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Lecture : « Le Yacht du Roi Farouk » de Marlène Belilos.

Il ne s’agira pas ici d’une lecture critique. Les livres qui vous touchent n’en ont pas besoin. On ne lira donc pas ici de reflexions sur la forme et le fond, sur les tics de l’écrivain(e), on ne trouvera pas une lecture comparative entre les beaux passages et les moins bons. De tout cela, je me fiche. Seules comptent les brûlures que les livres (grands ou petits) vous font. Les temps de mes lectures sont des temps hors-monde mais ce hors-monde me ramène au vrai monde, celui du coeur, des palpitations et celui des différences sociales. De tout cela, il en est question dans les souvenirs égyptiens de Marlène Belilos.

Et c’est à elle que j’ai envoyé cette lettre.

Joyeux Anniversaire, Carla ! (2)

(Suite de l’Article 1…)

1er décembre 2009 : Journée Mondiale du Sida. Les associations de lutte contre le Sida sont invitées à l’hôtel Marigny (sauf le courageux Act-Up). A l’hôtel Marigny et non à l’Elysée, vous avez remarqué ? C’est qu’il ne faut pas associer Chouchou au Sida (et à ses tractations).

Début décembre 2009 : Chez Chouchou, sous l’impulsion de Grégoire et de ses Chefs (Guaino, Levitte, Soubie), on ne chôme pas, on pense, on construit et on se penche à nouveau sur Unitaid. Cette Association ramasse quelques 434000 euros par jour (chiffres du Figaro) grâce à la taxe de solidarité sur les billets d’avion initiée par les présidents Lula et… Chirac. Les mêmes mauvaises langues (n’allez pas les croire) disent que ce Trésor pourrait servir à un candidat chiraquien en Campagne électorale 2012.

9 décembre 2009 : Sommet de Copenhague. Chouchou retrouve Ban Ki Moon. Le précédent entretien avait vu Chouchou très en colère contre Gregoire Verdeaux et le Monde entier mais là, tout est oublié. Chouchou persuade même son ennemi Obama de s’associer à des «financements innovants» (déjà mis en place par Unitaid) pour aider l’Afrique. Obama, le Kenyan, est ravi.

14 décembre 2009 : Sans attendre, le Conseiller et son Pool ont déjà contre-attaqué (sur Unitaid). C’est simple : pour démolir, on réduit le financement puis on réduit les marges de manœuvre. L’Association attaquée est privée de mouvements (capitaux), elle voit arriver le premier Tsunami (les «Patent Pool») avant le second etc. Cela finira bien par inquiéter le personnel qui quittera le Navire.

Pour l’instant, seul Act–Up (vigilant) proteste. Unitaid, bientôt coquille vide, pourra fermer la boutique. Ce n’est pas Douste-Blazy, président chiraquien, qui s’y opposera : il a fini d’écrire un livre (sans remercier Chouchou dans ses préfaces ! Aïe aïe aïe !) et il attend de faire des signatures… à Toulouse ? A Lourdes ?

16 décembre 2009 à Canal Plus : Chouchou a fait la démonstration à Ban Ki Moon qu’il sera plus efficace que Douste-Blazy. Il abat ses cartes avec la bénédiction de l’ONU et d’Obama. L’Unitaid de la Chiraquie est à liquider, on fait croire qu’on va aider l’Afrique. Voilà qui nous console de l’échec de Copenhague.

Le Voyage prévu au Maroc de fin d’année pour Carla Bruni-Sarkozy et Chouchou sera donc des plus reposants ? Pas sûr. Il se murmure que Carla est un peu tristounette ces derniers temps.

Les rumeurs des mauvaises langues vont encore bon train. Est-elle au courant de toutes ces tractations ? BiBi n’en sait rien et il s’en fiche un peu. En Carla, comme en certains Sujets, il existe un clivage qui permet de vivre comme si de rien n’était. Le Sujet est alors dans l’incapacité de faire du lien entre les deux parts de lui-même. Madame Carla a très bien pu entendre tout ça mais ses défenses inconscientes ont organisé le refoulement. Que son psy se débrouille avec ! Que Carla convoque Gérard Miller !

De toutes les manières, BiBi est vraiment très content de pouvoir lui amener ces deux jolis cadeaux d’anniversaire. Et que Chochotte ne s’en fasse pas – Valérie Hortefeux sera d’accord avec BiBi pour lui dire que le Maroc est un très beau pays pour oublier ses soucis.

Maroc : Retour à Mazagan (ex-El Jadida).

Mazagan avant, après.

Sous le protectorat français, version soft de la Colonisation, les villes marocaines d’Essaouira, Mohammedia, El Jadida, portaient respectivement le nom de Mogador, Fedala et Mazagan.

