Yearly Archives: 2019

Le camp de Didier Lallement, préfet de Police.

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La guerre est déclarée. C’est le Préfet de Police de Paris, (in)digne descendant d’un Bousquet et d’un Papon qui nous le dit sans détour. D’un air supérieur qui rappelle les dignitaire nazis passant en revue ses troupes, Didier Lallement vient répliquer à une Citoyenne qui lui dit son appartenance aux gilets jaunes en ces termes incroyables : « Hé bien, nous ne sommes pas dans le même camp, Madame ». On s’offusque bien entendu d’un tel aveu. Ahurissement devant les propos de ce fonctionnaire de Police, tenu au devoir de réserve et représentant la République, donc l’ensemble des Français sans distinction. Rappel ici du Code de déontologie de la police nationale, article R. 434-29. « Le policier est tenu à l’obligation de neutralité« . Mais hélas, nous n’en sommes plus à essayer de convaincre ce fonctionnaire qu’il est hors-la-loi. Nous sommes au plus proche du pire.

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L’appareil répressif d’Etat, commandé par Macron, lui-même présent pour faire passer les diktats anti-sociaux prônés par le Medef et ses think-tanks) est bien au-delà de ces contraintes démocratiques et de la morale républicaine. L’aveu de Lallement vient confirmer ce qui se passe depuis une année de gilets jaunes : c’est la guerre. En effet, comment caractériser l’affrontement entre les deux camps dont se vante Didier Lallement sinon en la déclarant… « guerre » ?

Deux camps.

Guerre d’aujourd’hui, ultra sophistiquée avec matériel de guerre. Guerre économique dans laquelle on promeut l’achat d’actions à la Française des Jeux au détriment de l’intérêt public. Guerre sociale. Guerre stratégique (Didier Lallement interdisant à 14h une manifestation prévue et autorisée à 14 heures). Je n’en finirais pas de faire l’inventaire de cette guerre dont il faut noter qu’en face des Lallement, la seule défense du Camp jaune, c’est la présence dans la rue, c’est le nombre, ce sont les cris de révolte, c’est la tranquille assurance d’être dans le bon droit, c’est la persévérance dans les propositions, c’est une tenue et des défilés sans armes de guerre. Ici, plutôt fier d’avoir décelé dès mon billet du 20 novembre 2018 la portée historique du Mouvement des gilets jaunes.

La guerre donc. Une guerre qui, comme toute guerre, ne peut se faire sans cohortes de miliciens, sans Soldats de réserve ou grenadiers-voltigeurs en première ligne. C’est contre les manœuvres de tous ces suppôts du Pouvoir dont il faut s’occuper aussi.

Les Toutous du Système.

Je parle bien sur de ces intellectuels médiatiques, de ces pseudo-experts tenant de main de fer les Officines Radio-TV-Presse. Car une guerre ne se gagne jamais sans ces sous-fiffres.

Faisons un peu d’histoire pour se rappeler qu’en tout temps, il ne suffisait pas aux Dominants de mener en actes les opérations sur les champs de bataille : il leur fallait une force idéologique, une puissance des idées toute matérielle pour tenir, pour gagner, pour magnifier les victoires. Ainsi pendant la guerre des Camisards et la répression des Huguenots, la Cour du Roi célébrait les dragonnades, les galères, le bûcher, la corde ou les supplices de la roue pour glorifier les initiatives du Roi prônant les massacres. Avec l’aide des Bossuet, Racine, La Fontaine, La Bruyère etc.

Lors des évènements de la Commune, les écrivains bourgeois volèrent au secours de la classe menacée. D’Alphonse Daudet qualifiant les insurgés de « ramassis de bien vilain monde », de « nègres » d’« enragés » à Flaubert (1) en passant par Alexandre Dumas fils jusqu’à Zola dans sa jeunesse.

Exécutions de Communards.

Dominants mais pas tout-puissants : en guerre. En guerre contre les Courbet, les Hugo, les Rimbaud, les Louise Michel et autres Jean-Baptiste Clément.

