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Le Cirque médiatique.

Il est des intellectuels d’aujourd’hui qui font honneur à leur statut, se parant en gilets jaunes, défilant, manifestant, signant aussi la pétition pour les défendre. Bien entendu, ils n’ont guère d’espace médiatique pour faire connaître leur soutien. En sens contraire, on voit à longueur de journée des intellectuels mediatiques qui sont bien loin de penser le libéralisme (sa violence économique et policière) comme le premier des périls et quioccupent massivement la piste audiovisuelle. La plupart, sous-fiffres au capital culturel faiblard ou vieux arrogants indéboulonnables, déversent hargne et haine contre les Oubliés de l’Histoire, des Oubliés qui se rappelent chaque week-end, à leurs très mauvais souvenirs.

Tout cela est connu. C’est la France de Macron.

Guère besoin de présenter ces grandes étoiles du Cirque médiatique, experts en tous genre, sondeurs inamovibles, animateurs (trices) serrant amoureusement leurs micros, cyniques à l’humour de potaches, Chevaliers à l’écharpe rouge ou à la chemise blance, Goupil sorti des fourrés de 68, acteur berléanisé et terrorisé etc. Au total, une petite cinquantaine de personnes fières d’être touche-à-tout, répondant à tout, à tous, ouvert à tout, à tous. Avec bien entendu du poil à gratter anti-élite quand il est urgent de ne pas paraître trop servile, avec un zeste de citron acide pour endosser l’habit très consensuel du Rebelle, cet habit très bien porté par la nouvelle génération libérale-libertaire.

Ces clowns de la Grande Parade, les Medias n’ont guère besoin d’aller les chercher, ils les sonnent, ils arrivent, tous déjà connus de par leurs réseaux (ce sont les mêmes). Leurs lieux de retrouvailles ? Les Diners du Siècle, les repas chez Alain Minc, les séances photos de Mimi Marchand, les petits fours Avenue Montaigne, les parties de chasse en Sologne, les Croisières en Méditerranée, les petites sauteries (le JDD pour le 70 ème anniversaire du torchon) etc.

Tout cela est connu. C’était la France de Sarkozy-Hollande, c’est celle de la France de Macron.

Toujours étonnante la défense tarabiscotée de beaucoup de cesintellectuels dès qu’il s’agit pour eux de répondre, de se positionner vis-à-vis de ce mouvement social : «Et vous ? Et les Gilets Jaunes ? Et leurs revendications de justice sociale, dites-nous un peu ? » Les silences à ces questions… très rarement posées (il ne faut pas mettre ces gentils invités sous pression) sont toujours recouverts par leurs parlottes publicitaires. Nous en sommes à l’acte 16 des gilets jaunes mais ils causent : «Oui c’est mon dernier livre ; oui c’est mon dernier album ; c’est important de rappeler combien l’amour est essentiel, oui, il faut se battre, la Planète est en danger, les extrêmes, ah oui les extrêmes, et l’antisémitisme, mon dieu (le visage est grave, une seconde d’arrêt, de recueillement) mon dieu comme c’est affreux ».

Tout cela est connu. C’est la France de Macron. C’est aussi la France des BiBis.

Et là, voilà des questions qui me mettent mal à l’aise. Comment expliquer la gêne qui me prend à suivre ces émissions LCI-BFMTV-GGRMC-CNEWS, où je vois et entends des intervenants avec lequel je suis solidaire ? Pourquoi ai-je toujours cette impression durable qu’ils s’enfoncent, qu’ils s’embourbent irrémédiablement alors que ce ne sont pas leur arguments très justes qui sont en cause ? Pourquoi ai-je ce dépit toujours tenace qu’à la fin de ces pseudos-débats, de ces émissions-poubelles (aux thèmes pré-définis, jamais interrogés), de ces nullités télévisuelles ces Opposants se sont fait avoir ?

ANALYSE. Osons l’écrire : singulières croyances, singuliers aveuglements que les leurs. D’abord, cette croyance que leur présence va faire avancer les luttes en cours, illusion qui perdure même lorsqu’ils écoutent les saloperies distillées. Sur ces ignominies, ils vont quand-même répondre alors que le seul geste à faire serait de se pincer le nez et quitter le studio. Croyance donc increvable que chacune de leur intervention leur fera gagner un ou une électrice. On oublie hélas le passé, ce passé où les communistes du PCF de Georges Marchais avaient été fascinés par les interventions TV de leur Premier Secrétaire pendant que, dans le Réel, le potentiel militant était, lui, de moins en moins nombreux, qu’il était de moins en moins écouté, passant de 22% à 2% dix ans plus tard. On a aussi oublié qu’au référendum de 2005, 95% des Medias omni-présents pour le Oui ont été insuffisants pour contrecarrer le résultat.

