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MOTEL BLUES.

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Petit point de résistance. Ibis – Batignolles.

Dans le plus grand hôtel Ibis de France (Hotel Batignolles à Paris) depuis le 17 juillet, 28 femmes de chambre sont en grève et protestent contre leurs conditions de travail.

L’argent des écrans publicitaires de BFMTV et de la radio RMC transite du fonds offshore APEF 3 à Jersey aux Pays-Bas siège de NextRadio, la société créée par Alain Weill pour finir dans les coffres luxembourgeois de Patrick Drahi.

Dans les salons de cet hôtel Ibis précité, les postes de télévision sont ouverts sur BFMTV.

Faire du lien, donner résonnance aux correspondances. Dimension politique embryonnaire.

La Télé ne nous révèle jamais l’état du Monde même si, la Terre tourne sur elle-même dans le visuel d’ouverture du 20 heures. La télévision nous révèle la manière dont on interprète et dont on présente l’état du monde. Manière lamentable, écoeurante, révoltante. A mille lieues des combats et des protestations des 28 femmes de chambres de l’Ibis des Batignolles.

Café du Jour.

Au Café du Jour, tout était clair. Aux rayons du soleil brûlant la peau, Pierrot a lâché : « Aujourd’hui, c’est solaire » pour dire qu’il allait faire chaud. J’ai rajouté en marmonnant « Solaire, solitaire, solidaire ». Pierrot a trouvé ça joli, il a payé sa tournée. Du Soleil, vous dis-je.

Last Tweet.

Avant d’entrer dans la nuit où se mélangent une peur diffuse et une confiance inébranlable, je pose mon dernier tweet de la journée. Très souvent, c’est une pirouette, peut-être une politesse du désespoir. Dans l’insomnie qui pointe, tout se mêle. Flaubert parlait des temps en journée de la marinade. Mais la nuit tombe, l’écran bleuté s’éteint. En bordure du sommeil les pensées prodigieuses, les minutes heureuses (Baudelaire), viennent nous surprendre. Emerge alors la substance même de notre vie, advient ce qui détermine notre destin. Le dire, l’écrire ? Guère possible. On remet donc à plus tard.

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Virginia et Thomas.

Je pense à ma sœur, à Virginia Woolf, à sa tension dans son Journal. Soeur qui a su se passer de ses censeurs et qui s’en est tenue à sa philosophie de l’anonymat : « Je ne serais pas grande ou célèbre. Je continuerai à être aventureuse, à changer, à suivre mon esprit et mes yeux, refusant d’être étiquetée et stéréotypée. L’affaire est de se libérer soi-même : trouver ses vraies dimensions, ne pas se laisser gêner ».

Je pense aussi à cet autre diable : frère Thomas Bernhard honoré d’un Prix Littéraire, frère qu’on présente à la Confrérie des Littérateurs. Il s’avance devant l’officiel qui doit lui remettre le prix. Il écrira sur ce moment : « Une morgue véritablement indescrpitible se dégageait du visage fondamentalement stupide, insensible et béotien du Ministre de la Culture lorsqu’il me présenta à l’auditoire ».

J’ai peur.

En cherchant dans mon grenier, je trouve sept feuillets retenus par un trombone. C’est une nouvelle qui date de plus de vingt années, écrite à la va-vite pour un concours de nouvelles policières. Ce qui me fait peur, c’est que je suis persuadé n’avoir jamais écrit ce texte. Et pourtant, oui, pas de doute, c’est mon écriture, ce sont mes combinaisons de personnages, mon intrigue. J’ai peur subitement de ces vingt années passées en rafale. J’ai peur de trop comprendre cette incise de Georges Haldas : « Pas besoin de malheur pour être malheureux. Il suffit que le temps passe ».

Déçu par l’Humanité.

Nous avons tous croisé ceux qui se déclarent « déçus par l’Humanité », qui choisissent le retrait calculé, qui en restent au plongeoir des trois mètres au lieu de sauter, qui visent le banc pour touriste fatigué après le premier kilomètre de marche. Nous avons tous croisé ce déçu par l’Humanité puisque nous avons été l’un d’eux.

