une part importante des subventions reçues par la presse aient été versée sous forme de publicité explique qu’on ne peut pas trouver facilement trace de subventions tant des Autorités allemandes que du gouvernement de Vichy

Otto Abetz aurait dépensé, à la fin novembre 1939, 300 millions sur le milliard mis à sa disposition. Ses services allemands en ont versé huit millions environ à la Corporation de la presse de Luchaire

Ne pas oublier que l’argent provenait d’organismes français d’inspiration allemande (Institut des questions juives, la LVF ou encore le Parti populaire français PPF)ou de caisses occultes (de la Direction des services de Presse, de la Propagande et Publicité du ministère des Finances de Vichy). Au total ? Environ 3,2 millions.

Cinéma : d’Aki Kaurismaki à @regelegorila.

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Je viens d’un autre siècle.

Et dans cet autre siècle, j’aimais le Cinéma.

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Je suis d’un autre temps de cinéma mais ce n’est pas pour dire que c’était mieux avant, surtout pas. Ce qui m’intéresse toujours par contre – comme lecteur des travaux de Serge Daney et de Jean-Louis Comolli – c’est de voir comment le Cinéma marche et comment les jeunes générations d’aujourd’hui en parlent. Je suis donc tombé sur le compte Instagram de @regelegorila et j’y ai trouvé ses interventions amusantes (au premier coup d’oeil, à première écoute). Faut le féliciter car rares sont l’occasion de dresser l’oreille et d’être content de voir s’animer ses propres zygomatiques dans la jungle numérique. C’est dans un second temps que l’intérêt m’est venu : j’y ai repéré des choses nouvelles pour moi, en particulier la façon de disséquer à la va-vite les films, dans celle de mettre en forme un discours qui a l’air de plaire à beaucoup/ beaucoup d’abonné(e)s. Ce qui m’a encore frappé, moi qui suis de la génération-cinéma XXème siècle, c’est la rapidité d’élocution avec ce débit accéléré, construit via un découpage/montage qui fait croire à une continuité… alors que, pour un spectateur attentif, c’est une succession/accumulation de coupes, de plans multipliés à vitesse supersonique. Je me demande – question personnelle – comment dès lors arriver à penser le sens des films alors que penser prend du temps ?

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Autre moment : le contenu des apostrophes de @regelegorila à ses abonné(e)s sur les playlists de leurs 10 films préférés. Et là, je suis resté presque sans voix car la quasi-totalité des films énoncés excluent le cinéma qui a emporté mon adhésion. De la majorité des films cités venant d’outre-Atlantique (post 2000), je n’en connais même pas… la moitié. J’entends Godard dire de là-haut que là-dessus, l’Amérique continue de nous coloniser.

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Souvenir : mon ahurissement né à la projection d’un Batman (celui de Joël Schumacher je crois) où j’en avais pris plein les oreilles et avais été saoulé par le rythme ultra-rapide des plans jusqu’à en avoir des maux de tête à la sortie. Un des pires effets de ce film fut – pour la première fois chez moi – d’avoir subi la négation des deux places habituelles que j’occupais jusque-là : 1 une place immobile (rivé à mon siège : vision bloquée) et l’autre place, la place mobile (tout captif dans une suite d’images réelles et rêvées : vision libérée). En contrepoint de ce souvenir, j’ai regardé hier le film d’Aki Kaurismaki (En replay sur Arte : « Les feuilles mortes »). Ce qui m’a enchanté une nouvelle fois dans son cinéma, c’est 1. cet éloge de la lenteur (qui est le titre du livre du formidable écrivain Pierre Sansot, autre homme du siècle dernier), c’est aussi 2. la disparité magnifique des couleurs dans chaque plan et 3. la subtile et punchy construction des dialogues du couple amoureux. Merveilleuse oscillation entre temps morts et punchlines, entre silences et répliques duelles.

L’effet conjugué de ces trois moments, c’est le mélange d’un rire qui nous arrive, un rire-surprise, à l’insu de notre plein gré et d’une mélancolie accrocheuse. Ce film (sur deux êtres perdus qui se rencontrent) finit sur un magnifique plan où on les voit ensemble sur une route (remake d’un plan d’un film de Chaplin). Sur ce chemin filmé en perspective, il y a la femme qui marche devant (la femme toujours en avance) avec son chien (Kaurismaki espiègle lui a donné Chaplin pour nom) et l’amoureux, homme heureux qui, tout béquillé, suit à quelques pas difficiles derrière. Ce qui m’a frappé dans ce film, c’est à quel point le sentimentalisme y a été banni pour laisser émerger le Sentiment. Force subtile du film. Force de l’Amour.

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Je reviens aux playlists demandées par @regelegorila, playlists composées majoritairement de films US, playlists répétées jusqu’à l’ennui (pour moi) puisque je n’ai que rarement vus les films sur lesquels le choix du présentateur et de ses abonné(e)s s’est porté. Toutes ces sélections sont tellement loin des films qui m’ont remué, qui m’ont soulevé. Attention, cela ne veut pas dire que (bis) c’était mieux avant.

