Articles tagués ‘Le Temps’

Godard, Kiarostami : cinéastes singuliers.

Mardi 1 juin 2010

Ils sont apparus furtivement dans nos lucarnes, tard le soir, fuyants, toujours aussi énigmatiques. Jean-Luc Godard a laissé son petit monde cannois en plan fixe et Abbas Kiarostami s’est réfugié derrière Juliette Binoche, la laissant s’expliquer avec les journalistes présents au Festival (elle finira par adopter le style Kiarostami : se taire tout en -se- donnant à voir).

BiBi se souvient avoir visionné un documentaire sur le réalisateur iranien et il avait admiré son intelligence dans ses tentatives d’explication (moins sur ses prises de vues que sur ses… points de vue). Aujourd’hui, BiBi a retrouvé d’autres traces dans les pages de la revue du 20 mai :

«Toutes les souffrances, toutes les pathologies humaines prennent leurs racines dans une absence de regard. C’est parce qu’on n’est pas vu que l’on souffre. C’est aussi pour cette raison qu’on crée. L’art, comme la vie, a besoin d’être vu. S’il n’est pas vu, l’art est une chose morte. La seule façon d’insuffler de la vie à une œuvre, c’est de poser son regard sur elle ».

Un extrait qui fait écho à cette autre interview de Kiarostami réalisée par Shahin Parhami (Hors-Champ. juin 2004) :

« Il faut déjà avoir digéré ce que l’on a lu ou appris avant même de débuter un projet artistique. Si l’on a vraiment compris une théorie, un concept ou une philosophie, ils vont apparaître subtilement dans notre travail. Une réaction rapide et émotive contre un événement social ou politique réduit le film au niveau d’un journal avec une date de péremption. Quand ces mêmes événements complexes se transforment ou finissent, le film devient sans valeur aucune. Si le cinéaste crée un film avec des idées crues, non digérées en tête, le film devient un slogan animé. Je crois que le véritable art doit être éternel » Clap, clap, clap ! Voilà BiBi qui applaudit à deux mains.

De Jean-Luc Godard, BiBi retiendra ces quelques phrases qui ne font effet qu’une fois la revue refermée (Les Inrocks du 12-18 mai) :

«L’œuvre dans son ensemble, le Grand Œuvre, ça ne m’interesse pas. Je préfère parler de cheminement » ou encore… dans ses rapports conflictuels à Truffaut (dont il n’aimait pas beaucoup les films) : «Vous savez, le plus difficile, c’est de dire à un ami que ce qu’il fait n’est pas très bon. Moi, ça me manque ». En conclusion très touchante, le voilà qui avoue : «Quand on est vieux, l’Enfance revient ».

Pour ce qui concerne plus directement les aspects socio-économiques du Cinéma, les deux réalisateurs ne seront pas surpris d’apprendre que dans certains pays (comme la Norvège), la disparition des projections classiques sera complète à la fin de l’année. Il y a été calculé que, très vite, 2 voire 1% des films occuperont… 99 % des écrans (Avatar et sous-avatars). Dans le journal Le Temps, le journaliste Thierry Jobin précise que «le Numérique ne va absolument pas militer pour la diversité». Écran totalement noir sur nos prochaines nuits blanches ?

En tous les cas, BiBi espère  que les deux films («Copie Conforme » et «Film Socialisme») viendront quand même s’échouer sur ses écrans.

Trois jours en Helvétie (2).

Samedi 20 mars 2010

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Fins mots de l’Histoire.

Vendredi 9 janvier 2009

Lorsque BiBi ouvre son dictionnaire personnel, il trouve des mots dont la définition n’est pas exactement celle qu’il trouve ça et là, dans la Presse bien pressurisée. Aussi le voilà parti pour chercher Querelle de mots. Pour lui, les Querelles de mots ne sont pas si futiles que ça : elles engagent des représentations du Monde contradictoires, en lutte les unes contre les autres. Et à chaque fois, la bataille est féroce.
En cette fin de semaine, BiBi a tilté sur ces quelques tournures qui ne tournent pas rond et qui font grand bruit dans sa tête :

Evidences (Lire la suite…)

BiBi chez les Helvètes.

Jeudi 20 novembre 2008

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1. Jean-Claude Juncker, un grand ami à BiBi, a reçu à Lausanne la Médaille d’Or de la Fondation Jean Monnet qui fête ses trente ans. Félicitations à ce « grand européen » comme l’a qualifié Pascal Couchepin, médaille d’or de la Confédération Helvétique. Il parait que ces deux-là étaient en communion de pensée. On sait juste qu’ils ont parlé « secret bancaire » mais on n’en saura pas plus. Secret bancaire et secrets d’alcôve : il n’y a finalement pas grande différence. Toujours un peu nerveux, celui qui nous exhorta à voter Oui pour son Europe eut quand-même le temps de lâcher : « Le Luxembourg et la Suisse sont des centres financiers sérieux et non pas des paradis fiscaux. Je n’aime pas le ton de caserne et je n’accepte pas que l’on traite un pays ami comme la Suisse de cette façon ». Jean-Claude notre Grand Européen est un peu comme le Coffre-fort qu’il garde : ne pas l’ouvrir n’importe quand, ne pas l’ouvrir pour n’importe qui.( Source : la Tribune de ). (Lire la suite…)

Bernard Lavilliers : Samedi soir à Beyrouth. Lundi soir à Genève.

Mardi 24 juin 2008

Lavilliers 3 X

Lorsque BiBi décide de « vivre musicalement » et de suivre ainsi le conseil de à son frère Théo, il se rend à sur l’espace de la Fanzone de Plainpalais qui accueille tout au long de l’Euro 2008 les amateurs de football. Mais ce lundi, en remplacement de Cesaria Evora malade, c’est Bernard Lavilliers qui occupe le devant de la scène. L’écran géant ne servira pas à la retransmission des matches ce lundi soir puisqu’il y a relâche avant les demi-finales. BiBi a déjà vu Bernard Lavilliers plusieurs fois en live, la première à la Bourse du Travail de Lyon au temps de ce bel album que reste son préféré « Quinzième Round ». A cette période, François Bréant ( arrangeur aujourd’hui de Enzo Enzo) et Pascal Arroyo – du groupe Nemo -suivaient Bernard Lavilliers et lui composaient des morceaux forts et intenses.
BiBi était curieux de ces retrouvailles car il avait perdu de vue le Stéphanois qui chantera en point d’orgue de l’année 2009 au Brésil (avec Chico Buarque de Hollanda et Gilberto Gil).
Le concert démarre avec le dernier album « Samedi soir à Beyrouth ». L’assistance est nombreuse. Ce n’est pas la ruée mais l’assistance est nombreuse : 6000 spectateurs pour la Tribune de et le Temps. et les frontaliers français ( 40/50 ans surtout) sont fans.

C’était Lundi soir à .

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Du bon usage de la lenteur.

Vendredi 4 avril 2008

Au banc de notre Société  

Prendre le temps, prendre le temps qu’il faudra même si le temps nous est compté.

Le Moyen-âge a connu les pigeons voyageurs avec Jacques Cœur, le grand financier de l’époque.
La Société coloniale a connu la puissance maritime de l’Angleterre et de la France.
La Société d’après-guerre a connu la puissance aérienne avec la capacité des avions supersoniques qui franchissent le mur du Son dans les années 50.
La Société d’aujourd’hui est en gestation et ne peut être comprise sans la vitesse de la Lumière, sans les cotations automatiques des Bourses de Wall Street, de Tokyo, de Londres, de Paris et de Francfort, sans les clics ultra-rapides sur les écrans de Clearstream. (Lire la suite…)