Archive de la catégorie ‘BiBi Foot’

Un football méconnu : le football turc.

Lundi 30 août 2010

On a peu parlé du football turc sauf à évoquer le transfert de Niang qui a quitté l’OM pour Fenerbahce (équipe déjà éliminée par les Suisses de Berne en Coupe d’Europe). Le football turc a été absent du Mondial en Afrique du Sud et déjà les grands clubs d’Istanbul et d’Anatolie affûtent leurs armes. BiBi est allé s’informer sur ce football méconnu, un football un peu différent de ceux dont on parle continuellement – jusqu’à nous assommer ! A savoir les championnats d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre.

La Süperlig 2010/2011.

A la fin de l’année dernière, une équipe d’Anatolie – autre que Trabzonspor – celle de a remporté le Championnat ( SüperLig) devant les grosses écuries d’Istambul. sera dans le groupe C de la Champion’s League avec Manchester United, Valence et Glasgow Rangers comme adversaires.

La saison, qui s’est ouverte le 15 août, sera passionnante car l’effet de surprise ne jouera plus. La Süperlig se jouera en deux périodes avec 17 premiers matches suivis d’une trêve (du 19 décembre au 23 janvier). Le championnat, dont la première édition eut lieu en 1959, prendra fin le 22 mai 2011.

Les promus s’appellent Konyaspor, Bucaspor, Karabükspor.

Des chiffres, des Infos…

La première édition de 1959 comportait deux groupes : les Rouges et les Blancs ( 8 équipes dans chaque groupe).

Fenerbahce (leader des Blancs) fut finaliste et battit le leader des Rouges, . L’année suivante (1960), on choisit le régime toujours actuel (un seul groupe de 18 équipes).

A partir de la saison 87-88, 3 points furent attribués au vainqueur d’un match ( contre deux auparavant).

Fenerbahce et ont remporté 17 fois chacun le Championnat. Le Beksistas est à 13 victoires et Trabzonspor, lui, est à 6 trophées. Le record d’équipe invaincue appartient à . Après avoir été battu par 3 à 2 le 25 janvier 1988, l’équipe d’Istambul ne perdra aucune des 40 matches qui suivront.

… et des Joueurs.

Senol Gunes, gardien de but puis sélectionneur national, préserva ses buts pendant 1112 minutes (saison 1978-1979). Il est encore aujourd’hui le recordman de l’invincibilité. Pendant 12 matches de rang, il ne concéda aucun but.

Hakan Sükür, ex-joueur de l’Inter de Milan et de Parme FC, est encore le meilleur buteur turc de tous les temps avec 245 buts en Championnat. Il est également l’auteur du but le plus rapide marqué en Coupe du Monde de football (10.8 secondes en match pour la troisième place face à la Corée du Sud en 2002).

Football : une belle saison qui commence !

Jeudi 26 août 2010


Comment détourner les problèmes ?

Le populisme est partout présent : on attaque les forts pour défendre les faibles. On se place sous l’étiquette du «bon sens». Cette façon de voir le Monde emporte certes l’adhésion du plus grand nombre mais elle masque les autres représentations du Monde et tente de les faire taire.

Écoutons cette présentation des choses de la part de Louis Nicollin, président de Montpellier : «Il y a ceux qui aiment le football et ceux qui n’en ont rien à foutre et qui seraient prêts à aller jouer en Laponie si on leur donnait 100 ou 200.000 euros de plus. Les mecs ne pensent qu’au fric. Niang [transféré en Turquie] en fait partie». Fort bien mais Louis Nicollin serait plus avisé de compléter le tableau en nous parlant de ses amis les Agents qui «drivent» le poulain Niang et sur lesquels Nicollin se tait pudiquement.

Le Pouvoir des Agents.

En lisant l’article d’Olivier Joly (JDD du dimanche 22 août), on comprend mieux quels sont leurs pouvoirs. Ce sont les agents qui font la pluie et le beau temps dans les clubs. A l’OM comme ailleurs. Même Jean-Claude Dassier n’ose les contredire. Ainsi devant Anigo («qui cultive des rapports privilégiés avec plusieurs d’entre eux (Hutteau, Aklil, Piola…»), le Président se fait tout petit et ne suit pas Didier Deschamps lui rappelant même « les lois du marché » (du «milieu de… terrain » disent des mauvaises langues sur la Canebière). Car «l’essentiel, écrit Olivier Joly, c’est d’éloigner des affaires du Club, quitte à ce que celui-ci y soit perdant». «C’est le prix d’une lutte d’influence et de territoire». Ce vocabulaire ne vous rappelle rien ?

