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L’incroyable Propagande Macron 2022.

Nous avions été sidérés par l’avalanche inouïe d’inserts publicitaires des Medias pro-Macron en 2015-2016-2017. Hé bien, nous n’avons encore rien vu : du pipi de hanneton quand on regarde cette déferlante médiatique qui va couvrir les deux ans qui viennent (2022).Mais au-delà de ce constat désespérant, ce qui demeure interessant, c’est d’avoir une idée de « Comment ça marche tout ça ».

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Cette adhésion majoritaire au système libéral ne peut se comprendre si l’on omet de réfléchir sur la puissance de « ces trois formidables ateliers de production symbolique dont le travail, tout en s’adressant à l’entendement rationnel et à la sensibilité consciente de leurs publics, a pour effet de structurer solidement leur inconscient social (Alain Accardo)».

Au fond, ce qui est recherché – consciemment ou non – par cette triple instance que les agents du système libéral font fonctionner, c’est un « dressage » du Citoyen, c’est une approbation majoritaire constante au Systéme. Ce travail d’inculcation est à renouveler sans cesse avec les mots et les thèses pilonnés par la Novlangue (macroniste et d’extrême-droite). Toutes à vouloir faire peur. Ici quelques exemples censés expliquer leur vision du Monde : « ensauvagement», « racaille », « grand remplacement », « violence », « jeunes de banlieue », «radicalité», « complotisme » etc. Pseudo-raisonnements truffés uniquement d’ antiphrases à amplifier, à maintenir, à reproduire. Dernier en date : Charles Consigny essayant de nous persuader que « les Medias sont complaisants avec Mélenchon » alors que trente secondes sur ces écrans suffisent à en démontrer le contraire.

Pour comprendre les rouages de cette Propagande portée aujourd’hui à un degré inoui, il faut s’arrimer à l’analyse du fonctionnement de ces trois énormes institutions sur lesquelles le système-Macron s’est déjà appuyé pour tenter de faire passer ses réformes d’envergure.

Trois dispositifs que le personnel politique allié du Grand Patronat sait être décisifs dans la poursuite de sa destruction des acquis sociaux, aidé en cela par la poigne policière et par les impositions pseudo-sanitaires du Masque dans la population. En ce moment, ces impositions (sous couvert de bienveillante protection) sont les points uniques de l’Actualité quotidienne, occupant tout l’espace mediatique du Privé comme du Public. But ? Faire oublier tous les problèmes sociaux.

Enumérons les trois dispositifs déterminants :

1. Le système scolaire et universitaire. 

On a déjà assisté au démantèlement macroniste des Universités, au parcours sélectif des lycéens/étudiants, à la réforme de l’apprentissage, à la domination des diplômes des grandes écoles (Via Parcours Sup). S’y ajoute – avec la Propagande Covid19 – un musèlement quasi-total de la population scolaire : cette jeunesse – plus ou moins de 11 ans – sommée de porter des masques (d’obéir).

Pendant ce temps, on monte en épingle chaque fait divers, on les amplifie pour justifier l’encabanement de cette « racaille », tous ces mineurs de 13 ans et plus qui font si peur. Comme tant d’autres (Ségolène Royal, Ciotti), Rachida Dati, dans la même surenchère, s’en fait le chantre aujourd’hui.

Quant à la population universitaire, elle continue à essayer de suivre ses études malgré l’inique Parcours Sup, malgré la précarisation, malgré l’absence de débouchés et d’aides financières. Il faudrait – mais je n’ai pas trop de place ici – voir comment on continue de formater les consciences de la jeunesse sur des disciplines hyper-importantes. Par exemple sur la matière de l’Histoire (celle récente de la France) façonnée par les Zemmour, les Lorant Deutsch, les Stéphane Bern et aussi… par les manuels scolaires écrits par les historiens huppés de Science-Po.

2. Le système médiatique d’information/communication. 

Jetons un coup d’œil au hasard de la semaine sur cette puissance Médias (Presses, radios, télévisions). Rappelons qu’elle est aux mains de 9 milliardaires (rajoutons le proprio libanais de Valeurs Actuelles), que son pouvoir est consolidé par les sondages à la con d’Instituts de sondages à la con, par les think tanks financés par le grand patronat (Institut Montaigne, Fondapol etc), par les Agences de com’ (d’Havas de Stéphane Fouks à Image 7 d’Anne Méaux), par la main mise sur les Services publics (nomination de macronistes à Radio France, LCP, France2 et FR3) etc.

