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« CONTRE L’ETAT PRESENT S’INSURGER »

C’est par la lecture d’un de ses fragments qu’Héraclite, philosophe grec de la fin du VIème siècle avant JC, m’a redonné du courage. En cette période de détresse, de manipulations tous azimuts, d’aggravation de la misère, de mensonges sur la conduite sanitaire, il est impératif de tenter de devenir un humble gardien des vivants et des morts. Pour ça, essayons déjà de voir clair sur l’état présent.

MELENCHON

Ce tweet de Jean-Luc Mélenchon m’a laissé sur ma faim.
On pourrait penser effectivement que Macron se réjouisse que la Justice ait mis Sarkozy sur la touche. Mais peut-on se satisfaire de cette analyse et du trop simple constat d’une mise à l’écart définitive d’un «sérieux rival» ? C’est vrai qu’en cas de candidature, Sarkozy aurait siphonné une partie des voix de Macron (et peut-être l’aurait empêché d’être au second tour). Mais la question essentielle aurait été de savoir si Sarkozy aurait pu être candidat 2022 ?

SARKOZY ET LE LR.

« Mon Chouchou ! Mon pauvre Chouchou ! »

Examinons l’état du Présent : Sarkozy peut, depuis longtemps, mettre définitivement une croix sur un rôle public. L’accumulation de ses casseroles antérieures l’empêchait déjà de simplement imaginer un retour. Cette condamnation lui donne juste le coup de grâce. Les Républicains n’auraient pu le choisir comme candidat et le présenter comme «rival», si «sérieux» aurait-il été, de Macron. Et l’unanimité (de parade) tout autour de l’ex-Président pour prendre sa défense (à l’instar de son président Christian Jacob) ne trompe pas grand-monde. Avec l’énorme et insupportable handicap d’avoir des Républicains passés à En Marche (Darmanin, Le Maire, Philippe), le parti a déjà fait une croix sur cette élection et – coup de kärcher – sur Sarkozy. En le nommant pour 2022, le parti LR aurait pris un sacré risque et ce, pour de longues années. Seul but dorénavant pour ces Républicains : préparer, réfléchir à un candidat pour la future présidentielle 2027 et miser sur un grand nombre de députés.

Quant au républicain Sarkozy, il aura toute latitude pour utiliser ses réseaux afin d’aider Macron (comme il l’a fait en 2017) et de conseiller son double et ami Darmanin. Homme de l’ombre, homme d’influence souterraine, voilà qui satisfera sa vanité de pov’con, voilà la seule place qu’il peut désormais occuper.

ET NOS GRANDS CAPITAINES D’INDUSTRIE ?

Derrière la scène de compassion pour la victime Sarkozy se joue bien autre chose. Pouvons-nous imaginer que les grands capitaines d’industrie (de luxe, d’armement etc), promoteurs de Macron 2017, se soient rangés derrière Sarkozy et qu’ils aient abandonné le banquier amiénois pour 2022? Non. Eux aussi savent depuis longtemps que leur ex-idole ne compte plus. Leur stratégie reste la même : diviser la gauche, isoler Mélenchon par la calomnie et la désinformation quotidienne et promouvoir une pseudo-rivalité Macron-Marine Le Pen (sachant que MLP n’a aucune chance dans un second tour). Pour cela, ils rejoignent la stratégie des agences élyséennes. Voyons un peu ça.

FINI LE « NI DROITE NI GAUCHE » DE 2017.


Les moyens Medias colossaux de 2017 ont permis de fabriquer un dirigeant New Age, beau, sympathique, à qui il fallait faire confiance. Aujourd’hui, Macron est devenu impopulaire et le MEDEF s’en inquiète.

