Articles tagués ‘Canard enchainé’

Lectures du Mercredi.

Mercredi 17 février 2010

LE CANARD ENCHAINE.

1. La page 2 du Canard Enchaîné porte le titre «Sarko et la Marmite pourrie ». Il y a deux semaines, BiBi avait intitulé son article : « L’Elysée ou la Marmite Infernale ». Par ici la bonne soupe (deux fois) !

2. Dans l’article de ce mercredi du Volatile enchaîné, on rapporte les propos de Sarko très en colère : «Les fuites dans la presse ont cassé notre stratégie (…) Dès qu’on fait un truc entre nous, ça sort dans la presse, hors du contexte. Cela ne peut plus durer (…) Si je prends l’un d’entre vous à répéter ce que je vais vous dire, si vous en dites un mot à vos collaborateurs, ou à des journalistes, je prendrai des mesures extrêmement sévères ». En d’autres temps, les Services Secrets avaient tenté de placer des micros via des faux plombiers dans les murs du Canard. Aujourd’hui, on fait voter la loi Loppsi (1) et on met des mouchards dans les ordinateurs perso. Comme le chantait Claude François : «C’est toujours la même chanson… »

 3. Le Neveu de Tonton, Frédéric Mitterrand le Rebelle passe la brosse à reluire. Tout émoustillé de fréquenter les gens de Pouvoir, il tresse ses louanges à son Maitre Nicolas : «Je lui suis reconnaissant de m’avoir nommé. Il a toujours été proche de moi». Il rajoute même que la nomination très décriée du parrain du fils de Carla comme inspecteur de la Culture ne lui fait pas problème : «Carla a dû être contente que je le nomme ». Trop chou, Freddy !

 L’EQUIPE.

Ce mercredi, l’Equipe relègue en page 16 une interview d’Edgar Grospiron, le champion olympique des bosses, grand patron de la Mascarade Annecy-2018.  C’est au mois de juin que les contribuables haut-savoyards sauront si le Conseil Général continue à ouvrir leurs portefeuilles pour cette Opération. BiBi avait déjà décrit dans un article la Manipulation au sortir de l’Elysée. On tentait de nous faire croire aux chances d’Annecy dans la course olympique. Sarkozy, lui, mise sur l’Euro-Foot 2016 et Paris 2020 (c’est évidemment plus glorieux). Que nous dit Edgar ? «Nous ne sommes pas visibles sur le plan international ni lisibles puisque notre candidature n’est pas personnifiée». L’important, disait Pierre de Coubertin, est de participer, non ?

FAKIR.

Il y a eu les Nicolas d’Or. Aussi sérieux (et désopilant), il y a les Radis d’Or décernés par le Magazine Fakir (journal fâché avec tout le monde). Pour ce dernier numéro, la petite équipe de Fakir armée jusqu’aux dents, s’est attaquée aux Socialistes les moins Socialistes. Il n’y a pas que George Frèche en tête d’affiche. La Grande Revue compte une Fanfare de luxe : Julien Dray, Jacques Delors, BHL, Ségo, Attali, Charasse etc. Sans oublier la Success Story qui a pour Star : Laurence Parisot. BiBi espère que les clous du Fakir ne rouilleront pas de sitôt.

TELERAMA.

Télérama nous invite à passer par Londres pour aller voir l’expo Van Gogh à la Royal Academy of Arts. On peut y admirer 35 lettres sélectionnées sur 902 recensées. Les descendants de Vincent ont encore beaucoup d’expositions à organiser devant eux et beaucoup d’argent à ramasser. Le pillage continue. Heureusement, il nous reste les Lettres publiées chez Actes-Sud de celui qui – à tort- était considéré comme un ignare (il écrivit ses lettres en français, anglais et néerlandais).

(1) Voir article Reversus.

Sarkozy et le Marin Jean-Claude dans la Tempête.

Jeudi 4 février 2010

Sarko à la Tribune (de Genève).

