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Checknewsfr et Facebook : la soumission continue.

Croyez-moi, je n’ai vraiment guère envie de perdre mon temps, guère envie d’écrire ce billet. Mais une fois de plus, je vais devoir m’arrêter sur ces loulous de Checknewsfr (de Liberation-Drahi) et sur leur officine. Après un an et demi de silence, les voilà qui ont enfin daigné donner le montant de leur soumission à FaceBook : 236.000 euros reçus pour 2019. Vous avez dit… indépendance ?

Checknewsfr fait partie – avec les Decodeurs du Monde de Xavier Niel macroniste de la première heure, avec l’AFP de Fabrice Fries macroniste de la première heure – de ce grand travail de Surveillance de l’Information.

Ces trois Officines trônent tout en haut de l’affiche pour dire ce qui est une vraie information et dire ce qui relève de la fake news. En grands défenseurs de la liberté d’informer, ils incitent l’internaute à poser des questions. A Libe, il faut s’abonner pour toucher au Graal de la question sélectionnée. Leur tri (1) se fait évidemment selon les habitus de ces sélectionneurs-journalistes. On comprend vite que pour toutes questions vraiment dérangeantes (c’est-à-dire directement politiques), ces Officines fassent l’autruche. Ici en exemple, une question (datée du 5 mai 2019 !), posée et reposée sur Twitter, question pas du tout anodine sur Edouard Philippe et sa femme récompensée par un poste à Science-Po Paris. Pour la réponse, euh, allez donc voir ailleurs.

Et quand – Ô Miracle ! – ces Officines répondent, les voilà qui s’agacent de notre entêtement de simple Citoyen et nous envoient promener. Autre cas exemplaire : il touche le Bayrougate (connu pourtant avant le ralliement de Bayrou à Macron 2017) que Checknewsfr a purement et simplement écarté. « Trop de travail » avaient-ils prétexté !! Voyez d’ailleurs le sympathique tweet qu’ils m’avaient adressé !

Je continuerai mon billet uniquement sur Checknewsfr (2). Les Decodeurs, eux, suprêmement arrogants, ne s’abaissent pas à répondre à la simple question du montant en dollars que FaceBook leur alloue pour leur (pseudo) indépendance (Défense de rire). Quant à l’AFP, il suffit de lire l’article d’Acrimed sur son Boss pour savoir de quoi il en retourne de leur soumission à FaceBook.

Concernant mon différend avec Checknewsfr, résumons-en rapidement les raisons.  En 2017, je remarque leur lien… financier à FaceBook. A l’époque, les Loulous de l’Officine sont tout fiers de livrer le montant alloué par Mark Zuckerberg. Ils s’en vantent, sans voir dans quelle merdier ils vont se fourrer. Ils avouent 100.000 dollars pour 2017. Puis en 2018, ils avancent qu’ils auront 250.000 dollars. Cela leur permet d’avoir deux postes supplémentaires. Ils ne voient toujours pas le problème éthique de l’indépendance mais – petite inquiétude quand-même – ils commencent à freiner l’info pour le montant 2019. C’est là que je pose régulièrement les mêmes tweets pour demander le montant de leur soumission 2019. Bien entendu, de leur côté, ils parlent de « partenariat » en bonne docilité de manager libéral. Ils prétextent alors leur travail sur le Covid19 pour ne pas répondre. Mais – oh surprise – ce 12 aout 2020, soit un an et demi après ma première question sur le financement 2018-2019, ils livrent le chiffre : 236.000 dollars. Bizarre quand-même que le don de Mark Zuckerberg soit en baisse (3).

Reste la question de l’indépendance. Toujours dans le déni, les jeunes loulous de Checknewsfr se croient quitte avec cet aveu. Maintenant, circulez, on passe à autre chose. Ils ont livré leurs explications avec moult circonvolutions, justifications et évitement (à se tordre de rire). Bien sur, comment pourraient-ils avouer qu’ils sont assujettis au travail de propagande affiné par – entre autres choses – les rencontres 2019 entre Macron et le Boss de FaceBook (voir photo du début de mon billet) ? Et on se souviendra longtemps du titre 2017 de leur journal : « Votez ce que vous voulez mais votez Macron ».

Comment pourraient-ils ces « égoutiers du Net » (Frédéric Lordon) dire que la menace Drahi-Joffrin-Olivennes est une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes ?