Alors, ne soyons pas surpris, ils vont sortir la grosse artillerie. L’énormité de la Propagande pro-Macron 2017 ne sera qu’une aimable plaisanterie comparée à celle qui s’annonce. De Bouygues TF1 au Service public, des chaînes de la honte au Monde de Niel, tout sera fait pour un Episode 2 : Macron vs Le Pen.
Aussi voyons-nous s’installer une nouvelle stratégie macroniste. Cette fois-ci c’est : « ET Droite ET Gauche ». Le projet de Macron (du néo-libéralisme de l’Institut Montaigne et des économistes de Bruno Le Maire) c’est de continuer coute que coûte leur politique de «réformes» liberticides avec répression dans les rues, utilisation manipulatrice de la protection sanitaire etc. Programme économique de Droite donc, avec repression manu militari, d’un Darmanin (trouvant Marine Le Pen trop molle). Mais cela ne suffit pas à forcer un nombre suffisant de supporters de MLP à adhérer à En Marche. Alors, on fait joujou avec l’autre côté : le côté Gauche.

LREM TENDANCE GAUCHISTE.

J’avais signalé dès septembre dernier l’esbrouffe macroniste très réfléchie de se coloriser en « parti de gauche ». C’est une condition essentielle pour gagner en 2022. Voyez les tentatives de fin 2020 : Macron tente de créér une aile gauche avec l’appui de ses Medias-moutons. Mais ça ne marche pas car les pseudo-dissidents ne sont pas connus, n’ont aucun poids de notoriété auprès du public.

Alors que faire ? Hé bien, il leur faut envoyer les grosses pointures comme des ministres. Et c’st ainsi qu’Elisabeth Borne, ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion clame tranquillement (ne riez pas, ce n’est pas une plaisanterie) qu’elle «est de gauche». Attendons-nous donc à une déferlante pro-LREM, à un pilonnage hors-normes sur les écrans et micros généreusement ouverts pour tenter de nous persuader que ces fossoyeurs de la République sont de dignes héritiers de Jaurès et du programme du Comité National de la Résistance (programme à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui s’intitulait «Les Jours heureux»).

Du Luxembourg à « En Thérapie ».

La violence : c’est par elle que le néo-libéralisme peut tenir et prolonger son règne. Une violence qui passe par le physique (fatigue, usure, dépressions, rage épuisante, suicides, morts dans la rue etc). Une violence démultipliée par la pression exercée sur les corps en entreprise, dans le No Future des Pôles-Emplois, dans les mains tendues et les files d’étudiant(e)s aux Restos du Coeur.

Cette violence des deux dernières semaines, je l’ai trouvée dans la fraude fiscale au Luxembourg, sur les chaînes C8 et CNews, au Club select du Siècle et, pour terminer, je l’ai vue se déposer sur le divan de Philippe Dayan, le psy des 35 épisodes de la série d’Arte, « En Thérapie ».

L comme Luxembourg.

Souvenons-nous de la phrase-mensonge de Nicolas Sarkozy en octobre 2009 à la veille du G20 de Pittsburgh  «Les paradis fiscaux, c’est ter-mi-né» alors qu’aujourd’hui éclate le scandale de l’OpenLux. Sur les 50 familles françaises, 37 d’entre elles ont usé de la fraude fiscale, planquant des milliards dans les coffre-forts du Duché. De LVMH (Bernard Arnault) à BNP Paribas, de Kering (Pinault) à Total, tous ont des filiales dans les paradis fiscaux. Et l’un des plus importants – avec Chypre et Malte – c’est le Luxembourg. A un abonné qui se demandait si les membres ces grandes familles n’avaient pas honte, j’ai répondu – via Monique Pinçon-Charlot  L’Argent sans foi ni loi » Editions Textuel).

« Au sein de ces grandes familles, on apprend que le système capitaliste est le seul qui soit naturel et imaginable. Les autres systèmes de pensée n’étant qu’idéologies. Du coup, pratiquer l’optimisation fiscale voire la fraude fiscale avec le recours aux paradis fscaux, tout cela leur paraît aller de soi face à un Etat qui est à leurs yeux trop gourmand. Elles intériorisent tout un discours autojustificateur contre l’Etat et l’impôt, contre les fonctionnaires, pour que leurs biens restent dans la famille. Pour prendre la mesure de ce sentiment de non-culpabilité, il faut comprendre que les membres de ces grandes familles sont à longueur de journée ds l’élégance et la sociabilité mondaine de l’entre-soi».