Aujourd’hui nous avons aussi ces supplétifs du Pouvoir que sont pseudo-experts, « intellectuels » médiatiques envahissant quotidiennement, squattant en continu les écrans qui sont au cœur du lien social. Guère besoin de faire l’inventaire de ces Soldats, leurs noms nous reviennent avec leurs armures, leurs activités nous sont imposées sur les écrans, leurs sons et images (des Grandes Gueules aux 20heures de TF1, des émissions de Pujadas à celles de Ruth Elkrief, des colonnes domonicales du JDD à la propagande de leur partenaire France Info). Une cinquantaine d’entre eux occupent les scènes des opérations (de Propagande). J’ai obseervé ces experts, intellectuels médiatiques, toutous du Système, rebelles de Droite et d’extrême-droite, provocateurs dans le bocal, gros paresseux derrière les murs de leur Citadelle, vieillards increvables ou jeunes loulous trentenaires, femmes assujetties si heureuses d’arriver aux sommets : tous, ils sont tous bouffis d’orgueil, pleins de morgue et de mépris, gonflés d’une pseudo-notoriété qui les rend ivres et hargneux (sans se douter de la haine qu’ils suscitent).

Voilà les Soldats du Règne Macron.

Ayons toujours une pensée pour eux. Dans les rues du 5 décembre. Aux carrefours jaunes. Dans nos analyses et dans nos traits d’humour féroces.

Solitaire, solidaire.

Nous savons encore mieux d’où ils viennent, d’où ils sont, d’où ils affutent leurs flèches : ils sont dans le camp du Préfet de Police.

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(1). Flaubert écrivant à George Sand sur les Communards : « Quels sauvages ! C’est la dernière manifestation du Moyen-Âge. Je trouve qu’on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer toutes les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats… On est tendre avec ces chiens enragés ». Aujourd’hui, nous avons Christophe Barbier glorifiant Thiers, Luc Ferry et cette Grande Gueule de RMC appelant à tirer sur les gilets jaunes et les « racailles » de banlieue. Sans oublier les refrains de Souchon, Renaud, Lavilliers et consorts à genoux devant le Prince.

Petit tour hebdomadaire dans nos Medias.

Question Medias, il est des semaines où l’on touche le fond. Entre le tweet de Jacques Attali, les trucages LREM à Rouen, l’ahurissante publicité faite à la Famille Attias (avec ce Louis Sarkozy qui ressemble à son papa, question Médiocrité et Bêtise crasse) et les incroyables bourdes du Monde, oui, on a touché le fond.

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Attali en toute obscénité.

Je ne sais pas comment on peut supporter Jacques Attali. Le voilà dans un grand élan de dolorisme, se lamentant sur notre monde implacable où l’on a retrouvé deux femmes mortes de faim dans un appartement à Nîmes. « Est-il « naturel » de mourir de faim en 2019 ? » clame t-il dans un tweet alors qu’il n’y a pas si longtemps notre Superstar – qui participa très activement aux politiques de disette mises en place par Sarkozy, Hollande et Macron – nous livrait cette grande analyse : « Nous aurions trop de pouvoir d’achat ».

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Propagande LREM.

Que voilà une scène touchante ! Un quidam anonyme de Rouen serre chaleureusement la main de notre Président. Sérieux, trentenaire, vêtu d’une polaire un peu usée, façon prolo, l’homme se détache dans la nuit rouennaise. Rouge sur fond noir, c’est impeccable pour se faire remarquer. Sauf que…

Sauf que ce Monsieur Maxime Boissière est un Macroniste pur jus de Seine Maritime. Admirons comment, en grand acteur, il a suivi les consignes en jetant un rapide coup d’oeil à la caméra toute proche, façon de dire « Alors, c’est OK? C’est dans la boite pour les télés ? » Ben oui, super Maxime, c’est tout bon.

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Louis et Cécilia.

Le lamentable 7/9 de France Inter a invité Louis Sarkozy et sa môman Cécilia Attias pour causer de leur livre écrit en famille. Puis ce fut le tour des gazettes (Le Figaro) et de C’est A Vous. Anne-Elisabeth Lemoine me fit rire en présentant l’ouvrage comme « parfois musclé » (Désolé, seule Madame Attias comprendra l’allusion). De son côté, le petit Louis devenu grand, celui-la même qui avait voulu pendant sa puberté entrer dans l’Armée US, a abandonné son projet militaire pour miser sur une entreprise qui fera la promotion de… mocassins ! Bref, un fiston à la petite semelle, plein de talent, de talons et talonnettes.

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Le Monde, exemplaire exemplaire !