« Déçu par l’Humanité » ? Une bien absurde position. On n’a pas à être déçu de l’Humain puisque c’est de s’être fait soi-même des illusions sur les Hommes qu’il faudrait personnellement s’interroger. Faire retour sur cette croyance à l’intelligence de l’Homme, à sa marche en avant. Grotesques que nous sommes. Fort heureusement, il y a ce rire empreint de méchanceté et de grâce (c’est selon) que l’on pose sur nous-mêmes et sur nos aberrantes (et nécessaires ?) illusions. Saluons donc ce rire qui nous sauve et qui va redoubler, perdurer, en nous faisant à nouveau croire aux miracles des Humains.

Scandales : en rester là ?

Une belle semaine. On a eu nos instants de jouissance avec la démission de François de Rugy – pourquoi pas ? Les ingrédients du homard et les Château d’Yqem remplissant les verres de cristal ont bien occupé nos derniers jours. Avec  notre dose de scandales de la dernière semaine, chacun a été bien servi et chacun de crier avec joie extrême (BiBi y compris) : « Qu’est-ce qu’ils prennent avec ces révélations ! ».

Avec De Rugy, Mediapart a réussi un joli coup. Bravo à eux. Que cela ne surprenne pas ceux et celles qui me suivent, je répète « Bravo à Mediapart». Je continuerai pourtant à me décaler de leurs travaux d’investigation même si je les juge profitables et nécessaires. Mais mon avis sur l’Officine de Plenel n’a pas changé. Extrait-bibi mars 2015.

Tentons d’analyser ce qui s’est passé avec Mediapart et De Rugy. Constat évident : le Mediapart de PLenel a trouvé aujourd’hui un poids suffisamment important dans l’espace mediatique pour que tous les autres Médias soient obligés de le suivre et de s’y référer. On devine d’ici les effets de jalousie, de ressentiment dans les différentes Rédactions d’avoir à dépendre d’eux.

Mais comparons l’affaire de Rugy/Mediapart (et le poids désormais du site de Plenel) avec cet autre scandale qui est celui soulevé par la lanceuse d’alerte Françoise Nicolas sur l’affaire du Bénin qui touche Nathalie Loiseau. Pas rien quand-même ce scandale ! Faisons l’inventaire des quelques supports dont dépend la popularisation de cette affaire pourtant connue depuis fort longtemps : les cris répétés de la lanceuse d’alerte, ses tweets dans les réseaux sociaux, ses interpellations aux différents Médias, de leurs non-réponses (Mediapart par exemple très au courant ne pipe mot, idem pour Liberation, Politis etc). Notons ici l’exception du MediaTV et le Live Special de Gabin, petit site indépendant). Poids donc quasiment nul.

Le poids des scandales dépend donc des supports. Selon que tu sois fort (1). Selon que tu sois faible. Logique concurrentielle en système libéral.

Sans que la responsabilité de Mediapart ne soit mise en cause, on peut faire ce constat que certains scandales recouvrent d’autres scandales (et pour moi, il est un, en cette semaine, un qui est beaucoup plus énorme que celui de l’utilisation de l’argent public de la part d’un Ministre.

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Voilà l’enquête (avec les preuves) du chemin de l’argent nourri par les publicités TV Radio Presse de cet oligarque.

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Il y a en effet quelque sidération à avoir quand on prend connaissance de l’Affaire de NextRadioTV et quelque ahurissement lorsqu’on se rend compte du silence quasi-général sur ce scandale qui touche Patrick Drahi, onzième plus grande fortune mondiale. Rappelons qu’il s’agit là d’un ami financier de Macron, qu’il est propriétaire de RMC, de Libération, de l’Express, de BFMTV, qu’il détient un empire-bis avec ses réseaux téléphoniques français (Altice France), portugais, israêliens, américains pour une part (Altice USA).

L’EMPIRE DRAHI.

Voir les grands de ce Monde (ici français avec DeRugy) tomber de leur piedestal est toujours un plaisir. Sarcasmes et jouissance. Pourquoi se priver ? Mais… mais encore ? C’est là que le bât blesse : que faire de tous ces scandales ? (2) Question politique d’extrême importance car – ne nous leurrons pas – pendant les Affaires, les affaires continuent. Aussi que faire de ces Affaires ? Croyons-nous vraiment que celles-ci mises au grand jour vont faire avancer ipso facto la conscience politique du pays ? De la nôtre ?