Le foot anglais a les Clubs les plus endettés du Monde.

237 millions de livres sterling de dettes pour , jamais classé au-delà de la 5ième place avant la saison dernière. Arrivés en février 2007, Tom Hicks et George Gillett (2 businessmen US) ont emprunté 490 millions, ont multiplié les transferts prestigieux, ont promis un stade etc. Ils espéraient ainsi revendre le club bien plus cher. Ben non…

A Aston Villa, club de Birmingham, le milliardaire américain Randy Lerner a injecté 350 millions de livres sterling en faisant exploser les salaires des joueurs (84% de son budget total). Manchester United tient la tête de l’endettement. Pour l’ensemble des clubs anglais, la dette atteint 56% de la dette totale européenne. Le Club de Portsmouth (qui eut comme Président Arcadi Gaydamak – le bénéficiaire de l’AngolaGate avec Pasqua) a été déclaré en faillite. West Ham a tout juste évité le même désastre. Quant au mécène russe Roman Abramovitch de Chelsea, il a investi 1 milliard de livres sterling depuis sa reprise du club en 2003. Sa motivation ? La passion du football. Sa femme qui présente dans sa galerie moscovite les œuvres détenues par François Pinault a une autre passion : la Peinture…

Et vive le Foot !

Du racisme de l’intelligence envers les « Bleus ».

Mercredi 30 juin 2010

Zéro de moyenne ?

C’est entendu : il y a des problèmes plus importants que les défaites des footballeurs français mais il est une chose qui frappe BiBi, c’est l’insistance quasi-générale à se moquer du niveau intellectuel de ces footballeurs français, «traitres à la Nation». Étrange cette insistance unanime. Bizarre cette polarisation sur leur (supposée) ignorance crasse. Même les amis de BiBi s’y sont mis… Mais pas que.

Florilège.

Richard de Meudon la Forêt, premier auditeur du «Téléphone sonne» sur France Inter (lundi 28 juin), va plus loin. Il demande, plein de morgue, un «stage d’expression orale» pour rendre «compréhensible le discours des joueurs pour l’ensemble de la population française». Michel Cymès, médecin, animateur du Magazine de la Santé sur France Info, voudrait «soumettre les joueurs de l’Equipe de France à un test de QI».

Ces joueurs sont quasiment ravalés au rang de l’animalité : «Au pire, ce sont des bêtes solitaires et dangereuses» (, philosophe). Pas loin non plus d’être des décervelés : «Footeux capricieux et milliardaires» qui nous offrent des «prestations sans scrupule ni morale» (Serge Moati). Philippe Sollers y va aussi de son cynisme de dandy et évoque à leur propos un «festival de vulgarité et d’injures», de «disputes de petits chefs rapaces». , lui, voit en eux «des enfants trop riches et trop gâtés» (a contrario, le JDD, journal où il écrit, offre à Michel Pébereau, grand patron, philosophe devant l’éternel, une rubrique sur la Science-Fiction sans sourciller).

Continuons : Denis Masseglia, président du CNOSF, lance que les « joueurs sont pour la plupart, déconnectés des réalités». BiBi avait relevé dans une de ses Flèches les louanges de Denis Masseglia par le Figaro : «Denis Masseglia veut faire rentrer le Monde de l’Economie dans le Sport sous forme de mécénat». Pas déconnecté des réalités, ce Monsieur. Est-il plus intelligent pour autant ?

Non seulement, le joueur de l’Équipe de France est ignare mais il ne travaille pas : « L’élève se trompe. Il n’a travaillé ni en CM2, ni en 6ième… et ainsi de suite jusqu’à la Terminale» (Guy Roux, Libération du 20 juin). Plus loin, l’éditorialiste s’en prend à ces joueurs gâtés en leur accolant le qualificatif d’«autistes», indécent qualificatif qui n’offusque personne.

Les Courtisans et les Ignares.

