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On a retrouvé le coffre-fort de Benalla.

Imaginons. Il est retrouvé. Imaginez quelle déflagration dans le Monde politique cela ferait. Mais on n’en est pas là. Certes il a été retrouvé mais pour qu’on le retrouve vraiment, il faudrait que cette vérité soit partagée, que Tout-Le-Monde y croit, que les Medias reprennent et confirment la nouvelle. Pour ça, il faudrait passer par la TV à jets continus, la Presse nationale (de Valeurs Actuelles à Libération), la Presse régionale (de Ouest-France au Messager, de La Montagne à la Dépêche du Midi).

Nous vient alors cette question décisive : Oui, on a retrouvé le coffre-fort de Benalla mais cette Vérité sera t-elle… P-A-R-T-A-G-E-E ?

L’Affaire Benalla : du pain béni pour le libéralisme.

Dessin Biz

L’Affaire Benalla est du pain béni pour le libéralisme car elle occulte le principal : la brutalité qui n’a cessé de s’amplifier depuis l’arrivée de son représentant sélectionné, placé, élu (sous couvert de «suffrage universel») par les sbires du Medef pour construire la France de demain. Longue opération de destruction, massacre des acquis enfin concrétisé (Loi Travail, Loi Retraite, Loi Chômage, Lois constitutionnelles, Lois Medias). On se rappellera encore ici des paroles (1) de Denis Kessler, n°2 du Medef, Président du Siècle, ce lieu où se cotoient Capitaines d’Industrie et grands dignitaires médiatiques. Elles donnent idée de la férocité de la logique macronienne.

Bon alors, cette Affaire ?

Football : c’est la lutte finale !

Du football, du football, du football sur les écrans (JT de 20 heures), à l’écoute des radios (émissions spéciales), dans la Presse (des Unes à gogos). Pour voir l’étendue de ce chauvinisme, pour lire les crétineries assénées quotidiennement sur nos nouvelles idoles (M’Bappé, Umtiti, Griezmann, Lloris) et la qualification des Bleus, pour écouter les discours dominants sur ce jeu magnifique, il ne faut pas faire grand effort. Depuis ces deux dernières semaines, tout est là : ça sursature nos yeux et ça dévale à fond dans nos oreilles.

«Words, Words, Words»

Dans le Hamlet (Acte II scène 2) de Shakespeare, il y a cet échange entre Polonius et Hamlet :

POLONIUS. (…) Que lisez-vous là, monseigneur ?

HAMLET. – Des mots, des mots, des mots !

POLONIUS. – De quoi est-il question, monseigneur ?

HAMLET. – Entre qui ?

POLONIUS. – Je demande de quoi il est question dans ce que vous lisez, monseigneur !

HAMLET. – De calomnies, monsieur !

Il y aura donc ici de la lecture, des mots qui calomnient, qui font risette, des discours de trahisons, des manipulations langagières, des mots qui tanguent, des mots qui se redressent et qui crient. Et des gens qui se donnent le mot. Du haut de leurs perchoirs. Et en bas, de plus en plus nombreux, en bas dans les rues.

Words, words, words.

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Une cueillette à toute vitesse.

T’as pas trop envie d’écrire. Tu te dis «chouette je vais me consacrer à autre chose» mais tu n’es pas Roi en ton Domaine. Tu as beau te protéger, faire le sourd, t’éloigner jusqu’au coeur des forêts, voilà que les rumeurs, les infos viennent te harceler. Nul repos, nul répit. Tu es obligé de mettre le nez dans ces horreurs. Pour t’en dégager, tu n’as d’autre choix que de trier, de garder ou de jeter, au compost, dans la poubelle grise ou la poubelle jaune. Pas d’autre alternative pour que ton carré de jardin survive jusqu’à la prochaine saison.

Dans ton malheur, il te reste quand-même quelques fleurs que tu as cueillies pour en faire un joli bouquet. Oui, pour quelques fleurs, ouf, le Monde est sauvé. 

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