Archive de la catégorie ‘Les Ecrits de BiBi’

Chapitre 12.

Samedi 24 mai 2008

Fugueur. Runaway.

Le chapitre 12 voit l’Adulte, , se souvenir de Marvin, tête brûlée d’hier, racaille de notre Temps présent. Sous les yeux de l’adulte, des annotations sur le jeune  consignées dans ces Cahiers que les Professionnels de l’Education Spécialisée nomment « Cahiers de Liaison ». Sous les pieds de l’adulte, le bruit des roues sur les rails. Le train, ici, se fait accélérateur des pensées de l’adulte parti rechercher Marvin, aux fugues incompréhensibles.
Ces pensées, les voici condensées en un chapitre. Le douzième.

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Le Peintre et ses amis.

Dimanche 11 mai 2008

Chagall

Ce qui surprend dans la vie des peintres (1), c’est le nombre d’amis qui sont là, à l’atelier ou sur la terrasse, au jardin ou dans la serre. De ces amis qui proposent le gîte et le couvert, qui lèvent le voile et le coude et qui tâtent aussi du pinceau. La est un travail de solitaire - mais contrairement à l’écriture – il est immédiatement partagé. On montre, on laisse voir aux proches, aux potes, aux amours. Voyages, mobilité, amitiés. Il y a là comme un monde qui sera à jamais interdit à BiBi.
Dans l’écrit, on est dans une solitude crasse : difficile de trouver un ami disponible à qui refiler immédiatement ses tableaux, à qui faire renifler ses travaux. Il est souvent absent le lecteur solide, bien campé sur ses deux jambes.
Pour tout au monde, BiBi donnerait un lien, une corde, un bout de ficelle, un filin, un câble pour s’amarrer à la chaîne des peintres.

(1) « Marc » par Pierre SCHNEIDER (Editions Flammarion).

La Beauté de Larache (Maroc).

Dimanche 11 mai 2008

Larache (Maroc)

M’est revenue la beauté de

Me sont revenues les ordures de novembre déées sur la plage encastrée dans les roches rouges. Des ordures, des immondices colorées, des guirlandes épousant les dessins fins des ravines, des ordures comme des mots qui se jetteraient dans quelque recoin inatteignable. Un thé mentholé au « Cervantès », le  bistrot de qu’il fréquenta les 12 dernières années de sa vie. Et encore cet autre souvenir, cette conversation d’hotel entre ces deux hommes, deux ingénieurs français, dont l’un disait que l’eau serait dans les années futures le bien le plus précieux… pour son entreprise. Longue discussion sur la longue barre qui envoie les vagues à pleine puissance sur la côte, au nord de . Les Travaux Publics marocains devaient aller chercher loin des gros cailloux jusque dans l’intérieur des terres pour les ramener et éviter l’ensablement du port. Au crépuscule, Mohammed, un habitant du quartier du Cimetière arabe me parla longuement de l’ami de et de sa tante enterrée du côté de Meknès. « Deux gros cailloux. L’un pour la tête, l’autre pour le corps : rien de plus. Comme pour ta tante » avait dit l’écrivain à son ami marocain en lui parlant de sa propre pierre tombale.

Des fictions qui disparaissent.

Dimanche 11 mai 2008

Tornade

Il est de milliers de qui m’arrivent, mais elles m’arrivent émiettées, par bribes, comme détachées, par morceaux, par lambeaux. A peine si elles se rappellent à mon souvenir. Tant de mort-nés, tant d’histoires fantastiques et de projets prodigieux perdus. Ces passent à la vitesse de la lumière, elles passent que déjà elles se perdent, que déjà s’impose un autre embryon de fiction qui à son tour s’évanouira. Ne restent plus qu’en mémoire des traînées fulgurantes, des élans impossibles à fixer. Ces accumulations me sortent pourtant de la torpeur du Quotidien. (more…)

Une petite histoire dans la Grande (Histoire).

Lundi 5 mai 2008

Feuille gelée

BiBi a bien connu Lucien, son voisin du rez-de-chaussée. Il y eut des journées très froides lors de ce dernier hiver. Jeudi 8 mai, on commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il est peu de familles où ne perdure pas le souvenir terrible et douloureux des restrictions, des arrestations, des secousses et des tremblements de terre occasionnés par le passage de la Peste brune.

BiBi a recueilli ces échos avant que les brumes de l’Oubli ne les ensevelissent. (more…)