Quelques internautes fervents du Journal de référence me faisaient remarquer que c’était Le Parisien qui avait déclaré l’arrestation de Dupont de Ligonnès et non Le Monde. Certes, certes mais que fit Le Monde pendant toute la soirée et la matinée qui suivit ce mensonge ? Hé bien, sans aucune élémentaire vérification, il bêla avec tous les quotidiens (hormis La Provence) pour accréditer la version policière. On en conclura que c’est facile de crier son indépendance contre le méchant Kretinski mais bien plus difficile de se montrer indépendant de la Police de Castaner.

Les Decodeurs déconnent.

Je rappelerai que le Service du Monde (Les @decodeurs) s’est équipé grace à l’argent de FaceBook pour faire la chasse aux fakenews. D’ailleurs, on attend toujours le montant de cette soumission annuelle (Ohé Decodeurs ! Dites-nous, c’est plus ou moins que le Checknews de Libération et les 245.000 dollars de Mark Zuckerberg ?) Nos braves Decodeurs, donc, n’ont vraiment pas de chance car ils n’ont pas repéré les deux fakenews. Oui deux mensonges médiatiques leur sont passées sous le nez : 1. l’arrestation de Dupont de Ligonnès et 2. la mort proclamée de… Bernard Tapie ! Ces deux fakenews étaient en fait dans les pages de… leur propre journal ! Je n’allais pas refuser de partager mon fou rire avec mes ami(e)s Twitter en posant cette question : « A quoi servent ces Rigolos ? »

Le boulot éreintant de Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

On se rappelera les incroyables risques que prirent les deux grands journalistes d’investigation Gérard Davet et Fabrice Lhomme en nous tenant en haleine sur les menus des repas partagés avec François Hollande. Hélas pour eux, une malheureuse défaillance technique du Monde vient quelque peu ternir leur réputation. On a vu apparaitre en effet dans leur quotidien – Ô Surprise – un de leurs articles annonçant, avant tous les confrères, la mort de… Bernard Tapie ! Voilà un extrait de leur magnifique prose et les excuses de notre Journal de référence ! Clap ! Clap ! Clap ! Applaudissons le style et le procédé : « C’est toute une époque qui nous frappe en pleine face ! »

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France Info déraille.

Notre Radio publique s’appuie une énième fois sur le sondage qui – quelque soient les résultats – reste un objet de manipulation et d’intimidation du Citoyen. Cette fois, le sondage brandi par France Info concerne les Français et la SNCF : « Près de six Français sur dix jugent la grève du 5 décembre injustifiée » selon Odoxa. Voilà comment France Info tente de nous embarquer dans le wagon de la Propagande. Mais les bibis, eux, resteront à quai.

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Paris-Match s’insurge !

Le grand hebdomadaire Lagardère titre – compatissant – sur la colère des juifs allemands au sujet des gains électoraux de l’AFD (les fachos) en Thuringe. Comme quasiment tous les Medias français, le « score spectaculaire » de Die Linke (en toutes petites lignes dans l’article de Libération) y est passé sous silence. Pas de doute, on sent que l’hebdo Lagardère partage la même colère que celle des juifs allemands. Mais un regard sur les précédents numéros de Paris Match nous rend outrés à notre tour…. Oui, outrés devant le beau sourire de la facho bien de chez nous, impeccablement photographiée en double page d’un torchon… lui aussi, bien de chez nous.

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La valeur actuelle de Macron.

Pour apprécier la valeur de notre Président, pas besoin de longs discours. Le voilà, pleine page, bien entouré.

Dupont de Ligonnès : un désastre médiatique.

Cinquante-trois organes de presse-radio-Tv n’ont absolument eu aucune hésitation à suivre les Services de Police français et écossais pour nous rapporter que Dupont de Ligonnès, le meurtrier en cavale depuis 8 années, avait été soi-disant arrêté à Glasgow. Dès le vendredi 11 octobre aux environ de 21h, les premiers à suivre l’agence AFP furent BFMTV la chaine de la Honte puis, en presse-papier, le quotidien de Bernard Arnault (Le Parisien)

Ce fut ensuite notre Radio publique (FranceInfo) du macroniste Vincent Giret qui ne voulut pas rater cet incroyable course au scoop et qui embraya sur la (fausse) nouvelle sans absolument aucune retenue et réserve.

