Catégorie: Pensées politiques

« Un sentiment de rage indignée».

Pas d’aujourd’hui que je conseille de lire les travaux du sociologue Alain Accardo. Ce dernier, au long parcours de chercheur en sciences sociales, a été un moteur de mes reflexions dans le capharnaüm de ce Monde. Ses analyses ont été des points de repères essentiels lorsque l’épais brouillard de l’idéologie libérale m’enveloppait à mon corps défendant.

A mon réveil, le Capitalisme était toujours là.

Comment se débarrasser de la question-constat qu’un ami me posa innocemment au début de la retransmission du match de football France-Irlande au Stade de France ? «Je ne comprends pas, me disait-il, qu’un match amical de foot rassemble 80.000 personnes et que le défilé du 26 mai ne réunisse pas plus que ce nombre».

Devais-je écarter sa question en la déniant ? Non, car elle était d’importance. D’autant plus qu’écoutant Alain Badiou (entretien au MediaTV avec Aude Lancelin) quelques jours plus tard, le constat du philosophe sur le rapport des forces du présent allait dans la même direction : «L’idée fait défaut… On a affaire à des résistances, donc à des données qui tentent d’empêcher le pire, d’empêcher la dislocation complète du système social… mais ce n’est pas saisi ou resaisi dans une dimension affirmative commune. De là une certaine faiblesse». Il parlait du mouvement populaire qui donne pourtant des signes d’espoir.

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«Words, Words, Words»

Dans le Hamlet (Acte II scène 2) de Shakespeare, il y a cet échange entre Polonius et Hamlet :

POLONIUS. (…) Que lisez-vous là, monseigneur ?

HAMLET. – Des mots, des mots, des mots !

POLONIUS. – De quoi est-il question, monseigneur ?

HAMLET. – Entre qui ?

POLONIUS. – Je demande de quoi il est question dans ce que vous lisez, monseigneur !

HAMLET. – De calomnies, monsieur !

Il y aura donc ici de la lecture, des mots qui calomnient, qui font risette, des discours de trahisons, des manipulations langagières, des mots qui tanguent, des mots qui se redressent et qui crient. Et des gens qui se donnent le mot. Du haut de leurs perchoirs. Et en bas, de plus en plus nombreux, en bas dans les rues.

Words, words, words.

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Françoise Nicolas, lanceuse d’alerte.

Ils/elles ne sont pas forcément révolutionnaires, dissidents ou anti-système. Ils/elles ont tout simplement du courage. Ils/elles font correctement leur boulot jusqu’à tomber un jour sur des malversations et découvrir des trafics illégaux. Des opérations obscènes. C’est là, sous leurs yeux. Il y a les preuves. Elles sont là, indiscutables.

Mais cela ne suffit pas.

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Une cueillette à toute vitesse.

T’as pas trop envie d’écrire. Tu te dis «chouette je vais me consacrer à autre chose» mais tu n’es pas Roi en ton Domaine. Tu as beau te protéger, faire le sourd, t’éloigner jusqu’au coeur des forêts, voilà que les rumeurs, les infos viennent te harceler. Nul repos, nul répit. Tu es obligé de mettre le nez dans ces horreurs. Pour t’en dégager, tu n’as d’autre choix que de trier, de garder ou de jeter, au compost, dans la poubelle grise ou la poubelle jaune. Pas d’autre alternative pour que ton carré de jardin survive jusqu’à la prochaine saison.

Dans ton malheur, il te reste quand-même quelques fleurs que tu as cueillies pour en faire un joli bouquet. Oui, pour quelques fleurs, ouf, le Monde est sauvé. 

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