On a assisté à un défouloir généralisé non sur le pauvre jeu de cette équipe mais sur des attaques de personnes (ici sur leur cerveau – ou sur leur capital culturel pour parler bourdieusement). Étrange unanimité qui interroge BiBi. Ces Ignares en bleu seraient-ils des non-citoyens ? Faut-il qu’ils parlent le Langage de Cour pour avoir une existence agréée ?

Autres questions : n’y aurait-il pas derrière ces anathèmes et ces moqueries en-veux-tu en voilà, un racisme latent, insidieux, de la part de ceux qui se sentent d’une «essence supérieure ». Bourdieu caractérisait ce racisme de « racisme de l’intelligence » (lire son dernier chapitre de «Questions de Sociologie». Éditions de Minuit) distillé par ces Intellectuels-Censeurs.

La déferlante du Mépris.

A traiter l’autre – le Différent-de-Soi – de «con», on dit aussi (surtout) que l’on ne l’est pas soi-même. Que Ribéry fasse dix fautes de français pour s’exprimer, soit. Et alors ? Que certains joueurs aient eu des propos malheureux, des postures très critiquables, soit… mais faut-il  pour autant s’en moquer sans limites… eux qui n’ont pas le même capital culturel et scolaire que le «nôtre». Cette vision déferlante méprise extraordinairement les gens aux trajectoires sociales inédites et aux ascensions sociales fulgurantes (lire par exemple ce qui a été écrit sur celle du joueur emblématique qu’est Anelka, venu de Trappes et richissime à 18 ans).

Un déficit de pensée.

Derrière ce ressentiment brutal envers ces « illettrés» qui ont quand même «réussi», derrière ces dépits rageurs contre ces «enfants gâtés» ou contre ces «caïds immatures» issus évidemment des éternelles «classes dangereuses», BiBi y voit plutôt un… dangereux déficit de pensée.

Anelka, Finkielkraut et la Pensée néo-libérale.

Dimanche 20 juin 2010

Première et dernière page du JDD.

Le Football est, bien entendu, à la Une du numéro dominical du JDD avec cette question «Pourquoi tant de haine ?». Hasard objectif : en dernière page, on a la réponse avec un grand cadre publicitaire plein d’amour. L’encart nous offre Pelé, Zidane et Maradona jouant au baby-foot pour le plus grand Sponsor de luxe de la Planète (et de la Coupe du Monde) : le Louis Vuitton de Bernard Arnault, d’Hubert Védrine et de Bernadette Chirac. Au second plan du cliché, on aperçoit un sac Louis Vuitton rembourré (de billets d’argent sale ?)

Indécence et obscénité des Cols blancs sportifs.

Olivier Jay de son arbre perché est descendu réclamer dans son édito «plus de décence». En contrepoint, BiBi lui conseillerait bien de relire le billet écrit ici-même sur Frédéric Thiriez et l’indécence.

Alain Finkielkraut, lui, s’avance sur le terrain de la culpabilisation et circonscrit le problème autour des seules personnes que sont Domenech l’entraîneur («sans style et sans âme») et  les joueurs («sales gosses boudeurs» pleins d’ «arrogance j’men foutiste»). Comme à son habitude droitière, le Monsieur oublie de citer ces absents de marque dans sa démonstration que sont les cadres dirigeants, le Président de la Fédération et les Ministres qui ont donné l’aval à tout ça. Rappelons ici pour les footeux le capital de connaissance sportive de Rama Yade : en interview, elle parlait des phases éliminatoires 1998 pour la France, qui, pays organisateur était qualifié d’office ! Dans son article, ce sont pourtant les seuls joueurs que Finkielkraut qualifie d’ «inintelligents».

La feinte de Finkielkraut ne prend pas.

Ce même Finkielkraut si précis dans la mise au pilori des joueurs (il cite Ribéry, Anelka, Gallas) s’en remet à un vague « on » qui ne fait de mal à aucune mouche dirigeante : «On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents » peut-on lire sous la plume du grand Penseur. Sur ce «On», rien ne sera dit, rien ne sera écrit. Là encore, BiBi lui conseillerait la lecture de la Catégorie BiBi-Foot, il y apprendrait que les «voyous opulents» sont à chercher du côté de Sepp Blatter et de Jack Warner, tous deux au sommet de la FIFA.

Stigmatisation et recherche de bouc-émissaire.

