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Toutes petites pensées politiques.

C’est un capharnaüm, ça arrive de partout. Ce ne sont pas des grandes pensées politiques qui vous envahissent. Non, juste des petits détails, des flashes qui vous éblouissent ou vous désespèrent. Vous pêchez ces miscellanées dans n’importe quoi, n’importe où, là sur une pulsion d’achat du mensuel La Décroissance, ici sur une pub TV ou encore tout là-bas dans le fatras d’Internet. Voici donc, en vrac, de toutes petites pensées politiques…

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Emmanuel Macron ? Dieu, qu’il est beau !

macron Cliché 1CLICHE 1

Dans les temps politiques «modernes», impossible de croire que les Puissants puissent naviguer sans aide-conseils. Depuis l’ère Jacques Pilhan, ils ont besoin d’assistance pour faire/écrire/penser/vendre leurs discours. Dans les travées élyséennes, on a vu se succéder les Plumitifs qui concoctent pour leurs Maitres, discours, interventions, petites phrases, gimmicks («Moi Président… »), gestuelle etc.

Même chose pour les photos, portraits qui circulent dans l’espace public.

Jusqu’à présent, Emmanuel Macron, pas très connu – encore en déficit d’images – est resté très discret visuellement. Stratégiquement, son apparition dominicale sur le JDD (journal du puissant Lagardère, en même temps marchand de canons, ne l’oublions-pas) est bienvenue. Elle intervient au moment de l’offensive Valls contre les acquis sociaux avec le honteux baratin distillé au 10 Downing Street. Là-dessus, Hollande est en complet accord – quoi qu’en disent les vilains éditocrates). C’est donc dans ce cadre-là qu’a été décidé la publication des deux clichés d’Emmanuel Macron dans le Journal du Dimanche. L’un est mise en ligne sur le site, l’autre est la Une dominicale de ce canard-laquais.

Anne Fulda du Figaro et son article du Siècle.

Anne Fulda, Miss Figaro.

La journaleuse du Figaro poste habituellement sa rubrique en toute dernière page de son « Canard-laquais« . Tout dernièrement, elle s’était moquée du footballeur Nicolas Anelka qui lui avait causé un gros «mal de tête». La raison de cette migraine ? Le joueur de Chelsea avait déclaré qu’il avait toujours refusé de chanter la Marseillaise sur les terrains (Figaro du 2 décembre). Une semaine plus tard, Anne, ex de Nicolas… Sarkozy, était passée en première page du Grand Quotidien pour une Histoire d’un Jour.

Elle y relatait cette fois-ci – avec une ironie qui n’appartient qu’aux Puissants – son émoi et sa réprobation devant les militants protestataires venus accueillir par des huées et autres mouvements d’humeur le gratin politico-médiatique au Dîner du mercredi du «Siècle».

Chauds les marrons ! Chauds !

Cette chère Anne détaillait magnifiquement la scène : Jack Lang et Christine Ockrent avaient fait rapidement demi-tour. Eric et Florence Woerth avaient «séché la séance». Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des Marchés financiers, avait lancé un méprisant «La Révolution est en marche».Las, elle attribua alors à Denis Kessler, président du Groupe Scor et Monsieur Loyal de ce Cirque des Puissants, cette réplique : «Si tu m’empêches de rentrer, tu reçois un coup de boule, connard».

La Maman de Denis est offusquée.

Pauvre Anne ! Elle s’était en effet trompée de personne et fit aussitôt son mea culpa du siècle. Recevant un coup de fil de maman Kessler indignée, grondée par les membres du Conseil d’administration du fiston Denis, Anne s’est fendu illico d’un rectificatif. C’est que, dans ces espaces select, on ne parle pas ainsi. A «Connard», BiBi ne sait même pas si le fiston Denis (58 ans quand-même), solidairement défendu par sa maman, mettrait un N ou deux.

Ne nous étonnons pas de la rapidité de la correction d’Anne car chez ces Gens-là, «connard» ne se dit pas. Chez ces gens-là, on «garde un calme olympien» (Anne Fulda), on vit sereinement sur les hauteurs, on tutoie les Dieux de l’Olympe et on s’attriste – sans ciller – des réactions de la Plèbe (lorsqu’elle ne vient évidemment pas frapper trop « violemment » à votre porte).

Vieille aristocratie et Héros des Temps modernes.

En réalité, ce soir-là, la phrase avait bien été prononcée mais par «un patron de presse qui a gardé l’anonymat». Tout est rentré dans l’Ordre : le Capitaine d’Industrie, lui, n’a pas eu peur d’aller au charbon et de «donner un coup de boule». C’est que le bonhomme est un rentre-dedans, un baroudeur qui ne recule devant personne : c’est notre Héros des Temps modernes. Anne ne nous livrera donc pas son nom et sauvegardera son anonymat («pour ne pas choquer les enfants» et… les adultes). C’est que chez ces gens-là – une fois encore – on ne fait pas que compter et boursicoter, on veut garder une parfaite maîtrise de la Langue. Car maîtriser la langue, en imposer avec, l’imposer, ne pas dire de gros mots, ne pas verser dans le Vulgaire, c’est garder le Pouvoir.

Le bon vieux temps avec Nicolas.

Du coup, BiBi sait tout de cette soirée mémorable (1) sauf une chose : Anne Fulda est-elle entrée ce soir-là au siège de l’Automobile-Club de France où ont lieu les Diners de cette Aristocratie médiatico-politique ? On le saura peut-être dans un des prochains billets de la Journaleuse. En attendant, BiBi rajoute à l’attention de l’ignorant lecteur qu’en des temps antérieurs, l’ex-d’Anne, le cher Nicolas, affilié depuis toujours à la Secte du Siècle, lui donnait le bras en paradant à cette Soirée très select, chaque dernier mercredi du mois.

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(1) BiBi – fiérot sur le coup du Siècle – aime à rappeler qu’il fut un des premiers à dénoncer cette collusion honteuse entre personnel médiatique et autorités politiques. En deux articles SVP datés de… juillet 2008. Bonne (re)lecture !

Quand le « Fig-Mag » tourne en rond dans les Cercles… du Pouvoir.

BiBi adore le Figaro-Magazine de Sergio (presque autant que le Journal du Dimanche du Frère Lagardère). Dans le numéro du 29 avril, les journaleux de Dassault ont enquêté sur «Les cercles et lieux de Pouvoir ». On y parle de tout ce que BiBi avait déjà dévoilé dans ses deux articles sur le Cercle du «Siècle» (1), haut lieu de rassemblement du personnel politique, économique et… médiatique.

Le Plan-Séquence qui ridiculise Sarkozy.

Retour en resistance

Le plan-séquence qui met en scène Little Nikos dans le film de Gilles Perret «Walter, retour en Résistance» dure environ deux minutes trente cinq. Comme le chantait Sylvie Vartan, deux minutes trente cinq de bonheur. Des images qui montrent, démontent, démontrent, une séquence qui donne à penser. Ces images-là, il est impossible de les trouver sur une quelconque chaîne de télévision qui met en boite ses sujets d' »information »sur une minute, une minute trente. Le plan séquence, pris sur le vif au Cimetière de Morette sur le plateau des Glières en mars 2008, n’est pas anecdotique. Il s’inscrit dans la vision politique de notre classe dirigeante qui veut battre en brèche tous les acquis démocratiques nés du programme du Comité National de la Résistance.