Aussi lorsque BiBi tomba sur l’article du Figaro à propos de l’hôtelier sud-africain, Sol Kerzner qui posait ses valises à Mazagan, il fut certes intrigué mais il comprit très vite les raisons du retour de ce patronyme européanisé. On gommait «El Jadida» pour revenir à Mazagan.

C’est que le 31 octobre, eut lieu l’inauguration du «Mazagan Hôtel Resort». Le Resort, pour les pauvres que nous sommes, est un complexe touristique complet : à Mazagan, on trouve ainsi une zone de 250 ha au bord d’une magnifique plage «publique» de 7 kilomètres de long sur lequel on a construit un hôtel de 500 chambres, 67 villas (il en reste quelques unes à acheter), 8 restaus, un spa, un golf de 18 trous dessiné par Gary Player et on est à une heure de Casablanca.

Comme toujours, ces inaugurations sont prétextes à un bal grandiose et à une belle Fête prolétarienne. Autour des braseros et des méchouis, on pouvait reconnaître Patrick Bruel, la Princesse fan de rap Clotilde Courau, Jean-Michel Jarre, Naomi Campbell, Lindsay Lohan, Naomi Watts, divers princes et princesses et membres du gouvernement marocain. Manquaient les habitués (Clint Eastwood, Mariah Carey, Morgan Freeman, Matt Damon) mais 300 artistes «populaires» firent le bonheur des invités présents. 2000 agents ont décoré les lieux de 100000 fleurs et autant de bougies sans oublier les 50 chevaux parés pour l’occasion.

Le grand hôtelier Sol Kerzner dit inaugurer un concept «d’hôtellerie haut de gamme abordable» avec ce 5 étoiles aux mille lits. Quatre millions de clients aux revenus abordables sont attendus pour cette première année.  Sa collaboratrice Marie-Béatrice Lallemand (ex-Crillon, Martinez) s’est vue confier les rênes de ce Resort par le boss que le Figaro décrit comme «un homme de 74 ans très simple, au style décontracté, au verbe posé».

Sur le bonhomme, il faut chercher longtemps pour que de son verbe posé, il nous parle des raisons pour lesquelles il fut soupçonné de corruption en Afrique du Sud (Sun City) en 1992. Afrique du Sud qu’il quitta pour se réfugier politiquement et économiquement à Nassau, aux Bahamas où il achète l’Atlantis, le complexe le plus flamboyant au Monde avec ses 2300 chambres. La Crise touche, paraît-il, sa chaîne One & Only.

Sol le regrette, lui qui «reste discret sur les comptes de sa Société, Kerzner International». En ce  moment, pendant la construction de l’«Atlantis The Palm » à Dubai, il coupe dans les effectifs en licenciant plus de 800 personnes aux Bahamas.

Aujourd’hui, voila Mazagan confisqué (El-Jadida la Belle), pour attirer les touristes fortunés. Quant aux autres (les touristes de fortune), ils passeront leur chemin ou bien payeront désormais un droit d’entrée.

Si BiBi vous parle de ce saccage à Mazagan, cette ville où Orson Wells tourna une partie de son film «Othello» c’est parce que BiBi a fait ses premiers pas sur le sable de cette magnifique plage marocaine et qu’il y a ouvert les yeux le premier jour de sa vie.

Ouezzane (Maroc) : retour sur la rue des Ecoles.

Ouezzane (Maroc)  Rue des Ecoles

BiBi a toujours aimé cette phrase d’Antonin Artaud :  » Comme le Monde a sa géographie, l’Homme intérieur a sa géographie qui est une chose matérielle« . Aujourd’hui, c’est Ouezzane (ou Ouazzane) cette ville du Rif marocain qui s’impose…

La Beauté de Larache (Maroc).

Larache (Maroc)

M’est revenue la beauté de Larache…

Me sont revenues les ordures de novembre déversées sur la plage encastrée dans les roches rouges. Des ordures, des immondices colorées, des guirlandes épousant les dessins fins des ravines, des ordures comme des mots qui se jetteraient dans quelque recoin inatteignable. Un thé mentholé au « Cervantès », le  bistrot de Jean Genet qu’il fréquenta les 12 dernières années de sa vie. Et encore cet autre souvenir, cette conversation d’hotel entre ces deux hommes, deux ingénieurs français, dont l’un disait que l’eau serait dans les années futures le bien le plus précieux… pour son entreprise. Longue discussion sur la longue barre qui envoie les vagues à pleine puissance sur la côte, au nord de Larache. Les Travaux Publics marocains devaient aller chercher loin des gros cailloux jusque dans l’intérieur des terres pour les ramener et éviter l’ensablement du port. Au crépuscule, Mohammed, un habitant du quartier du Cimetière arabe me parla longuement de l’ami de Jean Genet et de sa tante enterrée du côté de Meknès. « Deux gros cailloux. L’un pour la tête, l’autre pour le corps : rien de plus. Comme pour ta tante » avait dit l’écrivain à son ami marocain en lui parlant de sa propre pierre tombale.