Sur l’Affaire Sarko-Marin-Villepin, BiBi a relevé dans un journal à l’étranger («La Tribune de Genève») des propos bien éloignés de ceux de la presse française aux Ordres : «Jean-Claude Marin aimerait terminer sa carrière par une belle promotion, à savoir le poste de Procureur Général de Paris. Dans cette optique, il faut éviter de déplaire au pouvoir en place ».

Dans un autre numéro du Quotidien genevois, on poursuit : «En obligeant Villepin à se concentrer sur l’agenda judiciaire, Nicolas Sarkozy le freinerait ainsi dans son élan». Rappelons que Villepin dans un récent sondage (Et l’Elysée n’ignore aucun sondage) que le Villepin se voit crédité de 8% aux Présidentielles de 2012. C’est vrai, il n’y a pas eu de réunion avec le Marin en eaux troubles. Et pour cause : l’Elysée savait – bien avant la décision - que le Procureur interjetterait appel en cas de relaxe de Villepin.

Première et avant-dernière Dames.

Tout ça a eu de quoi mettre en rage notre Chouchou qui a appelé Carla à sortir de la Réserve où il la tenait. A RTL, notre Dame du Macadam a ôté sa burqa et a tombé le masque. Finie la douceur feinte et la mièvrerie réelle. Madame a enfin rejoint la meute et a hurlé avec les loups : «Naaannn ! C’est une affaire pénale et pas politique». A son retour, très énervée, Chochotte a même raté le gâteau d’anniversaire de Chouchou : tout le Monde a vu que ça sentait le roussi et le brûlé à l’Elysée.

Anne Fulda, ex-de Chouchou et journaleuse du Figaro a fait semblant de s’offusquer qu’un « juge, soupçonné par certains d’avoir agi sous pression, indique en exclusivité à la Radio sa décision ». «C’est pour le moins troublant» rajouta t-elle. Troublant en effet. Mais – car il y a un «mais» dans la foulée qui annule tout ce que la journaliste a écrit plus haut : «Mais ce procès est clairement hors-norme». Eh oui, si ce Procès est hors-normes, alors l’intervention du Marin dans la Tempête se justifie pleinement… CQFD.

La (Basse) Cour a la chair de poule.

A la lecture du Canard Enchaîné, BiBi s’est réjoui des rugissements du Coq (sur Villepin) : «Il faut lui faire la peau, être très dur. Je le veux à terre et sans oxygène». BiBi s’est aussi réjoui de la tête et de la queue basses de Thierry Herzog, l’avocat de Chouchou (voir article de BiBi) annonçant la nouvelle de la Relaxe à son Maitre. «Il s’est pris la nouvelle plein pot» a commenté sobrement un proche du Président. Dans le bureau présidentiel, branle-bas de combat : tous les Chiens de Garde étaient là (Claude Guéant, Frank Louvrier, Thierry Herzog, Raymond Soubie, Pierre Charron, Patrick Ouart). Tous ? Sauf  Henri Guaino en train de rédiger le communiqué de l’Elysée. Tous sauf Grégoire Verdeaux, parti remonter le moral de Madame revenue d’Afrique.

Les roses et le petit singe de Christine Lagarde.

Mercredi 27 janvier 2010

Le 25 novembre dernier, Christine Lagarde, notre Ministre déclarait à propos d’Henri Proglio qu’il n’était « pas question de cumul de rémunérations ». Le 19 janvier, pirouette mais pas cacahuètes (2 Millions d’euros sont en jeu), Madame disait le contraire et justifiait le double salaire d’Henri Proglio en tant que PDG d’EDF et président du Conseil d’administration de Veolia. Le 20 et 21, l’Assemblée grogne et les Sondages gratuits de l’Elysée confirment que le terrain devient glissant. Le 23 janvier, Madame Christine déclare alors : «Il ne faut pas que [ce cumul] dure éternellement ». Ce mercredi 27 janvier, le Canard Enchaîné rapporte que notre Christine n’a pas du tout digéré de devoir changer de chemise en si peu de temps. «Ils m’ont prise et fait passer pour une conne».BiBi se demande qui se cache dans les vestiaires de ce « ils » ? Des noms, Christine ! Des noms !

Le Journal satirique enchaîne ensuite sur les raisons personnelles de l’aigreur de la Ministre. Passe encore qu’« ils » l’aient obligée à faire le Perroquet élyséen. Non, ce que Madame a du mal à avaler, c’est que, lorsqu’elle fut nommée Ministre chez Chouchou, elle avait accepté que son salaire soit considérablement revu à la baisse. BiBi consolera Madame Christine en lui rappelant la douce phrase qu’elle prononça un jour : « Je veux qu’on regarde vers l’avenir, qu’on ne passe pas son temps à essuyer la marguerite du Passé ». La Marguerite ? Un jour, « ils » aiment un peu ; un autre, « ils » aiment … à la folie… et un autre jour encore « ils» n’aiment pas du tout.

Lors de sa prestation télévisée devant la courtisane de TF1, Laurence Ferrari, notre Président a quand même mis un peu de baume au cœur de Christine en louant ses capacités et son travail. C’est vrai que Christine a beaucoup, beaucoup travaillé et aussi beaucoup voyagé («Je suis une itinérante mondiale, sans domicile fixe» lâche t-elle avec culot). Pour oublier son rôle de «précieuse ridicule», notre ex-championne de natation synchronisée cherche où se refaire une santé.  Peut-être ne dérogera t-elle pas à ses habitudes de «Sans domicile fixe» en se réfugiant dans un Hôtel «toujours avec piscine» ? A moins que cette fois-ci, elle ne retourne – comme en décembre – à Bonifacio où elle trouverait repos chez Clavier, ou Jean Reno ou D’Ormesson ou Jacques Séguéla ou Philippe Gildas ou encore Bernard K. et Christine O., tous propriétaires de résidences au calme sur les falaises corses.

BiBi prend cependant le pari que Christine préfèrera recharger ses batteries en Normandie. «J’ai envie de poser mon baluchon pour regarder pousser mes roses, en Normandie» dit-elle souvent.

Lorsqu’elle était avocate chez Baker & MacKenzie (1er cabinet d’avocats sur le marché du Droit des Affaires – 4400 collaborateurs pour 35 pays), forte de ses 50000 euros mensuels, notre Christine avait l’habitude, en réunion, d’envoyer un petit singe en peluche sur ses collaborateurs qui ne respectaient pas les règles fixées. On pourrait croire que c’est un orang-outang qu’elle balancera à l’Elysée, là où «ils l’ont prise pour une conne». Mais non, chez ces gens-là, ça ne se fait pas. On rumine, on oublie, on revient et on continue de ramper.

BiBi parie que notre Christine reviendra sagement en Cour (élyséenne)… un bouquet de magnifiques roses normandes à la main.

Hommes et Femmes de Pouvoir.

Dimanche 6 décembre 2009

Femmes et Hommes de Pouvoir

HENRI GUAINO a prononcé la plus jolie phrase de la semaine française : «Dans la campagne électorale, on parle de sujets qui préoccupent les Français». T’as raison, Dear Henri, cause nous de ton salaire par exemple. (Lire la suite…)

Mesdames, Messieurs : la Cour !

Mercredi 26 août 2009

Denise Fabre et Compagnie

BiBi a feuilleté les quotidiens de cette dernière semaine (surtout Le Figaro) et quelques hebdos. Il en a profité pour avoir des nouvelles de la Cour de Little Nikos..

Petite famille.

L’évènement théâtral pour le Figaro, c’est la reprise de la Cage aux Folles avec Christian Clavier et Didier Bourdon. BiBi remarque que Christian est ami de Little Nikos, que Jean-Claude Camus est l’ami producteur de Johnny, que Jean-Claude Camus est aussi l’ami producteur de Christian Clavier qui est l’ami de Little Nikos et de Johnny, amis eux-mêmes très intimes.

On tourne en rond dans cette Cage (aux Folles). De quoi te donner le Bourdon, Didier, non ?

Denise Fabre.