Aujourd’hui, on parle de Seum. Hier, j’avais cet autre mot de « saudade » qui désigne une forme de mélancolie à la Fernando Pessoa. Mais qui connaîtra « Au travers des oliviers », « Le Goût de la Cerise » ou encore « Close Up » d’Abbas Kiarostami ? Quel serait le (les) type de spectateurs/trices d’aujourd’hui qui regarderait les films d’Eustache, d’Accatone de Pasolini, le « Prisonnier d’Alcatraz » avec Burt Lancaster ou qui tomberait sur la présence irradiante de Juliet Berto ? Oui, qu’en diraient-ils ?

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«Ce qui est sûr, disait Serge Daney, c’est que les films ne font plus « débat » depuis longtemps, qu’ils laissent peu de traces, et que les cinéphiles eux-mêmes leur vouent plutôt une fidélité désenchantée qu’une passion écorchée vive. Bref dans l’expression « coup de cœur » c’est le mot « coup » [Buzz] qui compte, parce que pour le « cœur », c’est plutôt la leucémie ». Joli, marrant bien sûr : c’est partiellement vrai. Gardons l’adverbe qui accompagne le Vrai. Il laisse malgré tout un peu d’espoir : oui, le propos de Serge Daney est vrai mais… partiellement, hein !

Idem pour cette intervention de Jean-Luc Godard : « On assiste à une grande détérioration aussi du point de vue culturel : on ne filme plus pour découvrir, mais pour affirmer quelque chose ». Je corrige : « Oui, on filme mais rarement pour découvrir. Trop rarement ».

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Après réflexion : pour qui ces playlists de films ont de l’importance ? Essentiellement pour ceux et celles qui les énoncent et qui ont envie de les annoncer sur un compte connu (un peu de gloire retombant en sens contraire sur l’énonciateur/trice). Et bien entendu, sur moi inclus, via cet article qui – je l’espère – interessera des millions voir des centaines de millions de lecteurs. 🙂

Oui, je suis d’un autre siècle. Ma péroraison du jour ne veut dire au fond que cette seule et unique chose résumée ici par Godard en 6 mots (Les Inrocks. Mai 2010). «Quand on est vieux, l’Enfance revient ».

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Car les choses qui me sont revenues hier soir de façon décisive, ce sont mes années d’enfance-cinéma (les westerns, les films de ciné-club vus très tôt) et celles de mon adolescence (de La Chaîne de Stanley Kramer, de « Mes Petites Amoureuses » à La Maman et la Putain de Jean Eustache). Avec pour le double moteur de la veille : 1. le film « Les feuilles mortes » d’Aki Kaurismaki et 2. les « Réels » d’Insta visionnés, vus sur le compte de @regelegorila.

Merci à eux deux.

Merci pour la joie et… pour la « saudade ».

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Oui nous sommes « En Guerre ».

« En guerre » c’est le titre du dernier film de Stéphane Brizé.

Dans un précédent billet, j’avais dit mes réserves sur «La Loi du Marché» où l’on voyait le personnage principal (le chômeur solitaire Thierry, joué aussi par Vincent Lindon) s’enfoncer dans une dérive individuelle et se tenir à l’écart de toute lutte collective. Cette fois-ci (Brizé aurait-il lu le billet-BiBi ?), le réalisateur prend le contrepied de sa «Loi du Marché» et met en scène un ouvrier syndiqué CGT de l’usine agenaise Perrin, représentant des 1100 ouvrier(e)s en lutte contre une maison mère d’une multinationale basée en Allemagne. Cette dernière s’apprête à fermer le site et à délocaliser alors qu’un plan sur les 5 dernières années avait été accepté par les ouvriers de l’usine agenaise.

PhotoMacron, PhotoPatron. (La Une de L’Obs).

Comment on fabrique du Macron ? J’avais déjà souligné à quel degré de bassesse en étaient arrivés par exemple les chroniqueurs du Point. Sans parler des groupies tous modèles confondus, des adorateurs à genoux devant l’Enarchie, des cravatés subjugués par l’Idole.

Et puis,  sur mon écran, est apparue cette merveilleuse photo de notre Président à la Une de L’Obs. L’Obs dont on sait qu’il se veut L’Observateur de la vie politique française. Un hebdomadaire empreint d’une telle objectivité que l’Actionnaire vira sans ménagement et très démocratiquement une certaine Aude Lancelin.

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A propos d’une photo D’H.Clinton et d’un tweet de Raphaëlle Bacqué du Monde.

clinton

J’aime bien répéter les commentaires et analyses de Georges Didi-Huberman à propos de l’image : «Il n’y a pas d’images qui, en soi, nous laisseraient muets, impuissants. Une image sur laquelle on ne peut rien dire, c’est en général une image qu’on n’a pas pris le temps — mais ce temps est long, il demande du courage, je le répète — de regarder attentivement. De se ré-inquiéter à chaque fois».  

C’était hier sur Twitter, j’y ai découvert cette photo d’Hillary Clinton avec ses supportrices, cliché accompagné d’un tweet et commentaire de Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde.