Archives: mai 2010

Trois phrases, pas plus.

BiBi a relevé dans ses lectures trois extraits parus dans la presse, trois phrases en phase avec l’Actualité. Les deux premières sont destinées à Jean-Louis Masson, le député qui veut que les bloggeurs filent leur numéros de téléphone à la vindicte populaire et qui veut ainsi interdire toute Métamorphose du Sujet.

« C’est lorsqu’il parle en son nom que l’homme est le moins lui-même. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité » (Oscar Wilde).

« Parler de moi est difficile, dit Arié Elmaleh dans le dernier numéro de Psychologie-Magazine. Pour raconter une histoire personnelle, je préfère citer quelqu’un ou me glisser dans la peau d’un autre. Et ce, depuis l’enfance : j’ai toujours aimé jouer des personnages, imiter des attitudes, prendre des accents… Peut-être pour occuper plus d’espace… Mais c’est surtout, pour moi, une façon d’être vu différemment de ce que je donne à voir a-priori. Et de me faire accepter« .

Le troisième extrait est une lettre de lecteur, Serge Fournier, à l’hebdo Politis :

«  La fin des idéologies est précisément l’idéologie du Libéralisme. Celle dont il a besoin. Ce NO FUTURE est le Temps sans lendemain, c’est le Temps de la Bourse qui déjoue constamment les prévisions des prévisionnistes. Le matin, winner ; le soir, loser « .

Photo Libération Bruxelles

Corps lassés, corps enlacés.

Ils nous touchent et ils nous dérangent. Parmi les  milliers de photographies dont le Monde nous bombarde, ce cliché ne peut que nous retenir et nous faire vaciller. Une « belle » photo est une photo qui nous laisse dans l’indécidable. Vous l’avez vue et c’est déjà trop tard. Pourtant, pour ce couple, il n’est pas trop tard. Il est encore tôt : ils sont dans ce temps d’aube crépusculaire, temps au cours duquel, certes, le temps a fait son Œuvre (son chef d’œuvre ?) mais BiBi est sûr qu’ils transformeront ce Temps en Minutes heureuses, en journées ensoleillées, en Épilogue enchanteur. Car il leur reste ces quelques années, ces quelques années-tendresse devant eux, toutes en raccourcis et en éternité, il leur reste ces moments insolents et à peine désespérants, il leur reste cette Force amoureuse plus forte que Tout, cette Énergie solaire que d’aucuns – hélas – ne connaitront jamais, n’auront jamais connue.

On ne peut pas revendiquer haut et fort ce cliché, on ne peut pas l’exposer au Salon, l’afficher en cuisine ou dans nos corridors. Dans une salle de  bains (peut-être ?) Plutôt dans une alcôve  pour les regards à la dérobée. Il n’y a aucune chance pour qu’on envoie le cliché en carte postale, qu’on le fasse voir à ses enfants en ce jour de Fête des Mères ou qu’on le sorte dans une soirée entre amis. Tendresse de corps vieillissants, promis à la décomposition proche et lointaine, tendresse qui se double d’une détresse non-dite, à peine murmurée. Il n’y a pas de dernier mot (nul ne le détient),  il n’y aura que les jours derniers (Tout le Monde les vivra terriblement).

Cette photo est en miroir. A chacun de s’y mirer.

C’est que le Temps devient notre, votre adversaire. Si l’on peut échapper à l’Espace  (les fous remplissent les asiles). Au Temps, nul n’échappe, nul n’échappera. Ni eux, ni vous, ni moi .

Cette beauté photographique est dans le paradoxe. Vous avez envie d’écrire dessus mais, dans les profondeurs, votre main tremble sur le papier, vos yeux ne distinguent plus les touches du clavier. Le cliché vous tient, vous retient. Dans cet entrelacs, cet entrelacement, il y a un apaisement inouï qui pourrait faire peur.

Les choses « artistiques » changent parfois notre vie de fond en comble. Regardez les secousses que sont  « Le goût de la Cerise« , le film d’Abbas Kiarostami, le Don Quichotte, « La Nuit étoilée » de Van Gogh. Alors, tout ce qui touche à votre vie vous emportera et vous ne serez plus jamais jamais jamais plus jamais le même.

Ici, c’est toi, l’Homme qui enlace : tu n’es déjà plus du tout du tout le même. Le Temps t’est devenu une denrée rare. Tu ne fais plus semblant d’aimer : tu aimes. Enfin. Sans arrière-pensées, littéralement et en tous sens(ations).

Alors pour sauvetage, pour dernière éclaircie,tu embrasses, tu enlaces cet Alter Ego, cette Autre, cette Bien Aimée qui, tête enfouie au creux de ton épaule, fait miracle.

Pour BiBi, c’est la Bien Aimée qui sauve la Vie du Cliché pour en faire une photo.

Pour BiBi, elle s’appelle Ève.

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Photographie de la néerlandaise  MARRIE BOT

Carla Bruni et Grégoire Verdeaux dans l’arène 2012.

BiBi a déjà parlé de la « Nouvelle Stratégie de la Discrétion » mise en place par le Pool élyséen (Guéant, Guaino, Levitte, Soubie et… Verdeaux) : ne plus intervenir tous azimuts mais occuper les créneaux porteurs (aujourd’hui la Conférence de Chouchou à Genève pour l’Euro-2016 ).  Un autre de ces créneaux, c’est l’Aide à l’Autre via une orchestration top au bal de la Charité (médiatique). Carla Bruni-Sarkozy et Grégoire Verdeaux, son aide de camp, en sont les fers de lance. Un seul objectif : 2012.

Loto-Promotion.

Notre Auvergnat de Saint-Flour a envoyé un courriel de convocation à de hauts responsables de la TV publique, à des publicitaires de la Charity-Business. But de cette opération ? Préparer une future émission vedette sur France 2 en prime-time. Son titre ? « Parions pour un Monde meilleur ». Son principe ? Un grand Loto humanitaire avec grilles et billets à 2,30 euros. Sponsor ? La « Française des Jeux » qui les mettra en vente.

Un Verdeaux rempli de… bonnes intentions.

Le petit auvergnat de luxe, chef du Cabinet adjoint de Sarko, Conseiller Com’ de Carla, a grandi : il peut même répondre personnellement au Canard Enchaîné qui publie ces infos en se présentant comme « simple facilitateur du projet » (C’est beau le Langage des Managers, non ?). La dernière fois, il vint rendre visite à BiBi sous le pseudonyme «Mentrel» pour défendre sa propre personne. C’est dire si le bonhomme a pris du poids !

Dans le Monde du 10 avril (Article double-page avec photo, «Qui parle au nom de Sarkozy»), Grégoire avait son médaillon comme les autres Grands et il est resté dans le peloton malgré les coupes de Chouchou dans son équipe. Pas bavard, il reste la pièce-maitresse dans les apparitions-Carla, les plans Com’ Carla, les discours-Carla. Peut-être lui écrira t-il bientôt ses chansonnettes fleur-bleue ?

Carla va jouer « La Discrète ».

Elle avait imposé discrètement sa demi-sœur Consuelo Remmert dans la cellule diplomatique de l’ Elysée, elle l’a cette fois pistonnée pour qu’elle participe de plein droit au projet Loto et qu’elle soit présente à ses côtés. C’est que sur la discrétion magnifiée, sur ce paradoxe («je me cache mais je fais tout pour être vue») démonté régulièrement par BiBi, il n’y a pas mieux que Chochotte et son cinoche. Elle veut aider des adolescents en détresse ? Hop, un entrefilet dans le Figaro. Elle se veut Femme solidaire des Opprimées ? Hop, une soirée à la Fondation de France au-delà – bien entendu – de toute position partisane. Une chansonnette à promouvoir ? Hop y a Canal Plus. Pudeur, Sérénité, présence discrète : une manœuvre bien apprise et des refrains bien récités.

