Catégorie: Rock & Musique sans bémol

Johnny, Johnny, Johnny.

C’est curieux comme la mort de Johnny Hallyday a remué le pays. Il y a eu ceux qui ne voulaient pas en entendre parler en prétextant que «trop c’était trop », il y a eu ces autres, mi-mélancoliques mi-heureux, qui se sont réjouis au contraire qu’on en parle. Beaucoup ont vu beaucoup d’images (concerts récents du XXIème siècle, rétros-Drucker, images du Golf-Drouot), beaucoup ont ré-écouté les vieux refrains, de Kiliwatch à Allumer le feu, de Souvenirs, souvenirs à Quelque chose de Tennessee.

Chuck Berry. « Johnny B.Goode » (Un inédit-BiBi).

*

Il y avait deux copains plus âgés, mon grand frère et moi, tout minot. On était monté au Festival de Buxton (à côté de Manchester) en Simca 1000 et nous avions planté nos tentes sur le grand champ qui jouxtait la scène. Ce samedi 21 juillet 1973, il y avait eu un peu de pluie et le terrain était très boueux. Après Canned Heat (vous vous souvenez certainement de leur «On The Road Again» et de leur « Goin’Up the Country ») est apparu Chuck Berry. Il avait l’habitude de prendre des musiciens locaux pour ses prestations. Beaucoup connaissaient ses hits par cœur. Chuck Berry avait alors 41 ans. Ce soir-là, les Hells Angels, descendus de Manchester, occupaient les premiers rangs et certains étaient assis sur la scène. Pour rigoler, ils s’envoyaient des kilos de boue sur la tronche.

Chuck Berry fit comme à son habitude un concert court (50 minutes à peine) et chanta ses grands standards avec cependant un morceau tout nouveau, un long blues lancinant. Le son dans cette nuit-là fut clair et fantastique.

Le morceau qui clôt le concert fut «Johnny B.Goode», celui que vous entendez sur ma vidéo. J’avais emporté mon magnétophone-cassette Grundig avec un petit micro pour enregistrer le concert. Le rappel dura bien vingt minutes mais Chuck Berry ne revint pas. Avec un de mes copains, j’avais réussi à passer derrière la scène et là, nous vîmes une voiture, phares allumés avec le monstrueux guitariste à l’arrière. La foule en délire continuait de le réclamer en applaudissant à tout rompre. Mais ce qui intéressait Chuck, c’était le fric. Fidèle à sa réputation, il attendait une rallonge de la part des organisateurs pour remonter sur scène. Tapant à la vitre, je vis alors Chuck Berry descendre la vitre-arrière de la voiture. Il tendi sa main, croyant avoir à faire à un chasseur d’autographes ! Ne sachant quoi faire, je… lui serrai la main. Puis me tournant vers Patrick, je lui criais : « Wow ! Wow ! Wow ! J’ai serré la main du plus grand guitariste du monde ! ». Plus tard, j’allais quand-même rectifier mon avis mais Chuck Berry ne se fera surpasser que par deux autres grands guitaristes : Hendrix et Rory Gallagher.

Radio des Blogueurs : COWBOW JUNKIES (« Isn’t it a pity »)

Saison 7

Chaque année, comme chaque année, la Radio des Blogueurs nous revient et sollicite l’avis des blogueurs et blogueuses pour trouver et promouvoir une de nos chansons/morceaux préférés. Dans le passé, il y a eu pour BiBi le Lindbergh de Robert Charlebois (2011), l’incroyable Titi Robin, la délicate voix de Susie Arioli, le groupe météorité Wild Swans et enfin le divin duo (John Lee Hooker & Van Morrison) l’an dernier.

Cette année, mon choix s’est porté sur…

« Don’t Look Back » (John Lee HOOKER & Van MORRISON)

Pour la sixième année, LoloBoBo invite les blogueurs à choisir un morceau musical pour l’été qui vient.  Déja participant dans les années précédentes, me voilà – je l’espère – dans le bon tempo, dansant sur la bonne note, celle conjointe de John Lee Hooker et de Van Morrison l’Irlandais. Morceau de (mon) choix, voilà ce superbe «Don’t Look Back». Et pour le justifier, ce petit texte d’accompagnement…

L’ex-plombier Joe Cocker et ses tubes en or.

Joe Cocker R et Folk

Joe Cocker, ex-plombier de Sheffield, en a fini avec les tubes de plomb. (1) Il va commencer à nous livrer quelques tubes en or. Trois ans après Woodstock, à 28 ans, ce mardi 27 juillet 1972, Joe Cocker vient donner un concert à l’île des Vannes à Saint-Ouen. Le mois suivant, le mensuel Rock et Folk – via Alain Dister et Patrice Blanc-Francard – nous parle enfin de Joe Cocker. Jusque-là, il n’est pas une star à part entière. Dans les numéros du magazine de Rock, il n’est pas une seule fois en Une malgré sa voix exceptionnelle, malgré sa présence scénique (Woodstock, c’est 1969).

Billet-hommage avec souvenirs couplés aux articles de Rock & Folk.