C’était la France de la fin du XXème siècle mais on continue de l’ignorer.

On l’a oublié et – hélas – ces Organisations contre l’Ordre établi (et leurs chefs charismatiques) croient toujours que présenter leurs arguments politiques devant les présentateurs de JT, devant les animateurs des émissions politiques feront avancer leur Schmilblick.
Et voilà ces mêmes organisations prises totalement au dépourvu devant le Mouvement naissant des Gilets Jaunes, s’étonnant que malgré leurs (souvent justes) revendications, ces mêmes Gilets Jaunes se montrent réticents à leurs arguments (souvent convergents d’aileurs) et se méfient de la bureaucratie de leurs Organisations.

Ces Opposants – hors micro et écran – analysent très souvent avec justesse les Medias mais ils y vont quand-même. Et dès qu’ils sont sur les plateaux ou dans les studios, curieusement, ils rangent leurs armes critiques. Pourquoi ? Je crois que cela tient à une insuffisance de reflexion sur les dispositifs de ces émissions et surtout-surtout à un manque d’analyse sur la place prépondérante des grands Chefs que sont les animateurs/trices. Véritables despotes aux gestes amicaux, aux sourires consensuels etc, ce sont eux et eux seuls qui mènent la danse pro-libérale et gagnent toujours à la fin.

Cette impression de défaite des Opposants ne tient pas seulement à leur minorité (seuls contre deux, voire trois autres invités).

Cette déception qui nous prend à toute émission de cet acabit tient à ce que ces Opposants acceptent d’emblée – sans jamais la critiquer (on rêve d’un Godard venant décentrer toute question de Ruth Elkrief ou d’Yves Calvi) – la supposée position de neutralité, d’indépendance, d’objectivité de ces Meneurs d’émission qui sont là, nommés par leurs Patrons milliardaires, parce que d’obédience libérale.

Là où le bât blesse, c’est que ces invités estimables de la Gauche ne voit pas le dispositif qui les enserre. La contrainte inexorable n’est pas dans le trois contre Un, elle se situe dans l’omni-présence décisive à chaque moment (jusqu’au mot final) du présentateur/trice.

Seul moment de grace : lorsque Xavier Mathieu, invité des Gilets Jaunes, fit exploser le studio de BFMTV en s’en prenant à la position mise en pleine lumière de la pseudo-neutralité de la présentatrice Ruth Elkrief et de Bruce Toussaint.

Car c’est bien là que, tactiquement et stratégiquement, ces invités devraient porter leurs coups – quitte à… quitter majestueusement le studio.

Hélas, tout cela n’est pas assez connu. Et le restera encore longtemps.

Réponse à @libedesintox.

Les « journalistes » de @Libedesintox passent leurs journées à trier les questions, à catégoriser les citoyens et à dire ce qui est vrai et ce qui est faux. Ils ne cessent de travailler à des classements ( gauche/extrême-gauche/ultra-gauche par exemple) mais les voilà qui se fâchent tout rouge dès qu’avec les points de vue que je défends j’en viens, à mon tour à les classer.

Catégorie : Jeteur d’«insultes ».

Ce 30 janvier 2019, l’équipe de Cédric Mathiot très agacée s’est fendue d’un tweet où il est dit sans nuances que je manierais l’insulte à leur égard. Catégorie : jeteur d’insultes.

Remarquez que lorsque Frédéric Lordon les cloue à « égoûtiers du Net », ils ne pipent mot. C’est qu’ils leur est plus facile de s’offusquer d’un pôv BiBi, de ses 150 lecteurs/trices/ par jour sur 11 ans de blog et de plus de 5000 abonné(e)s non acheté(e)s sur Twitter.

Voyons de plus près mes insultes (imaginaires). Il suffirait de lire et relire mes quelques 1600 billets pour s’apercevoir que jamais je n’insulte mes adversaires. JAMAIS. Et ce, non pour m’en glorifier ou pour m’afficher en « Père-la-Morale ». L’insulte est introuvable chez moi.