Voilà la méthode du philosophe : une méthode au prix du silence sur le Sponsoring éhonté (qui interdit aux petits marchands ambulants africains le bénéfice des ventes aux portes des stades), au prix de la Solidarité obscène des Politiques (on a demandé à la population sud-africaine de s’éclairer à la bougie pour ne pas bouffer trop d’électricité et permettre ainsi la diffusion des matches), au prix d’un déni au sujet de la gravité dans le langage (en écho des propos d’Anelka, le «Casse-toi pauvre con» oublié n’a pas été en Une du JDD).

Un Sport de gentlemen ?

Alors que réclame donc notre Philosophe ? Il souhaite virer ces «voyous opulents et arrogants» et en appelle à «sélectionner des gentlemen» (des Zidane sans coups de tête peut-être ?). Des «gen-tle-men» ! Ah, le beau et grand mot : il veut des êtres dépassionnés, maîtres de leurs corps et de leurs instincts, animés du Fighting-Spirit et au langage « irréprochable ». Vieille lune et vieil idéal du Sportif aristocratique anglais coincé entre Oxford et Cambridge, idéal né sur l’ignorance des conditions de vie de la classe ouvrière d’alors décrites par Engels.

Cruauté du Monde.

Finkielkraut oublie là aussi le Monde contemporain fait de brutalité, de cruauté (voir le marché esclavagiste des jeunes footballeurs africains et sud-américains), de compétitivité féroce. Il croit possible – ce naïf –  un Monde débarrassé de divisions et fait d’une «communauté liée» où serait gommée la place de chacun (joueurs, spectateurs) dans l’espace des positions sociales, où seraient abolis les clivages sociaux. Pauvre rêve ? Pas seulement. Ce type d’argumentation vient couvrir et dissimuler à bon escient les «dérives» d’un sport qui a «intégré, depuis longtemps, dans ses structures de gestion et les structures mentales de ses agents, la pensée libérale (1)».

(1). William Gasparini. Article de Libération du 20 juin 2002 : «Le Foot, Cheval de Troie du néolibéralisme».

Le Football, Denis Robert et le Milieu du terrain.

Jeudi 17 juin 2010

Football, football, Coupe du Monde : on n’entend causer que de ça dans les postes de télé, de radio. Au-delà de l’Overdose, on n’entend aussi qu’un seul et même discours : celui du « Sport-Fraternité ». BiBi en sait long sur cette poudre aux yeux. est journaliste indépendant, spécialisé dans les enquêtes d’investigation («Clearstream I », c’est lui). Il est aussi l’auteur d’un ouvrage sur le football, sur ceux qui le mènent et le malmènent : «Le Milieu du Terrain » (Éditions Les Arènes). BiBi avait gardé le verbatim de son intervention dans un débat sur Arte (octobre 2007). On l’interrogeait alors sur la Corruption dans le football. Rien que de la lucidité que BiBi partage.

- Quels liens faites-vous entre le Sport, le football et la Grande Finance ?

: Je vois un parallèle entre le Sport (le football en particulier) et les financiers. Ce sont deux mondes qui se vivent comme hors-la-loi. Je reste persuadé qu’on est dans le football à l’aube d’un déferlement d’énormes affaires. Ce sport fonctionne sur du mensonge et ce mensonge a été entretenu par les journalistes et par les radios et surtout les télévisions. Évidemment, il y a beaucoup d’argent à se faire dans le football par le transfert des joueurs, par le Sponsoring. Tout ça fait fabriquer des équipes dopées, des joueurs chargés, des matches truqués. Oui tout ça fonctionne sur des Mythes. Là, on sort d’une Coupe du Monde où l’on a oublié un peu tout ça. Avec la victoire de l’Italie, on a oublié le scandale Moggi et le scandale encore plus grand des veuves du Calcio, ce scandale qui a vu les joueurs de foot italiens mourir du cancer beaucoup plus dans le milieu du foot qu’ailleurs. Les joueurs se shootent…même Zidane – que j’adore – l’a dit au procès de la Juve : «  Moi, avant les matches de la Juve, on me faisait des piqûres et je ne savais pas ce qu’il y avait dedans. »
Ces financiers, ce Milieu du Terrain sont en train de tuer quelque chose de très précieux qui est l’esprit du jeu, l’esprit du Football et moi je leur en veux beaucoup…

- Mais sachant tout cela, vous pouvez toujours aller au Stade et apprécier un match de foot ?