Enfin, reconnaissons-le, ces jeunes loulous de Libération manient très bien l’humour (voyez avec quelle condescendance, ils ont répondu à mon tweet le 5 février 2019 !) et ils sont très experts en manipulation et en Novlangue. Ainsi, ils inventent un dégout que j’aurai eu à leur encontre pour ensuite le justifier à mon égard. Mon Dieu ! Quel traitement vis-à-vis de leur humble lecteur : ils m’ont aussi conseillé du… repos !

Enfin, ils réduisent (dernier tweet en ce 13 août 2020) la question de la soumission à FaceBook à un « relevé des compteurs », façon habile de censurer toute discussion sur leur soumission.

Bagatelles seraient ces épisodes s’ils ne mettaient en pleine lumière les liens de plus en plus forts entre le milieu médiatique et les centres du Pouvoir macroniste (et américano-trumpiste). On rappellera ici les saloperies de FaceBook, leurs achats d’électeurs, les données de 87 millions d’internautes vendues à Cambridge Analytica etc.

A l’heure où le libéralisme se fait de plus en plus violent, les bibis se doivent d’ouvrir l’œil sur ces Officines qui se targuent – avec une arrogance et un aplomb incroyables – de nous informer.

***

(1). Un regard sur le tri que Checknewsfr ne fait pas. Ecartant les brûlantes questions politiques, voilà la raison qu’ils nous donnent : ils étaient en « vacances » !

(2) L’ancien nom (Libedesintox) faisant trop cucul et trop frenchy, ils ont choisi Checknewsfr, emblème épousant au mieux la novlangue des Managers et du Libéralisme.

(3) Evidemment le chiffre donné ce 13 août ne peut se vérifier. On peut juste souligner que démarrant avec un don de 100.000 euros en 2017, le montant donné par l’entreprise privée FaceBook avait culminé à 250.000 dollars en 2018. On s’attendrait à un chiffre exponentiel pour 2019 mais, bizarrement, non, il retombe à 236.000 dollars. Rien ne se finit avec cet aveu. Au contraire ! Tout commence là : c’est à partir de ce lien Checknews – Facebook que se pose la question politique décisive en ces temps de brutalités médiatico-politiques, en ces temps d’élection 2022, de l’indépendance (en fait, de la soumission réelle) des Medias.

La Macronie : instantanés et état des lieux.

Après le premier inventaire sur la Macronie et ses horreurs (1er au 11 juin 2020), voici le Numéro Deux dans lequel j’ai répertorié quelques instantanés. Second état des lieux donc de ce régime dont les supports restent la Manipulation, le Mensonge et la Violence.

A comme AVIA

Bien sur, le Conseil Constitutionnel a censuré l’obligation de retrait sous 24 heures des contenus haineux sur le Net. La Macronie voulait obliger les sites à prendre en charge la censure de la parole publique. Il ne faut pas croire que la partie est définitivement perdue pour le Gouvernement car l’Objectif 2022 est trop important. Les réseaux sociaux, toujours aussi difficiles à juguler, restent en ligne de mire de leurs fusils. Ne nous faisons pas d’illusion : ils reviendront avec une autre campagne, avec d’autres textes mais avec les mêmes intentions. Laetitia Avia a d’ailleurs ainsi réagi: « Il ne s’agit pas de renoncer à ce combat pour la protection des internautes, victimes ou témoins de la haine en ligne ».

B comme BLOGS.

Il y a les réseaux sociaux mais il y a aussi les blogs, blogueurs et blogueuses. Rendons hommage à ces derniers qui, bénévoles, s’acharnent à aller chercher des infos (souvent reprises tranquillement par les journalistes- plagiaires). Leurs écrits, leurs interventions nous font supporter l’indigence des radios et télés publiques, les mensonges et manipulations du ramassis de journaleux qui peuplent les Chaines de la Honte et ironisent à juste titre sur l’arrogance de la Presse mainstream. Aussi allez faire un tour dans la Rue Affre et sa plume pleine de fiel et de miel, d’humour et d’humeurs anti-macronistes, un autre tour chez les Anciens toujours prêts pour la Bataille : DesPasPerdus, SarkoFrance et Bembelly. Voilà qui égaiera votre semaine.

H comme HISTOIRE.