  1. « insulter » est une perte de temps.
  2.  Les insultes version Libedesintox sont attribuées à l’autre (donc à BiBi qui est censé les proférer). Du coup, distorsion habile, la cible à plaindre deviendrait Libedesintox. Or c’est tout le contraire (voir plus loin). Les psys appellent ça de la projection.
  3. Enfin, l’insulte – d’où qu’elle vienne – vient en lieu et place de toute argumentation. Voilà qui arrange bien leurs affaires car qu’est-ce qu’ont nos « égoutiers » à argumenter sur leur indépendance  ? Sur leur Objectivité ? Sur leur neutralité lorsqu’on sait qu’ils ont signé des contrats annuels avec FaceBook, Officine privée qui a connu deux dernières années calamiteuses. Ici, un des scandales 2017 résumé par cet extrait d’un article de L’Obs suite à un mea culpa récent de leur Boss :

J’ai donc examiné les tweets de ces Brigadiers du Net. Lorsqu’ils répondent au lectorat qui les conteste, ce qui en ressort, c’est un total irrespect. Leur façon d’insulter se couple d’ailleurs souvent d’un humour potache très moqueur. Exemples :

  1. Dès le 17 mai 2017, lorsque je leur rappelle le Bayrougate sur lequel ils ont fait silence, ils me répondent que je suis « gonflant ».
  2.  Ils s’agacent lorsqu’on leur rappelle qu’il ne s’agit pas, avec Facebook, d’un « partenariat » qui engage deux parties à égalité mais d’un « contrat de soumission où l’un – FaceBook – paye (domine) l’autre« .
  3. Les « insultes » pleuvent ces derniers temps : BiBi serait un troll ( pas grave) mais c’est l’escalade : « Borné et de mauvaise foi », me conseillent d’un ton sans ambages d’aller « me reposer », de « penser à autre chose » (17 mai 2018). Enfin, pire, ils me classent en jeteur d’«insultes » qui encouragerait les internautes à faire de même. Avec ce mot « dégout » qui n’a jamais été le mien mais bien le leur.

Je peux faire l’inventaire des mes insultes. Les voila : « Brigade du Net », « Police du Net ». Mais j’avoue, la pire, fut celle où je les accuse d’être « des jeunes loulous du journalisme » !

Plus sérieusement, c’est mon billet – qu’ils n’ont jamais pu avaler – où j’examine à la loupe la trajectoire sociale et professionnelle de cette merveilleuse équipe. J’y relevais le cursus de @jacquespezet qui a eu quand-même le courage de dialoguer pendant que les autres loulous se sont tûs).

Tweet où ils inventent ce « dégoût » pour … ensuite s’en plaindre

« Un Consortium de la Vérité Numérique » (Lordon)

UN PEU D’HISTOIRE.

Juste avant les Présidentielles 2017, Libedesintox fait silence sur le Bayrougate avec une excuse incroyable : « ils avaient trop de travail ».

Le rappel de leur Une (« Faites ce que vous voulez mais voter Macron ») les met en fureur. Le nom de Patrick Drahi – qui colle mal avec leur indépendance – les fout  évidemment en rogne. Idem pour l’affaire Tarnac où Libe classera le groupe à l’ultra-gauche ou pour les Panama Papers (où, bien entendu, Drahi n’a rien à y voir).

Autre exemple rigolo. Tu leur demandes pourquoi Mediapart a été le seul à… (Tu rajoutes : Mais où était donc Libe ?) et tu trouves alors cette justification à mourir de rire sur CheckNews.fr.

Ils n’ont donc pas traité le problème des ristournes à Macron non parce qu’ils avaient trop de travail mais parce qu’ils étaient en… vacances !

Autre exemple : janvier 2017 marque le début de l’assujetissement de Liberation (et de huit autres Medias) à FaceBook. Libedesintox s’enorgueillit de parler de son « partenaire » !! (fin décembre 2017 à FranceInter) mais oublie de donner les chiffres des montants. Récemment encore, dans l’émission L’Instant M, Cédric Mathiot ne dit pas un mot sur les liens avec FaceBook et l’entretien continue tranquilou.

1. Il a fallu que les internautes et les bibis insistent,

2. il a fallu la publication du Canard Enchaîné (ici)

3. Il a fallu l’article saignant de Frédéric Lordon (ici) pour que, contraint et forcé, Libedesintox donne les chiffres !

Rappels : 2017 : 100.000 dollars. 2018 : 245.000 dollars.