Tous les jours, les limites sont franchies. Aujourd’hui, on apprend que Le Monde, journal de Xavier Niel, financeur top-niveau de Macron 2017, livre nos données personnelles par un chemin qu’un internaute démontre implacablement. Bien entendu, ce ne sont pas les arrogants @decodeurs qui se pencheront sur ces atteintes aux libertés. On voit la Une de Valeurs Actuelles, hebdo toléré, encouragé, invité, promu depuis longtemps par les TV de la Honte, montrer une Danièle Obono en esclave via – suprême manipulation agréée par Dupond-Moretti himself – en « roman ».

Là où on attendrait « haine raciale passible des Tribunaux, notre Ministre parle de « choix de lecture romanesque ».

On écoute un larbin-animateur de BFMTV se mettre en rogne contre son invité dans un énième débat sur la supposée augmentation terrible des Violences, renvoyant aux calendes sa sérieuse argumentation : « On s’en fout de vos chiffres. Ce n’est pas le ressenti des Français ». Voilà donc comment la Journaille prétend savoir ce qu’est le ressenti de tous les Français au mépris de tout travail d’analyse sérieuse. Sans parler de ce dessous des cartes de la promotion de Benjamin Duhamel de BFMTV, la Chaine de l’évasion fiscale.

3. Le système politique de la démocratie représentative. 

Inutile d’insister ici sur la façon dont En Marche fait taire les minorités d’opposition à l’Assemblée et au Sénat, les sanctionnant même (amendes, moqueries, coupures de micros, débats tronqués, interventions intempestives non sanctionnées par un Richard Ferrand en juge hors-la-loi).

Autre croyance : plus dure celle-ci, car elle a notre approbation : celle qui nous persuade quotidiennement que le vote est le summum démocratique de notre Vie politique. Increvable autre croyance : l’Assemblée Nationale et le Sénat représenteraient les Français. Rappel : une seule ouvrière/employée dans l’hémicycle et plus de 60% d’abstention dans les votes.

Ne croyez pas qu’il ne s’agisse que de la France de Macron et de ses Medias. En Allemagne, on voit réapparaitre cette crapule de Wolfgang Schäuble, Président du Parlement allemand.

Le voilà qui cause du Coronavirus : « Cette crise du Coronavirus est une « grande chance » pour l’Union Européenne. «  La crise réduit les résistances au changement. Nous pouvons faire aboutir l’Union économique et financière, que nous n’avions pas réussi à mettre sur pied politiquement ». Très clair, non ?

La Macronie : instantanés et état des lieux.

Après le premier inventaire sur la Macronie et ses horreurs (1er au 11 juin 2020), voici le Numéro Deux dans lequel j’ai répertorié quelques instantanés. Second état des lieux donc de ce régime dont les supports restent la Manipulation, le Mensonge et la Violence.

A comme AVIA

Bien sur, le Conseil Constitutionnel a censuré l’obligation de retrait sous 24 heures des contenus haineux sur le Net. La Macronie voulait obliger les sites à prendre en charge la censure de la parole publique. Il ne faut pas croire que la partie est définitivement perdue pour le Gouvernement car l’Objectif 2022 est trop important. Les réseaux sociaux, toujours aussi difficiles à juguler, restent en ligne de mire de leurs fusils. Ne nous faisons pas d’illusion : ils reviendront avec une autre campagne, avec d’autres textes mais avec les mêmes intentions. Laetitia Avia a d’ailleurs ainsi réagi: « Il ne s’agit pas de renoncer à ce combat pour la protection des internautes, victimes ou témoins de la haine en ligne ».

B comme BLOGS.

Il y a les réseaux sociaux mais il y a aussi les blogs, blogueurs et blogueuses. Rendons hommage à ces derniers qui, bénévoles, s’acharnent à aller chercher des infos (souvent reprises tranquillement par les journalistes- plagiaires). Leurs écrits, leurs interventions nous font supporter l’indigence des radios et télés publiques, les mensonges et manipulations du ramassis de journaleux qui peuplent les Chaines de la Honte et ironisent à juste titre sur l’arrogance de la Presse mainstream. Aussi allez faire un tour dans la Rue Affre et sa plume pleine de fiel et de miel, d’humour et d’humeurs anti-macronistes, un autre tour chez les Anciens toujours prêts pour la Bataille : DesPasPerdus, SarkoFrance et Bembelly. Voilà qui égaiera votre semaine.

H comme HISTOIRE.