Résumé : ces grandes familles ne vivent pas dans notre monde mais elles sont maitresses du nôtre.

P comme Pesquet & Praud

Après le passage de Mélenchon chez Hanouna, Pascal Praud a redoublé de haine envers le représentant de la France Insoumise. Probable que la fille de l’animateur (qui avait voté pour Mélenchon en 2017) l’ait à nouveau titillé en lui disant qu’elle n’irait pas toucher à son poste ce soir-là et qu’elle resterait sur C8.

Ailleurs, sur CNEWS, autre TV de la Honte, il suffit de deux minutes pour savoir de quoi il en retourne. Une habitante de Trappes, française musulmane, dit que dans sa ville « ce n’est pas du tout ce qu’on dit ». L’animateur Julien Pesquet, petite frappe bolloréenne, reprend l’antenne et s’en amuse en hochant la tête d’un air entendu. Son mépris ahurissant ira juqu’à chantonner en direction de cette femme alpaguée via un micro-trottoir : « C’est ça, c’est ça tout va très bien Madame la Marquise ».

Le respect Bolloré, quoi.

S comme Siècle.

La cohésion de la classe dominante est toujours déjà-là. Cette classe possède les médias (elle a placé des directeurs de télés et radios publiques, serviteurs zélés de la Macronie), elle a ses Instituts de sondages couplés avec la Presse, elle a ses réseaux avec ses think-tanks et ses Clubs multi-cartes. Aujourd’hui, c’est le Siècle qui est sur la sellette avec son président Olivier Duhamel mais cette surexposition s’accompagne d’un silence total sur toutes les autres instances de solidarité de classe, instances plus solides que jamais.

Au contraire des classes dominées pour lesquelles il faut sans arrêt se battre durement pour s’unir, la classe des riches est instantanément mobilisée via ces groupes et ses réseaux. Citons-les : Le Jockey-Club, le Cercle Interallié, le Cercle de l’Industrie, The Travellers, le Cercle MBC (beaucoup sont affilés au Siècle), le Club des Trente, les Gracques (où se côtoient les patrons du MEDEF et des Denis Olivennes patron de Liberation), le Club Démocratie. Rajoutons que toutes ses accointances leur sont facilitées car leurs réunions, leurs dîners se déroulent exclusivement à Paris.

T comme Thérapie.

J’ai suivi les 35 épisodes de En Thérapie mais je n’ai pas très bien compris la raison pour laquelle Ariane, Camille et le couple étaient venus en séance. Pour Ariane, est-ce le seul trauma (et rien d’autre) suite à l’attentat du Bataclan qui l’a poussée à consulter ? Camille, elle, vient voir le psy car elle a juste besoin d’un certificat demandé par les Assurances. Quant au couple, je suis surpris qu’en psy lacanien, Philippe Dayan accepte une… psychothérapie de couple.

Comme dans la série « Soprano », les réalisateurs d’En Thérapie ont installé une caméra au cœur des séances. Du coup, le surmoi du télespectateur vient doubler la place du patient et/ou celle de l’analyste. On tourne à trois. L’espace privé – condition incontournable du maintien et de la poursuite de toute cure – est devenu… public. Et le côté public fait qu’il y a des explications, des petits cours de psy pour télespectateurs moins avertis sur les fondements de la théorie freudienne. On peut en sourire.

On peut aussi relever que les moments de cure dans la série sont toujours vus à travers des paroles extraordinaires, petits coups de théâtre permanents qui éliminent tout «ennui». Est-ce ainsi dans la vraie vie d’une séance ? Et on peut noter que la contrainte de la fiction pousse à écrire une fin obligatoire – du coup, par ricochet – une fin de… l’analyse (finie la drogue ? Si facilement ?).