Ceci avec les ahurissantes justifications. Relevons :

« La rénumération d’un média par un tiers privé pose forcément des questions » (Cédric Mathiot). Ah oui, c’est sûr qu’elle en pose des questions et pas des moindres ! C’est LA QUESTION CENTRALE, cher Cédric Mathiot.

« A La rédaction de Libé de faire preuve d’indépendance » (8 janvier 2018).

Tu demandes des garanties d’indépendance avec FaceBook qui te verse…. 245.000 dollars ? Mathiot te répond sans autre engagement que la parole de FaceBook : « Depuis que FaceBook a été accusé (…), le géant américain a du montrer patte blanche ». Allez, hop, circulez, on vous a tout dit.

Sauf que sur ce Tiers privé qu’est FaceBook, nulle garantie n’est trouvée pour l’indépendance, la neutralité, l’objectivité. Parcourons cet extrait de Libre Actu :

Bien sur, cela concerne les Decodeurs du Monde de Xavier Niel qui, eux, refusent toute divulgation des montants engagés dans leur assujetissement à FaceBook. Mais souvenons-nous qu’en 2011, Nicolas Demorand, alors à la tête de la Rédaction de Libe, avait appelé Anne Lauvergeon d’Areva à la tête du Conseil de Surveillance des Journalistes !

La constante reste la même pour cette fine équipe : défendre cette « seconde gauche » inaugurée en son temps (ces loulous n’étaient pas nés) par un numéro spécial « Vive la Crise ».

Seconde gauche inaugurée par Mitterrand 1983, Jospin 2002, Hollande 2012 et aboutissant au Désastre Macron 2017. Avec pour seuls buts poursuivis aujourd’hui : promouvoir Glucksmann et Hamon, déligitimer les gilets jaunes et dénaturer leurs options. Rien de neuf pour qui a suivi Liberation et lu le livre de Pierre Rimbert («Liberation de Sartre à Rothschild» aux Raisons d’Agir).

LE TRI DES QUESTIONS.

Les loulous de Libedesintox nous certifient ouvrir démocratiquement les portes de leur plate-forme CheckNews.  Hélas, c’est quand-même là que se trouve leur plus grande esbrouffe : car sur quels critères un sujet, une question est choisie et… non-choisie ? On a vu que ces deux Instances auto-proclamées de Vérité (Libedesintox et Decodeurs de Samuel Laurent) appartiennent à deux géants français des Médias. D’un côté, Macron veut une loi sur les fake news, veut interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux et de l’autre, voilà nos jeunes loulous du journalisme prêts à participier avec candeur et grande fierté à la grande Division du Travail de Surveillance.

Aux cris qu’ils m’adressent « Complotistes, les bibis ! », haussons les épaules et rappelons qu’en ces temps de violences libérales, de violences policières, SURVEILLER est une des matrices essentielles, un rouage indispensable de la Classe dominante.

EXEMPLES POUR FINIR.

Voilà deux fakenews relevées par Bibi. Il est assuré que les loulous de Libedesintox ne les classeront pas en fakenews.

  1. Les propos de Laurent Joffrin (mi-janvier 2019 !) : merveilleux mensonge sur le mouvement honni par Libe, celui des gilets jaunes.

2. Et ces paroles de Macron qui assène ses mensonges sur « l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets Jaunes » (mais qui se tait sur les preuves des 300.000 euros donnés au macroniste Vincent Crase par un oligarque russe) et qui rajoute : « Les Gilets Jaunes ont été « conseillés » par l’étranger ».

Allez, je parie que sur ces deux fakenews, Libedesintox sera une nouvelle fois…. en vacances !

Derniers regards 2018 sur l’AFP, Le Monde et @Libedesintox.

On croit que la Vérité tombe du ciel, qu’elle est émise d’un lieu qui fait l’unanimité. A cette croyance, chacun y adhère : un peu, souvent, toujours.

Aujourd’hui, regard-BiBi sur l’AFP (l’Agence France Presse) et ses dépêches qui donnent le ton (apolitique) sur la réalité de notre Monde. Le travail de l’ensemble des Médias est de distiller et d’inonder alors l’opinion publique de toutes ces soi-disant informations objectives.

Un bibillet donc sur l’AFP mais aussi sur les euphémismes du Monde et sur les preux Chevaliers de @Libedesintox.

L’AFP AU SERVICE DE MACRON.