Un Loto humanitaire, donc. Une Opération bienvenue pour combiner Campagne 2012 et caisses vides de la Foundation. Apparemment, la tentative d’assèchement d’Unitaid n’a pas été une réussite : Douste-Blazy a su gagner l’estime de Banki Moon (qui a du s’en amuser), de Clinton, d’Elie Wiesel.

On attend la fin de l’été.

Ce Loto n’a encore pas reçu l’aval du Duo De Carolis-Duhamel. Peut-être faudra t-il attendre leur départ car leur contrat arrive à échéance ? Le temps pourtant presse : il faut placer les trétaux pour la féroce campagne 2012. Carla et sa poudre aux yeux sont autant d’atouts. Quant à Grégoire Verdeaux, il peut toujours venir poser un Commentaire-BiBi. Même sous pseudo, BiBi lui tend les bras. Même si cet anonymat ne plait pas à Jean-Louis Masson.

L’Enigme d’Autrui.

Les réflexions de Paul Fustier, psychologue à l’Université Lyon 2, ont beaucoup influencé BiBi dans son métier d’éducateur spécialisé. BiBi se souvient de ses interventions en école de formation et de ses exposés en Conférence (sur le travail avec les familles par exemple). Humour et pensées en mouvement y faisaient bon ménage.

Paul Fustier s’est associé à Jean Cartry, éducateur spécialisé, collaborateur de la revue « Lien Social », pour écrire à deux voix un livre paru récemment aux Éditions Erès : «L’éduc et le Psy » (Lettre sur la clinique du soin éducatif). Jean Cartry a été au cœur de la création d’une famille thérapeutique qu’il a fondée avec son épouse il y a plus de trente ans.

Échanges et croisements d’hypothèses, relevés de détails (savoureux passage sur le «robinet de Paul »), inventaire de rituels socialisants dans les prises en charge d’enfants et d’ados au quotidien, éclairages sur les affects en jeu (ainsi celui qui met en jeu les mécanismes d’identification projective), réflexions sur le départ des jeunes protégés de la structure éducative etc. Tous ces chapitres sont construits autour d’une correspondance épistolaire entre les deux hommes dans une « conversation » sans concessions mais toujours amicale, avec un va-et-vient entre riches considérations générales et attention soutenue aux « petits riens » et à leur signification.

Dans l’interview que Jean Cartry a accordé à la revue « Lien Social », l’éducateur donne une part déterminante à l’engagement : « Engagement dans une relation éducative certes mais qui nous surprend, dépasse le champ strictement professionnel (payé) et déborde sur le privé (gratuit) dès lors que cette relation se développe dans un espace d’altérité véritable : qui est cet enfant pour moi ? Qui suis-je pour lui ? Nous sommes menés plus loin que prévu compte tenu de ce que l’autre (l’enfant ou l’ado) dépose en nous dès lors qu’il se sent important pour nous ».

Jean Cartry et Paul Fustier insisteront sur les paradoxes de nos positions éducatives (travailler la séparation sans la rupture ou la disparition par exemple). Paradoxes qu’il ne suffit pas d’énoncer de façon juste car la nécessité commande non seulement de tenter d’en comprendre le sens, de «mettre au travail psychique les incompatibilités apparentes qui les constituent », mais aussi de partager ces paradoxes et de les éprouver (ainsi celui autour des chaussons).

BiBi ne peut que rejoindre Jean Cartry lorsqu’il avance sa conclusion ouverte à propos de l’Autre, de cet Autrui difficile à saisir : «  En fin de compte – et quoiqu’il arrive, reste l’Enigme d’Autrui qui appelle notre humilité et notre prudence».

Un livre à mettre entre toutes les mains, de celles qui tendent la main.

Sarkozy entre discrétion et discrédit.