Les jeux de Frédéric Pierrot, de Reda Kateb et de la prometteuse Céleste Brunquell sont formidables. En situation, ils traduisent bien les effets de cette belle parole de Françoise Dolto qui est dans la droite ligne des enseignements de Freud et illustre bien le dispositif de la cure qu’il mit génialement en pratique : « Ecouter l’autre, c’est le faire exister ».

En contrepoint bienvenu, on applaudira la mise en scène champ/contrechamp qui ne laisse pas de place aux mouvements de caméra surexcités habituels (ceux de l’info), nous laissant avec un certain plaisir dans le temps, rare télévisuellement, de l’écoute et du laisser-parler.

MES IDEES FIXES : inventaire.

Un des reproches qu’on me fait, c’est que je parle souvent des mêmes choses, que je ressasse, que je maugrée et grogne toujours contre les mêmes personnes, contre les mêmes Officines, contre les mêmes adversaires. Par contre, ceux qui me le reprochent ne s’étonnent pas de la différence d’échelle énorme entre la propagande pilonnée chaque seconde par les instances qui nous gouvernent (presse moutonnière, chaines de la honte, rédactions à genoux etc) et ma très très petite influence de blogueur et de twitto qui va en sens contraire.

Idée fixe donc : Checknewsfr.

Le respect de Liberation à ses lecteurs.

Oui, je n’arrête pas de tarabuster les instances qui ont pour but de traquer les fakenews. Faut dire que j’ai très mauvais esprit, restant persuadé que leurs choix de fakenews des gueux sont là pour cacher les fake des riches et des puissants. Mais contrairement au «dégoût» que j’incarne à leurs yeux, perso, je les estime beaucoup… surtout quand ils me donnent les chiffres des montants en dollars que l’entreprise privée FaceBook leur alloue chaque année (245000 dollars en 2018 et 236.000 dollars pour 2019 quand-même pour le prix de leur « indépendance » !)

Le problème avec ces loulous, c’est que, chaque année je m’épuise à les leur demander. Donc j’insiste, je pilonne, je répète la même demande, je me répète à me répéter. Cette fois-ci encore, ma demande d’infos porte sur le montant reçu en 2020 à propos duquel ils me réservent… une «sacrée surprise»! Ce qu’ils n’ont pas compris (ne veulent pas comprendre) c’est qu’il ne s’agit pas d’un problème personnel entre eux et moi mais d’une question politique. Question d’importance sur ce qu’ils retiennent comme «fake» (et donc digne d’être traité et analysé par eux) et ce qu’ils estiment être des infos insignifiantes. Travail de censure toujours agréé par Facebook quels que soient les intentions, la «qualité» de leurs travaux et la sueur qu’ils y mettent.

Idée fixe sur les Décodeurs.

Chez les Decodeurs, eux aussi traqueurs de «fake» (dépendants du Monde de Xavier Niel), on est plus radical encore. On a beau insister, pilonner, répéter, lancer tweet sur tweet pour qu’ils donnent le montant de leur soumission (et non de partenariat) à FaceBook, ils se taisent. C’est pratique, non ?

Mais ce dont ils ne se doutent pas, c’est que cette omerta prolongée est de plus en plus parlante.

Idée fixe sur l’AFP.

J’insiste, je pilonne, je répète, je lance tweet sur tweet contre le tri des infos de l’AFP qui se veut, elle aussi, une instance objective, neutre (avec rayonnement jusqu’au delà de nos frontières).

Avec eux, j’insiste, je pilonne, je répète, je lance tweet sur tweet dans le but de renseigner mes lecteurs et mes lectrices sur Frédéric Fries, celui qui commande l’Officine (ici article d’Acrimed) et sur la photographie mise sur le compte Twitter 2017 de leur Chef du Service Politique : un Macron triomphant. Pas besoin d’en dire plus mais il faut le dire encore.

Idée fixe princeps : le JDD.

Pour s’excuser, Gattegno fait son fiérot
avec ce « grâce à nous » !!