Il y a toujours quelques petits détails qui grippent l’impeccable machine médiatique. Un exemple : le 22 novembre, nous sommes un peu avant l’Acte II du Mouvement Gilets Jaunes. Le Pouvoir voit l’arrivée du Jaune sans trop de craintes, une broutille encore pour lui, mais l’Acte I a connu un franc succès. Bah, les Medias haussent les épaules : des soubresauts comme ça, la France en a l’habitude ! Pourtant le Mouvement a des spécificités inédites qui vont commencer à dérouter quelque peu ces Gardiens habituels du Consensus. Les voilà donc, tentant de diagnostiquer les pathologies de la foule mais dans les jours qui suivent ce 22 novembre, la cohorte des commentateurs continue de suivre un rythme tranquilou et va prendre ses infos sur… une seule dépêche AFP.

Par un heureux hasard de promenade sur Twitter, me voilà tombant sur l’avatar d’un certain Christophe Schmidt, responsable du Service Politique de… l’AFP. Je ne suis pas au bout de mes surprises : il y en a deux.

  1. La première c’est qu’en faisant l’inventaire des titres de journaux/presse/TV ce 22 novembre, je remarque que les Medias dominants ont repris la même annonce que leur a distillé l’AFP. Que dit cette dépêche ? Une seule chose : « Le Mouvement s’essouffle ». On y trouve (voir mon incomplet inventaire-montage) Le Monde, Challenges, CNews, L’Est Républicain, Le Dauphiné, Sud-Ouest. Bref toute la Presse Nationale, régionale et les grandes chaînes Télé.
  2. La seconde surprise concerne la photographie affichée plein cadre sur le compte Twitter de Christophe Schmidt, un monsieur qui n’est pas, rappelons-le, n’importe qui – c’est un Monsieur qui se qualifie, sous son avatar, d’«observateur impartial». Ce Christophe Schmidt est – excusez du peu – Chef du Service Politique de l’AFP ! Je vous laisse apprécier son parti-pris avec cette photo de Macron, son Héros triomphant mis en tête de son compte !
En bas, la photo (effacée) du compte de Christopher Schmidt avec son idole.
En haut, la (nouvelle) photo du compte du Chef de Service Politique

Christophe Schmidt est Chef du Service Politique de l’Agence France Presse dont les dépêches informent d’abord les journalistes qui nous informent. Ce 22 novembre, tous nos braves Medias qui se gargarisent quotidiennement d’objectivité reprennent tous – pensée unique – que le Mouvement des gilets jaunes s’essouffle. La suite montrera à quel point toutes ces sommités du journalisme qui nous ont livré leurs «appréciations» de la réalité se sont fourvoyées, comment elles ont enserré la mobilisation dans leurs mises en mots et en images.

Le pire dans cet exemple de l’AFP, c’est que Christophe Schmidt, subitement réveillé par les réseaux sociaux qui se sont esclaffés en découvrant son honteux parti-pris, a très rapidement fait machine arrière en changeant sa photo de compte. Bouh le couard ! Hélas pour lui, il y a des bibis qui veillent au grain de la vérité.

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AFFAIRE BENALLA.

Pour désamorcer le second scandale Benalla, Jean-Yves Le Drian a décidé de saisir le Procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de Procédure pénale. Nous sommes dans le contrefeu élyséen qui fait rire ou rire jaune un peu tout le monde.

C’est sur ce rire que j’ai mis en ligne ce tweet.

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IMPAYABLE LE MONDE

Toujours mon défaut d’aller chercher la petite bête pour en tirer des généralités. Ne comptez pas sur moi pour changer la méthode, persuadé que je suis que c’est dans les choses apparemment anodines qu’on découvre l’essentiel la plupart du temps. Ainsi des euphémismes du Monde, notre observateur quasi-unanimement reconnu comme dépourvu de tout parti-pris. Un coup d’œil sur son tweet pour présenter son article.

On pourrait se demander 1. si ce n’est pas Le Monde qui a organisé (avec d’autres) ces soi-disant «débuts en fanfare»de Macron 2017 et surtout 2. Le Monde reste dans la métaphore musicale (un «Blues» profond – traduisons : le Blues n’est qu’un état provisoire : après une bonne nuit, il n’en paraitra plus). Le Quai d’Orsay a donc du… vague à l’âme ! Bah, qui n’en a pas, hein ? Là aussi, saudade passagère. Et puis le vague à l’âme, ce n’est pas le désespoir, ce n’est pas le dérèglement de tous les sens ou encore une crise mélancolique exacerbée. Excusez donc le Pouvoir ! Et ne vous inquiétez pas, brave Peuple de France, Macron – même temporairement désarçonné – va vite se ressaisir et retrouver la santé (régime libéral).