En dernière page du Figaro, on apprend que Denise Fabre, UMP bon chic bon genre de la famille niçoise, a avoué un peu vite au site Pure People que les Enfoirés poseront leurs valises en carton au Palais de Nikaïa du 27 janvier au premier février 2010. Elle a trop parlé une fois de plus. Intégrera t-elle les Enfoirés ? Elle y aurait toute sa place.

(La photo de Denise est un montage réalisé par BiBi).

Jean-Michel Aphatie.

Le grand journaliste de RTL-Canal fut l’invité du Buzz Media Orange-Le Figaro. Il va commencer sa septième saison et il nous livre ses grandes pensées sur son métier de journaleux.«Vous n’avez pas l’information si vous êtes trop loin. Vous n’avez plus d’information si vous êtes trop proche. Il faut garder la bonne distance». Sous-entendu : faites comme moi, c’est-à-dire restez Aphatie et non apathique.

Précepte aussitôt démenti par les propos qui suivent lorsqu’il passe la pommade à son ex-Patron Axel Duroux (voir article de BiBi Quatre flèches au curare.), «excellent dirigeant de RTL» avec lequel «pendant 4 ans, nous avons fait de l’excellent travail». Tellement excellent que le Nonce de TF1, ami de Little Nikos, l’a appelé à son chevet comme directeur général. L’espoir de Jean-Michel ? Que Christian Baldelli qui lui succède lui «permettra de traverser cette période difficile pour tous». Tous ? Pas forcément pour vous, cher Jean-Michel, car, comme le relève Le Figaro, vous êtes présent en radio, sur Internet et en télévision, «marque multimédia à vous tout seul».

Auto-(promotion) plus.

Brice Hortefeux fait enfin parler de lui. Il vient de déposer plainte contre le Magazine Auto-Plus qui aurait dit de vilaines choses sur les deux Citroën C6 du modèle le plus luxueux achetées par son ministère. Auto-Plus ne retire rien de ce qui a été écrit et ne semble pas vouloir se racheter une conduite.

Promotion-plus.

On connaissait Isabelle Juppé, planquée de la Maison du Frère Lagardère (et très accessoirement écri-vaine). On connaissait Valérie Hortefeux planquée par piston à la Caisse d’Epargne. Voilà que le Canard Enchaîné nous cancane à propos d’une certaine Laure Driant. Cette dernière vient de prendre «la direction des Relations institutionnelles du Groupe Hachette-Livre», propriété – comme le sait le fidèle lecteur Wam – du Frère Lagardère. Le travail de Madame consiste à vendre Hachette-Livre auprès de la Présidence de la République, de Matignon, des ministères et des parlementaires. Jusqu’en juin 2009, Laure Driant était chef-adjointe du cabinet de Xavier Darcos à l’éducation. Le Canard Enchaîné précise pour finir que Madame Laure est, dans le civil, l’épouse dudit Darcos. Petite cachottière !

Tiercé gagnant pour trois épouses placées.

Luc Châtel.

Monsieur Luc Châtel est arrivé dans cette grande surface par hasard. Il y a rencontré deux mères de familles satisfaites des prix des fournitures scolaires. Il ne savait pas qu’elles étaient toutes deux des élues UMP. Des cameramen étaient présents par hasard aussi : ils ont filmé la scène à tout hasard. Monsieur Luc Châtel ne savait pas qu’ils étaient là. Monsieur Luc Châtel a été formidable dans son improvisation : jeu, mimiques, gestuelle, diction, phrasé, tout a été parfait.

Dire que certains sont persuadés que ce Courtisan manque d’Education. Non, non, Luc, continue ton cinéma !

C.Bébéar et B.Arnault, recordmen des Stock-Options.

Mercredi 6 mai 2009

Bernard Arnault, Hélène et Albert Frère.

