Articles tagués ‘Bibi’

Blog : inspiration, engagement et méthodes.

Lundi 19 juillet 2010

BiBi répond avec un peu de retard à la Chaîne propulsée par Peuples.net sur l’écriture bloguesque et l’engagement qu’elle demande. « D’où écrire ? Comment écrire ? Dans quel cadre? Dans quelle forme physique et mentale etc ». BiBi s’est prêté au jeu et à l’invitation.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Tous ceux qui respirent.

Qu’est-ce qui déclenche l’acte d’écrire ?

Il faut deux choses pour une mise en mots, deux choses ou idées à mettre en rapport : deux pierres de silex pour faire naître une étincelle, deux tempos pour une concordanse des temps, deux pensées fort éloignées pour faire un nœud ou encore du ciel bleu et deux nuages.

A quel moment de la journée le faites-vous ?

La journée, les forces s’accumulent dans le silence de la page blanche. C’est la nuit que ces forces vives reviennent – fantomatiques, intransigeantes, légères, terribles – sous les touches du clavier et le hachoir de la Pensée.

De quels endroits ?

Rosée du matin sur le balcon, cambouis du garage, table de bistrot dans le jardin japonais (un pied de vigne, de la ciboulette). Mais le plus souvent, dans la jungle de ma chambre.

Comment et où vous installez-vous ? Quel est votre environnement ?

Dans les murmures d’une bibliothèque municipale, mercredi matin, de 10 à 12. Dans ce lieu clos, je me salis les mains au pliage et dépliage des journaux. Ou chez soi : dos courbé, assis sur une chaise devant quatre pieds d’une table de travail. En surplomb : sept étagères de livres au-dessus de ma tête et le dernier numéro du , journal du Frère Lagardère à portée de main.

Quels outils utilisez-vous pour écrire ?

Un agenda pour l’écriture à la main et la prise de notes du mercredi. De ce carnet, BiBi en a déjà fait l’éloge. Logiciel Word pour traiter les textes : cent touches de clavier et guère de retouches.

Faites-vous beaucoup de recherches ? Rédigez-vous beaucoup de brouillons ou d’articles que vous ne publierez pas ?

Pas souvenance d’un brouillon retravaillé ou laissé en jachère. Plutôt un trop-à-dire, un trop-à-écrire qu’un assèchement longue durée.

Au sujet de mes recherches : le socle de mes billets naît souvent de la rencontre de mon Quotidien (ou du quotidien politique) avec ce que j’appelle mes Livres de Vie (Shakespeare, Pierre Sansot, Georges Haldas, Artaud, René Char, Daniel Sibony et beaucoup d’autres – ce sont mes sentinelles indispensables…)

Écrivez-vous en prenant votre temps ou avec une certaine frénésie ?

C’est Flaubert qui résumait le mieux ces Tentatives d’écriture – via ce joli mot de « Marinade » : « La Marinade : le mot est de Gustave Flaubert. On se jette à un moment sur son lit. On ne fait rien. Les Pensées tournent en rond, on est un peu déprimé. Des marinades, j’en ai souvent mais elles ne durent pas longtemps, un quart d’heure à vingt minutes. Après, je reprends courage et je me remets à écrire ».

Frénésie et concentration : qui pourrait les dissocier ? C’est une seule et même chose. Je trie les Choses de la Vie, je sélectionne, je classe, je rassemble, je mets en ordre puis, à la tombée de la nuit, BiBi s’impose : il me pille, il me vole, il s’accapare mon travail, il emprunte sans vergogne. Il prend toute ma place et finit même – le vaurien – par signer « BiBi » de sa main de fer.

Si Librelulle, Tu Quoque Mi Amici ou Captain Haka veulent s’enchaîner, ce sera en toute liberté (la leur).

BiBi fait le compte de ses lecteurs.

Lundi 5 juillet 2010

BiBi tient à remercier chaque lecteur régulier ou occasionnel de son Blog. BiBi espère continuer de faire rire aux larmes, de faire pleurer de joie et surtout de donner à penser à tout visiteur qui s’aventurerait ici même.

BiBi est allé faire ses calculs via Google Analytics. BiBi les livre ici… non sans fierté.

Du premier juin au premier juillet, BiBi a comptabilisé 10916 visiteurs soit une moyenne de 352,13 visiteurs par jour ( contre 306,34 visiteurs par jour de Mai).

Devant ce chiffre, BiBi imagine tous ces lecteurs devant lui (où mettre le 0,13 visiteur ?) et il en a presque le vertige. Par rapport au mois de mai, BiBi a gagné des lecteurs (1113 visiteurs de plus). Les pages vues – 7 billets par page – ont été plus nombreuses : de 15933 en mai à 17454 en juin. Les visiteurs directs ont été 1225 et ils ont passé 1 minute 58 seconde en moyenne sur le Blog.

Ce sont les sites citoyens (Dazibao, Betapolitique, Cozop, Rue89) qui ont amené le plus de trafic. Normal : BiBi donne aux trois premiers ses articles avec joie.

BiBi remercie aussi les ami(e)s , toujours aussi fidèles qui viennent de tous les horizons (particulièrement ceux de sa Blogroll et ceux/celles de la Chaise-Dieu).

Un salut encore aux liens fournis par Dazibao (341), Celestissima (79), Nouvel Hermès (77), Le Village des NRV (29), Ruminances (27), Captain Haka, nouveau venu (21), Valérie de Librelulle (20) et Guy Birenbaum (14).