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LES SECONDS COUTEAUX DE LIBE (Encore @Libedesintox)

J’en vois passer quelques-uns sur Twitter. Ceux de Libedesintox par exemple. Relevant la nomination de Fabrice Fries (élu à la tête de l’AFP en avril dernier), je m’insurgeais sur la participation de l’Agence au programme mondial de «fact checking» vendu à FaceBook – FaceBook dont chacun connaît les errements anti-démocratiques. Voilà qu’en titillant Libedesintox, je leur signale l’arrivée de ce nouvel ami et concurrent dans le paysage du « fact checking ». N’ayant pour ma part découvert ces liens de Fabrice Fries- AFP avec FaceBook qu’en décembre, les journalistes à plein temps de Libe sont venus se gausser de mon retard à l’allumage («Vous n’êtes pas à la pointe de l’info, vous… »).

Reste que l’essentiel demeure : l’AFP – comme Libération et Le Monde – s’allient avec l’ami FaceBook qui fait preuve, selon la Journaille de Libe, d’une indiscutable objectivité et de hauteurs de vue impartiales et imparables ! Une alliance fondée sur un apport financier conséquent (100.000 dollars en 2017 !) montant avec lequel il est quand-même difficile de clamer son indépendance et de se réclamer d’un esprit non-partisan (Oui ! défense de rire !)

Obligé de répondre à ces jeunes loups du Journal, voilà mon tweet qui suivit ce « Vous n’êtes pas à la pointe de l’info… »

Aussitôt, loin de s’interroger sur les liens scandaleux qu’ils entretiennent avec FaceBook qui a vendu plus de 50 millions de données personnelles, nos Chevaliers de la Probité insistent et viennent déposer ceci avec ce pauvre humour potache qui les habite.

Alors chers ami(e)s-bibi, faisons en sorte que, dès le début d’année 2019, Libedesintox nous réponde ! Oui, que ces jeunes loups du Journalisme nous donnent encore du grain à moudre sur leur assujetissement, qu’ils n’oublient pas de nous prouver, à l’insu de leur plein gré, à quel point la soumission de leur Journal n’a pas encore touché le fond.

Et enfin, à tous, une belle fin 2018 et des jours ensoleillés pour début 2019.

Les gilets jaunes et le rire de Pantagruel.

Ce que les Chiens de garde médiatiques ne peuvent pas faire, c’est prévoir l’avenir. Désorientés, ils ne peuvent pas imaginer ce qui se passera désormais les samedis qui viennent. Ils ne sont plus maitres des jours et des nuits, abasourdis par la tenacité et le courage de ces gilets jaunes. Ces derniers les dépossèdent de la maîtrise du Calendrier. Ces derniers ne les écoutent pas, ils construisent leurs combats de fins de semaine sans prêter l’oreille aux pilonnages de LCI -Pujadas, sans demander l’avis de Ruth Elkrief BFMTV, de Delahousse de France2 ou d’Yves Calvi. Ils se gaussent – suprême outrage – de l’ami Aphatie écumant sa haine sur Radio-Lagardère.

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Il faut mesurer ce que veut dire cette phrase : les Dominants ne sont plus maîtres du Temps, ce Temps qui, habituellement pour eux, est de l’Argent. Essayez de vous asseoir quotidiennement devant les écrans TV. Ils pensent que, passé le week-end, les gilets jaunes vont se rhabiller, qu’ils vont remettre leurs bleus de travail, que le lundi, le mardi, le mercredi, tout va rentrer dans l’Ordre (du libéralisme).

Ces Chiens de garde pensent qu’ils vont pouvoir souffler, retrouver leurs baballes, sortir dans le jardin, recommencer leurs petites conversations habituelles. Mais, malgré leurs efforts habituellement couronnés de succès, leur espace de vision reste surchargé de couleur jaune. Aux carrefours, sur les routes, jusqu’au cœur de l’Entreprise Drahi-Bouygues-Bolloré, ils sont cernés. Ô stupeur ! Les gilets jaunes frappent à leur porte et s’installent sur leurs plateaux jusqu’à lâcher à l’une d’entre eux «Vous êtes méprisante, vous êtes méprisable».