La Seconde Guerre Mondiale est revenue ce mois-ci avec les Cérémonies autour du 6 juin 1944 et avec l’Appel du 18 juin. Beaucoup se focalisent sur les Zemmour, Naulleau, Pascal Praud, Stéphane Bern, tous s’improvisant historiens en venant déverser prioritairement leur haine des Rouges, leurs visions d’une Collaboration pas si méchante que ça. Mais des Zemmour, il en a existé beaucoup dans l’entre-deux-guerres. Plumes odieuses qui dénonçaient, haranguaient les foules, poussaient au crime et à la délation. Antisémitisme, anticommunisme étaient leurs deux points d’ancrage. Rajoutons aujourd’hui l’islamophobie. Autres temps, mêmes visions.

Ces propagandistes – si importants soient-ils – ne sont pas hélas les seuls (et les plus importants). Ce qu’on oublie c’est comment l’historiographie dominante d’aujourd’hui va sur les mêmes chemins, édulcorant la présence des FTPF dans la Résistance, faisant passer les Américains comme vainqueurs de la guerre militaire, confondant les morts des combats de l’avant-Libération avec les exécutions de l’Après, rédigeant les manuels scolaires, intimidant et écartant les thésards hors de leurs normes, se focalisant sur les «femmes tondues» qui n’ont pas que «fricoté» avec les Allemands etc. Des historiens dominants qui – via leurs titres réels, leurs travaux valables d’antan – ont tourné casaque, abandonnant la méthodologie de la Recherche, délaissant le travail obligatoire sur archives pour se gargariser et se pavaner via leur Capital de notoriété (toujours à faire fructifier) : être de la Corporation Science-Po, chapeauter des documentaires TV, faire des Conférences blablabla financées par l’Europe libérale par exemple. Ce Capital ne se maintient qu’à suivre le sens libéral des discours dominants. C’est ainsi qu’on veille à préserver les amitiés de ses collègues d’Université, la plupart coulés dans le même moule. Ici prenez le temps d’écouter l’indispensable chercheuse et historienne Annie Lacroix-Riz.

*

L comme LVMH.

Les Chaines de la Honte, dont celles de Bernard Arnault (LVMH), ont oublié de signaler que Nicolas Bazire avait été le bras droit de ce même Bernard Arnault. Nicolas Bazire a été aussi une grande figure balladurienne, responsable de la campagne présidentielle 1995 dont le financement avait été assuré par des rétrocommissions issues de vente d’armes. Bazire vient d’être condamné à 5 ans de prison ferme.

Détaillons ses titres : Directeur général de Groupe Arnault en 1999, membre du Conseil d’Administration, du Comité Exécutif et… du Pôle Presse de LVMH. Membre du Conseil d’Administration des groupes Carrefour, Suez, d’Atos et d’Ipsos. Young Leader (1998) de la French-American Foundation. Témoin de mariage de l’autre Nicolas (hélas toujours pas menotté). 

Mais les Medias LVMH et autres ont aussi oublié que Bazire fut le Président d’Honneur de ce Think Tank libéral alimenté par les grands patrons, think tank qui fait la fierté de Dominique Reynié invité de tous les plateaux politiques TV : la fondation FONDAPOL.

P comme POLICE.

Deux tweets postés par Police Synergie. Par deux fois, ces policiers qui bastonnent ont frappé deux grands coups sur Twitter.

Le premier repris par Julien Salingue :

NOUS ? Le RN bien sûr…

Le second tweet montre que ces pseudo-Nationaux ne savent même pas conjuguer le futur simple du verbe «boycotter» à la troisième personne du Pluriel. Notre langue (n-a-t-i-o-n-a-l-e) hein !

Q comme QUESTIONS.

Toujours ces questions reposées ici qu’on veut passer à la trappe.

  • Sur Edouard Philippe (question déposée sur Checknewsfr le 6 mai 2019) : « Edouard Philippe a t-il fait recruter sa femme Edith Chabre alors qu’elle n’avait pas toutes les qualifications requise et qu’il venait d’attribuer des subventions à l’IEP en tant qu’adjoint du Maire du Havre?« 
  • Sur Benalla : Où est son coffre-fort ?
  • Sur Drahi et l’évasion fiscale. Aucun retentissement dans la Presse, les TV, les Radios publiques sur l’évasion fiscale du Boss d’Altice, de BFMTV, de RMC. Evasion fiscale que seule l’enquête imparable du Le Media TV a révélée. Pourquoi cette Omerta ?
  • La question posée au Quotidien de Yann Barthès et de Julien Bellver n’a toujours pas reçu de réponse : Qui vous a informé de la descente de la Police-Justice à 7 heures du matin lors de la perquisition de la France Insoumise ? Qui vous averti pour que – étonnamment – vous soyez présent à cette heure-là ?
  • Quand Nathalie Loiseau va répondre au scandale soulevé par Françoise Nicolas sur les détournements publics à l’Ambassade du Bénin ?