Claude Bébéar – que BiBi a présenté en Justicier non justiciable (1) - est ainsi croqué dans le Canard Enchaîné de cette semaine : «En vingt ans, Claude Bébéar, le Pédégé d’AXA, a pu accumuler une fortune d.un milliard d’euros grâce à ses stock-options, jetons de présence et autres gâteries. Un record parmi les dirigeants des Entreprises du CAC 40».
Bernard Arnault que la «Maya nue» avait parfaitement cerné lors de son passage à l’exposition Picasso (2) est à nouveau sur le devant de la scène. En février par exemple, il a enfin révélé s’être fait avoir par Monsieur Madoff. L’emblématique pédégé de LVMH et principal actionnaire du groupe de luxe était en effet inscrit sur la liste Madoff à travers son holding personnel, la Financière Agache. Notre Grand Patron, féru d’art, témoin de mariage de Little Nikos (avec  Cécilia), s’est bien gardé de le claironner, charisme à maintenir oblige. Cela n’a pas empêché notre Amateur d’Art de toucher sa rémunération de 3.879.000 euros en 2008, soit 317.000 euros par mois, soit 10.000 euros par jour. Rémunération à laquelle s’ajoute 380 millions de dividendes et 23,5% des stocks-options émises par LVMH. Pour le Canard Enchaîné, le gain potentiel s’élèverait à 12,5 millions. Rajoutons que le Comité de rémunération de LVMH est dirigé par Antoine Bernheim (3), l’homme envers qui Little Nikos doit son ascension. Et rappelons encore que Nicolas Bazire, ancien du cabinet Balladur à Matignon est un pilier du groupe Arnault et autre ami très proche de Little Nikos.
Tout ce beau Monde connaît de très tristes moments de déprime mais lorsqu’on sait que Bernard est propriétaire de la Royal Van Lent – société qui fabrique des yachts haut de gamme de plus de 50 mètres (un Feadship vaut 30 millions d’euros et celui de Bernard s’appelle «Amadeus») – on peut supposer que Bernard va se refaire une santé sur la Mer des Caraïbes. BiBi voit déjà la scène sur le pont de ce yacht qui mouille en ce moment près des îles Caïman : Bono du groupe U2 est au micro et Madame Hélène Mercier-Arnault (4) est au piano. Delphine relit les épreuves du livre de sa mère («Au fil des notes» chez Plon) pendant que le mari sert du Gancia sous les tentures.
Comme le chantait Jean Ferrat : « Que c’est beeeeeaaau la Vie ! » 

Autres options en stock : 

  1. Figaro-ci, Figaro-là. Mardi 5 mai 2009
  2. Quand la “Maja nue” regarde Bernard Arnault… Lundi 2 février 2009
  3. Antoine Bernheim, l’ami fidèle du Président. Mercredi 7 janvier 2009
  4. L’Alliance de l’Artiste et du Milliardaire.Vendredi 24 avril 2009

Les Journalistes-Autruches, tête dans le sable.

Vendredi 17 avril 2009

            Les Autruches, tête dans le sable.

«Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale».
Tout le Monde a reconnu les propos de Little Nikos. Ils sont ramenés par Le Canard Enchainé de cette semaine.
Et pendant ce temps-là, Laurent Valdiguié prépare tout tranquillement les JDD de la fin de semaine. Et pendant ce temps-là, Karl Laske de Libération et auteur d’un livre sur le Canard, ne bronche pas. Et pendant ce temps-là, Jean Daniel félicite Little Nikos pour son discours de Dakar. Et pendant ce temps-là, Laurence Ferrari se promène sur la Une de Paris-Match au bras de Renaud Capuçon. Et pendant ce temps-là, Jean-Luc Hees choisit son smoking d’intronisation. Et pendant ce temps, Val prépare la soupe. Et pendant ce temps-là, André Glucksmann, émerveillé par Little Nikos, reçoit sa Légion d’Honneur sous les vivas de Kouchner et BHL. Et pendant ce temps-là, Françoise Laborde, nouvelle membre du CSA, épouse Jean-Claude Paris, ancien dirigeant d’I.TV sous les applaudissements de droite à « gauche » : Henri Guaïno, Michel Boyon, Claire Chazal, Bayrou,, Jean-Paul Huchon et Bertrand Delanoë. Et pendant ce temps-là, Olivier Nuc, Michèle Stouvenot, Christian de Villeneuve, Jean-Michel Aphatie, Olivier Jay, Claude Askolovitch, Nicolas Demorand, Virginie Le Guay se taisent, se terrent, se couchent.