La Seconde Guerre Mondiale est revenue ce mois-ci avec les Cérémonies autour du 6 juin 1944 et avec l’Appel du 18 juin. Beaucoup se focalisent sur les Zemmour, Naulleau, Pascal Praud, Stéphane Bern, tous s’improvisant historiens en venant déverser prioritairement leur haine des Rouges, leurs visions d’une Collaboration pas si méchante que ça. Mais des Zemmour, il en a existé beaucoup dans l’entre-deux-guerres. Plumes odieuses qui dénonçaient, haranguaient les foules, poussaient au crime et à la délation. Antisémitisme, anticommunisme étaient leurs deux points d’ancrage. Rajoutons aujourd’hui l’islamophobie. Autres temps, mêmes visions.

Ces propagandistes – si importants soient-ils – ne sont pas hélas les seuls (et les plus importants). Ce qu’on oublie c’est comment l’historiographie dominante d’aujourd’hui va sur les mêmes chemins, édulcorant la présence des FTPF dans la Résistance, faisant passer les Américains comme vainqueurs de la guerre militaire, confondant les morts des combats de l’avant-Libération avec les exécutions de l’Après, rédigeant les manuels scolaires, intimidant et écartant les thésards hors de leurs normes, se focalisant sur les «femmes tondues» qui n’ont pas que «fricoté» avec les Allemands etc. Des historiens dominants qui – via leurs titres réels, leurs travaux valables d’antan – ont tourné casaque, abandonnant la méthodologie de la Recherche, délaissant le travail obligatoire sur archives pour se gargariser et se pavaner via leur Capital de notoriété (toujours à faire fructifier) : être de la Corporation Science-Po, chapeauter des documentaires TV, faire des Conférences blablabla financées par l’Europe libérale par exemple. Ce Capital ne se maintient qu’à suivre le sens libéral des discours dominants. C’est ainsi qu’on veille à préserver les amitiés de ses collègues d’Université, la plupart coulés dans le même moule. Ici prenez le temps d’écouter l’indispensable chercheuse et historienne Annie Lacroix-Riz.

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L comme LVMH.

Les Chaines de la Honte, dont celles de Bernard Arnault (LVMH), ont oublié de signaler que Nicolas Bazire avait été le bras droit de ce même Bernard Arnault. Nicolas Bazire a été aussi une grande figure balladurienne, responsable de la campagne présidentielle 1995 dont le financement avait été assuré par des rétrocommissions issues de vente d’armes. Bazire vient d’être condamné à 5 ans de prison ferme.

Détaillons ses titres : Directeur général de Groupe Arnault en 1999, membre du Conseil d’Administration, du Comité Exécutif et… du Pôle Presse de LVMH. Membre du Conseil d’Administration des groupes Carrefour, Suez, d’Atos et d’Ipsos. Young Leader (1998) de la French-American Foundation. Témoin de mariage de l’autre Nicolas (hélas toujours pas menotté). 

Mais les Medias LVMH et autres ont aussi oublié que Bazire fut le Président d’Honneur de ce Think Tank libéral alimenté par les grands patrons, think tank qui fait la fierté de Dominique Reynié invité de tous les plateaux politiques TV : la fondation FONDAPOL.

P comme POLICE.

Deux tweets postés par Police Synergie. Par deux fois, ces policiers qui bastonnent ont frappé deux grands coups sur Twitter.

Le premier repris par Julien Salingue :

NOUS ? Le RN bien sûr…

Le second tweet montre que ces pseudo-Nationaux ne savent même pas conjuguer le futur simple du verbe «boycotter» à la troisième personne du Pluriel. Notre langue (n-a-t-i-o-n-a-l-e) hein !

Q comme QUESTIONS.

Toujours ces questions reposées ici qu’on veut passer à la trappe.

  • Sur Edouard Philippe (question déposée sur Checknewsfr le 6 mai 2019) : « Edouard Philippe a t-il fait recruter sa femme Edith Chabre alors qu’elle n’avait pas toutes les qualifications requise et qu’il venait d’attribuer des subventions à l’IEP en tant qu’adjoint du Maire du Havre?« 
  • Sur Benalla : Où est son coffre-fort ?
  • Sur Drahi et l’évasion fiscale. Aucun retentissement dans la Presse, les TV, les Radios publiques sur l’évasion fiscale du Boss d’Altice, de BFMTV, de RMC. Evasion fiscale que seule l’enquête imparable du Le Media TV a révélée. Pourquoi cette Omerta ?
  • La question posée au Quotidien de Yann Barthès et de Julien Bellver n’a toujours pas reçu de réponse : Qui vous a informé de la descente de la Police-Justice à 7 heures du matin lors de la perquisition de la France Insoumise ? Qui vous averti pour que – étonnamment – vous soyez présent à cette heure-là ?
  • Quand Nathalie Loiseau va répondre au scandale soulevé par Françoise Nicolas sur les détournements publics à l’Ambassade du Bénin ?