Pas de lecteur du JDD (Journal Du Dégoût) plus assidu que BiBi. Mes premiers billets sur ce torchon datent déjà de 2008 ! J’insiste, je pilonne, je répète, je lance tweet sur tweet en contre-propagandiste acharné. Car il me faut l’avouer, la journaille Lagardère et leur chef d’équipe Hervé Gattegno continuent de me débecter régulièrement. Ils ont fait fort en 2020 et, plus encore, avec leur Une de dimanche dernier suivie des piètres excuses du Chef. (Extrait ci-dessus).

Juste pour insister, pour pilonner encore, je repose ce medley des Unes 2020 qui situera le niveau de mes nausées.

D’autres insistances, d’autres répétitions coutumières portent sur l’inclusion hebdomadaire chez eux de l’incontournable sondage. Une présence répétitive insupportable qui a pour but de nous faire croire que les résultats de leurs sondages seraient les vrais reflets du Réel.

Jean Quatremer.

Monsieur Jean est un invité inamovible de France Info, de la rédaction d’Arte et il s’occupe de notre Europe libérale bien au chaud à Libération. Une figure contre laquelle jamais un(e) de ces intellos de gauche radicale ne lui est opposé. Donc que faire d’autre si ce n’est d’insister, de pilonner, de répéter, de poser et reposer son fameux tweet pro-Macron dans lequel tout est dit et… doit être redit.

Edouard Philippe.

J’insiste, je pilonne, je répète, je lance, je pose, je repose tweet sur tweet cet encart à propos d’Edouard Philippe, de sa femme Edith Chabre, de leurs liens avec Sciences-Po Paris et avec Le Havre. J’insiste, je pilonne, je répète, je lance, je pose, je repose tweet sur tweet : silence assourdissant sur toutes les lignes médiatiques. C’est qu’il ne faut pas déranger Monsieur, Madame et la belle institution qui accueille les amis de Monsieur Olivier Duhamel.

Giudicelli, le Maire de Vichy et La Montagne-Vichy.

Mr C. Giudicelli est juré dans le Jury littéraire finacé par la Ville de Vichy. Giudicelli est un pote de virée pédophile de Gabriel Matzneff. Je n’ai rien inventé. Tous leurs badinages obscènes sont écrits en toutes lettres dans les ouvrages du pédocriminel (1983 !). Ils sont connus depuis de nombreuses années des maires de Vichy (Claude Malhuret et Frédéric Aguilera financeurs du Prix) et des membres du Jury. Devant cette omerta incroyable, que faire pour obtenir la démission du pédophile si ce n’est d’insister, de pilonner, de répéter sans relâche, de continuer de lancer tweet sur tweet.

Le Siècle.

Ils sont 700 membres. Voilà qui fait du monde, beaucoup de beau monde. Les révélations de Camille Kouchner visaient son beau-père, Olivier Duhamel, qui se trouve être un conseiller régulier de l’Elysée, un ami des dirigeants de Sciences Po et l’(ex) Président du Siècle. Mon insistance sur Le Siècle est simple : quand par exemple, Pujadas, membre du Siècle, interroge Jérôme Jaffré, membre du Siècle, sur LCI (La Chaîne Immonde), pourquoi ne nous disent-ils pas s’ils étaient au courant (ou non) des actes de leur ami président ? Et me voilà, une fois encore, à insister, à rappeler, à lancer tweet sur tweet pour demander quelle était la teneur des conversations à la table du Siècle entre Laurent Joffrin, membre du Siècle, Denis Olivennes, membre du Siècle et Olivier Duhamel du Siècle.

*

On peut espérer que, l’an prochain, tout cela me prenne un peu moins la tête et un peu moins de temps. Et qu’au bout du compte, après mai 2022, je puisse avoir un peu plus d’idées volantes et… un peu moins d’idées fixes.

Macronie : le virus du Mensonge.

Mon billet du jour
en hommage à Jean-Pierre Bacri.