Je crois, avis-BiBi, que les homards de DeRugy nous éclairent autant qu’ils nous aveuglent. L’éclairage sur la déliquescence des institutions, sur les courroies pourries de la Démocratie qui vont du vote aux Assemblées, sur les profits illégaux d’hommes ou femmes politiques, est bienvenu. Mais, car il y a un mais, lorsque ces affaires en restent là (à la seule dénonciation, justifiée bien entendu, sur la Place publique) leurs révélations nous placent aussi en état d’impuissance. C’est que le Capitalisme français va perdurer sans le moindre problème et que d’autres affaires succèderont à d’autres affaires. Voyez l’abscence totale d’attaques sur le Grand Capitaine précité.

La multiplication des scandales brouillent notre regard d’analysant. Consommateurs de contestation que nous sommes, voir un ou deux Puissants vaciller, ça nous soulage et faute de mieux, on en reste là. Mais ce faute de mieux n’est pas inexorable.

Mais si les forces politiques ne s’emparent pas de ces scandales pour les porter au combat politique (une VIème République), si l’on reste dans cette focalisation sur les symptômes (et les homards en sont d’incroyables), on participe de fait au statu-quo. Et donc, on acquiesce – à notre corps défendant – à la dissimulation de scandales autrement plus importants (ici celui qui touche à l’Empire Drahi) (3). La consommation de scandales que nous faisons, notre joie et délectation (moi le premier) autant que nos écoeurements ne font pas de nous naturellement des Citoyens prêts à (essayer de) changer ce Monde-là. Ce climat de scandales perpétuels ne doit pas nous faire penser qu’automatiquement, nous mettrons en cause les paradis fiscaux, le blanchiment, l’évasion fiscale qui sont le cœur même de l’Economie du néo-libéralisme, du Capitalisme internationale.

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(1) Il ne s’agit pas de contester la montée en puissance de Mediapart qui a grandi en lectorat et en reconnaissance avec les Affaires Cahuzac, Sarkozy. Naissance et montée qui – rappelons-le – s’est aussi faite grace aux apports de Monsieur Niel.

(2) Ces derniers jours nous avons été servis : encore Benalla, Cambadélis, encore Sarkozy, Balkany en justice, rétro sur Tapie et le Crédit Lyonnais etc.

(3) Réfléchissons sur cette aberration objective : au moment où le MediaTV révèle ce scandale Drahi, Sophia Chikirou va entrer à BFMTV, propriété de ce même Drahi.

Chikirou à BFMTV. Questions.

Via les réseaux sociaux, j’ai donc appris que Sophia Chikirou, proche de Jean-Luc Mélenchon, avait signé un « contrat »( les guillemets s’imposent puisque « non salariée »- paraît-il) avec BFMTV la chaine de la Honte (c’est ma dénomination-BiBi). Avant elle, il y avait eu récemment l’embauche de Raquel Garrido chez ce brigand-plagiaire-monarchiste Thierry Ardisson (ça, c’est un triple rappel BiBi). Cette arrivée surprenante sur la chaine Bolloré m’avait laissé complètement indifférent. Je n’avais aucun avis sur cette entrée, entrée que je mettais sur le compte des raisons et choix personnels de Raquel Garrido. Elle avouait d’ailleurs qu’elle s’était mise en marge des Insoumis pour remplir son nouveau rôle de chroniqueuse. OK, il faut bien que tout le monde vive.

Voilà donc une seconde arrivée. Cette fois-ci, elle concerne Sophia Chikirou, proche de Jean-Luc Mélenchon, étiquetée sans me tromper d’Insoumise. Sur ce bis-repetita, je décidais de donner mon opinion agacée sur Twitter. Avec cette deuxième fois, il ne s’agissait plus (uniquement) de choix personnel mais aussi d’un choix politique qui engage sympathisants FI (dont je suis) et militants. En préambule, je viens avertir : je n’ai rien contre les femmes (hormis Christine Lagarde/Boutin et leurs consoeurs, je les aime beaucoup).

