New New-York.

New New York.

Les étudiants de la New York University ont fêté leurs grades. Revenus du Geant Stadium où Hillary Clinton a loué leur grande sagesse de futurs administrateurs de la Nation, ils ont fêté leur intronisation dans la future élite, tout autour de Washington Square. Derniers moments collectifs avant la séparation, ils ont mangé saucisses et poulet, dansé dans les rues, pleuré dans les bras de Maman, fumé un pétard hors la présence de Daddy. Le Monde qui les attend sera moins rigolo.

Dans la partie d’Harlem où vit Zoé, il faut débourser 1200 dollars pour un logement de 30 mètres carrés. Pas de vie de quartier hors le bénévolat et les Associations caritatives cloisonnées en ethnies. Pas de bistros, pas de cinémas mais de la bouffe en épicerie, en self-services, en pizzerias.
L’amie de Zoé doit dépenser 300 euros par mois pour une couverture sociale et Zoé 400 dollars pour un détartrage. La santé, passée la quarantaine, reste le grand souci de la petite classe moyenne. On craint la moindre fièvre, la moindre rage de dents, le moindre vertige. Les Français ne savent pas assez combien la Conquête de la Sécurité Sociale en 1945 fût un très très sérieux acquis démocratique (évidemment à défendre).

A New York, on fume beaucoup moins mais l’angoisse à ne pas fumer fait… grossir. Les 68 kgs de BiBi font de lui un poids coq (gaulois évidemment) ou – au choix – poids plume (acérée éventuellement).

Deux artistes rencontrés :
Joël Simpson
. Américain, sosie de Léon Trotski, il explique à BiBi sa technique-photo avec des projections de diapositives sur des corps féminins nus. Joël a eu sa quinzaine de gloire parisienne lorsqu’en juin 2008, il a exposé ses travaux au Musée de l’Erotisme. (www.joelsimpsonart.com).
A l’exposition de 60 créateurs new yorkais sur le Projet de www.onebrooklin.com, BiBi n’a retenu que le travail de Luis da Cruz, décorateur sensible (www.luisdacruz.com) et de Katie Quarrier. Une tenture avec un bouddha garni de feuillets d’or, un sol jonché de fleurs en boites métalliques ouvertes en corolle d’un bel effet. Pour le reste, les artistes américains sont confinés dans un individualisme forcené et un ego surdimensionné. BiBi a noté une absence de rage dans leur art, une permanence bien soft dans la dénonciation. Les «Œuvres» tournent beaucoup autour du Sexe, de la Méditation et de l’Exotisme. Ne pas compter y voir une joie de vivre là-dedans, ne pas compter non plus une évocation en formes originales d’un quelconque lien social.

Les New-Yorkais ne s’embrassent pas lorsqu’ils se rencontrent. Ils se serrent dans les bras avec, à peine, un joue-contre-joue. Le toucher sans frein, la bourrade, la bise, le bisou, l’étreinte, le corps-à-corps ne sont pas new-yorkais. Dans la rue, l’habitude est de se frôler sans jamais se toucher (même dans les rues souvent noires de monde). Et même si c’est BiBi qui fait le faux-pas, c’est toujours l’Américain qui se fend en excuses. 

John Lennon pas mort.

John Lennon, le mémorial à Central Park, l’immeuble du Désastre.

A Central Park, BiBi aurait bien aimé qu’on lui foute la Paix avec John Lennon, défenseur «anti-conformiste» des valeurs pacifiques et autres fadaises. Tout ce mythe est alimenté par la triste artiste-peintre, Yoko Ono. Sur une des allées de Central Park, un admirateur vétéran rescapé de la Beatlemania, raconte la triste fin du chanteur devant une étoile en mosaïque. Un autre fan photographie la porte de l’immeuble où tout s’est terminé. BiBi, lui aussi, fait la même chose et arme son appareil en suiveur zélé. Pourtant, il avait lu une bio non autorisée du chanteur dans laquelle Papa Lennon avait été décrit comme une personne bien peu recommandable. Le génial compositeur des Beatles avait été odieux tout au long de l’enfance de son fils Julian Lennon, le «généreux» chanteur se bourrait à l’héroïne, du Japon aux Indes et de NYC à Los Angeles et avait été toujours insupportable avec ses admirateurs.