On connaît le pouvoir des mots. Mots pilonnés, mots caressants, mots de révolte. On connaît aussi les mots qui s’en vont tanguer, de la proue de la vérité à la poupe du mensonge (où – hélas – ils finissent le plus souvent par échouer).

On reconnaît aussi qu’avec des mots mensongers, on peut aller très loin, « mais sans espoir de revenir en arrière ». Imaginons qu’il ne s’agisse pas que d’un seul mensonge mais d’une somme de mensonges répétés à l’infini. Le souvenir de cette phrase du nazi Joseph Goebbels pointe alors, disant assez justement qu’un « mensonge répété mille fois se transforme en vérité ».

Mais allons encore au-delà du simple constat : c’est qu’un mensonge répété à l’infini va s’inscrire dans nos corps, dans nos perceptions, dans notre vision du monde. Il va se glisser dans chacun de nos actes jusqu’à devenir des parts de nous-mêmes. Pire même : jusqu’à devenir nous-mêmes, jusqu’à parler et agir en notre nom. Et malheur à qui viendra alors nous contredire : c’est simple, celui-là sera Complotiste ou Comploteur, Terroriste, Populiste, Menteur toujours. Avec les insultes qui suivront.

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Les mensonges (macronistes). Ils nous submergent. Ils sortent de leurs boites médiatiques à vitesse supersonique. Ils envahissent notre géographie intime, s’imposent, s’installent plus rapidement qu’un éclair, plus rapidement que notre respiration, plus rapidement, bien entendu, que notre volonté de compréhension.

Le Mensonge pose un autre problème et pas des moindres. Comment le distinguer de la Vérité car, s’avançant masqué, il porte les attributs de… la Vérité. De même, comment distinguer un prophète d’un faux prophète ? Comment repérer les instances de consécration qui font la promotion des vrais prophètes (on dit aujourd’hui : Experts, Spécialistes du Décryptage, Journalistes de Préfecture) et qui ne cessent de crier haro sur les faux ?

Hé bien, notre société néo-libérale a trouvé un bien ingénieux moyen : elle a créé des officines qui écartent le Fake et disent le Vrai. Avec une omission de taille, avec un interdit absolu : ne pas questionner sur «qui sont-elles»,«qui les financent», «qui les encensent», «qui les utilisent»,«pourquoi leur donne t-on blanc-seing» ? Ne vous fatiguez pas : à ces questions déterminantes, premières, légitimes, il ne vous sera jamais donné de réponses… sauf à vous battre pour les avoir.

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Depuis 2018, en simple citoyen, je demande régulièrement à Checknewsfr (anciennement Libedesintox) le pourquoi de leur soumission à l’entreprise privée FaceBook. Il m’en a fallu de la patience et des tweets d’interpellations (deux années !) pour ne pas me satisfaire de leurs justifications dérisoires («Nous sommes occupés» «Nous sommes en vacances» «On nage dans le coronavirus. Désolé» etc) et pour avoir enfin ces deux vraies (semblant de ?) réponses :

En 2018, FaceBook leur a versé 245.000 dollars.

En 2019, FaceBook leur a versé 236.000 dollars.

Et me voilà, janvier 2021, reparti dans une course de fond pour leur demander les chiffres de l’année 2020. Signalons que les autres officines (Les Decodeurs du Monde, journal de «référence», eux, se taisent purement et simplement. Et je ne parle pas de l’AFP qui a certainement le plus gros contrat avec FaceBook). Ainsi trie t-on les infos et les censures qui vont toujours avec.

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Prenez l’opposant Navalny, vrai ennemi déclaré de Poutine. Nul ne rappellera les vraies déclarations de cet homme, encensé par notre Presse moutonnière, où il se dit tout heureux des positions de Marine Le Pen sur le nationalisme et très content des succès de son parti.