V comme VICHY.

Christian Giudicelli, copain de virée de Gabriel Matzneff, est toujours juré dans le jury du Prix Valéry Larbaud, prix littéraire décerné chaque année à Vichy. Malgré les questions posées depuis cinq mois au Maire Frédéric Aguilera (LR/LREM) financeur du Prix, c’est toujours le silence. Mr Giudicelli est toujours en place. Rappelons que Mr Giudicelli, connu via ses écrits comme pédophile notoire, a accompagné Matzneff dans les hôtels de Manille et en a été si fier qu’il a publié sans honte ses saloperies. Pour plus d’infos, voir l’article complet sur le blog de Simon Rötig sur Mediapart.

Littérature et Culture à Vichy !

Jean Zay. Le 20 juin, c’est dans le village de Molles (Allier) que fut exécuté Jean Zay, Ministre de l’Education du Front Populaire par des Miliciens qui ont transporté puis jeté son cadavre dans un puits dans la carrière de Cusset à Malavaux (près de Vichy) en 1944. Ici voyez la chasse d’après-guerre de ces assassins…

Les Canaux de la Propagande.

On les appelait les Jaunes.

Tu te réveilles un matin et tu ouvres machinalement cette Radio-publique qui devrait être la notre : France Inter. Invité : Laurent Berger. Le voilà qui prône «le dialogue social». Je me dis : «Bah, rien de changé». Mais la veille, je m’étais penché sur la période d’entre deux guerres et je m’étais arrêté sur le parcours «exemplaire» d’un René Belin.

René BELIN,
la marionnette de Jacques Barnaud (Banque Worms)

Ce René Belin, que le Patronat et ses synarques avaient été chercher, fut propulsé par eux (en catimini) dans l’appareil ouvrier (courant du syndicat CGT réformiste). Il atteint rapidement la place de numéro Deux avec financement patronal. Sa tâche ? Diviser le mouvement syndical y compris, bien entendu, après la réunification de Toulouse (Mars 1936). Une réunification où les postes importants furent – à travers manœuvres et intimidations – occupés par des futurs traitres CGT. Les autres, syndiqués CGTU, étaient dans la bagarre sur leurs lieux de travail, bientôt emprisonnés et déclarés « terroristes » après fin 1939.

Ce René Belin, donc, fut nommé en récompense premier des Ministres du Travail du gouvernement Pétain. Il s’occupa si bien des Travailleurs qu’il rédigea la Charte du Travail, promulgua des décrets (9 novembre 1940) qui signèrent la fin de tout syndicalisme. Quant, en 1942, on n’eut plus besoin de cause syndicale à effacer, on le vira dans un poste subalterne. Il mourut dans son lit en… 1977.

Oui, rien n’a changé mais il faudrait se garder de croire que l’Histoire repasse toujours les mêmes plats. Non que le Patronat (MEDEF d’aujourd’hui) ait abandonné cette stratégie de pourrissement/division du mouvement ouvrier (Laurent Berger aujourd’hui, Nicole Notat hier). Non, mais l’époque change et il est plus qu’important de situer cette stratégie patronale dans les temps d’aujourd’hui.

Pousser au «dialogue social», continuer à prôner le partenariat, n’est pas la seule façon pour les Puissants (je parle ici du personnel politique appuyant les volontés du MEDEF) d’affronter le Réel et la contestation citoyenne en jaune ou en rouge. Cette stratégie des Classes dominantes est tout azimuth. Elle est d’autant plus facile qu’elle peut compter sur les trois ateliers de production symbolique, énormes institutions tentaculaires qui «structurent solidement  notre inconscient social».

Un dispositif à trois Têtes.

Arrêtons-nous sur ce dispositif à trois têtes, dispositif que la Crise COVID19 met en pleine lumière. Le Pouvoir sait qu’ils sont les pivots de son intervention politique :

  1. Le système scolaire (et universitaire)

Un dispositif qui est là pour inculquer/imposer les Normes (du libéralisme of course). Je prends juste appui sur cette terrible photo de bambins de maternelle parqués dans des carrés tracés à la craie sous l’œil vigilant d’une maitresse. Tout y est : d’abord, l’ombre de cette Enfance mythique dans la Cour d’école, increvable cliché du Bonheur, de l’Innocence. Sans cette idée romanesque du Paradis enfantin, la portée de la Propagande serait très largement atténuée. Mais ici, elle joue à plein car elle montre ce qu’un Pouvoir autoritaire (couple MEDEF-Macron) est capable d’imposer en profitant des circonstances sans retenue. Voyez ces carrés pour imposer la logique arithmétique avec 4 côtés égaux (Propagande au carré), pour imposer le «chacun pour soi» (Demain, chers enfants, c’est à la faveur de votre seul courage que vous réussirez – idéologie du « Self-Made-Man »), pour imposer ces parcours où le futur adulte devra piétiner l’Autre (qui, de son seul côté, fera pareil bien entendu).

