BiBi a profité d’un jour de RTT pour lire la presse de ce jeudi. Il a ramené une pelletée d’incisives annotations.
10 exactement.
1. Obscène : la photo en page intérieure du Monde du jeudi 25 juin avec le sourire béat de Rachida Dati, mains posées sur la vitrine des trois prisons bientôt construites par l’Ami du Petit Nikos. Une Rachida fière de l’ouvrage de la Famille Bouygues en robe Dior.
2. Doux euphémismes du même journal quand il aborde le rejet de cette Europe par une majorité de Français. On édulcore, on prend cela avec des pincettes pour ne pas dire la vérité sur le fonds des affaires. BiBi, lui rumine, radote, ratiocine. Sa formule est plus directe : « l’Europe d’en Haut est sans pitié pour l’Europe d’en bas ».(Lire la suite…)
BiBi fait le résumé de sa semaine en treize points.
1. Je regarde la courbe des visiteurs du site : 136 ce 18 juin. Lorsque j’en serais à 1936, je me donne un jour de congé payé et j’offre la soupe populaire à tous.
2.Finalement Domenech m’est presque sympathique… surtout après l’Euro. Les Anciens combattants de 98 lui déclarent la Guerre et se drapent dans des costumes bien trop grands pour eux. Christophe D. a du reprendre de la nandrolone, Didier D. a oublié de nous parler de son taux d’hématocrite et Marcel D. de ses affaires à Aix-en-Provence.
3. Je lis du Claude Roy. Il y a là-dedans des petites perles. Celle-ci : « Dans le Questionnaire de Proust, à la question « Quel est pour vous le comble du malheur », je crois que je répondrais aujourd’hui : « Ne plus s’étonner de rien ». La seule chose qui m’étonne, c’est qu’on ne s’étonne pas. Qu’on tienne pour acquis, pour donné. Tout. Son existence à soi, celle des autres, la « société », les règles du jeu. On peut être bien disposé. Mais posé, jamais. Il faut se retourner dans le lit de la vie, dans le lit du fleuve. Pour se maintenir en forme, en forme de vivant, il est préférable de ne pas se laisser prendre forme comme le ciment prend. Un vivant, c’est une énigme qui se pose des questions, une devinette qui se pose des devinettes, un questionneur-questionné ».
Etonnant, non ?
4.Les Grecs avaient olympiquement raison : « Ce qui nous aide dans l’amitié n’est pas tant l’aide que nous donnent les amis que notre confiance dans cette aide. »
5. Devant les Moi qui se pavanent (Au hasard de l’Actualité : PPDA, encore et comme toujours le Petit Nikos) ce mot de Thomas More « J’aime l’oubli de cette chose encombrante que j’appelle moi ».
6.Quelqu’un reproche à BiBi de parler des fois à la troisième personne. Comme Alain Delon. C’est vrai sauf que BiBi n’a hélas jamais enlacé Claudia Cardinale.
7. BiBi se prépare à partir visiter les Pays Baltes. La Lituanie est connue pour ses bières et si chaque village a la sienne propre, on peut aller à Utena, Panevézys, Birzai et Klaipeda pour faire un séjour découverte des différentes méthodes et secrets de fabrication.
Si BiBi est mis en bière, qui fera monter la mousse sur son site ?
8.Sur le Duo BiBi-Béatrice, il aimerait qu’on dise : « Ils furent heureux mais eurent beaucoup d’orages ».
9. BiBi a trouvé le DVD de son cinéaste préféré (Abbas Kiarostami). Il se lèche déjà les babines car elles ont « Le Goût de la Cerise ».
10.Le soleil revient. Le lac, jusqu’alors perdu dans les brumes, se montre à nouveau à BiBi en toute amitié. Il est bon de revoir son Ami et sentir ses eaux froides se réchauffer.
11. Les soirées de l’Euro-Foot sont révélatrices. BiBi s’est rendu compte combien la Communauté turque était importante dans sa ville. Il a pu compter les Portugais, les quelques Espagnols et bien entendu, les tifosi vainqueurs sur toutes les lignes. BiBi a très peu entendu les Croates. Les Suisses et les Russes qui occupent les grandes maisons de la Rivera ont été aussi muets que leurs coffre-fort. Quant aux Français, BiBi se serait cru en pays étranger.
12. (Euro-foot suite). Klaxons nocturnes, drapeaux accrochés aux voitures, feux d’artifices et cris de joie : que ce joyeux tintamarre se fasse entendre pendant qu’à Bruxelles, les députés européens votent en catimini l’odieuseDirective de la Honte !