Qu’on honore ses chansons, d’accord, qu’on loue sa subtilité dans sa collaboration avec Paul Mac Cartney, encore d’accord, mais sur les à-côtés, de grâce, Paix à son âme et… à la nôtre.

Instantanés de Manhattan.

Instantanés à Manhattan

PREDICATEURS.
Les Prédicateurs sont en nombre sur beaucoup de chaines. Sur TBN, l’émission Praise the Lord est très regardée ainsi que les chaines The Net et EWTN. BiBi n’a pas vu Little Nikos sur ces écrans-là : BiBi attendra de revenir en France pour retrouver son Prédicateur préféré sur TF1.

POIDS LOURDS.
A New York, les grosses entreprises sportives (Nike, Adidas, Puma) vous incitent à courir et marcher à en perdre haleine. Les grosses entreprises de bouche et de bouffe (Mac Do, Burger, Starbuck, Food Empories etc) vous poussent à tout avaler. Nulle contradiction entre ces deux pôles : elles vous engraissent pour ensuite vous dégraisser, elles s’engraissent grassement en ne cessant pas de vous agresser. Manger, courir, vous nourrir avec le sourire : propagande de poids pour ces entreprises. Les New yorkais oscillent : sur la balance, ils vivent à qui perd gagne (du poids).

DIVAS et DIVANS.
Des psychanalystes new yorkais réputés pensent qu’en écoutant les récits et les potins des Célébrités, on peut empêcher les grippes ou le cancer de se développer. Ce n’est pas toujours vrai : BiBi ne s’est pas senti mieux en lisant la Vie sentimentale de Little Nikos et de sa Carla dans Gala ou Paris-Match.

TOUT AUGMENTE.
Pour ceux qui débarquent à New York après BiBi, les tarifs de la Metro Card seront en augmentation : la carte hebdomadaire sera de 27 dollars. BiBi a donc gagné 2 dollars au cours de la semaine.

VOIX UNDERGROUND ET CHARME PERDU.
L’administration du Metro MTA a supprimé la voix d’annonce des stations. Il fallait faire ni différences, ni discriminations. On s’est en effet plaint de l’accent hispanisant de la personne qui parlait au micro. Du coup, c’est une voix neutre qui fait le travail et l’annonce à chaque arrêt.

TOUT EST AFFICHE :
Certains restaurants (de plus en plus nombreux) affichent les calories sur chaque plat de leurs menus.

LEONARD COHEN.
BiBi n’a pas eu de chances avec le chanteur. Il revenait au Radio City Music Hall après avoir été absent depuis 15 années. Les deux concerts (16 et 17 mai) étaient complets mais les places variaient de 70 à… 254,50 dollars. Hélas, pour BiBi la Beauté a un prix mais pas à ce prix. Il attendra la mi-août pour le voir au Théâtre Antique de Vienne.

Les petits métiers new yorkais.

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A NYC, on vit de petits métiers et les 35 heures sont une plaisanterie. A Wall Street, on voit des va-nu-pieds cirer les pompes de ces Messieurs et des portoricains vendre des tee-shirts Obama de leur crû. BiBi apostrophe un Dog Walker dont le travail consiste à balader les chiens de propriétaires qui n’ont guère le temps de les promener. Ja promène ce jour-là quatre chiens de deux proprios différents. Il m’explique qu’à chaque sortie d’une heure et demie environ, il touche 10 dollars par balade et par chien. Il a cinq courses à faire ce jeudi et à chaque fois, il a deux ou trois chiens sous sa responsabilité. C’est son métier et tout cela, dit-il à BiBi, est net d’impôt. Parfois, il a des pourboires conséquents. Seul inconvénient : il doit faire gaffe de ne pas être dans la m… (des chiens). Dog Walker : Ja dit encore que ce n.est pas une vie de chien, pas non plus un métier de m…