Cinquante-trois à bêler derrière les Services de Police. Seule La Provence fut sur ses gardes (Bravo !) en faisant suivre son titre de Une (« Arrêté ») d’un point d’interrogation.

Dans l’inventaire, on pourrait s’arrêter sur le menu fretin (du Dauphiné à L’Eclair, de la Charente Libre à la Dépêche du Midi) mais je commencerai plutôt par ceux qui se planquent derrière leur notoriété, leur objectivité dite légendaire et indiscutable, par ces deux quotidiens qui n’ont de cesse de se voir indépendants (pas des Services de Police pour cette affaire), qui se félicitent de leurs appendices chasseurs de… fakenews : les @décodeurs pour Le Monde et @Checknewsfr pour Libération. Guère besoin d’aller plus loin que d’exposer leur suivi moutonnier. Bêêê Bêêê derrière la Police (sans évidemment les précautions élémentaires de vérifications). En témoignent ces trois captures d’écran.

LIBERATION et LE MONDE
La PRESSE REGIONALE QUOTIDIENNE.

C’est par FranceInfo (lever vers 8h30) que j’appris la (fausse) nouvelle. Le journaliste Matteu Maestracci allait être aux commandes pour toute la matinée. Aucune interruption pour les quelques réclames, aucun autre titre (pourtant d’importance) n’étaient venus perturber la Machine à exhiber le scoop (jusqu’à écoeurement). On eut droit aux interventions de policiers, d’un auteur qui avait publié un livre sur l’Affaire, d’un psychiatre et de bien d’autres «experts» aux interventions (inter)minables. Jusqu’à 11 heures du matin, aucun doute n’avait été émis par la Rédaction et ses grands journalistes. L’avis des Services de Police – ici comme ailleurs – a fait loi. France Info a suivi. Bêêêê. Point.

Notons encore en passant qu’un expert, approuvé par le journaliste de FranceInfo, commença à douter du bien fondé de la source policière en mettant cette faute sur le dos des… auditeurs qui, bien naïfs, ont cru que les empreintes digitales étaient autant de preuves irréfutables ! C’etait donc, pour lui, la faute de « cette croyance populaire » (sic) !

Faut-il s’étonner du suivisme, de la soumission de la quasi-totalité des Medias à tout ce qui peut venir de ces Services de Police de Castaner, Services qui n’ont cessé de travestir les vérités sur leurs violences, qui diffusaient leurs comptages de manifestants pour les minoriser, qui déniaient continuellement le nombre d’opposants qu’ils ont blessés, meurtris à jamais ?

Rappelons-nous des titres du 22 novembre 2018, date de la seconde manifestation des gilets jaunes. La dépêche de l’AFP était lancée : elle posait que le « Mouvement s’essoufflait ». Même effet que pour l’Affaire Dupont de Ligonnes : les Medias avaient repris la dépêche dans les mêmes termes (y compris Le Monde) avec une belle unanimité. On sait ce qu’il est devenu de ce souhait de voir le Mouvement s’essouffler (dès l’Acte II) !

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Devant l’ampleur des moqueries sur les réseaux sociaux, on allait assister à la pauvre riposte de la Corporation Médiatique. Ô surprise, voilà le tweet du directeur de France Télévisions, Yannick Letranchant se fendant d’une excuse (un seul tweet, pas plus, hein, pour demander notre absolution) mais c’est aussitôt pour rajouter qu’ils ne… recommenceront pas. Il a du oublier comment, en son temps, les journalistes de sa chaine saucissonnèrent un discours de Mélenchon en y ajoutant des applaudissements au mauvais moment.

Mais le pire allait arriver avec le directeur macroniste de FranceInfo (Vincent Giret) qui déposa un thread avec ce tweet 4/5 des plus mensongers.

Notez ce gros mensonge énoncé sans vergogne : sa Radio aurait émis des doutes « dans la nuit du vendredi à samedi » ! Or je peux vous certifier qu’il n’en a pas du tout été ainsi. Ce n’est qu’aux environs de onze heures du matin que la Rédaction, via Matteu Maestracci, sentit le vent tourner. On entendit alors timidement l’adjectif « partielles » pour accompagner le mot « preuves ». Onze heures du matin. Pas avant. Faut-il s’étonner de ces mensonges lorsqu’on sait que son Directeur est un fervent groupie macroniste ? Ben, non. 