Voyez, dit encore cette photo : toute votre vie, vous serez contenu, avec des limites à ne jamais dépasser. Interdiction de sortir du cadre pour rejoindre l’Autre, pour aller en manifestation avec lui. Pour cela, le Pouvoir a des délégués (et si les Maitres et Maitresses sont récalcitrants, on saura les y forcer à coups d’intimidations, de lois, de sanctions.

2. Le système mediatique Information/Communication.

Ici une halte est bienvenue. Je ne referais pas l’étalage de cette puissance Medias (puissance tellement massive qu’hier, BFMTV, auxiliaire du Ministre de l’Intérieur, ordonna à la Police de Castaner d’intervenir sur le Canal Saint-Martin sur simples grognements des animateurs de la Chaine !)

Aux Radios à genoux – celle de Sibyle Veil (RadioFrance), celle de Vincent Giret (FranceInfo) -, à la Presse-Papier et numérique (Les articles du Monde associant Mélenchon et Marine LePen dans la Colère) qui ne laisse guère de place aux discours critiques, exceptés ces témoignages citoyens (qui gomment toujours le Politique), je rajouterai :

les Think Tanks, ces Officines financées par le Medef (ici Institut Montaigne, Fondapol, Cevipof), qui prônent par exemple l’allongement de la durée du travail etc.

Je rajouterai aussi ces Instituts de sondages à la con qui fabriquent du Réel avec des mensonges quotidiens sur ce que penserait l’Opinion (avec échos amplificateurs des Medias Presse TV).

Je rajouterai enfin les dernières initiatives mortifères du Pouvoir s’attaquant aux très vilains réseaux sociaux. Conjointement et tout dernièrement, nous avons eu un sondage qui dénonce l’augmentation de la Haine sur Twitter et Facebook. Sont visés ces salopards d’internautes qui se cachent derrière des pseudos insupportables. Aussi voit-on apparaître une loi Laetitia Avia qui donne le Droit au Pouvoir de Police de qualifier de terroriste untel ou une telle, de supprimer leurs comptes, de les traduire en Justice etc. Une première tentative présentée par Sibeth Ndiaye a heureusement avorté mais elle fut suivie aussitôt d’une nouvelle proposition de loi (Loi Avia).

Atteinte aux libertés : la Loi AVIA

Complotiste que je suis, je n’hésite pas à mettre ces derniers évènements avec ce qui est existant : à savoir le rappel que Mark Zuckerberg a rencontré Macron le 10 mai 2019. Pour quelle raison ? Ben… pour mettre en place – contre ces comptes Facebook de ces calamiteux Gilets Jaunes – une gentille répression. Rappelons encore, dans notre foulée de complotiste, que le Pouvoir est très satisfait de voir l’ardeur au travail des Egoutiers du Net (Lordon) qui cachent toujours leurs coffre-forts (alimentés par l’argent de FaceBook). Nommons-les une fois de plus : ils ont pour noms, Les Decodeurs, CheckNewsfr, Afpfactuel, 20 Minutes.

Macron et le Boss de FaceBook (10 mai 2019)

3. Le système politique de la démocratie représentative.

Avec ce billet déjà bien assez long, je laisserai de côté pour cette fois le troisième dispositif, celui qui touche au système politique de la démocratie représentative où la minorité n’a que son courage à revendre et ses yeux pour pleurer.

L’Ennemi est visible.

On parle d’ennemi invisible avec le Coronavirus. On est en guerre contre lui. C’est vrai. Mais il est un autre Ennemi. Et celui-là, il est visible. Et s’il ne l’est pas assez, rendons-le encore plus, beaucoup plus visible.

L’Ennemi est visible.

Il organise avec ses chiens de garde un téléthon avec dons demandés pour l’Hopital Public. L’Ennemi visible est descendu encore plus bas avec ce type d’initiative qui aurait été un scandale il y a peu quand défilaient dans la rue (avec tabassages) soignants et personnel hospitalier. Pourquoi cet Appel à la Charité publique ne fait (presque) pas de vagues ? C’est simple, le CODVID19 nous oblige à rester chez nous et donc à ne pas pouvoir manifester notre colère. L’Ennemi a profité de cette impossibilité pour se montrer « humains ». « Soyez généreux en ces terribles moments », clame t-il sans honte avec l’avantage d’avoir une Voix unique et totalitaire dans le champ politique, social et médiatique. Tout ces recommandations se font au nom, bien entendu, du Bien et de l’Intérêt Général.