Autres petits métiers :
Guide sur l’emplacement des Twin Towers. Ils vous alpaguent avec un petit livret édité par leurs soins. Ils vous expliquent les avions, leurs directions, la direction du vent, les heures de la catastrophe, le nombre de victimes etc. Un bon job car les guides ont réponse à (presque) tout. En tous les cas, cet évènement reste un traumatisme pour l’ensemble des new-yorkais, sauf peut-être pour les financiers qui ont lancé les travaux avec un World Trade III, un joli parc fleuri et… un Musée qui retracera les évènements. Future rude concurrence pour nos guides improvisés. A New York, on n’oublie jamais qu’il faut ruser, inventer, jouer la démerde pour survivre.

Photographe free lance : ils viennent aux vernissages et aux soirées-branchées, ils sont toujours présents dans les «events». Ils se débrouillent pour trouver des invitations et ils photographient à tout va : les œuvres, les artistes roucoulant devant, flashent les amis et les petites amies. Ensuite, ils laissent leurs cartes et ils vendent à prix forts ou faibles leurs clichés. Tout cela gonfle les «books» des Artistes et sont des preuves de reconnaissance. L’un d’entre eux est venu de Detroit. BiBi le branche Musique et parle du groupe MC5, longuement écouté adolescent. Le photographe parla aussi de Ted Nungent, le hard-rocker moins apprécié, surtout en redécouvrant certaines de ses paroles : «Pour vous montrer comme je suis radical, je veux que les voleurs de voitures meurent, je veux que les violeurs meurent, je veux que les cambrioleurs meurent, je veux que les maltraiteurs d’enfants meurent, je veux que les méchants meurent. Pas de procès. Pas de libération sur parole. Pas de libération pour bonne conduite. Je les veux morts. Procurez vous un flingue et quand ils vous attaquent, tirez leur dessus». Bouuuuhhh !

Van Gogh et Charlélie Couture.

Le MoMa et Charlélie le peintre ( en bâtiment ?)

BiBi ne verra pas la Nuit étoilée de Van Gogh qui se trouve habituellement au Museum of Modern Art de New York, appelé aussi MoMa. Le célèbre tableau se trouve à Amsterdam jusqu’à la mi-juin. Bibi se souvient avoir entendu comment les héritiers de Vincent à Amsterdam organisaient les expositions de l’Ancêtre et comment ils profitaient de la Veine Vincent et de la Vanne financière : ils gardaient bien au chaud des tonnes de tableaux pendant des dizaines d’années sans un regard public puis tous les deux/trois ans, ils les sortaient pour une expo où tout le monde accourait. Cette fois-ci, tout a dû s’organiser autour du tableau La Nuit Etoilée «prêté» par le Moma. Ainsi vont les affaires qui ne font pas les affaires de BiBi.

Autre peintre – mais moins connu : Charlélie Couture. Lors du vernissage du 13 mai, Huitième Avenue, Galerie Garcia ( www.hpgarciagallery.com), BiBi – introduit là par amitié – aperçut un petit homme au chaperon rouge et aux souliers de même couleur. Pour être sûr d’avoir reconnu Charlélie Couture, BiBi s’en fut lui confier son admiration d’il y a vingt années, de ce temps où Charlélie était un chanteur original et décalé. Mal lui en prit car Charlélie n’en veut plus du tout de ce passé de musicien. Il répondit à BiBi, un brin de suffisance dans la voix : «Vous ne me connaissez pas, vous ne savez pas qui je suis. Je suis peintre, je suis peintre». Et le Peintre déguerpit aussitôt en mal de contacts, laissant en plan le pauvre BiBi. Probablement qu’un touriste français ne faisait pas bien dans le tableau.

Monsieur Petit-Homme-rouge a pris un peu de ventre et un peu la grosse tête. Il ne se souvient certainement pas que c’est avec les francs laissés en concert et dans les achats de ses disques 33 tours (BiBi était fan) qu’il a pu s’installer et vivre aujourd’hui en fanfaronnant à New York City.