Trois jours en Helvétie (2).

Voyage dans «  ».

1. Apparu en 1998, Le Temps est né de la fusion du Journal de Genève et du Nouveau Quotidien (avec suppression douloureuse des effectifs). C’est un des 5 principaux quotidiens de Suisse Romande (avec Le Matin, 20 Minutes, La et 24h). Le quotidien tire à 45000 exemplaires et son lectorat s’élève à environ 148000.

2. Le journal romand a suivi les élections françaises avec un titre en première page le lundi (photo du haut). Mardi et mercredi, l’intérêt sera moins aigu. On aura du mal à trouver des encarts sur l’actualité politique française. Comme souvent avec les journaux suisses, le lecteur français a des infos inédites et des angles d’attaque absents des quotidiens hexagonaux. Le 15 mars, la page intérieure du Temps a titré  « Nicolas subit une cuisante défaite » avec ce commentaire : « L’aura de « gagneur » du Président est ébranlée et toute l’alchimie de la Majorité est à revoir».

3. Rigolo : est qualifiée de « Cheffe » et non de « Cheftaine », de « Mère Courage» aussi.

4. « Le Temps » n’est pas – loin de là – un journal à coloration de « gauche ». Il est tenu par , président du CA, très proche des milieux d’affaires, professeur à Lausanne dans une des Business Schools les plus renommées du Monde, ex-directeur général du World Economic Forum et du Symposium de Davos (entre 74 et 87). Ouf !

5. Le quotidien avait prévu l’échec de l’ mais l’a tempéré quand même avec une interview d’. On y relève que Martine Aubry est très proche de l’ami Alain et on souligne que la future Présidentiable appartient au « Siècle ». Minc, aux airs insupportables de Diva du Grand Capital, nous fait la leçon : « Sarkozy répond au retard français qui était un ensemble de micro-lâchetés multiples, qu’on avait laissé prospérer par souci du confort de la Société ». « Micro-lâche » toi-même, Alain !

6. Un bon point cependant : lundi, le Kiosque (ou Revue de Presse) en page deux fait un partage équilibré. On rapporte non seulement des extraits de Libé mais aussi ceux des journaux régionaux français et ceux de… Rue89 et de  !

7. La Suisse a aussi son Besson. Il s’appelle Sylvain et il est correspondant à Paris : « La Suisse, écrit-il, a choisi une autre option [que celle de la France de Sarko] : nous, on s’adapte à la globalisation, on profite dans son coin, on ne conteste pas l’ordre établi mais on s’y love confortablement. C’est moins exaltant mais plus efficace ». Dis, Sylvain, t’as pas vu de profiteurs dans certains coins de France et  cette exaltation… tu l’as vue où chez nous ?

La Tribune de Genève.

Deux jours de suite (16 et 17 mars), via et , le quotidien genevois a mis l’épisode de la « Rumeur » sous les yeux de BiBi. Là encore, une certaine tonalité pas trouvable en France : « La presse française qui n’avait presque rien dit de la Rumeur se plaisait en revanche à préciser que le Couple présidentiel était allé voter « main dans la main ». L’info décalée ne s’adressait qu’à ceux qui savaient. Nicolas Sarkozy n’a plus besoin de sévir, aujourd’hui la seule crainte de la sanction suffit ». Refermez le journal : tout est dit, tout y est écrit. Fin du Voyage.

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