V comme VICHY.

Christian Giudicelli, copain de virée de Gabriel Matzneff, est toujours juré dans le jury du Prix Valéry Larbaud, prix littéraire décerné chaque année à Vichy. Malgré les questions posées depuis cinq mois au Maire Frédéric Aguilera (LR/LREM) financeur du Prix, c’est toujours le silence. Mr Giudicelli est toujours en place. Rappelons que Mr Giudicelli, connu via ses écrits comme pédophile notoire, a accompagné Matzneff dans les hôtels de Manille et en a été si fier qu’il a publié sans honte ses saloperies. Pour plus d’infos, voir l’article complet sur le blog de Simon Rötig sur Mediapart.

Littérature et Culture à Vichy !

Jean Zay. Le 20 juin, c’est dans le village de Molles (Allier) que fut exécuté Jean Zay, Ministre de l’Education du Front Populaire par des Miliciens qui ont transporté puis jeté son cadavre dans un puits dans la carrière de Cusset à Malavaux (près de Vichy) en 1944. Ici voyez la chasse d’après-guerre de ces assassins…

Les Canaux de la Propagande.

On les appelait les Jaunes.

Tu te réveilles un matin et tu ouvres machinalement cette Radio-publique qui devrait être la notre : France Inter. Invité : Laurent Berger. Le voilà qui prône «le dialogue social». Je me dis : «Bah, rien de changé». Mais la veille, je m’étais penché sur la période d’entre deux guerres et je m’étais arrêté sur le parcours «exemplaire» d’un René Belin.

René BELIN,
la marionnette de Jacques Barnaud (Banque Worms)

Ce René Belin, que le Patronat et ses synarques avaient été chercher, fut propulsé par eux (en catimini) dans l’appareil ouvrier (courant du syndicat CGT réformiste). Il atteint rapidement la place de numéro Deux avec financement patronal. Sa tâche ? Diviser le mouvement syndical y compris, bien entendu, après la réunification de Toulouse (Mars 1936). Une réunification où les postes importants furent – à travers manœuvres et intimidations – occupés par des futurs traitres CGT. Les autres, syndiqués CGTU, étaient dans la bagarre sur leurs lieux de travail, bientôt emprisonnés et déclarés « terroristes » après fin 1939.

Ce René Belin, donc, fut nommé en récompense premier des Ministres du Travail du gouvernement Pétain. Il s’occupa si bien des Travailleurs qu’il rédigea la Charte du Travail, promulgua des décrets (9 novembre 1940) qui signèrent la fin de tout syndicalisme. Quant, en 1942, on n’eut plus besoin de cause syndicale à effacer, on le vira dans un poste subalterne. Il mourut dans son lit en… 1977.

Oui, rien n’a changé mais il faudrait se garder de croire que l’Histoire repasse toujours les mêmes plats. Non que le Patronat (MEDEF d’aujourd’hui) ait abandonné cette stratégie de pourrissement/division du mouvement ouvrier (Laurent Berger aujourd’hui, Nicole Notat hier). Non, mais l’époque change et il est plus qu’important de situer cette stratégie patronale dans les temps d’aujourd’hui.

Pousser au «dialogue social», continuer à prôner le partenariat, n’est pas la seule façon pour les Puissants (je parle ici du personnel politique appuyant les volontés du MEDEF) d’affronter le Réel et la contestation citoyenne en jaune ou en rouge. Cette stratégie des Classes dominantes est tout azimuth. Elle est d’autant plus facile qu’elle peut compter sur les trois ateliers de production symbolique, énormes institutions tentaculaires qui «structurent solidement  notre inconscient social».

Un dispositif à trois Têtes.

