Il ne faut pas se laisser aller. Parce qu’entre l’élection de Trump, les 5 millions dans les valises posées aux pieds de Sarkozy et de Guéant, la virginité de Macron (homme nouveau mais ex-banquier énarque), on pourrait avoir des haut-le-coeur, aller prier le Bon Dieu pour qu’il fasse un geste, rappeler aux Communistes que Joseph Vissarionovitch Djougachvili est mort mais que l’ex-Boss Robert Hue est toujours vivant. On pourrait mais on fera tout pour éviter ces aigreurs intestinales à répétition.
D’où ces mécanismes de défense tout en ricanements, d’où ces trois petites notes (Trump/Macron/Bakchich) toutes en finesses.
Deux livres. Celui de Patrick Champagne. Celui d’Aude Lancelin. Quand tu ouvres ces deux livres sur le journalisme, tu tombes sur les écrits d’un sociologue avisé et d’une journaliste, longtemps restée au coeur du Système et qui, très récemment a été éjectée manu-militari de L’Obs. Tu te dis : c’est obligé, je vais devoir en parler, faire lire leurs travaux.
Mais d’abord en faire ma double affaire : 1. les lire puis 2. écrire un bibillet…
En voulant le rédiger, tu t’aperçois alors – que tout ce que tu vas écrire, tu l’as… déjà écrit. Tu t’es déjà servi des chroniques d’Alain Accardo, de l’analyse de Pierre Rimbert sur Libération («Pravda des nouveaux bourgeois» comme l’écrivait Guy Hocqhenghem), du collectif de La Découverte dézinguant les Editocrates, d’un numéro spécial d’Europe sur le polémiste Karl Kraus, des sorties bourdieusiennes etc. Bref, tu vas écrire, réécrire, faire et refaire un peu la même chose, endosser, ré-endosser ta parure de perroquet.
Reprendre et donc, ressasser. Fatigant bien sûr mais indispensable.
J’aurais voulu parler tranquilou de la pluie et du beau temps, de choses légères (et de bien d’autres) avec mon ami. Seulement, il y a des urgences, il y a des nécessités.
Il y a, par exemple, ces crapules médiatiques qui semblent se multiplier, rôdant dans les rédactions, chiens de garde aux sièges réservés (de la télé jusqu’à France-Culture). Il y a tous ces charognards, think-tankers, lèche-bottes des banques, briseurs de grève, idéologues de la Pensée Unique qui prennent pied dans mon quotidien, avec cette haine aux lèvres, haine avouée – sans complexe – de l’Etranger.
Toute cette minorité au pouvoir (ou dans ses couloirs) ne veut qu’une seule chose : nous étouffer.
Et il y a, dans le fond du jardin, toutes ces pages de blog que je m’efforce de faire pousser.
Oui ! Vous ne vous trompez pas, chers lecteurs et lectrices assidus de mon blog. J’ai récupéré les bandes magnétiques de la conversation entre notre Président et nos deux sommités journalistiques du Monde. Une conversation que je vous donne en exclusivité. Une conversation qui prolongera via le Tome 2 ces délicieux potins que vous avez lus dans ce grand livre merveilleux qu’est : «Un Président ne devrait pas dire ça…».
Et pourtant, vous allez tout savoir : c’est que, pour BiBi, votre Président l’a dit et l’a re-mar-qua-ble-ment dit.
Deuxième partie du témoignage de François Marminat.
Après la libération de Moulins (6 septembre 1944), son maquis («Le Camp 14 juillet») rejoint d’autres maquis de l’Allier et du Puy-de-Dôme sous le commandement d’un ancien maçon, Marcel Colliou (Nom de guerre : «Roussel»).
Les unités du maquis, regroupées sous le nom de «Diables Rouges» (152ème Régiment d’Infanterie ou 15.2) vont rejoindre la Première Armée du Maréchal De Lattre de Tassigny, fraîchement débarquée de Provence. On notera qu’aux côtés de français, anglais, américains, il y a les Goumiers marocains (qui essuient des pertes importantes dans leur marche en avant). Pas anecdotique de relever et rappeler ce «détail» à l’heure présente où, dans notre pays, plane honteusement la Haine de l’Etranger.
François Marminat m’a rappelé que cette campagne vers Colmar et vers l’Allemagne fut souvent très dure. Les unités FFI-FTPF firent de nombreux prisonniers mais durent batailler ferme très souvent et perdirent de nombreux hommes.
Dans le Doubs, en novembre 1944, les troupes connurent le froid et une neige abondante. Lorsque François Marminat fut sérieusement blessé à Villars-sous-Ecot, il revint en arrière, chancelant dans la neige.
A l’hopital Saint-Charles de Montpellier, ce qui le frappa, ce furent surtout les manèges de la fête foraine toute proche qu’il voyait de son lit et de sa fenêtre. Lui, repensait à ses huit compagnons d’armes du Camp du 14 juillet, tous tués par la mitraille nazie.
Enfin, je ne finirais pas ce billet sans mentionner sa simplicité, sa gentillesse, son accueil et sa joie de vivre. Je suis fier d’avoir été l’oreille et l’oeil de son témoignage.