Je n’ai aussi rien non plus contre les qualités personnelles de Raquel Garrido (qu’on me pardonne j’ai eu quand-même bcp de mal avec «Salut LesTerriens») et contre celles de Sophia Chikirou. Mis à part une intervention politique avec Ruth Elkrief, je ne la « connais » pas beaucoup non plus. Je rajoute que sur l’affaire qui a agité Le MediaTV, je n’ai pas d’avis : c’est un ni-ni, ni pour, ni contre, ne m’interessant ni aux tenants ni aux aboutissants de ce foutu mais toujours interessant bazar (1)

Ce bibillet, je l’écris plutôt pour poser des questions sur ces deux engagements. Ces premières, d’importance tactique : « Qu’est-ce que la France Insoumise a à gagner avec cette entrée» ? «Pourquoi, en ce moment précis où les luttes de toutes parts s’exacerbent, ces deux Medias ont éprouvé le besoin d’engager deux Insoumises» ?

Je rappelle ici que les deux Boss sont : Drahi et Bolloré. Donc, je me demande – par exemple – si Sophia Chikirou, apprenant que Drahi est partie prenante plein pied dans l’Affaire des PanamaPapers, pourra attaquer son Boss au nom de la liberté d’information ? Quand on voit la hargne que Drahi a mis pour couper court aux insinuations (voir mon billet), quand on a entendu les menaces qu’il a proférées pour obtenir le silence, j’ai des doutes que Sophia Chikirou puisse continuer de tenir son poste. Un peu comme si – rêvons un peu – Yann Barthes s’attaquait aux affaires africaines de Bouygues.

Pourquoi BFMTV a engagé Sophia Chikirou ? Plusieurs-hypothèses BiBi : Sans aucun doute, pour l’aura de… la Chaine. Pour que cette TV-Obscénités se dégage des étiquettes infamantes de suppôts du Pouvoir Macroniste. Pour redorer son blason. Pour se payer un bon vernis de chaine pluraliste. Pour se pavaner et se poser – via Chikirou – en étendard d’ouverture à tous les courants.

A tous ? N’y a t-il pas quelque chose qui vous chagrine là-dedans ? Il n’y a pas de chroniqueurs (euses) RN. Premier reflexe : ouf ! Ah, bon : ouf ? Regardons ça de plus près. Le RN va reprendre sa place d’opposant Medias n°1. Exclus, mis en hors-jeu Media, il va rajouter FI au duo En Marche-LR, s’attribuant la si belle place qu’on le lui aura laissée, celle de victime, d’exclue, la place de hors-système. Jolis bénéfices quand on sait qu’une grande majorité de Français ne font pas confiance aux Médias, qu’ils détestent cette Doxa qui envahit les écrans. Sur Twitter, mon Tweet-posé sur ce problème n’a pas encore reçu de réponses. :-((

Enfin, que la FI ne vienne passe plaindre du peu de temps d’antenne accordé aux autres intervenants FI (hormis je suppose Clémentine Autain)! On sait d’avance ce qui lui sera répondu : «Mais enfin, vous exagérez, cessez de gémir, vous avez Chikirou».

D’autres choses pour le mauvais esprit que j’ai (2). J’ai noté que plus on crevait la dalle avec frigos de moins en moins fournis, plus les émissions TV comptent de chroniques culinaires, de championnats autour de la bouffe. Hé bien, plus les luttes sont des combats de guerre avec blessés, mutilés, gazés et plus il ya de chroniqueurs FI acceptés régulièrement. Je veux bien qu’on hausse les épaules mais qu’on m’explique.

Va t-on dans les rangs insoumis s’extasier sur ces 12 minutes de combat de catch avec Alain Duhamel pour s’interdire désormais de voir en BFMTV la chaine de l’Obscénité (qu’elle est et restera – Chikirou ou non).

Est-il si sot que de mettre en correspondance la désertification militante pour ces Européennes et cet engagement TV ? Ne veut-on pas compenser cette perte militante par la présence télévisuelle et ainsi remplir les manques réels sur le terrain ? Si c’est cela, alors on va au devant de plus grandes désillusions encore. Je suis assez vieux pour me souvenir du PCF, gargarisé par les superbes audiences de Georges Marchais, starisé TV, roi de l’audimat, triomphant à 22% et finissant aujourd’hui avec L’Humanité licenciant et 2% aux Européennes.