Pour les Médias à la botte, il faut à tout prix et à grandes déferlantes faire en sorte que Chouchou soit présenté comme un Homme discret et n’intervienne que sur les sujets importants. C’est au prix du retrait calculé par Soubie, Guaino, Guéant et Fouks que Chouchou a des chances de remonter la pente des sondages. BiBi vous présente les prémisses de sa « Stratégie de la Discrétion »

Sarkozy a un ticket.

BiBi veille à ce que la discrétion de Chouchou se sache. Dans le Figaro du 12 mai, il a donc relevé que Chouchou avait passé un discret petit coup de fil à la conductrice de bus agressée le dimanche 9 mai à Aulnay-sous-Bois. Notre Président l’a assuré de son soutien pas discret et de sa détermination pas discrète. BiBi espère que Chouchou descendra au prochain arrêt en toute discrétion.

Chouchou fait discrètement son cinoche.

Pendant que Carla se pomponne discrètement pour le film de Woody Allen (Attention à sa clarinette, Carla), Chouchou veut défendre les bons vieux Ciné-Clubs. Le voilà s’inquiétant discrètement de la pauvre culture cinématographique des élèves qui préfèrent le Net et les Blogs : « Il est urgent de leur donner les repères indispensables que sont les œuvres majeures du Septième Art ». On ne sait si les Stars sarkozystes (Claviers, Chazel, Reno) l’aideront à sa tâche très discrète : valoriser son écran de fumée pour la Projection 2012.

Chouchou en toute discrétion au Théâtre.

Le JDD nous le rapporte dans un entrefilet très discret : Chouchou et Chochotte s’en sont allés au Théâtre. Et pas pour voir « La Cage aux Folles » mais… « La Sortie des Artistes » (en 2012 ?) au Tambour-Royal. Le JDD aux ordres nous parle de la scène : «La soixantaine de personnes présentes furent stupéfaits par l’arrivée du Couple présidentiel et ont apprécié la discrétion (dans le texte) du Service de Sécurité ».

No Sarkozy Day.

Vendredi 14 mai aurait pu être un grand jour dans la Presse Française. BiBi éplucha le Figaro jusqu’à la dernière page : pas un mot, pas une photo sur Chouchou. Discrétion totale ? Las ! BiBi tomba sur cette page 34, der des der. Sarkozy et Moubarak en photo, Aillagon faisant révérence à son Maître… A Gauche comme à Droite, le « No Sarkozy Day » a du mal à passer.

Nouvelles discrètes sur le Copain Armstrong.

Souvenons-nous de cette soirée new-yorkaise dans la salle de bal de l’Hôtel Waldorf Astoria où Lance Armstrong était venu saluer Nicolas alors bien peu discret. Il était présent parmi les mille convives (dont Jean-Marie Messier, Ralph Lauren, Henri Kissinger, Bernard Arnault, Serge Dassault). Il fallait sortir 1000 dollars pour être invité par la Fondation Appeal of Conscience qui célébrait la grandeur de Chouchou. Nicolas parla vélo, clamant à tout va que «Lance est un grand champion» et qu’il faut cesser de «contester sa grande valeur». Dans le Monde de ce samedi, le journaliste Stéphane Mandard nous parle des problèmes de conscience de Floyd Landis, vainqueur dopé et déchu. Ce dernier soutient que c’est Lance qui l’a initié au dopage. Discrètement, bien entendu.

Nouvelles de Jean-Jean, le Fiston-à-Pistons.

Mardi 11 mai, Copé et ses copains-coquins tenaient meeting à Courbevoie en Hauts-de-Seine. Non loin de là, Jean-Jean Sarkozy, le Fiston-à-Pistons, tenait en haleine son auditoire. Il s’agissait d’une rencontre discrète autour du Handicap et des Handicapés. Auditoire très très restreint : on compta jusqu’à 50 présents très discrets. Dur, dur de porter le nom-du-Père. Un gros handicap assurément.