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Les Chiens de garde ont perdu momentanément l’initiative, les voila obligés de bousculer leurs programmes financés par l’argent des publicitaires, renonçant aux invitations de longue date d’autres Chiens de garde. Prisonniers de l’audimat, en fureur ravalée, ils annulent leurs rendez-vous et ne peuvent faire autrement que de faire place aux manifestants sur les plateaux (sinon, adieu l’audience !). On voit leur gêne, leurs visages décomposés, leur effroi. On lit leur stupeur devant ces extra-terrestres qui, il y a deux mois, leur étaient invisibles, inconnus. Et pour cause, vissés sur leurs fauteuils d’éditocrates, comment pourraient-ils avoir la plus petite idée de ceux qui, habituellement, les regardent ?

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Un mot ici, sur les analyses de journalistes à propos des audiences TV. Il y en a, dans les chaînes (principalement en continu) qui exhibent fièrement leurs chiffres d’audience, insistant sur la place redevenue centrale de la Télévision. Ils ne se doutent pas que ces millions de télespectateurs (21) qui ont regardé par exemple l’intervention de 13 minutes de Macron, qui ont allumé leur poste pour Xavier Mathieu et pour Emmanuel Todd, pour cette femme-là qui crache sa souffrance d’humiliée, pour cet homme qui serre les poings devant les caméras, cette journaille ne veut pas entendre cette hypothèse confirmée : les gilets jaunes et ceux qui les soutiennent regardent leur télévision parce qu’ils la haïssent et parce que – secondairement mais non sans importance – parce que ça fait du lien social. Quand tu traînes dans les carrefours, tu entends cettejoie : «T’as vu ce que Xavier Mathieu leur a mis hier !» etc.

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Bien entendu, les pseudo-sociologues, ces experts à la con traduiront cette colère en haine -mauvaise-conseillère bien malvenue dans le «débat démocratique» et qu’il faut «raison garder». Mais, ce faisant, c’est la grande frousse des Dominants qui se montre malgré leurs dénis, malgré leurs tentatives de conrôler le débit de leurs voix, malgré la distribution de la parole qu’ils ne peuvent plus organiser ni maîtriser.

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Cela écrit, le Pouvoir n’est pas vacant. Et je pense qu’on se trompe à croire qu’en trois semaines, la position des Dominants est désormais «fragile» (oui, en partie) , qu’elle vacille (oui, en partie). J’ai trop connu d’espoirs avortés, trop de désillusions pour envisager l’avenir de façon complètement sereine. Ici, pas de Merlin l’Enchanteur qui lit l’Avenir dans sa boule de cristal, ce n’est pas en mon pouvoir de savoir ce qui va se passer.

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A la différence des Chiens de Garde que cette imprévisibilité effraie au plus haut point, je me suis senti joyeux, empli d’une joie qui dépasse le contentement narcissique et la pulsion quelque peu sadique de voir la débandade de ces Roitelets de l’Information (d’Alain Duhamel à Ruth Elkrief, d’Aphatie à Eric Brunet). Nul ne m’enlèvera cette joie qui monte des entrailles de la Terre, ces secousses qui, à l’air libre, m’ont fait danser, rire, hurler « Macron, démission » à gorge déployée.

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Une joie qui, surtout, fait parler. Il n’est que de participer aux Manifestations, de se tenir aux Carrefours en jaune pour écouter la… circulation de ces paroles, le croisement, le chevauchement joyeux des échanges. Une extraordinaire joie qui traverse vos fibres, qui ramène de la lumière, instants d’échanges et de partage, si, si… quasi-christiques. La joie des Dominés, c’est quand-même quelque chose : ça ne parle pas pour soi (on n’est pas dans le misérabilisme mis en scène par les montages audio-visuels de TF1). On est dans une autre dimension parce que ça parle pour UN et ça parle pour TOUS.

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Cette parole, chacun, chacune s’en empare, chacun, chacune sent qu’elle vibre intensément ici et ailleurs, dans une joie collective, marmite nationale toute jaune. Une joie qui traverse une infinité de corps fourbus, marqués, fatigués mais soudainement métamorphosés. Et dans cet incroyable charivari, naissent des propositions admirables (mi-spontanées mi-superbement pensées) de lutte.  Qu’on s’arrête un instant sur la trouvaille de s’être parés de gilets jaunes, gilets rendus obligatoires par les Forces de Sécurité (routière, gouvernementale) et détournés de leur sens imposé. Qu’on s’arrête aussi à ces Carrefours et à leur symbolique.

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Elles : il faut le dire, le répéter : les femmes tiennent le haut du pavé dans cette lutte. Elles qui ont été si longtemps étouffées, honnies, ignorées.