Les justifications allaient pleuvoir. La plus belle d’entre elles fut énoncée par tweet par Françoise Degois. Faisons une petite pause sur ce magnifique Collector :

L’aveu est formidable. Traduisons : pour FD si les Medias se sont trompés, c’est à cause de la «haute hiérarchie policière qui avait affirmé que cette info était sûre à 100%». Comme probablement l’affirmation policière selon laquelle Steve s’était noyé dans la Loire en prenant un bain de minuit.

Via son tweet consigné noir sur blanc, FD nous démontre à quel point les journalistes (et FD n’est pas la pire) ont intégré les méthodes de «travail» qui ont pour fondement les « infos » policières. Ils ne sont plus gênés d’être de simples caisses d’enregistrement de l’Appareil d’Etat policier. Françoise Degois ne voit pas que, assujettie aux sources policières, elle abandonne ses libertés et l’esprit critique qu’attend son lectorat. On pourrait se gausser d’une telle candeur dans l’aveu mais à y regarder de près, cette soumission a de quoi m’effrayer.

Hasard ? Non si l’on considère à quel point la majorité des Medias se donne des bons points, se vautre continuellement dans l’arrogance de l’Expert, dans le pseudo-savoir du grand Spécialiste incontesté. Ici, contrairement au vœu de FD d’arrêter le tabassage de cette Presse et les relations qu’elle entretient avec la Police, j’en rajouterai ici dans le sarcasme.

D’abord sur les syndiqués de Police-Synergie qui voulurent nous montrer leurs petits muscles et parader à vitesse grand V sur Twitter. Notre syndicat s’empressa de déposer ces deux tweets qui entreront dans la légende. Pas besoin de commenter mais on peut rire à gorges déployées. Oui, on peut.

Autre occasion de rire : Le 8 octobre, pour sa deuxième année, France Info, notre radio publique chapeautée par les macronistes Sibyle Veil et Vincent Giret et Les Echos de Bernard Arnault ont organisé les rencontres de Medias en Seine. Une journée où l’on a blablaté avec le plus grand sérieux du présent et de l’avenir des Medias. Dommage que l’affaire Dupont de Ligonnès ait éclaté trois jours plus tard car – tenez-vous bien – une des Conférences qui connut le plus grand succès avait pour thème « Comment éviter les… Fakenews« . Non je n’invente rien.

Fabienne Sintes, la journaliste de Radio-France qui ne s’excusa jamais sur son tweet accablant les gilets jaunes à propos de la soi-disant dégradation de La Salpêtrière, fut elle aussi de la partie pour défendre la Corporation. Difficile cette défense de la fake news reprise unanimement par ses confrères et consoeurs mais elle y arriva ! En deux phases : la première : « Il est faux de reprocher au Parisien une vérification zéro ». La seconde, merveilleuse façon de s’en laver les mains : « L’emballement est aussi policier ».

On peut effectivement en rire. Et j’en ris. Mais mon rire s’arrête vite car de cet énorme scandale, de cette honte, de ce désastre médiatique, je n’ai aucun doute : ils n’en feront rien.

Rien de rien.

Demain ils recommenceront et ça sera pire encore.

Pire, vous dis-je.

En passant par Twitter…

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A l’heure d’un gros incendie sur Villeurbanne, voila qu’un internaute pro-Macron s’offusque que je mette en ligne la bourde d’octobre 2016 de notre Président qui avait situé alors la ville de la région lyonnaise en… banlieue lilloise.

En cette année 2016, Macron, si promu pour sa culture tout azimuth par nos ennemis médiatiques, avait… 39 ans ! Je pense que depuis ce temps-là, les équipes de com’ lui ont fait la leçon. Mais ce pôv’ Président retient-il les leçons ? Pas sûr.

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Une second internaute brandit les citations de Charles Maurras comme autant d’étendards chic de Liberté. Rappelons que cet antisémite, patron de l’Action Française qui se fit passer pour résistant mais qui alla demander à la Gestapo lyonnaise l’autorisation de porter une arme, faillit être célébré par la macroniste Ministre de la Culture, Françoise Nyssen.

Dans ses articles du 16 et 17 octobre 1943, ce Charles infâme nomma la famille Fornier de Bourg-en-Bresse, lui fit une telle chasse que la Gestapo alla y opérer des arrestations qui se traduisirent par une fusillade et deux déportations.

