Des Nouvelles difficiles à digérer.

Vous connaissez certainement l’histoire du Bébé de Bibi qui mange les feuilles du . Et c’est BiBi, haussant les épaules, qui dit : «  Pas grave ! C’est le d’hier ». Mais voilà, en ce jour de repos dominical, c’est BiBi himself qui dévore les et plus spécialement les deux canards au Menu de ce repas dominical : Le et Le du Dimanche du 30 mars 2008.

Constat : les Nouvelles du Dauphiné sont loin d’être fraîches, les idées datent un peu et comme d’habitude, c’est un peu du réchauffé qui nous est servi. BiBi passe sur l’accident d’Aoste en Isère où un bûcheron est tué par l’arbre qu’il venait de couper. Parfois les arbres prennent leur revanche : ils nous font savoir de quel bois ils se chauffent.

Ce qui frappe pourtant à la lecture et à la coupe des articles, c’est la place réservée à la Bouffe. En détaillant le supplément-Télé, BiBi est tombé sur trois pages à avaler. C’est Véronique Genest ( prononcez « Jeûner ») qui nous la joue à la carte : «  Hier soir, j’ai mangé une cuisse de poulet et pas deux, quatre petites pommes de terre et une salade. Le tout est d’équilibrer et de bien mâcher. Un peu de féculent, un peu de viande ou de poisson, un peu de légumes ». Elle remet le couvert pour ce midi : «  Ce midi, j’ai mangé une petite tarte à la mirabelle ». BiBi tend son assiette : il en redemande.

En page locale, BiBi tombe sur la Deuxième édition du qui se déroulera les 5 et 6 avril à Evian. «  On se souvient du succès rencontré lors de la première édition ». Les auteurs invités «  s’y étaient sentis de suite à l’aise, appréciant cette escapade loin du milieu parisien ». Là aussi, drôle de cuisine : le thème retenu sera la gourmandise. Cuisiniers, spécialistes du chocolat et des cakes et grandes plumes à nourrir : Irène Frain à l’accueil, Marc Levy au buffet, Luc Ferry-boat et les frères Bogdanov redescendus sur Terre. Allez, tous à table. Et le vin des coteaux du Léman est, lui aussi, probablement gratuit.

BiBi a tenté d’échapper à l’indigestion mais hélas, page trois du même Dauphiné, c’est , la Papesse du Bio, membre du …« Collège Européen de Naturopathie Traditionnelle holistique » qui nous pousse à table. Titre de l’article : «  Bien manger pour mieux vivre ».
L’estomac de BiBi n’en peut déjà plus mais ça tourne à l’aigre lorsque, dans l’entrefilet, il découvre qu’à Paris les retraités et les handicapés, exclus du festin, crient famine.

Alors, BiBi goûte au second canard, le , histoire de mieux finir le repas. dit avoir atteint en France ( pourtant bientôt nominée au Patrimoine de l’Humanité par la Cuisine présidentielle) ses limites d’efficacité. «  Il faut, rajoute t-il, que je me nourrisse d’autre chose ! » Bon, tournons la page Hulot. Hélas, je ne vais pouvoir échapper à l’indigestion : «  A Orléans, Yesenia a avalé 47 boulettes de cocaïne qui ont eu la malheureuse idée d’éclater dans son estomac ». Page 15, un autre article à digérer. Titre : «  Les à emporter, en ébullition » où l’on apprend que quatre principales enseignes – Mezzo di Pasta, francesca, Viaggio et PastaCosy – se tirent dans les pâtes. Tout ça pour égaler les MacDonald’s dans l’Hexagone ! BiBi suggère que l’on demande à Carla, notre première Dame de France, d’arbitrer entre tous ces Vendeurs de Nouilles et qu’on n’en fasse pas tout un plat.
Pour me détendre, je finis par décortiquer les deux colonnes de Michèle Stouvenot mais c’est pour y lire, stupéfait, que Rachida Dati « avait l’air d’une anorexique boudeuse sur les dents » lors du repas royal d’Angleterre. Ou encore qu’ – qui a toujours mangé à tous les râteliers – « aimerait bien maigrir de 20 kilos mais que dix ce serait déjà pas mal ». Combien BiBi aurait aimé que la journaliste lui demande si notre cher Thierry avait fini par digérer son pla(gia)t avec « » sorti en 93 ?

Comment échapper à toute cette malbouffe et comment éviter ces ennuis gastriques ? BiBi a replié ses deux journaux et il est allé chercher assistance, cette fois-ci, du côté de chez dans son avant-propos de «  Généalogie de la morale » de juillet 1887 :

« Pour élever la lecture à la hauteur d’un art, écrivait-il, il faut posséder avant tout une faculté qu’on a précisément le mieux oubliée aujourd’hui, une faculté qui exigerait presque que l’on ait la nature d’une vache et non point, en tous les cas, celle d’un « homme moderne »; j’entends la faculté de ruminer ».

Friedrich Nietzsche : en voilà un qui ne mâche pas ses mots.

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