Je dois encore répondre à «bof ce ne sont que douze minutes par semaine». Ici on oublie le côté symbolique, sa résonnance politique. Voilà qui pèse beaucoup plus que le Réel des 12 minutes hebdomadaires.

Deux billets en arrière, je parlais de cette «distance», de cette gêne mise entre le militant et le Citoyen lors des dernières Européennes :

Et à ce constat personnel, une petite reflexion se rajoute, me revenant en mémoire – est-ce si curieux que ça ?— ce jour même où il est question d’approuver l’arrivée d’une Insoumise derrière nos… écrans. Oui, «écran». «Faire écran» alors qu’on veut faire…. passer nos idées.

Post-Scriptum : j’ai écrit tout ceci à vif. Mais il faudrait reprendre les grandes questions d’ensemble. Les Medias (la TV) et leurs puissances (souvent surévaluées). Les résultats du Référendum 2005 avec 95% des Medias pour le traité. Le dispositif audio-visuel des débats. La place des Animateurs/trices etc. Et lire, relire, pour nous aider, les interventions indispensables d’Acrimed.

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(1) Juste content de voir arriver Denis Robert comme chef de Rédaction. Même avec des désaccords sur certains points.

(2) Rappel : je suis sympathisant FI, je le reste. J’ai toujours voté pour le LAEC. Alors, écartons d’emblée les faux débats.

Le Cirque médiatique.

Il est des intellectuels d’aujourd’hui qui font honneur à leur statut, se parant en gilets jaunes, défilant, manifestant, signant aussi la pétition pour les défendre. Bien entendu, ils n’ont guère d’espace médiatique pour faire connaître leur soutien. En sens contraire, on voit à longueur de journée des intellectuels mediatiques qui sont bien loin de penser le libéralisme (sa violence économique et policière) comme le premier des périls et quioccupent massivement la piste audiovisuelle. La plupart, sous-fiffres au capital culturel faiblard ou vieux arrogants indéboulonnables, déversent hargne et haine contre les Oubliés de l’Histoire, des Oubliés qui se rappelent chaque week-end, à leurs très mauvais souvenirs.

Tout cela est connu. C’est la France de Macron.

Guère besoin de présenter ces grandes étoiles du Cirque médiatique, experts en tous genre, sondeurs inamovibles, animateurs (trices) serrant amoureusement leurs micros, cyniques à l’humour de potaches, Chevaliers à l’écharpe rouge ou à la chemise blance, Goupil sorti des fourrés de 68, acteur berléanisé et terrorisé etc. Au total, une petite cinquantaine de personnes fières d’être touche-à-tout, répondant à tout, à tous, ouvert à tout, à tous. Avec bien entendu du poil à gratter anti-élite quand il est urgent de ne pas paraître trop servile, avec un zeste de citron acide pour endosser l’habit très consensuel du Rebelle, cet habit très bien porté par la nouvelle génération libérale-libertaire.

Ces clowns de la Grande Parade, les Medias n’ont guère besoin d’aller les chercher, ils les sonnent, ils arrivent, tous déjà connus de par leurs réseaux (ce sont les mêmes). Leurs lieux de retrouvailles ? Les Diners du Siècle, les repas chez Alain Minc, les séances photos de Mimi Marchand, les petits fours Avenue Montaigne, les parties de chasse en Sologne, les Croisières en Méditerranée, les petites sauteries (le JDD pour le 70 ème anniversaire du torchon) etc.

Tout cela est connu. C’était la France de Sarkozy-Hollande, c’est celle de la France de Macron.