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Macron est allé fêter le centenaire du quotidien auvergnat La Montagne. Au hasard, j’avais fait un billet sur un numéro (celui du 5 mars 2016). L’Opération nationale qui avait consisté à lancer Macron battait son plein. Sur les flancs de cette Montagne, on célébrait là aussi le Golden Boy. On y admirait en éditorial « une alliance de spontanéité souriante et de condamnation décomplexée de thèmes présentés comme tabous de la gauche« . On y annonçait – pour être complet – le lancement du Collectif « Les Jeunes Pour Macron« .

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France-Culture vante son émission (« Reflexions sur le Pouvoir des Mots« ). On y causera de « 1984 » de Georges Orwell, on s’apesantira sur la Novlangue, un langage, dit la radio publique, « dont le but est l’anéantissement de la pensée (…), l’asservissement du peuple« . Fort bien. Mais on se gardera d’applaudir plus fort quand on sait que cette même station n’a pas de reflexions du tout sur le pouvoir des mots d’Alain Finkielkraut qui a pignon sur rue dans son émission tous les samedis.

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Edouard Philippe se tait toujours sur cette simple question : « Est-il vrai que votre femme, Edith Chabre, qui exerce les plus hautes responsablités à Science-Po Paris, y a été admise sans les qualifications et diplômes requis ?« . Les jeunes loulous de l’Officine de Liberation (@checknewsfr) habitués à répondre dans la seconde, sollicités le 6 mai 2019, se taisent eux aussi. Pas d’enquête… mais BiBi les comprend : Laurent Joffrin ne serait pas content du tout s’ils venaient à trouver matière à scandales.

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Ces derniers temps, de Luc Bronner à Abel Mestre, les journalistes du Monde s’agitent beaucoup pour défendre leur indépendance (surtout ne pas leur rappeler que leur Directeur financier actionnaire est Xavier Niel). Par contre, ils restent étonnamment silencieux dès qu’il leur est demandé quel est le montant en dollars versé par FaceBook pour l’année 2018 à leurs collègues des Décodeurs. Comme aurait dit le Commandant Cousteau : c’est le Monde du Silence.

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Nathalie Loiseau ne dit toujours rien sur les malversations découvertes à l’Ambassade du Bénin par la lanceuse d’alerte Françoise Nicolas. Que Mme Loiseau, toujours barricadée dans son nid bruxellois, ne s’imagine pas qu’on pliera nos ailes et notre zèle car question Propagande, on sait prendre notre envol.

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La statue du bouquet de fleurs de Jeff Koons qui symbolise l’amitié franco-américaine, a été célébrée par Anne Hidalgo, Bernard et Delphine Arnault. Ce n’est pas la première fois que cet imposteur de Jeff, spécialisé dans le marketing humanitaire, place ses productions. Dans une précédente action estampillée LVMH, il avait introduit dans chaque sac Vuitton d’une valeur comprise entre 1000 et 4000 euros, ses reproductions et une biographie dans laquelle on pouvait lire : « Grace à ces sacs, mon oeuvre va descendre dans la rue« . Dans-la-rue ! Cet incroyable culot n’appartient qu’aux larbins des Puissants.

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Le dernier mot-BiBi sera pour la trajectoire sociale de cette racaille nommée Ismaël Emilien. Ancien conseiller spécial de Macron, il avait débuté chez DSK. Mis en cause dans l’affaire Benalla, il a du partir de l’Elysée, prétextant qu’il avait besoin de temps pour l’écriture d’un livre. Mais on vient d’apprendre que cette canaille macroniste a su rebondir chez LVMH de Bernard Arnault. Ô surprise ? Non, car Bernard, le papa de Delph’ sait recycler les amis des amis dans ses bureaux. Souvenons-nous de Bernadette Chirac, Renaud Dutreil, Hubert Védrine.

Conclusion de cet entresoi : « Tous dans le même sac… Vuitton« .

Deux livres à ne pas manquer.

Hasard objectif ? Je ne sais. Toujours est-il que je suis allé commander ces deux livres récents, à peine parus, chez mon librairie. Le premier, non publié par une Maison d’édition française, intitulé « Operation Macron » d’Eric Stemmellen (« Place Publique » en Belgique) et le second, celui de l’historienne Annie Lacroix-Riz sur la « Non-épuration » (Armand Colin) qui montre – entre autres choses – à quel point l’appareil d’Etat pétainiste (Justice, Police) et le personnel économique (grandes entreprises collaborationnistes) ont perduré après 1945.

