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En préambule, on rappellera la belle citation de George Orwell : «Pratiqué avec sérieux, le sport n’a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, de mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d’autres mots, c’est la guerre, les fusils en moins». Ne lâchons pas ce morceau de prose orwellienne et poursuivons.
Ce fut bien une guerre économique dans laquelle on nous infligeait à chaque bataille (match) des communiqués de victoires sur et hors du terrain, avec, comme correspondant archétypal, Jacques Vendroux de Radio France, radio officielle de l’évènement. Une guerre avec une équipe de France qui – excuse bidon – était plus fatiguée que celle du Portugal. J.Vendroux : «Les gens ne s’imaginent pas combien la journée de récupération supplémentaire du Portugal a joué dans sa victoire». Ben voyons.
D’autres, comme Johan Micoud dans L’Equipe 21, cherchaient d’incroyables excuses dans… l’état de la pelouse (non partagée par les deux équipes ?). Une heure et demie auparavant, six journalistes de cette même chaîne (sur six) donnaient des pronostics unilatéralement pro-Equipe de France sans ciller des yeux. Sur les chaînes concurrentes, même et unique son de cloche (1). On ne faisait qu’exalter les Mercenaires en Bleu à titre individuel. Payet était le Héros du premier match avant qu’il ne sombre dans les suivants (sans qu’on en parle). Greizmann était elevé au titre de demi-dieu qui emporterait tout sur son passage. Avant l’évènement, Pokba était lui aussi présenté comme l’Homme Providentiel, génie footballistique du Futur. C’est que cet éloge de l’individualisme, cette starisation s’accompagnent toujours d’un déficit dans la lecture du jeu, dans l’analyse posée des matches. Ce qui a été caché (sauf, parfois, en en parlant du bout des lèvres) c’était l’indigence du jeu français et c’était la faiblesse des équipes rencontrées (2).
Tout cela n’empêche pas, ce matin, sur France-Inter, Patrick Kanner, Ministre des Sports, de déclarer son amour pour ce pauvre Didier Deschamps à qui on continue de tresser des louanges. Sur le travail de l’entraîneur des Bleus, aucun journaliste ne remettra en cause sa piètre préparation psychique d’après-victoire contre l’Allemagne, aucun ne remettra en cause sa prédilection pour le jeu défensif et sa navigation à vue dans ses options de jeu parfois incompréhensibles. Bien sur, les victoires successives contre des équipes plus faibles interdisaient une quelconque critique. Et l’on sait que si d’aventure, un journaliste sportif avait du insister pour dire du mal de cet entraîneur, il aurait été écarté de toute rédaction. C’est qu’il faut préserver cette satanée Unité Nationale, continuer à distiller du Rêve consensuel, faire dans l’exaltation et la Beauté du jeu français (sans voir que le jeu, c’est ce qui passe entre les deux équipes). Entendu à FR3 : «La France a perdu SA finale». «But portugais : l’incroyable vient d’arriver».
(La 1ère réaction de Mme Merkel après la finale).
Où allons-nous après cette défaite «incroyable» (mais pour qui ?)
Deschamps ? Il a ouvert une nouvelle voie, celle du travail consciencieux (faut bosser et se donner de la peine). Il donne de l’espoir, il continuera de s’appuyer sur des supporters déçus mais «enthousiastes de retrouver une belle équipe de France». «NOS Bleus ont conquis le pays TOUT ENTIER» s’exclame le journaliste. On nous promet à nouveau – après l’indigeste défaite contre les Allemands au Brésil – un «bel avenir», de la «réconciliation». Nous voilà repartis sur des rêves increvables, ceux que la Nouvelle Economie veut à chaque instant imposer.
(Merci les Bleus ?)
C’est – n’oublions pas – que le football d’aujourd’hui constitue un enjeu économique considérable. Ajoutons-y un enjeu politique, idéologique. (3).
Obscénité du jour sur FR3 : dans les conclusions télévisuelles d’un reportage, on transfigure la défaite sportive en victoire économique encourageante (interview d’un hôtelier), en «événement réussi avec impact pour le moral», oubliant que tous les Sponsors de cette manifestation ont été exemptés d’impôts. Valls, cynique et jovial, se fend d’un soutien : «la France a retrouvé des couleurs».
Discours increvables qui rêvent l’abolition des clivages sociaux, l’unité de la Nation au travers de ce sport universel et très national. Ses dérives sont systématiquement occultées. Ne nous leurrons pas : tout continuera dans cette même veine. On continuera dans la Légende : le tir sur le poteau de Gignac succèdera au KO de Battiston et aux poteaux carrés de Glasgow. C’est que le football ne peut pas vivre sans cette StoryTelling continue, sans ce récit toujours présent et à venir, sans ce conte rassembleur (avec dramaturgie, héros etc où – répétons-le – seraient gommés tous les clivages sociaux) martelé par les Dominants.
Comme l’écrivait déjà opportunément William Gasparini en 2002 (!), le football «a intégré, depuis longtemps, dans ses structures de gestion et les structures mentales de ses agents, la pensée libérale».
En lisant ton titre je pensais avoir affaire à un texte sur la sortie de l’Euro et le retour à une monnaie nationale… Sans dec !
Pas de télé. Fort peu de radio. On est passés entre les gouttes. C’est fini ?
Un article d’autant plus percutant qu’il laisse entendre que son auteur ni n’ignore ni ne déteste le foot…
« on transfigure la défaite sportive en victoire économique encourageante… », écris-tu, on la transfigure également en victoire sécuritaire qui aura promu mondialement la France dans ce domaine :
« « Une réussite. » D’un mot, le ministre de l’Intérieur a résumé lundi son bilan de l’Euro 2016, en terme de sécurité. Rappelant « un contexte de menace très élevée », Bernard Cazeneuve a fait état de 1 550 interpellations, 59 condamnations à des peines de prison ferme ou avec sursis, 64 reconduites à la frontière et 32 refus d’accès au territoire durant le mois de compétition.La mobilisation de l’Etat était particulièrement impressionnante, avec la présence de 42 000 policiers, 30 000 gendarmes, 5 000 personnes de la sécurité civile, 30 000 agents de sécurité privée ainsi que le renfort ponctuel des 10 000 militaires de l’opération Sentinelle. » (Source : Le Parisien).
Je dirais plutôt : quand la « politique » est ainsi footue elle est vraiment foutue.
Barroso change d’équipe, comme beaucoup de dirigeants de l’UE. l’Euro est une sacrée esbrouffe…
« Mort au foot »… au foot pro évidemment
Récupéré politiquement comme bon nombre de compétitions sportives (JO, coupe du monde etc…)
Toujours battre l’autre, un esprit si libéral.
Alors que c’est l’entraide qui devrait être mis en avant!
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