JDD : le Samidzat de la page 11.

Le Samidzat de la Page 11

En ouvrant le de ce 14 septembre, est tombé sur un des titres de la page 11 de la rubrique Internationale. Il fut aussitôt en alerte car le bandeau qui encadrait le second article de était en effet très étonnant : « Le journal de… BiBi ».
Pas de doute pour BiBi, Frère s’irritait des Instantanés du site www.pensezbibi.com  et avait donné de la Voix en envoyant ses journalistes en première ligne. Les Samidzats (1) de BiBi devenaient gênants, ils devaient dépasser largement les colonnes de son blog et allaient jusqu’à entraver les travaux de l’équipe de journalistes en atterrissant sur leurs tables et leurs ordinateurs.
Oui, pas de doute possible, BiBi devenait insupportable avec sa façon de scruter les Unes hebdomadaires, sa manière de lancer sans arrêt ses piques du lundi, d’agacer avec son ton de donneur de leçons. Ses moqueries régulières demandaient riposte. Car, rires sous-cape, blagues clandestines commençaient à circuler à tous les étages de la Rédaction et on commençait à s’agiter en haut de la pyramide. Beaucoup ne le disaient pas mais chacun pianotait dès le lundi matin pour lire la réponse de BiBi. Dans les hautes sphères du Journal, on avait fait passer la consigne de ne pas relever les sarcasmes de BiBi, faisant mine de hausser les épaules devant la minuscule audience de son site. D’ailleurs, hein, que pesait ce plumitif d’internaute avec ses 75 visiteurs par jour en moyenne contre les 1.344.000 visiteurs uniques en juillet au jdd.fr ?
Le nez sur le titre, BiBi, lecteur numéro Un du Journal de Frère Lagardère, était très fier de compter parmi les adversaires du premier Camarade de . Cela comblait sa grande faille narcissique. Et pour qui voyait ses yeux brillants lisant ce titre, c’est bien à lui, Majesté BiBi, que le JDD s’adressait.
Mais il lui fallut lire l’article.
Et déchanter car pour lui, ce fut de… l’hébreu.
Dans l’encart de la page 11, on y expliquait en effet que bénéficiait du soutien caché de , puissant homme d’affaires international. Pour ce dernier, seul était en mesure de s’opposer au traitre qui veut traiter avec les Palestiniens. Aussi, ce Monsieur Milliardaire a inondé Israël d’un quotidien gratuit censé préparer le retour au pouvoir de Benjamin. «Résultat, écrit le journaliste du JDD, le journal est surnommé « », un jeu de mots en hébreu qui signifie « le Journal de BiBi », surnom de l’Ancien Premier Ministre ».
Passé le moment de surprise et de déception, BiBi se refit un moral en se disant que le premier ministre d’Israël de 96 à 99 devait, lui aussi, lire ses interventions d’internaute sur le Site et qu’il avait adopté le même surnom. Mais… en y réfléchissant, BiBi se dit que cette histoire était plus alambiquée encore et qu’elle méritait d’être creusée plus avant.
Et voilà ce que BiBi retint comme hypothèse la plus plausible.
BiBi a toujours près de lui ce livre éclairant d’ édité par Le Mascaret (2). Il sait combien il est difficile pour le journaliste d’aujourd’hui de résister, de s’insurger davantage contre les contraintes économiques et la concurrence acharnée dans ce champ. BiBi a sa petite idée sur la dénégation de ces journalistes qui s’offusquent qu’on puisse les comparer à des Marchands de Com ou à des Hommes (ou Femmes) de « ménage » (3). Il sait la souffrance sociale de ceux qui se sont engagés dans ce métier et qui voient la dégradation maximale et honteuse de leurs outils de travail. Aussi, voilà ce qu’il en fut.
Certains journalistes du JDD ont voulu lancer un signe à BiBi. Ils ne pouvaient le faire directement, par exemple en signalant en page Medias (rubrique ActuNet) l’extraordinaire et magnifique site  www.pensezbibi.com. Alors, tels des Clandestins et Dissidents de l’Ouest, ils ont pris un malin plaisir à intituler un article « Le Journal de BiBi ». Ils savaient que BiBi allait comprendre. Ils savaient que BiBi apprécierait ce subtil contournement des contraintes.
Oui, BiBi les a compris. BiBi salue bien bas leur Esprit Malin et leur façon très originale… d’encourager BiBi à continuer.

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(1) Pour qui ignorerait ce qu’étaient les Samizdats, les Samidzats étaient des feuillets clandestins écrits par les dissidents soviétiques. Ces écrits manuscrits ou dactylographiés ont circulé dans toute l’ex-URSS et pays amis et ont contribué à l’écroulement du Régime. BiBi est dans la lignée de cette liberté surveillée, page d’internautes en plus et, bien entendu, danger en moins.
(2) Alain Accardo. Journalistes au quotidien (Outils pour une socioanalyse des pratiques journalistiques). Le Mascaret. 1995.
(3) Les « ménages » sont des interventions payées par des entreprises en pointe lors de Congrès, de réunions internes, de rassemblements de prestige etc, interventions très très très bien rémunérées sur lesquelles nos Grands Journalistes, bien entendu, restent muets.

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