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Et côté faiseurs d’opinion, rédacteurs, journalistes de pointe, éditocrates, experts, sondeurs-politologues, politiques (pas tous), ils continuent de nous exposer leurs visions abracadabrantesques. Souvenons-nous de la façon dont ils nous ont seriné depuis des siècles les pourcentages de Fillon, de Marine Le Pen, de Macron, de Mélenchon (ils plaçaient Marine Le Pen à 30%) avec ce point continu de leur aveuglement de Dominants : ignorer les 70 à 80% d’abstentionnistes qui, aujourd’hui, occupent majoritairement routes et carrefours. Aujourd’hui encore, ces Chiens de garde ne comprennent toujours pas les raisons de la colère. A l’Assemblée, Edouard Philippe tressait des lauriers au nouveau député élu LREM à Evry, il le faisait applaudir pour sa victoire alors que plus de 80% d’inscrits avaient opté pour… l’abstention.

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Paroles : celle du Président avant-hier. Ce n’est pas l’esbrouffe de ses annonces qui m’a frappé. En effet, qu’attendre comme mesures positives d’un banquier Président, lorsqu’on le sait suppôt du MEDEF, en plein accord avec l’Europe libérale qui délègue des policiers belges aux frontières pour les Casseurs, qu’il est aux ordres de Juncker et de ses lois d’airain, que c’est un poltron qui poste des avions pour préparer sa fuite ? Non seulement il n’y a rien pour le populo mais il y a encore beaucoup pour les Employeurs et le Grand Patronat.

Non, ce qui m’a frappé une fois encore chez lui, c’est le grain inhumain de sa voix lorsque, cravate de travers, il parle des Gueux et choisit ses exemples. Ce que j’ai retenu de lui une fois encore, c’est le timbre blafard, couleur de mort, de sa voix lorsqu’il dit ressentir «cette colère juste à bien des égards». Parole non habitée sur cette scène télévisuelle, parole avec laquelle il massacrait probablement les textes shakespeariens sur la scène de son Collège privé d’Amiens.

Ecoutez le réciter son texte écrit par ses Agents de Com. Là, il se penche sur ce «couple de salariés qui ne finit pas ses fins de mois et qui se lève chaque jour tôt et se lève tard pour aller travailler loin »(ouf !), là il pleure sur cette «mère de famille célibataire, veuve ou divorcée qui ne vit mêmeplus, qui n’a pas les moyens de garder ses enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir». Ouf ! Ouf ! Comique. Du plus haut comique.

Et c’est à cet instant-là que je me souvins de cette Lettre aux Acteurs de Valère Novarina.

«Faut des acteurs d’intensité, pas des acteurs d’intention. Mettre son corps au travail. Et d’abord, matérialistement, renifler, mâcher, respirer le texte. C’est en partant des lettres, en butantsur les consonnes, en soufflant les voyelles, en mâchant, en mâchant ça fort, qu’on trouve comment ça se respire et comment c’est rythmé ». Avec Macron, on en est loin. On est dans l’étouffement, dans l’apnée, dans la cadence d’En Marche militaire.

Tu vois, ami(e) lecteur, à l’écouter, tu sens tout de suite qu’il y a un autre monde, que ça ne boxe pas dans la même catégorie.

Et dans ce choc des contraires qui me gagne instantanément, dans l’étincelle de cet antagonisme de classe, je suis parti d’un rire, d’un rire inconnu, des pieds à la tête, du bas-ventre au plus haut de mes pensées.

Un rire pantagruelesque, un rire tout habillé d’un magnifique gilet jaune.

J’ai sorti mes Top Tweets du frigidaire.

Quand les canaux de l’Idéologie dominante – quasi unanimes pour dégommer la France Insoumise – se mettent En Marche, un seul geste à faire : recueillir toutes ces « pseudos- infos » et les mettre au frigidaire. Oui, ramasser tous ces appétissants amuse-gueules et les ranger méthodiquement en chambre froide. Ne pas se jeter dessus illico, ne pas répondre dans l’urgence, la colère ou l’anathème, ne pas laisser affleurer nos rancoeurs et nos dégoûts. (Et Dieu sait que, cette semaine, j’en ai connu des hauts-le-coeur et des aigreurs stomacales à puissance N à l’écoute des Commentaires des Médias Gna-Gna). 

Et puis, j’ai tout sorti, j’ai tout regroupé sur la table de ma petite cuisine. J’ai salé, j’ai poivré.

Bon appétit.