Salutaire et juste fut ce coup de gueule d’Alain Accardo qui s’adressait dernièrement aux journalistes dans une chronique (1) :

«Pour pouvoir crier au loup de façon crédible, il faudrait que vous commenciez par reconnaître la lourde part de responsabilité qui est la vôtre dans la situation indigne où l’Audiovisuel public a sombré depuis bien longtemps, à force d’agenouillement devant le Pouvoir de l’Argent et d’adhésion au Nouvel Esprit du Capitalisme. Il faudrait que, au lieu de servir la soupe aux puissants, vous vous soyez battu(e)s inlassablement contre «la main mise du Pouvoir», les atteintes à «l’indépendance» et la «dégradation» des programmes. Mais, à l’exception d’une infime minorité de journalistes qu’on doit saluer avec respect parce qu’ils/elles ont eu la probité et le courage, au milieu de rédactions hostiles ou indifférentes, de dénoncer l’aliénation du milieu journalistique par l’argent et les amitiés politiques, la très grande majorité d’entre vous, par conviction partisane, par carriérisme, par lâcheté, par inculture ou par bêtise, est restée muette quand elle n’a pas collaboré (…).On ne vous a pas entendus protester, sinon du bout des lèvres, contre l’instrumentalisation hypocrite du CSA par le Pouvoir ni contre la précarisation massive du travail des jeunes au sein de vos rédactions (…). Franchement, on a du mal à vous plaindre, et plus encore à vous prendre au sérieux ».

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(1) Chronique d.Alain Accardo : «Jérémiades audiovisuelles» (Journal La Décroissance, février 2009).

Un Agoraphobe à l’interview.