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Monsieur Jean Veil est interviewé par Laurent Valdiguié de Marianne et avance le principe de défense qui justifierait son silence sur Olivier Duhamel. « J’étais tenu au secret professionnel » lâche t-il. Fort bien, mais un « journaliste » ne fait-il qu’enregistrer et s’en tenir là ? Un simple travail supplémentaire de l’Expert en Vérité aurait été de ne pas en rester à cette parole «vraie» (pas de doute, c’est bien Jean Veil et personne d’autre qui l’a prononcée) et d’aller se renseigner sur ce qu’était précisément le secret professionnel. Mr Laurent Valdiguié aurait pu alors repérer les articles du Code Pénal qui en parlent et dire tranquillement que le baratin de défense de Jean Veil était ignoble.

Conséquence de cette omission sur la vérité du secret professionnel, la machine médiatique s’est mise sans attendre en branle, ne rapportant que la justification de Jean Veil. Le Mensonge, seul, reste. Et puis, hop, hop, on passe à autre chose.

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Vérité : Madame Brigitte Macron s’interesse de près à l’inceste et veut en faire son cheval de bataille propagandiste.

Là encore, il y a une omission de taille qui tempère la vérité : si madame parle d’inceste, c’est qu’elle ne parle pas de (évite) la question de la pédocriminalité. Arrangeant… surtout quand on a eu vent de ce roman national où une certaine héroïne avait 39 ans le jour où elle fit connaissance de ce garçon de 14 ans sur une scène de théâtre scolaire. Vérité goebbelsienne jamais contestée dans les journaux de la Bande à Niel et de l’Association de Malfaiteurs Arnaud-Bouygues-Drahi-Bolloré.

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Masques ou baillons ?

Enfin que dire du pilonnage Vaccin, de la parole sanitaire-totalitaire qui occupe écrans et micros, de tous les propos de ces ministres devenus soudainement humanistes au grand cœur, pérorant pour notre bien à longueur de journée et, ô surprise, dépourvus de toute étiquette politique ? En ce moment d’écriture de fin de billet, je n’ai – pour protestation – que mon majeur bien tendu à leur opposer.

Finkielkraut, LCI et tutti quanti.

1. Dans les raisons de LCI (La Chaine Immonde) de virer Finkielkraut, il y a bien entendu la prise en compte par la Chaine de Bouygues de tout ce qui a changé depuis 2009, de toute l’évolution et de toutes les avancées dans l’opinion, du fait des voix qui se sont élevées contre les abus sexuels, les viols, la pédocriminalité.

Mais restons du côté de LCI. 

Il y a peu, la chaine de Bouygues avait engagé en grande pompe un journaliste suisse de (mauvaise) réputation qui s’est révélé être un harceleur, un journaliste recruté pour un créneau horaire extrêmement important de la Chaîne. En peu de temps, nous avons donc eu Darius Rochebin et… peu après, les diatribes obscènes de l’habitué des Medias, du « sulfureux » Finkielkraut qui a toutes les portes ouvertes dans les Medias (toujours à France Culture) pour y hurler sa haine de la « bienpensance », son horreur des Gilets Jaunes et de la Mediacratie de « gauche » qui l’insulte etc.

Viré de la Chaîne, le bonhomme ! On peut comprendre cette mise à l’écart de la Chaine (pour Darius Rochebin) et ce renvoi de Finkielkraut : ce sont deux tâches qui salissent la Chaîne, une chaîne qui doit absolument rester dans la logique concurrentielle puisqu’elle a des adversaires de taille en face d’elle (BFMTV, Cnews, FranceInfoTV). Il est donc vital pour elle qu’on ne la considère pas comme une Chaîne sale, qu’on ne la définisse pas comme une Chaîne faisant l’apologie des abus sexuels, de l’inceste etc. Du coup, après les casseroles de ces deux zozos, voilà une Direction-Redaction obligée d’agir vite, très vite.

