Articles tagués ‘Georges Haldas’

Ces écrivains qui nous aident à vivre.

Vendredi 23 avril 2010

C’est important de prendre appui sur Ceux qui ont écrit des choses que vous ressentiez. Inestimable est le soutien silencieux et désintéressé de ces Ecrivants  qui mettent en mot ces courants qui vous traversent et ce, beaucoup mieux que vous ne l’auriez fait vous-même avec votre pauvre langage.

Il est des Ecrivants qui lisent en vous : ils n’ont guère besoin de vous suivre, de vous épier. Ils sont là, ils vous regardent tranquillement et tout, du premier à leur dernier mot, vous touche, vous berce, vous perce, vous renverse.

Octave MANONNI.

« Une expérience a été faite sans qu’il la comprenne, par De Quincey. Il raconte qu’à un moment donné, il fréquentait une église où se trouvaient seulement des Espagnols et où, par conséquent, on ne parlait qu’espagnol, langue qu’il ne connaissait pas. Il s’y rendait uniquement pour le plaisir d’entendre cette langue. Cela provoquait chez lui une émotion qu’il ne pouvait expliquer.

Je considère que des expériences de ce type rappellent un moment de la petite enfance ; en effet notre langue maternelle a été pendant une certaine période un pur jeu linguistique pourtant plein d’obscures promesses de sens.

C’est pour cette raison que certains lecteurs éprouvent de l’intérêt pour des poèmes qu’ils ne comprennent pas, comme ceux de Mallarmé, mais dans lesquels ils retrouvent continuellement cette promesse de sens qui, n’ayant jamais été complètement tenue, laisse goûter le jeu des signifiants, jeu comparable à celui de la musique certainement, pas à cause de sa sonorité mais à cause de ce qu’il présente comme combinaisons, rencontres, répétitions, rappels et oppositions ».

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1. « Ce n’est pas ce qu’on écrit qui compte. Nos livres, en effet, avec le Temps – et même bien avant – deviennent poussière. Ce qui compte en revanche c’est tout ce qu’en les écrivant on découvre : de nous-mêmes, des autres, du Monde et surtout de la Vie. »

2. « Lire vite, quand il s’agit d’un texte inspiré, est une maladresse et une profanation. Maladresse, parce que la rapidité ne permet pas de s’en nourrir (comme pour un repas), ni de l’assimiler. Et profanation parce que cette même rapidité est une offense à celui qui a inspiré le texte. Et qu’on n’accueille pas comme il faudrait, avec l’attention et le respect qu’il faudrait. C’est en fait empêcher la Source de pénétrer en nous. »

Elias CANETTI.

« Il n’y a rien qu’on sache tout de suite ; quand on a l’impression de savoir quelque chose tout de suite, c’est qu’on l’avait appris longtemps auparavant. Ne vaut que le savoir qui a vécu en nous secrètement ».

Vous pouvez relire :

Georges Haldas toujours, Béatrice Shalit une fois.

Lundi 22 juin 2009

Georges Haldas 3 fois

: Lorsqu’il lit ou relit , s’étonne toujours de l’immense territoire non défriché qui s’ouvre à lui. Ses livres («Les Minutes heureuses 1977/ Rêver avant l’Aube 1982/ Carnets du Désert 1990/ Le Soleil et l’Absence, 1990/ Le Maintenant de Toujours,1997/ Pollen du Temps, 1999 aux Editions L’Age d’Homme») sont des sortes de cahiers annuels où les annotations distillées à vitesse de la lumière ou à vitesse d’escargot donnent toujours à penser. , cigarillo au bec, lunettes à triple foyer, est un homme qui écrit. Il ne ressemble pas forcément à ce qu’on entend par «écrivain». A des années-lumière de la Jet-Set littéraire, au cœur des passions humaines, attentif aux Gens de Peu, il a ce regard juste contre les Politiques et la Grande Finance, contre les Littérateurs et les Cyniques de la Littérature (et d’ailleurs). Pour dire tout cela en un mot, il aide à vivre et à survivre. En somme, il fait du bien car est un Homme de Bien.
Presque tout est dit – pour faire vivre ce blog – dans ce court aphorisme :« Ne pas se laisser engluer par l’évènement. Ni passer à côté. Tâcher d’en lire le sens», écrit-il.
Ou encore : «On ne peut vraiment écrire que si une vague de fond vous soulève. Et qu’il ne reste qu’à déposer sur la page, un à un, et, dans leur ordre d’arrivée, tout ce que cette lame nous apporte. Et qui vient des profondeurs. Hors de quoi, tout est bricolage. Il faut que tout ce qu’on écrit, et jusqu’au détail le plus ténu, soit porté par cette vague, dont l’écume, à son faîte, ne fleurit, en sa légèreté, que comme une fille de l’épaisseur océane».