Jeudi 22 janvier 2009

            Agora Agoraphobe.
C’est dans les endroits publics et dans des espaces découverts que se manifeste l’agoraphobie, cette peur irrationnelle de la foule qui survient de manière imprévisible et qui suscite une inquiétude grandissante chez le sujet. Cela entraîne, dit-on, un comportement d’évitement. Par exemple, le Sujet fait tout pour ne pas voir les mouvements de foule, les grèves suivies ( toute grève passe inaperçue pour lui), les manifestations d’envergure, les défilés, les cortèges, les parades, les rues pleines et noires de monde. C’est tout cela qui pousse le sujet aux palpitations, à l’accélération de son rythme cardiaque, aux tremblements ou aux secousses musculaires. Parfois, précise la nosographie médicale, il y a une sensation de déréalisation, de dépersonnalisation : le Sujet se croit le Maître du Monde.
BiBi a interviewé un Sujet dont il cachera le nom car il respecte la vie privée de celui-ci. Par défaut, BiBi l’appellera : «Little Nikos ».Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels ne serait évidemment que pure coïncidence…
BiBi : Il se dit que vous êtes sujet à des crises d’agoraphobie de plus en plus intenses.
Little Nikos
: Non, ces derniers temps, il s’agit surtout de cauchemar. Toujours le même. C’est un 14 juillet, je descends les Champs-Elysées dans un char Dassault et je vois une foule immense sur les allées qui m’acclame. Le téléphone sonne et CBS qui me suit en carrosse me dit au portable : «J’ai peur pour Toi ! Ils crient tous : A Mort le Roi !»
BiBi : En effet, ces dernières semaines, vous avez souvent disserté sur ces Français versatiles qui ont coupé la tête à leur souverain et à sa jeune épouse autrichienne. Mais ce n’est pas tout : il y a ces colères cyclothymiques…
LN : A Saint-Lô, oui, dernièrement. A l’extérieur du Centre culturel, il y avait des sifflets, des injures. Des hyènes, vous dis-je ! Des hyènes ! J’ai engueulé mon Préfet, un vrai abruti. J’avais donné l’ordre – comme d’habitude – de nettoyer les rues avant mon arrivée. Ce préfet n’a pas compris qu’une dizaine de personnes suffisait. Des cadrages serrés TF1 sur leurs visages, ça suffit amplement pour faire un effet de foule au 20h de Ferrari, non ?
BiBi : Vous n’allez plus dans les stades aussi.
LN : Oui depuis la finale de la Coupe de France, Bernard Laporte m’a conseillé de ne pas descendre sur la pelouse pour serrer la main aux joueurs.
BiBi : C’était un grand plaisir pour vos prédécesseurs pourtant… De Gaulle, Mitterand…
LN : Ecoutez, il ne faut pas mélanger le Sport et la Politique. Et puis, il y a eu cet abruti de cameraman ce jour-là… Oui, il a eu le malheur de filmer mon arrivée et de la passer sur l’écran géant du Stade, juste cinq secondes. Le stade tout entier a grondé…ça m’a fait peur. Je ne regarderai les matches qu’à la télé.
BiBi : On dit aussi que vous n’allez plus au cinéma.
LN : Vous croyez que j’aurai fait la queue pour voir Bienvenue Chez les Ch’tis ? Et me faire traiter de biloute ? Je préfère faire mon cinéma à la Maison. Tenez, récemment, j’ai vu «L’Impossible Monsieur BéBé ». J’ai dit BéBé… pas BiBi ! Et puis les films avec mon copain Tom (Cruise), ils sont bien, hein ?
BiBi : Avant votre élection, vous aimiez bien vous promener un peu partout. En banlieue par exemple.
LN : Je retourne encore souvent à Neuilly, à Levallois-Perret. Et puis, de la Villa Montmorency, je vois Boulogne. C’est bien, c’est calme, la banlieue.
BiBi : Et les voyages en Province ?
LN : Il faut que je revois mes préfets. Tenez avec le dernier, à Nîmes, tout a été parfait. Aucun symptôme : ni douleurs, ni gêne thoracique, ni mouvements d’humeur.
BiBi : Pas de sensation d’étranglement, de souffle court ?
LN
: C’était bien organisé. Le Maire UMP a tenu les femmes et les enfants à l’écart… et les hommes aussi d’ailleurs. Dès minuit, centre-ville interdit à la circulation. Les élèves du Collège Feuchère sont restés dans la cour. Les terroristes du lycée Alphonse-Daudet avaient eu congé.
BiBi : Vous pouvez dater vos premiers symptômes ?
LN
: Très précisément. Le Guilvinec et le Salon de l’Agriculture. Pourtant j’ai remué Louvrier et Tapiro, mes Conseillers en Com, mais ils n’ont pas su calmer les braillards.
BiBi : Qu’est-ce qui va vous manquer ?
LN
: La visite des usines. C’est beau une usine déserte, délocalisée. Pas un bruit. On s’y sent comme chez soi. L’autre jour, au Centre Peugeot de Vesoul, ils avaient bien suivi mes ordres : les équipes du matin avaient été priées de partir deux heures plus tôt et celles de l’après-midi d’arriver une heure et demie plus tard. Tout a été remarquablement organisé, ça m’a fait plaisir.
BiBi : Vous avez vu l’investiture d’Obama ? Deux millions de personnes l’acclamant…
LN : Ca fait trop de bruit. Aux Marches du Capitole, je préfère de loin le Fouquet’s de la Capitale. Plus cool, plus zen.
BiBi : Vous avez un bon Docteur ?
LN :  J’avais Douste-Blazy mais il manquait de franchise.
BiBi : Mais vous avez le Docteur Kouchner.
LN : Oui, c’est vrai mais, là, il règle ses honoraires chez ce bon gars de Bongo au Gabon. Mais… je ne sais pas si je peux compter sur lui. Il est changeant : hier c’était un Tiers-Mondiste, aujourd’hui c’est deux Tiers-mondain.

(Merci au Canard Enchaîné pour la consultation… de ses pages).