Mauvaise langue, je pousserai même beaucoup plus loin. Souvenons-nous de ce que disait le fils Buisson interrogé par Yann Barthes dans l’émission du Quotidien en novembre 2019 : il assurait – bien placé qu’il était – que TF1, chaine Bouygues (comme LCI, ne l’oublions pas) s’était mise complètement au service du candidat Sarkozy pour ses campagnes électorales. Aussi, 1. comment ne pas mettre ceci en lien avec la volonté de LCI d’apparaitre comme une Chaine propre, ouverte, sérieuse et 2. comment ne pas mettre tout ceci avec cet autre Président qui – lui aussi – a besoin expressément d’une Chaîne qui ne soit pas cataloguée et perçue comme refuge de pédophiles par de futurs électeurs ?

Du coup, à tout prix, il faut se donner l’aspect d’une chaine respectable. C’est qu’en perspective de l’année 2022, cet autre Président doit pouvoir compter complètement sur elle pour sa Propagande. Aussi applaudir, promouvoir des partisans des abus sexuels et de l’inceste, mmmmhmh, on voit d’ici la non-crédibilité de cette Chaine qui persisterait à imposer ce genre de personnes !

2. C’est vrai – et à juste titre :  il faut parler des saloperies dégoisées par Finkielkraut qui va passer dorénavant son temps à écumer les TV et radios pour crier à l’injustice etc. Mais sortons de son cas individuel et regardons la pétition 2009 signée par le monde médiatique et artistique en soutien à Polanski. Que de noms ! Que de personnes qu’on aime et qu’on adore ! Cela en est effarant ! Lisez la liste, vous serez consternés ! Quoi ? Lui ? Quoi ? Elle ?  Incroyable cet aveuglement !

Toutes ces personnes ont-elles participé à ces changements qui ont eu lieu depuis cette date ? Non. Ont-elles fait amende honorable ? Non. Pas un mot. Pas un seul regret d’avoir soutenu Polanski. C’est bien plus pratique de se taire, de se terrer et de laisser le seul Finkielkraut à la vindicte « populaire ». Il est en effet préférable de s’apesantir sur ce philosophe et sur ses odieuses diatribles que sur, par exemple, celles, tout aussi odieuses, de Milan Kundera, oui l’estimé auteur, le combattant, le résistant. Car que disait-il en… 2010, dans ses arguments pour défendre Polanski ?

3. Je reprends ici un extrait de mon billet de blog de… mai 2010, écrit après lecture d’une intervention de l’écrivain dans Le Monde du 7 mai 2010 (Titre: « La prison de Roman Polanski » !)

« Et Polanski ? Ô le Pauvre Polanski ! «L’accusation occupe entièrement sa tête (…), le prive de vie». Milan Kundera a manifestement la mémoire courte : «The Ghost Writer», dernier film de Polanski, est sorti sans encombres le 3 mars sur les écrans. «Entièrement sa tête» ? Dommage que le cinéaste n’ait pas eu une petite place pour la victime et pour d’éventuelles « excuses ». Mais peut-être que je n’ai pas parcouru toutes les déclarations du cinéaste ?

Le point de vue et la défense de Kundera en deviennent tarabiscotés. Pour excuser et gommer un abus sexuel sur mineure de 13 ans, voilà la conviction du Romancier : «C’est l’art européen, sa littérature, son théâtre qui nous ont appris à déchirer le rideau des règles juridiques, religieuses, idéologiques, et à voir l’existence humaine dans toute sa réalité concrète». Je pourrais à la rigueur applaudir à l’assertion mais je me demande quel rapport peut-il y avoir avec le procès qui attend le cinéaste ? L’Art (l’Europe) au-dessus des lois ? L’Art, la Culture européenne comme arguments décisifs de sa Défense ? Euh…Je ne pige pas.

Autre refrain déjà entendu ailleurs : «Roman est persécuté pour un acte qui a eu lieu il y a trente-trois ans». Devrait-on le laisser en paix pour cela et ne passer en procès que les actes d’abuseurs datant de 33 jours, de 33 minutes ou de 33 secondes ? »

Voilà où en était toute cette grande partie de l’intelligentsia française en ces temps-là. Heureusement, le combat s’est poursuivi et il faut saluer ici toutes celles (et ceux) qui ont fait et font bouger les lignes.