L’Ennemi est visible.

Voyez comment l’Ennemi a mis à son avantage son refus d’augmenter la durée de congé de deuil. L’Ennemi a tancé ses fidèles par un joli sermon (et ainsi dédouaner tous ses Groupies a posteriori) en leur donnant du «Soyons Humains». Entre-temps, certains de mes camarades et ami(e)s de Gauche se sont dressés pour crier à haute voix et conclure que «cette Majorité était hors-sol» , qu’elle était «cramée», que «leur modèle mondialisé débile était mort» et qu’on avait «les cartes en main pour tout bloquer». Hélas, ces illusions sont néfastes et dangereuses.

En d’autres temps, en 1968 précisément, les mêmes illusions avaient circulé sur la vacance du Pouvoir avec les pseudo-preuves d’un Général fuyant à Baden-Baden en Allemagne. On causait d’un Pouvoir déserté qu’il suffisait de ramasser, ignorant par là le rapport des forces qui, quelques mois plus tard, démontrait que c’était la Droite qui était largement majoritaire. Ne véhiculons pas les mêmes illusions où nos rêves, nos espoirs prennent la place du Réel insuffisamment analysé.

L’Ennemi est visible.

L’Ennemi se porte bien, très bien. Sa contestation est circonscrite à l’intra-muros. Impossible de descendre dans la rue. Notons le paradoxe : on ne peut bouger, sortir de chez soi pour protester contre l’Ennemi alors que la colère contre lui est décuplée aujourd’hui, que cette colère en confinement est mille, dix mille plus forte qu’aux Carrefours des gilets jaunes. S’appuyant sur cette impossibilité, l’Ennemi ne se croise pas les bras : bien au contraire, il profite. Non, l’Ennemi n’est pas du tout du tout à l’agonie.

Regardez leur férocité.

L’Ennemi est visible.

Regardez. Ouvrons les yeux.

Le Préfet Lallement essaye ses drônes en plein Paris, à ciel ouvert. Pas dérangé par les protestations, il occupe le ciel de la Capitale et fait des essais de perfectionnement dans la Surveillance avec des vidéos twittées dans l’indifférence quasi-générale.

Jetons un œil sur les Medias (du public, du Privé). De France Inter à France Infos, de TF1 à BFMTV, de FranceBleu Auvergne aux Grandes Gueules, quel est le discours majoritaire à 95% ?

Le seul opposant aux GGRMC (Les Grandes Gueules) est viré. Les seul(e)s invités sont des autorités médicales qui interviennent certes pour dénoncer les conditions de travail de leur secteur mais le plus souvent «sans faire de politique et de polémique car nous devons rester unis ». Dans les appels aux auditeurs, on ne trie que les bonnes questions. Dans leurs réponses, les animateurs se pressent d’éliminer les «polémiques», écartent toute mise en cause de l’Ennemi pourtant visible.

Comme dans tout champ social, le monde médical est objet de luttes intestines, de contradictions, de dominés et de dominants.  Mais corsetées par l’Ennemi, les Rédactions se bornent à dérouler le ruban de l’apitoiement, de l’humanisme de Dame Patronesse, de la compassion dégoulinante, de l’Amour-pour-l’Autre avec ses injonctions si commodes de Devoir de l’Être Humain, de la Solidarité-à-bons-comptes via les Dons et Téléthons.

L’Ennemi est visible.

Il est d’autant plus visible que sa présence a été prépondérante depuis 1983. L’Ennemi visible a été porteur de politiques convergentes, celles de «gauche» (avec gouvernements de gauche sociale-démocrate) et celles de droite (avec gouvernements de droite républicaine). C’est ainsi que, sous nos yeux horrifiés, on voit plastronner plus que jamais sur nos écrans et devant les micros, des Chiens de Garde sans aucun complexe. Rappelons leur parcours : tous ceux-là ont été à la confluence de ces deux politiques de destruction des conquêtes populaires. Ainsi de Martin Hirsch, Patrick Pelloux, Jacques Attali, Ségolène Royal, Marisol Touraine pour en nommer quelques-un(e)s.

L’Ennemi est visible.

Contrairement aux opinions de gauche, la Macronie n’est pas affaiblie. Non seulement, elle fait face mais elle avance ses pions sur une autoroute déserte avec cette magistrale justification de promouvoir ses mesures iniques « pour nous faire du Bien, pour nous protéger« .