Sur ce double achat, je n’avais pas du tout eu conscience que l’un pouvait s’expliquer par l’autre et qu’il y avait, entre les deux, des liens ténus et des correspondances. Ainsi va la pensée-bibi au travail : je tombe dans une sidération première puis je commence très confusément à pressentir que tout se tient. Ensuite, mettant alors un peu de cœur à l’ouvrage (ici aux deux), je perçois de plus en plus précisément les ramifications historiques qui vont de la Seconde Guerre à l’époque Macron. J’en arrive alors à voir se lever en moi un peu de lumière sur le monde qui nous modèle, qui nous entoure et nous étouffe. Oui, dans le cours de ma double lecture, tout à coup quelque chose s’ouvre parce que mis en lumière. Fiat Lux. Ondes merveilleuses de la Connaissance qui vivifient notre présence (combative) au Monde.

En contrefeu, je n’insisterai jamais assez à quel point mon esprit s’enkyste, s’anesthésie, perméable – à mon esprit et corps défendants – devant ce qui est, devant ce qui arrive. Je parle du déferlement de cette propagande, de ce pilonnage quotidien de la classe dominante et de ses supports mediatiques.

Cette fabrication du Réel est comme une énorme vague incessante, quasi-impitoyable sauf que, comme souvent, ce qui me «sauve» c’est justement de tomber sur ces précieux éclairages livresques. La lecture de ces deux ouvrages (le second est en cours) est à la fois impitoyable (pour mes idées reçues) et bienfaisants (pour ma réflexion présente). N’étant pas nouveau venu dans la compréhension de l’histoire de l’ascension de Macron (1) ni dans celle de la seconde guerre mondiale (2), j’ai toujours les yeux étonnés (voire effarés) devant ce que j’ai partiellement oublié et qui me revient alors heureusement aux rappels de ce qui est en surface de ces pages.

PAGES : celles particulièrement d’« Opération Macron » ou je découvre de vieux noms connus (importance cruciale de Jean-Pierre Jouyet, de la Kommandantur Drahi-Niel-Arnault-Bouygues-Dassault-Bolloré) mais aussi des noms de ces hommes et femmes de l’ombre indispensables pour péréniser l’Ordre économique voulu par le MEDEF, son personnel politique et les «associations» très influentes à son service.

Citons ces hommes et femmes. Citons-les pour qu’on les situe et qu’on les grave dans nos têtes lorsqu’on les croisera en radio, en TV, dans la Presse : Serge Weinberg (Accor, Sanofi, p.18), Maurice Lévy (Publicis, p .21), Claude Bébéar, Henry Hermand, Bertrand Collomb (Lafarge), Jean-Pisani-Ferry (CERC, p.33), Etienne Gernelle (p.41), Denis Pingaud (p.43), Laurence Boone, Anne Descamps, Gilles Finchelstein, Ismaël Emilien, (p.64), Olivier Mongin, Thierry Pech, Eric Le Boucher (p.65), Florence Parly (p.68), Patrice Caine (p.82), Michel Combes (p.101), Pierre-Antoine Capton (Mediawan/C dans l’Air, p.126), Christian Dargnat, François Sureau, Gabriel Gaultier et Adrien Taquet (Agence « Jésus et Gabriel p.133), Catherine Barbaroux (p.136), Peter Thiel (Pay Pal, p.139), Edouard Tétreau (p.159), Jean-Marie Girier (Mairie de Lyon, p.161), Pierre Hellbronn et Ariane Amson (p.161), Olivier Pécoux (p.163), François Logerot ( Commision des Comptes de campagne, p.171), Rosine Lapresle (Medef, p.146) et Robert Leblanc (Medef, p.173), Clara Gaymard (p.183) et Renaud Dutreil (p.183), Christian Déséglise (HSBC, p.183), Jean Riachi (BanqueFFA, p.194), Emmanuel Bonne (Ambassadeur Liban, p.192), Didier Casas (Bouygues Telecom, p. 198).

Et gravons aussi les noms de ces Organismes qui ont soutenu Macron jusqu’au délire religieux et « laïque » :  la Fondation des Bernardins, l’Institut Aspen France, Cercle Turgot (p.97), Liegey Muller Pons (Agence de com, p.157).