13. A l’heure où la Chine est si décriée pour ses atteintes aux Droits de l’Homme tibétain, à l’heure où la flamme olympique passe dans les rues quadrillées de Lhassa, il revient à l’esprit de BiBi cette phrase de Rosa Luxembourg dans sa prison : « Je suis étendue là toute seule, enroulée dans les plis sombres de la nuit, de l’ennui, de la captivité, et cependant mon cœur bat d’une incompréhensible joie intérieure. Et je souris à la vie dans l’ombre de mon cachot. »
Il faut s’y faire : les années passent. Les générations vieillissent. Et il faut passer à autre chose. Les journaux et les télés ont beau jeu de nous faire avaler des couleuvres bleu blanc rouge, le Temps fait quand-même son œuvre. L’Equipe de France 98 a fait son temps et pour s’être accrochés à la Légende de 98/2000, nous voilà désillusionnés, un peu tristes devant ce vieillissement à peine perçu et toujours dénié. C’est que les journaux et les médias nous vendent l’Elixir de l’Eternelle Jeunesse pour assurer leurs arrières financières et se refaire une santé sur le dos de nos croyances..
Mais cette explication polémique et un peu contestable en amène d’autres….
Ce qu’il y a d’intéressant dans les commentaires qui ont suivi le fiasco des Bleus (4-1 contre les Hollandais), ce sont les oublis des certitudes d’avant-match et d’avant-Euro (faut-il rappeler que plus de 60% des français voyaient la France gagner l’Euro alors que les bookmakers anglais, plus réalistes, plaçaient la France au sixième rang des vainqueurs potentiels) ?Après cette déculottée, on s’attendrait à autre chose que les questions lisses au Sélectionneur à la fin du match, que les retenues dans les arguments et l’absence d’analyse argumentative. Toujours cette propension bien libérale à ne pas créer la polémique dans les interviews et interventions. Jusque-là, tout va bien, n’est-ce pas ? BiBi parle évidemment de ces commentaires entendus sur les chaines propriétaires des droits de diffusion car sur les radios, il y a une certaine foire d’empoigne, des échanges vifs, des vérités et contre-vérités qui font tout le charme du Football.
L’Euro est partout. Mais comme toujours, BiBi est en léger décalage. Le petit pas-de-côté qu’il effectue va éclairer (un peu) ce formidable jeu des temps modernes qu’est le football. Le Football, on ne le voit qu’à travers les travers des Grandes Vedettes, que sous le prisme de leurs salaires (Thierry Henry gagne 17 millions d’euros par an, Gallas et Cissé 400.000 euros par mois), via la carrière haut-de-gamme de Zinedine venu des quartiers Nord de Marseille ou la Ferrari de Mourinho, dernier cadeau de Roman Abramovitch etc, pour s’en moquer ou pour s’en indigner. On est loin de se douter qu’aux échelons inférieurs règnent les mêmes valeurs, les mêmes rites, les mêmes visions délirantes. Voilà trois ans, l’AS Monaco est venu disputer un match de Nationale 2 contre l’équipe qui s’appelait alors l’Olympique Thonon-Chablais, nom depuis abandonné pour celui de Croix de Savoie.
Tout le monde du football connaît l’AS Monaco financé par la famille Grimaldi et soutenue par la Société des Bains de Mer de la Principauté. Ce week-end là, l’ASM venait rendre visite à l’équipe haute-savoyarde.
BiBi va vous conter l’histoire de ce déplacement très rigolo.
L’Actu de BiBi, c’est qu’il existe des hommes, des femmes, des enfants, des chiens, des chats qui vivent loin de France et pour qui la France se réduit au plus simple, à la portion congrue, à la petite Image d’Epinal. Dans ces coins-là – Athènes et les Cyclades – même la langue française y est de peu d’utilité. C’est EuroNews TV, c’est le Herald Tribune qui dominent outrageusement la partie.
Alors BiBi, analphabète, regarde, scrute, jauge, dissèque, décortique. Voilà même qu’il se met à penser autrement. Il se souvient du mot de Picasso : « Quand je lis les livres du physicien Albert Einstein auquel je ne comprends rien, ça ne fait rien : ça me fera comprendre autre chose».
BiBi, sur la Mer Egée, paraphrase en chantonnant : « Quand je voyage dans un pays dont je ne comprends ni la langue ni l’écriture, ça ne fait rien : ça me fera comprendre autre chose ». Ici, cet « autre chose », rajoute BiBi, c’est d’abord et surtout « autre chose que les clichés sur la Grèce ».
Dans son Odyssée de huit jours et huit nuits, BiBi se drape en aède, livrant ses impressions, délivrant en quinze ses expressions…
12 juillet 98 : joie dans les rangs, liesse dans le pays. Les Bleus gagnent leur Coupe du Monde. Quelques jours plus tard, je rencontre un haut dignitaire roumain, un peu dubitatif. « D’accord vous avez gagné mais nous, dans notre équipe nationale, nous n’avons que de vrais roumains. Tandis que vous… » Sa phrase en suspens me désignait les Thuram, Dessailly, Henry, Zidane and Co. Ici, là-bas : Racisme pas mort ! (Lire la suite…)
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