: simultanément, découvre les plaintes de l’écrivain , auteur de dix romans chez Stock, Bernard Barrault, Flammarion et Julliard, auteur également de scénarios pour la télévision, pour le cinéma et de pièces radiophoniques. Le 6 juin, elle s’est fendue d’une lettre au Monde (pas facile ça… d’être acceptée par Le Monde) où elle déplore son peu de lecteurs. Le constat est vrai, douloureux ( avec 5 livres publiés l’a traversé) mais ce qui reste étonnant, c’est cette absence de réflexion et de pensées politiques sur l’état de l’Edition française aujourd’hui. Ce silence sur le lien entre la souffrance d’un écrivain non lu d’un côté et l’état du Monde éditorial de l’autre entraîne à l’ironie et au désabusement qui ne sauraient – pour – se suffire à eux-mêmes. Alors, en désespoir de cause, la voilà qui charrie les journalistes pour avouer – en fin de compte – « Je n’ai rien contre personne, ou presque personne». Un discours a-politique qui débouche effectivement sur le néant ou sur la rumination perpétuelle. Le contraire d’un qui, à plus de 80 ans, ne demande toujours rien à personne : il fait ce qu’il a à faire.

Robert Walser : «Le bonheur n’est pas un bon sujet pour le poète. Il se suffit à lui-même. Il n’a pas besoin de commentaires. Il peut dormir replié sur lui-même comme un hérisson. En revanche, la souffrance, la tragédie et la comédie sont bourrées de forces explosives. Il n’y qu’à savoir y mettre le feu au bon moment. Alors elles montent au ciel comme des fusées pour illuminer tout l’espace». Chère Béatrice, allumez-nous votre feu et ne vous occupez pas trop de la retombée des cendres.

Les Psaumes de Vendredi.

Vendredi 24 avril 2009

          Fleches de BiBi

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Des citations qui donnent du courage.

Jeudi 26 février 2009

L’Atelier ( photo de BiBi)

Parfois, il faut savoir se reposer (sur les autres). Pour une fois, fait effort pour ne plus en faire. Il feuillette les pages de l’écrivain et laisse retentir en lui ces échos si intenses et ces citations si fulgurantes.
est alors heureux du courage qu’il tire de ces pages, il est comme délivré par ces petites proses qui, comme des danseuses, font de subtiles et de bien généreuses arabesques jusqu’au bout de sa nuit. (Lire la suite…)

Minutes heureuses.

Samedi 10 janvier 2009

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a eu un (fou)rire nietzschéen.
Quand le bourgeois Milliardaire se pâme devant l’Art, devant une phrase de Baudelaire ou devant une figure déchirée de Bacon, chaque sait qu’il n’est pas à sa place. Qu’il veuille amasser des valeurs côtées en Bourse ou s’enrichir de valeurs spirituelles, le Milliardaire est encore supportable (c’est la Loi de la Jungle d’aujourd’hui) mais sait-il seulement quelle prétention il atteint lorsqu’il se pique de poésie ou de peinture ? La prétention d’être l’égal du Poète et de la Poésie par ses avoirs. Pauvre et risible Milliardaire qui confond le verbe Avoir avec le verbe Être. Car un poète, lui, ne doit rien posséder. (Lire la suite…)

Chabot & Aphatie : maîtres du Langage des Maîtres ?

Lundi 3 novembre 2008

               Arlette et Jean-Michel, ex-aequo

La directrice de l’information de France 2 Arlette Chabot et le chroniqueur de RTL sont les lauréats du Prix Dorgelès de cette année 2008.
, écrivain français décédé en 1973 à l’âge de 88 ans, a commencé le siècle dernier en écrivant le roman « Les Croix de Bois » puis il s’est arrêté entre 1939 et 1942 à l’hebdomadaire Gringoire de sinistre mémoire ( il y fut correspondant de guerre) et a été le Président de l’Académie Congourt de 1954 à sa mort. Le Prix honore depuis 2002 les professionnels de l’audiovisuel qui contribuent au rayonnement et à la maîtrise de la langue française.
Il aurait été intéressant de demander conseil à Arlette Chabot sur le maniement de notre belle langue française. Par exemple, de lui demander quelle est l’expression syntaxique correcte… Doit-on  dire par exemple : « Je m’excuse », «Veuillez m’excuser », «Excusez-moi » ou encore «  Je vous prie de m’excuser » ? Si Arlette Chabot ne peut pas répondre, peut-être que son ami luxembourgeois, Monsieur Juncker, pourrait éclairer notre lanterne ?
Parmi les lauréats des années précédentes, on trouve Jean-Pierre Elkabach, Jean-Marc Sylvestre qui parlent tous deux la même langue que celle de Little Nikos ; Jacques Pradel qu’on a heureusement perdu de vue ; Patrick de Carolis qui a fait mine de tirer la langue à notre Président et l’inénarrable qui n’a de mots avec personne. Cette fois-ci, c’est (que – mauvais élève – écrirait plutôt Apathie ou Aphasie) qui a reçu récompense.
ne sait pourquoi ces deux aphorismes de George Haldas lui reviennent soudainement sous les touches de son clavier :
« L’essentiel, écrit le grand écrivain genevois, c’est de n’être ni du côté du Pouvoir, ni celui de l’Argent. Pour le reste, à chacun son drame ou sa tragédie » et plus loin : «L’acharnement à écrire est quasi un acharnement amoureux. L’énergie minutieuse qu’on n’accorde pas au plaisir, on la met à la disposition de la phrase. Qui doit susciter chez le lecteur ce très haut plaisir vital : prendre conscience. C’est-à-dire être pénétré par. Jouissance et fonction de la psyché ». Et encore plus loin mais tout aussi justement : « Surtout ne pas chercher l’approbation d’autrui. Ne pas chercher non plus à l’amuser, ni à l’émouvoir. En un mot à plaire. Chercher seulement à dire, au plus près de ce qu’on sent, les choses. Avec le plus de fidélité. Qui est déjà un commencement de vérité. Et par là même un commencement de relation véritable ».
C’est qu’avec cette non-recherche de l’effet, on est loin de la prose de et de celle de ses amis.

