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Autour de deux photographies de Télérama.

PHOTOS TELERAMA bis

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Je me suis demandé pour quelle raison j’étais resté d’abord indifférent devant la photo de cet adolescent américain tenant un fusil (parue dans le dernier Télérama) et pour quelle raison j’avais été touché par la photographie d’un Jean-Pierre Beauviala tenant une caméra sophistiquée quelques pages suivantes. Ce n’était pas par la seule seconde photo que mon intérêt s’est soudainement réveillé. C’est plutôt par le lien incongru que la seconde entretenait avec la première. Explications.

Marcher, penser, parler avec Serge Daney.

Serge Daney

Voici qu’en rangeant mes paperolles, je tombe sur un article de Chloé Hunzinger rendant compte du récit de vie du critique Serge Daney. Réalisé en compagnie de Serge Toubiana, ce livre («Persévérance» chez POL 1994) n’avait pas été entièrement revu et corrigé par Serge Daney puisque celui-ci décédera quelques mois plus tard. Il reste ces pépites, ces fulgurances, ces morceaux choisis dans des chemins souterrains. Une conversation secrète dont je restitue ici quelques lignes de fuite.

Le Cinéma ? Une Maison à deux portes.

Godard et Eustache

Dans les années 75-80, certains intellectuels avaient décrété que le Cinéma était mort. Ils avaient fait démarrer le cortège mortuaire à la date du «décès» du cinéaste Pier Paolo Pasolini (novembre 75). Mais comme dans toutes choses, la Vie se charge de dire le contraire : décréter la fin du Cinéma, haranguer la foule – populace ou élite – pour faire passer ce Message de Mort n’aura évidemment pas suffi. Le Cinéma n’est pas mort même si BiBi fait souvent une tête d’enterrement à la sortie des cinémas (et des films).

« Venise sous les eaux ».

VENISE PFRuner

Des textes, des photos m’appellent. Il serait vain d’y résister : la charge émotionnelle est si intense, si vitale que mon impulsion à voir se traduit immédiatement en texte. Saluer la Beauté de ce magnifique et troublant cliché de PFRunner (pris le 11 novembre dernier à Venise, Place Saint-Marc) devient impératif. Sur Twitter, j’en appelle aussitôt à l’auteur de la photographie : «J’ai envie d’écrire un petit délire fictionnel sur cette photo. Je sens les eaux, les vagues, la sauvagerie monter en moi». La réponse en retour ultra-rapide me suffira : «Fonce, ça me fait plaize !»

Tout ça n’existe pas.

En flux et reflux, des images-flashes nous traversent. Sans cesse. Elles viennent de loin et vont se perdre souvent dans le désert d’une improbable mémoire. Parfois pourtant, des instantanés photographiques s’arrêtent à notre porte, se rendent visibles et nous sommes surpris de voir qu’une Légende les accompagnent. Celle-ci par exemple, incompréhensible mais insistante :

« Tout ça n’existe pas».

Souvenons-nous des Surréalistes (André Breton en tête)  qui nous certifiaient que «tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement. C’est en vain qu’on chercherait à l’activité surréaliste un autre mobile que l’espoir de détermination de ce point ».

Je fais donc le point sur ce… point mais laisse à chacun de décider si…  TOUT ÇA EXISTE OU N’EXISTE PAS.

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