Toujours étonnante la défense tarabiscotée de beaucoup de cesintellectuels dès qu’il s’agit pour eux de répondre, de se positionner vis-à-vis de ce mouvement social : «Et vous ? Et les Gilets Jaunes ? Et leurs revendications de justice sociale, dites-nous un peu ? » Les silences à ces questions… très rarement posées (il ne faut pas mettre ces gentils invités sous pression) sont toujours recouverts par leurs parlottes publicitaires. Nous en sommes à l’acte 16 des gilets jaunes mais ils causent : «Oui c’est mon dernier livre ; oui c’est mon dernier album ; c’est important de rappeler combien l’amour est essentiel, oui, il faut se battre, la Planète est en danger, les extrêmes, ah oui les extrêmes, et l’antisémitisme, mon dieu (le visage est grave, une seconde d’arrêt, de recueillement) mon dieu comme c’est affreux ».

Tout cela est connu. C’est la France de Macron. C’est aussi la France des BiBis.

Et là, voilà des questions qui me mettent mal à l’aise. Comment expliquer la gêne qui me prend à suivre ces émissions LCI-BFMTV-GGRMC-CNEWS, où je vois et entends des intervenants avec lequel je suis solidaire ? Pourquoi ai-je toujours cette impression durable qu’ils s’enfoncent, qu’ils s’embourbent irrémédiablement alors que ce ne sont pas leur arguments très justes qui sont en cause ? Pourquoi ai-je ce dépit toujours tenace qu’à la fin de ces pseudos-débats, de ces émissions-poubelles (aux thèmes pré-définis, jamais interrogés), de ces nullités télévisuelles ces Opposants se sont fait avoir ?

ANALYSE. Osons l’écrire : singulières croyances, singuliers aveuglements que les leurs. D’abord, cette croyance que leur présence va faire avancer les luttes en cours, illusion qui perdure même lorsqu’ils écoutent les saloperies distillées. Sur ces ignominies, ils vont quand-même répondre alors que le seul geste à faire serait de se pincer le nez et quitter le studio. Croyance donc increvable que chacune de leur intervention leur fera gagner un ou une électrice. On oublie hélas le passé, ce passé où les communistes du PCF de Georges Marchais avaient été fascinés par les interventions TV de leur Premier Secrétaire pendant que, dans le Réel, le potentiel militant était, lui, de moins en moins nombreux, qu’il était de moins en moins écouté, passant de 22% à 2% dix ans plus tard. On a aussi oublié qu’au référendum de 2005, 95% des Medias omni-présents pour le Oui ont été insuffisants pour contrecarrer le résultat.

C’était la France de la fin du XXème siècle mais on continue de l’ignorer.

On l’a oublié et – hélas – ces Organisations contre l’Ordre établi (et leurs chefs charismatiques) croient toujours que présenter leurs arguments politiques devant les présentateurs de JT, devant les animateurs des émissions politiques feront avancer leur Schmilblick.
Et voilà ces mêmes organisations prises totalement au dépourvu devant le Mouvement naissant des Gilets Jaunes, s’étonnant que malgré leurs (souvent justes) revendications, ces mêmes Gilets Jaunes se montrent réticents à leurs arguments (souvent convergents d’aileurs) et se méfient de la bureaucratie de leurs Organisations.

Ces Opposants – hors micro et écran – analysent très souvent avec justesse les Medias mais ils y vont quand-même. Et dès qu’ils sont sur les plateaux ou dans les studios, curieusement, ils rangent leurs armes critiques. Pourquoi ? Je crois que cela tient à une insuffisance de reflexion sur les dispositifs de ces émissions et surtout-surtout à un manque d’analyse sur la place prépondérante des grands Chefs que sont les animateurs/trices. Véritables despotes aux gestes amicaux, aux sourires consensuels etc, ce sont eux et eux seuls qui mènent la danse pro-libérale et gagnent toujours à la fin.

Cette impression de défaite des Opposants ne tient pas seulement à leur minorité (seuls contre deux, voire trois autres invités).

Cette déception qui nous prend à toute émission de cet acabit tient à ce que ces Opposants acceptent d’emblée – sans jamais la critiquer (on rêve d’un Godard venant décentrer toute question de Ruth Elkrief ou d’Yves Calvi) – la supposée position de neutralité, d’indépendance, d’objectivité de ces Meneurs d’émission qui sont là, nommés par leurs Patrons milliardaires, parce que d’obédience libérale.

Là où le bât blesse, c’est que ces invités estimables de la Gauche ne voit pas le dispositif qui les enserre. La contrainte inexorable n’est pas dans le trois contre Un, elle se situe dans l’omni-présence décisive à chaque moment (jusqu’au mot final) du présentateur/trice.