Messieurs et Dames de ce Monde.

Dimanche 27 juillet 2008

Jack Lang et Georges Haldas

MONSIEUR : « Contrairement à ce que chacun peut penser, c’est une grâce que de ne pas avoir un pouvoir de Séduction. C’est autant de petites lâchetés et de grands crimes qu’on ne commet pas ». Et puis sur une certaine France : «  Il y a en France un snobisme de la folie, de « l’aventure intellectuelle » etc. qui s’accomode très bien de la tendance à établir des catégories. A tout étiqueter. L’expression parfaite en ce sens étant celles des « poètes maudits ». On est tranquille. On a classé la malédiction. On peut briguer l’Académie».

Et toujours cet œil perçant mais juste : «  Ces embrassades et accolades entre « artistes ». Une sorte de rite. Qui n’a rien à voir avec une fraternité véritable. N’en est même que la caricature. Gens de théâtre, de télévision, de radios. Leurs baisers de Judas. A de rares exceptions près. » Monsieur , toujours jeune et fringant à 91 ans. 

MONSIEUR JACK LANG : il s’est demandé comment achever sa vie politique. Comme Lénine en son temps, il s’est posé l’épineuse question : «Que faire ? »
Jusqu’alors, Monsieur Jack Lang s’évertuait à ne pas montrer en télévision son profil gauche (il le déteste), il aimait à être cité comme un Politique d’envergure (Monsieur Jack Lang a inventé la formidable Fête de la Musique). Mais cela finissait par être très pesant et très/trop répétitif.
A l’âge qu’il a – Ô vieillesse ennemie – et devant la perspective réelle d’un second Quinquennat promis au Petit Nikos, Monsieur Jack Lang s’est longuement interrogé et a décidé de mettre le scotch Double-Face. Est-ce si étonnant ? Bien sur que non : Monsieur Jack Lang ne s’est jamais soucié que d’une seule chose… de son existence médiatique, la seule qui compte à ses yeux de play-boy. Et pas de meilleure posture de bravitude que celle, très recherchée et très jouissive de Victime et de personne calomniée ! Quant à nos Penseurs de Droite qui pensent que la Chasse à l’Homme-Lang du PS est ignoble… doucement, doucement. Il y a pire, non ? Par exemple, les parties de chasse du Comte Hortefeux.
Le Figaro nous offre un sondage CSA sur l’Opinion publique qui plébisciterait Monsieur Jack Lang à 53 %. Certes mais y voit un peu trouble lorsqu’il s’approche de plus près : le sondage commandé par le Figaro a été fait par l’Institut CSA… vous savez celui qui depuis la mi-juillet appartient à Monsieur Vincent Bolloré, l’ami qui prête son yacht au Petit Nikos.
Qui s’étonnera que la précision sibylline de postée dans les commentaires sur l’article (« Jack Lang bénéficie du soutien de l’opinion ») du Figaro n’ait pas été retenue ? (Lire la suite…)

Le Labyrinthe du Quotidien.

Vendredi 11 avril 2008

L’Oasis de BiBi.

Explorer l’anodin.

Voilà ce en quoi croit. C’est un projet obstinément subversif pour . Il n’ira pas non plus suivre complètement Nietzsche sur son «  insurmontable besoin de nuire à tout ce qui règne – hommes ou opinions » car ne globalise pas. Il aime ce qu’en règle générale, la Société méprise. Par exemple, aime poser les questions qui n’ont pas trouvé réponse, il prête la plus grande attention à toutes ces innombrables questions qui restent lettre morte. est instantanément attiré par les petits riens, les petites choses qui n’ont l’air de rien, les moments perdus, les êtres que l’on dit insignifiants, par exemple un ouvrier de la grande industrie qui bafouille, la concierge qui tire les cartes, la disgrâce physique si magnifiquement rendue par Diane Arbus, les types qui radotent dans leur coin, les petits vieux qui poussent des cris inaudibles au fond des cafés, les chiens qui boitent et les chats qui griffent. De tout ce qui échappe à la Puissance, à la Lumière factice des projos, au Succès, au Profit maximum, est preneur. Tout ce qui ne sert à rien, qui est au rebut : voilà sur quoi porte la curiosité de . (Lire la suite…)