: C’est un grand paradoxe. J’ai suivi les matches du Mondial quand la France jouait et j’étais complètement investi dans les matches. C’était comme ça et pourtant je sais tout ça : la corruption, le dopage, les trucages en tous genres. Je suis encore pris au piège mais un peu moins. C’est-à-dire que dans la ville où j’habite, je vais voir les matches, je vois les rencontres télévisées mais je sens que ces liens sont en train de se détendre. Et si cela arrive à moi, cela arrive à beaucoup de mes amis…En France, il y a tout un problème lié à Canal Plus qui a acheté très très cher les droits du football et on nous met dans la tête des tas de messages publicitaires dans la tête sur le Football que ça en devient insupportable. Donc, à un moment donné, on pressent que ce Sport va mourir de ça. Pour certains, il va mourir, pour d’autres, il doit être défendu…

- Et les joueurs, là-dedans ? [Interview à 01 Men].

: Dans leurs commentaires d’après match, certains joueurs sont devenus des répétiteurs de conneries. C’est le règne du capitalisme triomphant, de l’individualisme, et un monde où la meilleure façon de réussir c’est encore d’écraser les autres. Et ce discours véhiculé par les dirigeants de club, les entraîneurs et journalistes est devenu véritablement insupportable.

- Ces comportements posent la question de la présence des mafias dans le football, d’où le titre de votre livre Le Milieu du terrain

: Il faut bien comprendre que la mafia, ce n’est plus seulement ce que c’était il y a dix ou quinze ans. Bien sûr, il y a toujours des personnages au profil criminel qui évoluent dans l’entourage de certains clubs. Comme cela a pu être le cas à l’OM, par exemple. Mais il y a maintenant, et peut-être surtout, une mafia de comptes en banque. L’argent du crime est une part essentielle du capitalisme et cet argent est aujourd’hui pour partie réinvesti dans le football.

PS : La photo de l’équipe d’Allemagne exécutant le salut nazi est terrible. Qu’on s’y arrête un moment : le cliché est pris le 9 juin 1938 au stade de Colombes (France) avant que la Mannschaft ne rencontre l’équipe de Suisse. C’était lors d’un match de… Coupe du Monde qui était organisée en France du 4 au 19 juin 1938. Dernière remarque : en haut, à gauche, flotte le petit drapeau…

Les Brèves de BiBi (Spécial Coupe du Monde).

Jeudi 10 juin 2010

1. La phrase sportive la plus amusante de la semaine nous vient de Sepp Blatter, Président de la FIFA : « Je n’ai jamais corrompu, on ne m’a jamais corrompu et on ne le fera jamais ».

2. Mars 2009 : Blatter refusait les contrôles de l’AMA (Association internationale contre le Dopage) pour atteinte à la vie… privée des joueurs de football.

3. , président de la Confédération sud-américaine de foot (Conmebol), a eu sa part de commissions : 159950 francs suisses en janvier 2000 et 51675 francs suisses en mai 2000 de la part d’ISL, partenaire com’ de la FIFA.

4. Secrétaire Général de la FIFA, Michel Zen-Ruffinen a déclaré que « les relations Fédération–ISL (International Sports and Leisure), étaient entachées de corruption ».

5. Un jour, un virement d’un million de francs suisses est arrivé au siège de la FIFA. Erwin Schmid, le directeur financier, a soumis le problème à Blatter. Finalement, l’argent n’a pas été encaissé par la FIFA. En revanche, il est allé discrètement sur un compte particulier. Andrew Jennings dit avoir une copie de ce bordereau.

6. Personne ne connaîtra jamais le salaire de Sepp Blatter. Pas même le Canard Enchaîné.

7. Les packages de la Coupe du Monde ont été attribués après un appel d’offres obscur à la société « Match Hospitality AG », domiciliée à Zug en Suisse. Match Hospitality AG compte parmi ses actionnaires Infront Sports & Media AG, titulaire des droits télé de la FIFA. Ne vous étonnez pas: Infront Sports & Media AG a pour PDG …Philippe Blatter. Ultime précision : Philippe est le neveu chéri de Sepp Blatter.