Arrêtons-nous sur ce dispositif à trois têtes, dispositif que la Crise COVID19 met en pleine lumière. Le Pouvoir sait qu’ils sont les pivots de son intervention politique :

  1. Le système scolaire (et universitaire)

Un dispositif qui est là pour inculquer/imposer les Normes (du libéralisme of course). Je prends juste appui sur cette terrible photo de bambins de maternelle parqués dans des carrés tracés à la craie sous l’œil vigilant d’une maitresse. Tout y est : d’abord, l’ombre de cette Enfance mythique dans la Cour d’école, increvable cliché du Bonheur, de l’Innocence. Sans cette idée romanesque du Paradis enfantin, la portée de la Propagande serait très largement atténuée. Mais ici, elle joue à plein car elle montre ce qu’un Pouvoir autoritaire (couple MEDEF-Macron) est capable d’imposer en profitant des circonstances sans retenue. Voyez ces carrés pour imposer la logique arithmétique avec 4 côtés égaux (Propagande au carré), pour imposer le «chacun pour soi» (Demain, chers enfants, c’est à la faveur de votre seul courage que vous réussirez – idéologie du « Self-Made-Man »), pour imposer ces parcours où le futur adulte devra piétiner l’Autre (qui, de son seul côté, fera pareil bien entendu).

Voyez, dit encore cette photo : toute votre vie, vous serez contenu, avec des limites à ne jamais dépasser. Interdiction de sortir du cadre pour rejoindre l’Autre, pour aller en manifestation avec lui. Pour cela, le Pouvoir a des délégués (et si les Maitres et Maitresses sont récalcitrants, on saura les y forcer à coups d’intimidations, de lois, de sanctions.

2. Le système mediatique Information/Communication.

Ici une halte est bienvenue. Je ne referais pas l’étalage de cette puissance Medias (puissance tellement massive qu’hier, BFMTV, auxiliaire du Ministre de l’Intérieur, ordonna à la Police de Castaner d’intervenir sur le Canal Saint-Martin sur simples grognements des animateurs de la Chaine !)

Aux Radios à genoux – celle de Sibyle Veil (RadioFrance), celle de Vincent Giret (FranceInfo) -, à la Presse-Papier et numérique (Les articles du Monde associant Mélenchon et Marine LePen dans la Colère) qui ne laisse guère de place aux discours critiques, exceptés ces témoignages citoyens (qui gomment toujours le Politique), je rajouterai :

les Think Tanks, ces Officines financées par le Medef (ici Institut Montaigne, Fondapol, Cevipof), qui prônent par exemple l’allongement de la durée du travail etc.

Je rajouterai aussi ces Instituts de sondages à la con qui fabriquent du Réel avec des mensonges quotidiens sur ce que penserait l’Opinion (avec échos amplificateurs des Medias Presse TV).

Je rajouterai enfin les dernières initiatives mortifères du Pouvoir s’attaquant aux très vilains réseaux sociaux. Conjointement et tout dernièrement, nous avons eu un sondage qui dénonce l’augmentation de la Haine sur Twitter et Facebook. Sont visés ces salopards d’internautes qui se cachent derrière des pseudos insupportables. Aussi voit-on apparaître une loi Laetitia Avia qui donne le Droit au Pouvoir de Police de qualifier de terroriste untel ou une telle, de supprimer leurs comptes, de les traduire en Justice etc. Une première tentative présentée par Sibeth Ndiaye a heureusement avorté mais elle fut suivie aussitôt d’une nouvelle proposition de loi (Loi Avia).

Atteinte aux libertés : la Loi AVIA

Complotiste que je suis, je n’hésite pas à mettre ces derniers évènements avec ce qui est existant : à savoir le rappel que Mark Zuckerberg a rencontré Macron le 10 mai 2019. Pour quelle raison ? Ben… pour mettre en place – contre ces comptes Facebook de ces calamiteux Gilets Jaunes – une gentille répression. Rappelons encore, dans notre foulée de complotiste, que le Pouvoir est très satisfait de voir l’ardeur au travail des Egoutiers du Net (Lordon) qui cachent toujours leurs coffre-forts (alimentés par l’argent de FaceBook). Nommons-les une fois de plus : ils ont pour noms, Les Decodeurs, CheckNewsfr, Afpfactuel, 20 Minutes.