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Dans le livre d’Annie Lacroix-Riz, on voit les hypothèses de ses livres précédents à nouveau fondées. Et de la plus belle de ses manières habituelles (via les sources allemandes et françaises incontournables). Sources policières qui montrent une nouvelle fois que la Résistance ne fut pas une force d’appoint aux Américains arrivant en France le 6 juin 1944, ne fut pas un « bonus » au débarquement mais qu’elle a eu un caractère militaire décisif. Avec sa composition essentielle, celle des FTP sur laquelle l’historiographie officielle fait aujourd’hui l’impasse totale ou outrageusement partielle.

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La non-épuration concerna les milieux de la Magistrature, milieux qui gardèrent les mêmes têtes que celles qui avaient officiées sous Pétain. Une magistrature qui usa principalement de désaisissements et de fausses exclusions pour étouffer les affaires et les saloperies des Collaborateurs, zélés protecteurs de Vichy. Bien entendu, ce fut une période (1943-1950) où l’on fit croire que tout allait changer pour que tout demeure, période qui s’alimenta de ré-écriture de l’Histoire. Cette dernière se prolonge plus que jamais aujourd’hui. Elle se traduit par un Macron continuant de célébrer Pétain, par une Ministre de la Culture, Mme Nyssen, poussant à la glorification de Maurras (oubliant qu’il fut antisémite). Ces réhabilitations scandaleuses se nourrissent des nombreux pseudo-documentaires télévisuels, des fictions doucereuses autour de ces années, du bla bla bla des Historiens dominants (d’Olivier Dard à M.Wiewiorka) voulant nous faire avaler le concept introuvable dans les archives d’une résistance à Vichy (Les « Vichysto-résistants« ) et nous faire croire lamentablement à l’appui de la Gauche à la Collaboration (oubliant qu’il s’agissait d’une gauche qui s’appelait SFIO, CGT réformiste d’alors, d’inflitrés syndicaux payés dès 1930 par le grand patronat et non du PCF interdit).

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Les liens et les correspondances entre les deux époques traitées par ces deux livres m’ont frappés :

  1. où l’on voit les rapprochements bien avant la fin de la guerre entre Vichy et les Américains (qui haïssaient De Gaulle), liens qui perdurent plus que jamais entre l’Amérique de Trump et de Macron. Rappelons qu’un des seuls «diplômes» de Macron fut celui qui lui fut remis par la French American Foundation dès 2012 comme «Young Leader».
  2. où l’on entend Nicole Belloubet parler de « MES PROCUREURS » et où l’on se rappelle ceci (p.212 de l' »Opération Macron »), à propos de celui qui trône au plus haut poste du Parquet d’aujourd’hui : François Molins.

Nous sommes bien en concordance avec ces années 20 et 30, comme le souligne… Macron. Nous sommes en régime autoritaire jamais vu depuis 1945, régime où l’on juge et l’on envoie en prison un homme de 22 ans qui avait volé un fromage de chèvre (cinq à huit mois demandés) pendant que les affaires de Sarkozy et Balladur sont quasi-entérrées ou pas même amorcée (comme celle sur le pédophile Epstein qui résidait pourtant en France). Ajoutons-y les attaques macronistes (judiciaires) contre le Magistrat d’Anticor (ce mercredi 18 sept), les implications prouvées de Richard Ferrand, de François De Rugy, d’Alexandre Benalla dans chacune de ces trois affaires. Soulignons encore que ces trois scandales restent – pour les chiens de garde du Pouvoir – des affaires inventées par les méchants gilets jaunes et par les vilains Rouges qui auraient gardé depuis Octobre 1917, un couteau entre les dents.

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(1) J’ai déjà lu, les reprenant et m’y référant souvent le « Crépuscule » de Juan Branco, le livre de Marc Endeweld, celui de Denis Robert et Catherine Legall, celui de Mathias Reymond et suis aussi assidu aux articles d’Acrimed, aux entretiens et aux billets d’Alain Accardo.

(2) Je recommande les livres sur la période 30 à 1945 d’Annie Lacroix-Riz, une historienne insultée, honnie, censurée, interdite de colloque et d’invitations de toutes sortes par les Medias dominants, traitée de « complotiste » et de « stalinienne ». En complément, rendez-vous sur ces deux derniers récents entretiens éclairants, l’un au Media TV et l’autre au QLibre.