8. Jack Warner, Président de la Confédération d’Amérique du Nord est la clé de voûte du Système Blatter. A chaque scrutin de réélection, pour faire la différence, Jack lui apporte sur un plateau les voix de son continent. A la FIFA, une voix compte pour une voix.

9. Jack Warner a une société (la Simpaul Travel) : elle vend les billets de la Coupe du Monde à prix d’or.

10. Jack Warner a acheté les Droits télévisés du Mondial 2002 dans les Caraïbes pour un euro.

11. Joseph Blatter a voulu faire interdire le livre du journaliste Andrew Jennings « Carton Rouge » qui détaillait les étranges agissements de la FIFA. L’édition allemande n’existe pas.

12. Aujourd’hui sur Arte à 11h15 sont passés les deux documentaires d’Andrew Jennings sur les dessous troublants de la politique menée par Blatter au sein de la FIFA. Pas de rediffusion après le match d’ouverture.

13. Pour la première fois, le chiffre d’affaires de la FIFA (2009) dépasse le… milliard de dollars.

14. Juin 2009 : Sepp Blatter déclare : «Les Finances de la FIFA sont saines». Michel Platini lance l’Opération-esbrouffe : « Fair Play financier ». BiBi rectifie : Flair Pay.

15. Joseph Blatter a une ambition : devenir Prix Nobel de la Paix (Le Monde du jeudi 10 juin).

A la mi-temps : BiBi 1 – Sarko O.

Lundi 7 juin 2010

De la polémique comme contre-feu.

Au micro de ., la Secrétaire d’État aux Sports, Rama Yade, a jugé que le choix de l’Hôtel Pezula, hôtel qui abrite les joueurs de l’Équipe de France de football en Afrique du Sud, avait été « indécent ». Tout aussitôt, Roselyne Bachelot s’est dressée sur ses ergots patriotiques et a lancé une « polémique« . Xavier Bertrand, pépère tout derrière, joue plutôt les superviseurs. A Canal Plus, il déclare qu’il n’est pas « très bon client pour entretenir et continuer cette polémique« . Les Communicants élyséens ont fait fort. Rappelons que, pour toute stratégie, ces derniers sont payés individuellement de 10 à 15000 euros l’heure. Pas indécent, ça Rama ?

Sarkozy joue sur les deux fronts.

La Question « Coupe du Monde » préoccupe beaucoup nos Communicants. Déjà, BiBi avait marqué un but en éventrant la grossière ficelle derrière l’annonce du Plan-Retraite (voir Flèche-BiBi 3 ). Voilà qu’il est obligé de rester vigilant face aux attaques. Aussi, il a repéré les points faibles de ses adversaires sur tous les fronts :

1. Le front offensif (celui de la Victoire) et de la qualification des Bleus pour les huitièmes.

En cas de résultats sportifs positifs,  la France et les Français verraient leur moral remonter et… celui de Sarkozy ne plus dégringoler. L’Équipe de Com’ considère qu’une Victoire des Bleus serait tout bénef pour l’UMP et son Chef.

2. Le front défensif (celui, probable, de la Défaite et de l’élimination).

Sarko envoie Rama Yade en stratégie politique préventive. Là voilà qui charge les joueurs… genre : « Ils sont trop payés, trop pourris, trop douillets, trop coocoonnés etc » et elle (avec son Équipe-Com’) avance sans coup férir cette explication très majoritaire dans l’opinion. Là aussi, Sarkozy est – pense t-il – gagnant. En cas de retour prématuré des Bleus après trois matches, il pourra toujours resservir le même hors d’œuvre en dessert.

Résultat ? Chouchou apparaîtra dans le cas 1 : un bon patriote avec 60 millions de Français avec lui. Dans le cas 2 : un bon moraliste avec 60 millions de français derrière et avec lui.

Le Douzième homme, Xavier Bébertrand.

On pourrait se demander : à quoi sert-il celui-là ? Eh bien, Xavier Bertrand a un rôle qui est loin d’être négligeable : il est sur le bord de touche, il regarde cette « polémique » avec bonhomie et il se pose en Superviseur avec une super vision de la Situation. « Bah! Moi je m’occupe des problèmes vitaux pour la Nation ! Bon… l’important c’est de jouer : alors attendons, on verra bien etc« .