Macron et le Boss de FaceBook (10 mai 2019)

3. Le système politique de la démocratie représentative.

Avec ce billet déjà bien assez long, je laisserai de côté pour cette fois le troisième dispositif, celui qui touche au système politique de la démocratie représentative où la minorité n’a que son courage à revendre et ses yeux pour pleurer.

La Complainte du « Pourquoi ? »

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Quand on est petit, on demande souvent « Pourquoi y a des étoiles? » « Pourquoi y a des animaux ? ». Puis, plus tard, on se demande « Pourquoi il y a la guerre ? Pourquoi il y a des injustices ? » Peut-être s’est-on entendu répondre « C’est comme ça ! ».

Aujourd’hui, dans ce premier mois de 2020, ce « pourquoi ? » est revenu. A la différence de mes premières années, je n’attends pas de réponses. C’est que je crois savoir aujourd’hui pourquoi…. ces pourquoi sans réponse perdurent. Cette nuit, en bordure des rêves, en ces moments où parfois quelque chose s’écrit en déferlante, ce n’était pas de la prose qui s’installa mais un amoncellement de « POURQUOI?». Et ce matin, j’ai eu la chance de pouvoir les retrouver. Ils ne m’échapperont pas. Les voici donc en vrac :

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Pourquoi ne retrouve t-on pas le coffre-fort de Benalla ?

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Pourquoi la CFDT de Laurent Berger capitule, signe l’armistice puis s’engage dans la voie de la Collaboration ?

Pourquoi Françoise Nicolas, la courageuse lanceuse d’alerte, ne retrouve pas de travail ?

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Pourquoi Fillon ne rend pas le Million volé ? Pourquoi n’est-il pas en prison ? Pourquoi est-il l’invité de Lea Salame et Thomas Sotto ?

Pourquoi pardonnons-nous tout à Jacques Chirac ?

Pourquoi Frédéric Haziza reste toujours à LCP alors qu’il a eu un rappel à loi pour harcèlement sur une journaliste qui, elle, a été priée de s’en aller ?

Pourquoi les éditocrates continuent chaque matin de poser leur cul sur leur fauteuil et ne sortent jamais dans la rue le jour des manifs ?

Pourquoi les Medias ne parlent pas tous les jours de la mort de Zineb Redouane, de Steve Maia Caniço et de Cédric Chouviat ?

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Pourquoi Christophe Schmidt, directeur du Service Politique de l’AFP, a ôté de son avatar Twitter 2017 l’image d’un Macron triomphant pour le remplacer par une vue neutre des bâtiments de son siège ? Honte ?

Pourquoi tout le monde rit quand le macroniste Gabriel Attal – qui n’a jamais bossé – veut « émanciper la jeunesse » (à Verrières et ailleurs) ?

Pourquoi les radios de RadioFrance – si bavardes pour parler d’essoufflement des grévistes – ne parlent jamais de la grève qui se produit dans leurs batiments ?

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Pourquoi La Montagne et son journaliste de Vichy tressent sans arrêt des louanges dignes de la Pravda au candidat LR Frédéric Aguilera à la Mairie de la ville ?

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Pourquoi de Mediapart au Figaro, de France Inter à Europe1, on a choisi et signé un contrat avec l’officine de comptage des manifestants parisiens En l’Occurrence sachant que son Directeur (son tweet ici à Aurore Bergé) est un macroniste forcené ?

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Pourquoi les Decodeurs du Monde ne divulguent pas le montant en dollars que FaceBook leur donne chaque année en gage – paraît-il – de leur indépendance ?

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Pourquoi Checknewsfr ne répond pas à la question posée le… 6 mai 2019 portant sur Edouard Philippe, le Havre, sa femme et Science-Po Paris ?

Pourquoi l’émission des Grandes Gueules de RMC n’a pas encore programmé une de leurs émissions sur l’évasion fiscale ? En prenant comme exemple exemplaire leur Boss Drahi qui continue de les payer.

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Pourquoi dans leur article du Monde, Ariane Chemin et Raphaëlle de Bacqué n’ont pas un mot sur Josyane Savigneau, fervente admiratrice de Matzneff qui a régné sur… le Monde des Livres pendant plus de 15 ans dans leur propre journal ?

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Pourquoi tous ces « journalistes »

@jmaphatie @fabsintes @askolovitchC @lofejoma

@leasalame @ndemorand @brunoduvic

@SoMabrouk@Laurent_Joffrin

@olivier_truchot @OlivierGalzi

#yvescalvi @Bruce_Toussaint

ne protestent jamais lorsque leurs confrères sont agressés dans les manifestations ?