L’Ennemi devient de plus en plus féroce. Ecartons toutes ces balivernes qui le voient en décomposition. Les propriétaires des grands moyens de production et d’échanges s(er)ont toujours en place. Ils n’hésiteront pas à faire le ménage dans le personnel politique qui est à leur service. Ils gardent plus que jamais la main sur la Propagande. Ils n’hésiteront pas à clamer que « Oui, leur modèle est mort » et qu’il faut en changer mais – pas de naïveté contre-productive sur leur présumées faiblesses ici – ils vont continuer de diviser, de culpabiliser, de déplacer les contradictions, de s’appuyer sur celle-ci par exemple : cols blancs contre pauvres infirmiers, parisiens contre provinciaux etc. Ils couperont quelques têtes en faisant croire que c’est l’essentiel, rejoignant ainsi la stratégie de toutes les Classes Dominantes ébranlées, celle proclamée par le Prince Don Fabrizo de Lampedusa dans «Le Guépard» :

«Il faut que tout change pour que rien ne change ».

Dupont de Ligonnès : un désastre médiatique.

Cinquante-trois organes de presse-radio-Tv n’ont absolument eu aucune hésitation à suivre les Services de Police français et écossais pour nous rapporter que Dupont de Ligonnès, le meurtrier en cavale depuis 8 années, avait été soi-disant arrêté à Glasgow. Dès le vendredi 11 octobre aux environ de 21h, les premiers à suivre l’agence AFP furent BFMTV la chaine de la Honte puis, en presse-papier, le quotidien de Bernard Arnault (Le Parisien)

Ce fut ensuite notre Radio publique (FranceInfo) du macroniste Vincent Giret qui ne voulut pas rater cet incroyable course au scoop et qui embraya sur la (fausse) nouvelle sans absolument aucune retenue et réserve.

Cinquante-trois à bêler derrière les Services de Police. Seule La Provence fut sur ses gardes (Bravo !) en faisant suivre son titre de Une (« Arrêté ») d’un point d’interrogation.

Dans l’inventaire, on pourrait s’arrêter sur le menu fretin (du Dauphiné à L’Eclair, de la Charente Libre à la Dépêche du Midi) mais je commencerai plutôt par ceux qui se planquent derrière leur notoriété, leur objectivité dite légendaire et indiscutable, par ces deux quotidiens qui n’ont de cesse de se voir indépendants (pas des Services de Police pour cette affaire), qui se félicitent de leurs appendices chasseurs de… fakenews : les @décodeurs pour Le Monde et @Checknewsfr pour Libération. Guère besoin d’aller plus loin que d’exposer leur suivi moutonnier. Bêêê Bêêê derrière la Police (sans évidemment les précautions élémentaires de vérifications). En témoignent ces trois captures d’écran.

LIBERATION et LE MONDE
La PRESSE REGIONALE QUOTIDIENNE.

C’est par FranceInfo (lever vers 8h30) que j’appris la (fausse) nouvelle. Le journaliste Matteu Maestracci allait être aux commandes pour toute la matinée. Aucune interruption pour les quelques réclames, aucun autre titre (pourtant d’importance) n’étaient venus perturber la Machine à exhiber le scoop (jusqu’à écoeurement). On eut droit aux interventions de policiers, d’un auteur qui avait publié un livre sur l’Affaire, d’un psychiatre et de bien d’autres «experts» aux interventions (inter)minables. Jusqu’à 11 heures du matin, aucun doute n’avait été émis par la Rédaction et ses grands journalistes. L’avis des Services de Police – ici comme ailleurs – a fait loi. France Info a suivi. Bêêêê. Point.

Notons encore en passant qu’un expert, approuvé par le journaliste de FranceInfo, commença à douter du bien fondé de la source policière en mettant cette faute sur le dos des… auditeurs qui, bien naïfs, ont cru que les empreintes digitales étaient autant de preuves irréfutables ! C’etait donc, pour lui, la faute de « cette croyance populaire » (sic) !

Faut-il s’étonner du suivisme, de la soumission de la quasi-totalité des Medias à tout ce qui peut venir de ces Services de Police de Castaner, Services qui n’ont cessé de travestir les vérités sur leurs violences, qui diffusaient leurs comptages de manifestants pour les minoriser, qui déniaient continuellement le nombre d’opposants qu’ils ont blessés, meurtris à jamais ?

Rappelons-nous des titres du 22 novembre 2018, date de la seconde manifestation des gilets jaunes. La dépêche de l’AFP était lancée : elle posait que le « Mouvement s’essoufflait ». Même effet que pour l’Affaire Dupont de Ligonnes : les Medias avaient repris la dépêche dans les mêmes termes (y compris Le Monde) avec une belle unanimité. On sait ce qu’il est devenu de ce souhait de voir le Mouvement s’essouffler (dès l’Acte II) !

