Dick Fosbury, un sauteur qui a pris de la hauteur.
Classé dans Les Humeurs de BiBi, Sport BIzness | par admin | Tags : athlétisme, Bernie Wagner, concours de saut, Dick Fosbury, Ed Carouthers, Fosbury flop, Jeux Olympiques, JO de Mexico, Mexico 1968, Oregon, saut en hauteur, Valéry Brumel
BiBi a toujours aimé ceux qui ne font rien comme personne, ceux qui lèvent le doigt quand il ne faut pas, ceux qui haussent les épaules devant les conseils trop pédants, ceux qui s’entêtent malgré les quolibets tout autour. BiBi aime imaginer que Dick Fosbury était de ces gamins obstinés et malins, pas prétentieux mais avec une bonne dose d’orgueil. « Faire au mieux dans le temps qui nous est réservé », voilà ce qu’écrivait la poétesse Marina Tsataeeva. Le temps d’une Olympiade, Dick Fosbury fit au mieux ce qu’il pensait devoir faire.
A ses retours d’école, Dick Fosbury aimait sauter par-dessus les haies qui entouraient les jardins. Il vivait à Medford dans l’Etat d’Oregon avec une mère secrétaire et un père directeur de vente de gros camions. Lorsque Dick Fosbury débuta dans sa High School âgé de 16 ans, il utilisait le saut en ciseaux, contrairement aux autres athlètes qui étaient les partisans du rouleau ventral californien.
Un jour, en compétition, il battit son record personnel à 1,63m et on plaça la barre à 1,68m. « Je voulais essayer quelque chose de différent pour pouvoir aller plus haut. J’ai couru et à l’intuition, j’ai essayé d’engager mes épaules d’abord et ça a marché. En sautant ainsi, j’ai battu mon record de 15 cm. J’ai continué au meeting suivant et mes performances se sont améliorées ».
Bernie Wagner, son coach, s’est demandé si cette approche de la barre était admise dans les compétitions plus importantes. Dick fut soulagé de savoir qu’il pouvait officiellement sauter de cette manière. A l’université de l’Oregon, il perfectionna son style et sa technique et engagea un programme d’entrainement qui insistait sur la souplesse, la rapidité de course et la musculation. Rappelons que le Fosbury Flop engage d’abord la tête et les épaules pour passer la barre puis le dos, avec une course d’élan en courbe et une impulsion bien plus rapide que la normale.
A l’âge de 20 ans, sa meilleure performance est de 2,10 mètres. Les Sélections US pour les Jeux Olympiques seront mouvementées. Dans un premier temps, à Los Angeles, Dick termine premier mais une réclamation conduit à l’annulation de sa victoire. Une seconde sélection lui permettra quand-même de terminer dans les 3 premiers et Dick Fosbury se qualifie pour Mexico 1968.
« Même si alors j’étais dans les six premiers mondiaux, je ne pensais pas à la médaille d’or mais à atteindre la finale et bien y figurer. La Finale des Jeux sera le meilleur concours de ma vie : je n’ai pas manqué un seul essai jusqu’à 2,24m, mon record personnel. J’ai attendu le troisième essai pour franchir la barre et devenir ainsi champion olympique ».
Entre ses essais spectaculaires, devant les entraîneurs et les adversaires médusés, la foule grondait de plaisir en criant des « olé ! » devant les sauts de ce compétiteur qui inventait dans l’enceinte du Stade Olympique une gestuelle inédite et jamais vue. Ed Carouthers gagna la médaille d’argent devant Valentin Gavrilov, tous deux adeptes du ventral. Le record du Monde de Valéry Brumel à 2,25m avait eu chaud. Pendant l’un de ses sauts, eut lieu l’entrée du premier coureur de Marathon, Mamo Wolde dans l’indifférence générale tant la foule n’avait d’yeux que pour l’athlète américain.
Au retour sur ses terres d’Oregon, il reçut un accueil triomphal. Dick ne voulut pas défendre ses chances en 1972 à Munich. Il fut l’Homme qui révolutionna le saut en hauteur puisque malgré les peurs des parents qui pensaient que leurs enfants allaient se briser le cou en sautant de cette façon. « Je ne garantis pas les résultats, disait toujours modeste Dick Fosbury, et je ne recommande à personne mon style. Tout ce que je dis c’est que si un gosse n’a pas peur, il peut essayer de me suivre. »
Tout ne fut pas si simple. Pendant trois/quatre ans, les entraineurs furent très divisés, certains ne supportant pas de voir leurs acquis délaissés par l’apparition de ce nouveau style. Ce sont les athlètes féminines qui s’engagèrent les premières. Debbie Brill, l’athlète canadienne de Vancouver fut la première femme à adopter le style Fosbury.
Après son succès, Dick Fosbury, âgé de 21 ans, poursuivit ses études et fut le premier dans sa famille à être diplômé de son Université. En 1977, on le retrouve dans l’Idaho où il a créé sa propre entreprise d’Engineering mais il garde toujours un œil sur l’athlétisme, conseillant les entraineurs et les enfants qui essayent d’assouvir leurs passions pour ces épreuves sportives.
Dick Fosbury rajoute qu’il ne regrette pas d’avoir si peu bénéficié de sa renommée sportive. Tout ce qu’il a fait, répète t-il, il l’a fait par amour du Sport et il est plutôt content de n’avoir pas vécu la grande explosion des drogues illicites sur les pistes de l’Athlétisme mondial. En 1998, il sera nommé Secrétaire général de la WAOW (Association Mondiale des Champions Olympiques).
Fosbury… de ces chics types qui ont déserté les pistes dorées et argentées de l’athlétisme moderne.
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9 mai 2008 à 20:46
J’ai le sourire après avoir lu cet article. Merde bibi… J’adore ton style! C’est ça le sport, point final… des mecs qui osent, qui réussissent, qui nous donnent envie de nous surpasser.
Le rêve? L’envie? Le dépassement de soi? La passion? Des valeurs qui se perdent actuellement. Heureusement, Bibi est là et surtout Dick est là. Un sourire, c’est peu mais c’est tellement beau.
9 mai 2008 à 23:12
J’ai vu une vidéo parlant de Bruce Quande qui a sauté de cette manière en 1963(http://fr.wikipedia.org/wiki/Saut_en_hauteur) avec une photo le prouvant.Mais cela n’enlève aucun mérite à Dick Fosbury sauf la paternité du saut.Si l’histoire est vraie
10 mai 2008 à 8:07
Dick Fosbury, un sauteur qui a de la hauteur…
Dick Fosbury n’a pas fait les choses comme les autres. Avec son saut singulier il a révolutionné le saut en hauteur. Devant des spectateurs médusés, il a remporté la medaille d’or du saut en hauteur aux Jeux de Mexico. bonne lecture et venez fa…