*

POURQUOI ?

Parce que c’était EUX.

Parce que c’était NOUS.

Deux camps, comme disait l’odieux préfet de Paris. Deux camps : en lutte, l’un contre l’autre. Voilà pourquoi.

Dupont de Ligonnès : un désastre médiatique.

Cinquante-trois organes de presse-radio-Tv n’ont absolument eu aucune hésitation à suivre les Services de Police français et écossais pour nous rapporter que Dupont de Ligonnès, le meurtrier en cavale depuis 8 années, avait été soi-disant arrêté à Glasgow. Dès le vendredi 11 octobre aux environ de 21h, les premiers à suivre l’agence AFP furent BFMTV la chaine de la Honte puis, en presse-papier, le quotidien de Bernard Arnault (Le Parisien)

Ce fut ensuite notre Radio publique (FranceInfo) du macroniste Vincent Giret qui ne voulut pas rater cet incroyable course au scoop et qui embraya sur la (fausse) nouvelle sans absolument aucune retenue et réserve.

Cinquante-trois à bêler derrière les Services de Police. Seule La Provence fut sur ses gardes (Bravo !) en faisant suivre son titre de Une (« Arrêté ») d’un point d’interrogation.

Dans l’inventaire, on pourrait s’arrêter sur le menu fretin (du Dauphiné à L’Eclair, de la Charente Libre à la Dépêche du Midi) mais je commencerai plutôt par ceux qui se planquent derrière leur notoriété, leur objectivité dite légendaire et indiscutable, par ces deux quotidiens qui n’ont de cesse de se voir indépendants (pas des Services de Police pour cette affaire), qui se félicitent de leurs appendices chasseurs de… fakenews : les @décodeurs pour Le Monde et @Checknewsfr pour Libération. Guère besoin d’aller plus loin que d’exposer leur suivi moutonnier. Bêêê Bêêê derrière la Police (sans évidemment les précautions élémentaires de vérifications). En témoignent ces trois captures d’écran.

LIBERATION et LE MONDE
La PRESSE REGIONALE QUOTIDIENNE.

C’est par FranceInfo (lever vers 8h30) que j’appris la (fausse) nouvelle. Le journaliste Matteu Maestracci allait être aux commandes pour toute la matinée. Aucune interruption pour les quelques réclames, aucun autre titre (pourtant d’importance) n’étaient venus perturber la Machine à exhiber le scoop (jusqu’à écoeurement). On eut droit aux interventions de policiers, d’un auteur qui avait publié un livre sur l’Affaire, d’un psychiatre et de bien d’autres «experts» aux interventions (inter)minables. Jusqu’à 11 heures du matin, aucun doute n’avait été émis par la Rédaction et ses grands journalistes. L’avis des Services de Police – ici comme ailleurs – a fait loi. France Info a suivi. Bêêêê. Point.

Notons encore en passant qu’un expert, approuvé par le journaliste de FranceInfo, commença à douter du bien fondé de la source policière en mettant cette faute sur le dos des… auditeurs qui, bien naïfs, ont cru que les empreintes digitales étaient autant de preuves irréfutables ! C’etait donc, pour lui, la faute de « cette croyance populaire » (sic) !

Faut-il s’étonner du suivisme, de la soumission de la quasi-totalité des Medias à tout ce qui peut venir de ces Services de Police de Castaner, Services qui n’ont cessé de travestir les vérités sur leurs violences, qui diffusaient leurs comptages de manifestants pour les minoriser, qui déniaient continuellement le nombre d’opposants qu’ils ont blessés, meurtris à jamais ?

Rappelons-nous des titres du 22 novembre 2018, date de la seconde manifestation des gilets jaunes. La dépêche de l’AFP était lancée : elle posait que le « Mouvement s’essoufflait ». Même effet que pour l’Affaire Dupont de Ligonnes : les Medias avaient repris la dépêche dans les mêmes termes (y compris Le Monde) avec une belle unanimité. On sait ce qu’il est devenu de ce souhait de voir le Mouvement s’essouffler (dès l’Acte II) !