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Devant l’ampleur des moqueries sur les réseaux sociaux, on allait assister à la pauvre riposte de la Corporation Médiatique. Ô surprise, voilà le tweet du directeur de France Télévisions, Yannick Letranchant se fendant d’une excuse (un seul tweet, pas plus, hein, pour demander notre absolution) mais c’est aussitôt pour rajouter qu’ils ne… recommenceront pas. Il a du oublier comment, en son temps, les journalistes de sa chaine saucissonnèrent un discours de Mélenchon en y ajoutant des applaudissements au mauvais moment.

Mais le pire allait arriver avec le directeur macroniste de FranceInfo (Vincent Giret) qui déposa un thread avec ce tweet 4/5 des plus mensongers.

Notez ce gros mensonge énoncé sans vergogne : sa Radio aurait émis des doutes « dans la nuit du vendredi à samedi » ! Or je peux vous certifier qu’il n’en a pas du tout été ainsi. Ce n’est qu’aux environs de onze heures du matin que la Rédaction, via Matteu Maestracci, sentit le vent tourner. On entendit alors timidement l’adjectif « partielles » pour accompagner le mot « preuves ». Onze heures du matin. Pas avant. Faut-il s’étonner de ces mensonges lorsqu’on sait que son Directeur est un fervent groupie macroniste ? Ben, non. 

Les justifications allaient pleuvoir. La plus belle d’entre elles fut énoncée par tweet par Françoise Degois. Faisons une petite pause sur ce magnifique Collector :

L’aveu est formidable. Traduisons : pour FD si les Medias se sont trompés, c’est à cause de la «haute hiérarchie policière qui avait affirmé que cette info était sûre à 100%». Comme probablement l’affirmation policière selon laquelle Steve s’était noyé dans la Loire en prenant un bain de minuit.

Via son tweet consigné noir sur blanc, FD nous démontre à quel point les journalistes (et FD n’est pas la pire) ont intégré les méthodes de «travail» qui ont pour fondement les « infos » policières. Ils ne sont plus gênés d’être de simples caisses d’enregistrement de l’Appareil d’Etat policier. Françoise Degois ne voit pas que, assujettie aux sources policières, elle abandonne ses libertés et l’esprit critique qu’attend son lectorat. On pourrait se gausser d’une telle candeur dans l’aveu mais à y regarder de près, cette soumission a de quoi m’effrayer.

Hasard ? Non si l’on considère à quel point la majorité des Medias se donne des bons points, se vautre continuellement dans l’arrogance de l’Expert, dans le pseudo-savoir du grand Spécialiste incontesté. Ici, contrairement au vœu de FD d’arrêter le tabassage de cette Presse et les relations qu’elle entretient avec la Police, j’en rajouterai ici dans le sarcasme.

D’abord sur les syndiqués de Police-Synergie qui voulurent nous montrer leurs petits muscles et parader à vitesse grand V sur Twitter. Notre syndicat s’empressa de déposer ces deux tweets qui entreront dans la légende. Pas besoin de commenter mais on peut rire à gorges déployées. Oui, on peut.

Autre occasion de rire : Le 8 octobre, pour sa deuxième année, France Info, notre radio publique chapeautée par les macronistes Sibyle Veil et Vincent Giret et Les Echos de Bernard Arnault ont organisé les rencontres de Medias en Seine. Une journée où l’on a blablaté avec le plus grand sérieux du présent et de l’avenir des Medias. Dommage que l’affaire Dupont de Ligonnès ait éclaté trois jours plus tard car – tenez-vous bien – une des Conférences qui connut le plus grand succès avait pour thème « Comment éviter les… Fakenews« . Non je n’invente rien.

Fabienne Sintes, la journaliste de Radio-France qui ne s’excusa jamais sur son tweet accablant les gilets jaunes à propos de la soi-disant dégradation de La Salpêtrière, fut elle aussi de la partie pour défendre la Corporation. Difficile cette défense de la fake news reprise unanimement par ses confrères et consoeurs mais elle y arriva ! En deux phases : la première : « Il est faux de reprocher au Parisien une vérification zéro ». La seconde, merveilleuse façon de s’en laver les mains : « L’emballement est aussi policier ».

On peut effectivement en rire. Et j’en ris. Mais mon rire s’arrête vite car de cet énorme scandale, de cette honte, de ce désastre médiatique, je n’ai aucun doute : ils n’en feront rien.

Rien de rien.

Demain ils recommenceront et ça sera pire encore.

Pire, vous dis-je.