Seul moment de grace : lorsque Xavier Mathieu, invité des Gilets Jaunes, fit exploser le studio de BFMTV en s’en prenant à la position mise en pleine lumière de la pseudo-neutralité de la présentatrice Ruth Elkrief et de Bruce Toussaint.

Car c’est bien là que, tactiquement et stratégiquement, ces invités devraient porter leurs coups – quitte à… quitter majestueusement le studio.

Hélas, tout cela n’est pas assez connu. Et le restera encore longtemps.

Editocrates, Experts et autres Toutous du Système.

LUC FERRY.

Luc Ferry veut tirer à balles réelles sur les Gilets Jaunes. Il appelle à la rescousse l’armée française, quatrième armée la plus puissante au monde. Bref un appel au meurtre qui laisse totalement indifférent ses collègues qui causent dans le poste, aimables agités du PAF, caniches bien toilettés de la Parlocratie.

Luc Ferry dit en fait tout haut ce que bon nombre d’ »intellectuels » pensent tout bas. Ces intellectuels-là, on les a rencontrés déjà dans les années 30 et 40, ceux par exemple passés et formatés à l’école de l’Action Française. Traits exclusifs : la haine des bolchéviques, des francs-maçons et de la juiverie. Ils pensaient, ils rêvaient de leur mettre douze balles dans la peau. Aujourd’hui, sur Radio-Classique (propriétaire : Bernard Arnault), Luc Ferry sonne le début de la chasse et appelle la meute armée à la rescousse.

Luc Ferry. Souvenons-nous : en 2015, il profite, en habitué, d’une croisière autour de la Méditérranée avec ces autres intellectuels de Droite qui n’en pensent pas moins : les Jacques Julliard, les Finkielkraut, les Pascal Bruckner, Stéphane Bern, Laurent Joffrin et autres Comte-Sponville. (Lire encadré ci-dessus). Ils font des Conférences très bien rénumérées sur ces énormes et très laids paquebots pour touristes. En 2011, ce même Luc Ferry avait touché 4499 euros par mois pour des interventions à l’Université de Paris VII qu’il n’a jamais assurés ! Mini-scandale mais Luc Ferry – comme Fillon – n’a jamais rendu l’argent.

FRANCE-INFO.

Mon Dieu ! C’est FranceInfo !

Jean-François Achilli anime ce soir-là l’émission Les Informés sur France-Info. Il introduit en titre le sujet de la violence avec le boxeur
Christophe Dettinger (Bouh, le méchant !) et continue sa présentation d’émission en citant le commandant de Toulon, Didier Andrieux (sans le nommer) qui a agressé un opposant «qui tenait vraisemblablement un tesson de bouteille». Petit relévé de propagande qui, une fois encore, en dit long sur le soutien épouvantable de cette Radio pro-Macron  : cette version du «tesson de bouteille» (non prouvée à l’image) est celle de… la Police. Mais chuttt, on omettra de le préciser à l’antenne ! Silence aussi lorsque cette radio publique (Directeur : Vincent Giret, soutien enthousiaste de Macron 2017) tait que le nombre de 50.000 manifestants samedi dernier est le chiffre du… Ministère de l’Intérieur. Résultat d’aucune importance : Monsieur Achilli, insupportant mes tweets qui lui font remarquer ces menus détails (ici regroupés en un encadré), bloque mon compte Twitter !

NON FREDERIC, ILS NE SONT PAS FOUS.

C’est bien toi qu’ils montrent du doigt pour que tu rentres dans le rang.

Pour Frédéric Lordon, ils sont devenus fous. Mais la psychiatrie n’a rien à voir là-dedans. Leur habitus parle tout haut pour eux. Jusqu’ici tout cela était resté assez intériorisé et n’avait pas été clamé aussi fortement, aussi violemment. Cela tenait au contexte. On bavassait contre les Lois Travail, on plastronnait dans les débats des TV-Chiottes, on répondait tranquillement au micro du Téléphonne Sonne, on était très sérieux devant les caméras de 20 Minutes de Madame Quint, on blablatait sur les réalités économiques nécessaires pour la France, on défendait avec conviction les élans européens. Tout roulait, tout allait à peu près bien… jusqu’à… jusqu’à l’apparition des Gilets Jaunes dont la colère est venue les clouer au mur. C’est l’affolement généralisé devant cette France Spectrale que, jusqu’alors, ils n’avaient pas vu venir, confinés qu’ils étaient dans leur Entre-Soi et leur « supériorité ».