Résultat du Match.

Pour le score définitif, il faudra évidemment attendre le coup de sifflet final de 2012. Cette Opération Polémique, relayée par les Médias et amplifiée par la passion footballistique, n’a pas d’autre but que de faire pivoter l’Image de Chouchou dans le bon sens. France perdante ou gagnante, l’important est que notre Président en Campagne apparaisse en « Protecteur » ( il nous servira le Discours de la Persévérance) et en  « Rassembleur » (Chouchou relativisera la Défaite – non sans rappeler les salaires mirobolants et injustifiés des Mercenaires du Foot etc). Gagnant sur les deux tableaux, notre Chouchou?

Heureusement (ou dommage pour Chouchou et ses piètres co-équipiers de sa Com’ présidentielle), BiBi a éventré leur dispositif et a contre-attaqué. Donnons donc  le résultat à la mi-temps : BiBi 1 -  Sarko Zéro.

La Découpe du Monde (2).

Mercredi 19 mai 2010

Suite et fin de la Nouvelle-BiBi : « La Découpe du Monde ».

Rappel de l’exergue : « Ô Dieu ! Je pourrai être enfermé dans une coquille de noix et me sentir le Roi d’un espace infini… seulement voilà, je fais de mauvais rêves ». Hamlet (II,2)

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Pendant les trois jours qui précédèrent la rencontre dominicale, Artur R lut et relut le livre offert par son entraineur. Le passage qu’il préférait était celui où l’auteur rappelait le geste magnifique de l’avant-centre brésilien. Mexico 1970.

Artur R tournait, se retournait dans son lit. Il ne cessait de penser à sa demi-finale du lendemain. Il ralluma la lampe de chevet et ouvrit à nouveau le livre. Derrière la mince cloison qui séparait sa chambre du salon, il entendit les infos de minuit. Le titre qui ouvrit le journal télévisé portait sur l’occupation de l’église Saint-Bernard par douze sans-papiers.

« L’intervention musclée de la police a été décidée en haut-lieu ce matin même, avait précisé la voix du présentateur. Les forces de l’ordre ont procédé à douze arrestations. Les expulsions vers leur pays d’origine suivront sans doute dans la soirée ».

Artur R entendit la voix virulente de son père couvrir la suite du commentaire :

«  Foutus branleurs de nègres ! Des bons à rien ! Occuper des églises ! Qu’ils retournent donc dans la jungle !

La voix pointue de sa mère renchérissait :

-  C’est vrai qu’ils n’ont rien dans la tête !

-  Négros, bronzés, cafés-au-lait, tous à mitrailler ! »

Depuis douze ans, Artur R avait toujours suivi les raisonnements de son père mais ce soir, son paternel venait de balancer une chose pas vraie du tout. Dans les propos qu’il venait de surprendre, Artur R releva un mensonge manifeste. Il serra contre lui l’épais livre sur Pelé… Pelé, ce nègre, ce café-au-lait, oui, oui. Mais… dans le même temps, il réalisa que pour marquer 1284 buts, pour mystifier 1284 fois les défenseurs adverses, pour battre à 1284 reprises le gardien adverse, il fallait obligatoirement en avoir dans la tronche.

Oui le mensonge était manifeste. 1284 buts. 12 arrestations. 12 expulsions. Quelque chose clochait. C’était obligé.

Car Artur R en savait long sur la difficulté à marquer un seul but, sur la férocité des tacles défensifs des adversaires, sur les feintes à imaginer pour s’ouvrir le chemin des buts. Il se répétait qu’il fallait diablement d’intelligence pour arriver au total vertigineux de 1284 buts.

C’était obligé.

Toute la nuit, il s’agita dans son lit et fit de mauvais rêves. Au matin, il avait triste mine : yeux gonflés, teint cireux. Artur R couvait certainement une grosse fièvre. Il ne marqua pas de but, rata un penalty décisif et fut même sorti par son entraineur avant la fin du match.

De tout le voyage-retour, son père ne lui adressa la parole.

Artur R se dit que la vie avec les adultes de la maison allait être plus dure que ce qu’il avait alors imaginé. Beaucoup, beaucoup plus dure. C’était obligé.

Et pendant les nuits qui suivraient, les mauvais rêves ne manqueraient pas de l’assaillir.

C’était obligé.