Tag Archives: Georges Haldas

MOTEL BLUES.

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Petit point de résistance. Ibis – Batignolles.

Dans le plus grand hôtel Ibis de France (Hotel Batignolles à Paris) depuis le 17 juillet, 28 femmes de chambre sont en grève et protestent contre leurs conditions de travail.

L’argent des écrans publicitaires de BFMTV et de la radio RMC transite du fonds offshore APEF 3 à Jersey aux Pays-Bas siège de NextRadio, la société créée par Alain Weill pour finir dans les coffres luxembourgeois de Patrick Drahi.

Dans les salons de cet hôtel Ibis précité, les postes de télévision sont ouverts sur BFMTV.

Faire du lien, donner résonnance aux correspondances. Dimension politique embryonnaire.

La Télé ne nous révèle jamais l’état du Monde même si, la Terre tourne sur elle-même dans le visuel d’ouverture du 20 heures. La télévision nous révèle la manière dont on interprète et dont on présente l’état du monde. Manière lamentable, écoeurante, révoltante. A mille lieues des combats et des protestations des 28 femmes de chambres de l’Ibis des Batignolles.

Café du Jour.

Au Café du Jour, tout était clair. Aux rayons du soleil brûlant la peau, Pierrot a lâché : « Aujourd’hui, c’est solaire » pour dire qu’il allait faire chaud. J’ai rajouté en marmonnant « Solaire, solitaire, solidaire ». Pierrot a trouvé ça joli, il a payé sa tournée. Du Soleil, vous dis-je.

Last Tweet.

Avant d’entrer dans la nuit où se mélangent une peur diffuse et une confiance inébranlable, je pose mon dernier tweet de la journée. Très souvent, c’est une pirouette, peut-être une politesse du désespoir. Dans l’insomnie qui pointe, tout se mêle. Flaubert parlait des temps en journée de la marinade. Mais la nuit tombe, l’écran bleuté s’éteint. En bordure du sommeil les pensées prodigieuses, les minutes heureuses (Baudelaire), viennent nous surprendre. Emerge alors la substance même de notre vie, advient ce qui détermine notre destin. Le dire, l’écrire ? Guère possible. On remet donc à plus tard.

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Virginia et Thomas.

Je pense à ma sœur, à Virginia Woolf, à sa tension dans son Journal. Soeur qui a su se passer de ses censeurs et qui s’en est tenue à sa philosophie de l’anonymat : « Je ne serais pas grande ou célèbre. Je continuerai à être aventureuse, à changer, à suivre mon esprit et mes yeux, refusant d’être étiquetée et stéréotypée. L’affaire est de se libérer soi-même : trouver ses vraies dimensions, ne pas se laisser gêner ».

Je pense aussi à cet autre diable : frère Thomas Bernhard honoré d’un Prix Littéraire, frère qu’on présente à la Confrérie des Littérateurs. Il s’avance devant l’officiel qui doit lui remettre le prix. Il écrira sur ce moment : « Une morgue véritablement indescrpitible se dégageait du visage fondamentalement stupide, insensible et béotien du Ministre de la Culture lorsqu’il me présenta à l’auditoire ».

J’ai peur.

En cherchant dans mon grenier, je trouve sept feuillets retenus par un trombone. C’est une nouvelle qui date de plus de vingt années, écrite à la va-vite pour un concours de nouvelles policières. Ce qui me fait peur, c’est que je suis persuadé n’avoir jamais écrit ce texte. Et pourtant, oui, pas de doute, c’est mon écriture, ce sont mes combinaisons de personnages, mon intrigue. J’ai peur subitement de ces vingt années passées en rafale. J’ai peur de trop comprendre cette incise de Georges Haldas : « Pas besoin de malheur pour être malheureux. Il suffit que le temps passe ».

Déçu par l’Humanité.

Nous avons tous croisé ceux qui se déclarent « déçus par l’Humanité », qui choisissent le retrait calculé, qui en restent au plongeoir des trois mètres au lieu de sauter, qui visent le banc pour touriste fatigué après le premier kilomètre de marche. Nous avons tous croisé ce déçu par l’Humanité puisque nous avons été l’un d’eux.

« Déçu par l’Humanité » ? Une bien absurde position. On n’a pas à être déçu de l’Humain puisque c’est de s’être fait soi-même des illusions sur les Hommes qu’il faudrait personnellement s’interroger. Faire retour sur cette croyance à l’intelligence de l’Homme, à sa marche en avant. Grotesques que nous sommes. Fort heureusement, il y a ce rire empreint de méchanceté et de grâce (c’est selon) que l’on pose sur nous-mêmes et sur nos aberrantes (et nécessaires ?) illusions. Saluons donc ce rire qui nous sauve et qui va redoubler, perdurer, en nous faisant à nouveau croire aux miracles des Humains.

Anniversaire : mes 10 ans de Blog.

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Humour : le 22 mars ont commencé les évènements de Mai 68. Le 22 mars 2008, j’inaugurais mon blog et je pondais mes premiers bibillets.  Et me voilà, mars 2018, en train de fêter mon dixième anniversaire.

Ce bibillet d’honneur sera le 1610ème. Depuis 10 ans, j’ai enregistré 5543 commentaires. En ce qui concerne le nombre d’utilisateurs, il s’élève à 657.308. Enfin, au niveau des pages vues, Google Analytics m’en a compté 1.267.164.

Je ne remercierais jamais assez tous ceux et celles qui m’ont suivi (y compris ceux et celles qui m’ont abandonné en chemin, y compris ceux et celles qui m’ont détesté). Je ne sais si je pourrais continuer encore pendant 10 années supplémentaires. Pour l’instant, les temps de brutalités inouïes, temps de dégradation du politique, temps de l’asservissement à l’économie libérale n’ont pas trop entamé ma pulsion d’écrire et la rage qui l’accompagne.

Un ami a bien voulu me tendre un micro imaginaire pour faire ce bilan de l’An10 devant une bonne bouteille. A votre santé.

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L’Art, lardons et gros porc.

J’ai lu beaucoup d’appréciations de commentateurs offusqués, d’internautes exaspérés à propos des «dénonciations» de #balancetonporc. J’en ai relevées au hasard. Celles-ci par exemple que «tout ça commençait à bien faire». Ou encore que: «Enfin, quoi, tout ça, c’est vrai, ça devient du n’importe quoi. Rendez-vous compte, on en est venu à détester le cinéaste Polanski, un excellent réalisateur. Et maintenant, on va jeter l’opprobre sur le génial Tarantino [qui a défendu Weinstein]. Et puis, voilà qu’on rappelle que Léo Carax s’est mal comporté avec Julie Delpy etc etc».

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Marinade du jour.

MARINADE DU JOUR…

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Coin-lecture : « ELLE ME DISAIT ».

Jamais tout cela n’aurait du devenir un livre. Jamais toute cette aventure n’aurait dû s’achever sur les presses de l’Imprimerie Villière (74160 Beaumont). Pourtant.

Pourtant  vous voilà devant une sollicitation-bibi, un produit à placer, une énième pub, devant une énième demande de soutien intéressé (financier). Oui, un peu de tout cela, pourquoi ne pas le dire ? Mais les mots «produit» ou «pub» ne sont pas vraiment à leur place. 
Résultat ? Via ce bibillet, une invitation  à la lecture de mon dernier livre ELLE ME DISAIT (125 pages. 13 euros).

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