Et voilà – merveilleux moments ! – voilà que leurs gesticulations (des invités aux présentateurs-procureurs), que leur nervosité, leur impuissance politique et idéologique les révèlent. Non, ils ne sont pas fous, ils sont juste les suppôts exaspérés du Pouvoir, incrédules devant l’inédite résistance populaire. Leur inconscient est sur la table, éclate dans leurs mots, sur leurs écrans. Les voilà simplement sortis de leur Entre-Soi, les voilà visages entièrement découverts, totalement mis à nu. Oui, bas les masques, on vous voit et vous n’êtes pas beaux. Pas beaux du tout.

PS : c’est en raison du respect que je porte aux fous que je ne traiterais pas ainsi ces Experts du PAF et n’irais pas les calquer sur ces fous et sur ces souffrants qui emplissent les hopitaux psychiatriques.

  LA GRANDE FROUSSE DES EDITOCRATES ET DE QUELQUES SECONDS COUTEAUX.

Voilà une « élite journalistique dont la déconnexion semble de jour en jour plus stratosphérique. Une élite qui continue de considérer les manifestants avec mépris comme un vaste troupeau moutonnier, dont une carte pourrait mécaniquement déchaîner les pulsions ». (Article du Monde Diplomatique).

Cliquez sur la carte des lieux du Pouvoir (Monde Diplomatique)

Pourquoi s’interdire de nommer ces canailles parisiennes, répertoriées, cachées quelque part dans ces lieux de pouvoir ? Caroline Fourest (Marianne), Mohamed Sifaoui, Richard Hiaut (Les Echos), Jérôme Soligny, Jean-Michel Aphatie (Europe1), Géraldine Woessner (JDD, Europe1), Sylvia Pinatel (TF1), Raphaël Enthoven, Yves Bourdillon (Les Echos), Alex Sulzer (L’Express), Antoine Garbay (Le Figaro), Arthur Berdat (Le Figaro), Quentin Girard (Libération), Abel Mestre (Le Monde) Yann Barthès et Julien Bellver (TMC), Gérard Grunberg et Elie Cohen.

L’AFP, ANNEXE DE L’ELYSEE.

D’autres chiens de garde sont aussi à l’honneur : Christophe Schmidt, Chef du Service politique de l’AFP, Fabrice Fries, Directeur de cette même Agence France-Presse. (Article d’Acrimed).

GERARD LECLERC, CNEWS.

Le mois dernier on avait vu et entendu Ruth Elkrief de la poubelle BFMTV traiter Xavier Mathieu (ex-leader des Conti, aujourd’hui intermittent du spectacle) de «comédien» sous l’œil goguenard (et méprisant) de Bruce Toussaint. Aujourd’hui, c’est Gérard Leclerc (frère de Julien Clerc), autrefois humilié par Sarkozy, qui veut «interdire les manifestations». Visage crispé, yeux hors des orbites, nerveux à l’extrême, il cherche une approbation tout autour. Frappant le poing sur la table, il poursuit « A partir de  ce moment là, elles sont illégales et dès que vous avez trois personnes qui se réunissent quelque part vous pouvez les coffrer ! Ah bin oui !». Pas géniale cette grande frousse en direct ?

BRAVO A DAVID DUFRESNE, JOURNALISTE INDEPENDANT

David Dufresne (@davduf sur Twitter) recense toutes les violences policières filmées, commises sur le territoire français. En ces temps de répression, temps de silences médiatiques, d’attaques contre soi-disant TOUS les journalistes, en voilà un qui fait son travail d’investigation. Simplement. Efficacement. Et c’est tout à l’honneur d’Aude Lancelin et du @LeMediaTV de le laisser parler et de nous offrir ces vérités sur la Police de Macron.