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Devant l’ampleur des moqueries sur les réseaux sociaux, on allait assister à la pauvre riposte de la Corporation Médiatique. Ô surprise, voilà le tweet du directeur de France Télévisions, Yannick Letranchant se fendant d’une excuse (un seul tweet, pas plus, hein, pour demander notre absolution) mais c’est aussitôt pour rajouter qu’ils ne… recommenceront pas. Il a du oublier comment, en son temps, les journalistes de sa chaine saucissonnèrent un discours de Mélenchon en y ajoutant des applaudissements au mauvais moment.

Mais le pire allait arriver avec le directeur macroniste de FranceInfo (Vincent Giret) qui déposa un thread avec ce tweet 4/5 des plus mensongers.

Notez ce gros mensonge énoncé sans vergogne : sa Radio aurait émis des doutes « dans la nuit du vendredi à samedi » ! Or je peux vous certifier qu’il n’en a pas du tout été ainsi. Ce n’est qu’aux environs de onze heures du matin que la Rédaction, via Matteu Maestracci, sentit le vent tourner. On entendit alors timidement l’adjectif « partielles » pour accompagner le mot « preuves ». Onze heures du matin. Pas avant. Faut-il s’étonner de ces mensonges lorsqu’on sait que son Directeur est un fervent groupie macroniste ? Ben, non. 

Les justifications allaient pleuvoir. La plus belle d’entre elles fut énoncée par tweet par Françoise Degois. Faisons une petite pause sur ce magnifique Collector :

L’aveu est formidable. Traduisons : pour FD si les Medias se sont trompés, c’est à cause de la «haute hiérarchie policière qui avait affirmé que cette info était sûre à 100%». Comme probablement l’affirmation policière selon laquelle Steve s’était noyé dans la Loire en prenant un bain de minuit.

Via son tweet consigné noir sur blanc, FD nous démontre à quel point les journalistes (et FD n’est pas la pire) ont intégré les méthodes de «travail» qui ont pour fondement les « infos » policières. Ils ne sont plus gênés d’être de simples caisses d’enregistrement de l’Appareil d’Etat policier. Françoise Degois ne voit pas que, assujettie aux sources policières, elle abandonne ses libertés et l’esprit critique qu’attend son lectorat. On pourrait se gausser d’une telle candeur dans l’aveu mais à y regarder de près, cette soumission a de quoi m’effrayer.

Hasard ? Non si l’on considère à quel point la majorité des Medias se donne des bons points, se vautre continuellement dans l’arrogance de l’Expert, dans le pseudo-savoir du grand Spécialiste incontesté. Ici, contrairement au vœu de FD d’arrêter le tabassage de cette Presse et les relations qu’elle entretient avec la Police, j’en rajouterai ici dans le sarcasme.

D’abord sur les syndiqués de Police-Synergie qui voulurent nous montrer leurs petits muscles et parader à vitesse grand V sur Twitter. Notre syndicat s’empressa de déposer ces deux tweets qui entreront dans la légende. Pas besoin de commenter mais on peut rire à gorges déployées. Oui, on peut.

Autre occasion de rire : Le 8 octobre, pour sa deuxième année, France Info, notre radio publique chapeautée par les macronistes Sibyle Veil et Vincent Giret et Les Echos de Bernard Arnault ont organisé les rencontres de Medias en Seine. Une journée où l’on a blablaté avec le plus grand sérieux du présent et de l’avenir des Medias. Dommage que l’affaire Dupont de Ligonnès ait éclaté trois jours plus tard car – tenez-vous bien – une des Conférences qui connut le plus grand succès avait pour thème « Comment éviter les… Fakenews« . Non je n’invente rien.

Fabienne Sintes, la journaliste de Radio-France qui ne s’excusa jamais sur son tweet accablant les gilets jaunes à propos de la soi-disant dégradation de La Salpêtrière, fut elle aussi de la partie pour défendre la Corporation. Difficile cette défense de la fake news reprise unanimement par ses confrères et consoeurs mais elle y arriva ! En deux phases : la première : « Il est faux de reprocher au Parisien une vérification zéro ». La seconde, merveilleuse façon de s’en laver les mains : « L’emballement est aussi policier ».

On peut effectivement en rire. Et j’en ris. Mais mon rire s’arrête vite car de cet énorme scandale, de cette honte, de ce désastre médiatique, je n’ai aucun doute : ils n’en feront rien.

Rien de rien.

Demain ils recommenceront et ça sera pire encore.

Pire, vous dis-je.