Les mots-clés qui ouvrent les meilleures serrures ont été… Domenech (!), Pamela Courson (ex-femme de Jim Morrison), Valérie Hortefeux et… Bigeard !

A noter : deux visites togolaises pour une lecture de 14 minutes et un visiteur de Madagascar (13 minutes 54) pour ce mois.

Toujours pas de visiteurs de la Bolivie, du Mali, du Soudan, de Mongolie, d’Ukraine depuis la naissance du Blog.

BiBi s’est inscrit sur le European Blog de Cathy Nivez et il a eu la surprise d’y voir figurer en Une un de ses articles traduits en cinq langues (sur les Brèves à propos de Sepp Blatter, Président de la FIFA). Sur le Classement Wikio (en catégorie Divers) de Juin, BiBi était classé 78 ième.

« La dernière photographie de Jim Morrison » continue d’attirer le client. Pas très loin derrière, Anelka et Finkielkraut a fait recette, Guillon et Porte continuent de faire marrer…

En tous les cas, le MERCI n’est pas feint. Grâce à vous tous, BiBi continue de vivre de drôles d’aventures.

Zärtliche, liebwürdige Angela Merkel.

Vendredi 7 mai 2010

["Douce et gentille Angela"].

On en aura mis du temps : voilà enfin que Le Monde vient de faire sa page trois (samedi 24 avril) sur l’Allemagne en guerre. Rappelons que dès le 5 novembre dernier, BiBi faisait un long billet sur l’Allemagne-de-Merkel et sur ce mot tabou. Relisons BiBi (nous étions le 5 novembre 2009, en pleine effervescence commémorative du Mur de Berlin).

Es hat Zeit gebraucht : Endlich aber hat die Zeitung « Le Monde » ihre  dritte Seite (Samstag, den 24. April ) dem thema Deutschland im Krieg gewidmet. Es sei hier daran erinnert dass BIBI schon am 5. November ein längeres Zettelchen über Merkels Deutschland im Zusammenhang mit dem Tabu-Wort ‘Krieg‘ geschrieben hat. Lesen wir abermals BIBI (Wir standen, an jenem 5. November mitten im Aufwallen der Gedächtnisfeier des Falls der Berliner Mauer). (Lire la suite…)

Camarade Nietszche.

Dimanche 28 mars 2010

Nietszche  (re)vient souvent au secours de BiBi pour qu’il apprenne à voir, pour qu’il apprenne à parler, à lire, à penser. C’est qu’il faut à BiBi sans cesse apprendre et réapprendre à voir, habituer son œil à laisser venir à lui les choses, les gens, les parfums. C’est cela la première préparation à la Pensée. Eviter les écueils du Jugement immédiat, souvent grossier. Se méfier comme de la Peste des réactions instantanées à une séduction.

Apprendre à voir, c’est ce que le Langage nietzschéen appelle la Volonté forte : l’essentiel étant précisément de ne pas « vouloir », de pouvoir suspendre la décision… « L’art de penser doit être appris comme la Danse, comme une espèce de danse », écrit le génial Friedrich. « Savoir danser avec les pieds, avec les concepts, avec les mots », insiste t-il en rajoutant : « Faut-il que je dise qu’il est nécessaire de le savoir avec la plume, qu’il faut apprendre à écrire ? »

Il est là, ce Jeu électrique de l’écriture où les mots au courant (fou) oscillent entre Vitesse de la lumière et Déplacements d’escargot. Nous y sommes dans ce Monde, dans ce Monde (im)mobile avec sa charge quasi-muette de convocations ( «Que fais-tu ? Qui es-tu ? Où vas-tu ?»), avec ce fracas insistant d’interpellations («Poètes et non-Poètes, vos papiers ! ») et de garde-à-vue («Mets-toi là et ne bouge pas, on t’a à l’oeil !»).Tout nous pousse à nous tenir à l’écart d’une écriture qui rendrait compte de ce qui est, de la Vie dans sa Beauté illégitime, de la Vie dans son exaspérante lenteur.

C’est vrai qu’il y a une impossibilité de penser, qu’il y a une impossibilité conjointe de parler et d’être entendu (là est la Violence sourde) mais cela ne signifie en rien qu’il n’y aurait rien à dire. Ce « Rien à Dire », laissons-le aux piteux Loquaces qui remplissent les écrans télévisuels, aux Spécialistes du Bavardage sur l’Indicible, aux Fogiel, aux Ruquier, aux Philippe Val du Monde entier.

BiBi et ses Amis ont, eux, plutôt un Trop-à-Dire. Ils sont plutôt sommés de tout dire. Ou si ce n’est de tout dire, de faire en écriture, l’expérience et l’épreuve des Limites, des leurs comme celles du Monde.

Marie N’Diaye aux Inrocks.

Vendredi 28 août 2009

Marie N'Diaye

C’est entendu, une phrase joliment tournée dans une interview ne fait pas le bon écrivain. BiBi n’a pas lu le livre de Marie N’Diaye («Trois femmes puissantes» chez Gallimard) mais il a retenu sa réflexion rapportée de la rencontre de l’écrivaine avec l’équipe des Inrocks.

(Extrait)  : Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

Marie N’Diaye : Je trouve cette France monstrueuse. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité. Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de , qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : « La Droite, c’est la Mort ».

BiBi, lui, la reprend à son compte. La Mort, oui.

BiBi fait ses comptes.

Mercredi 1 juillet 2009

Solitude et Migraines d’un bloggeur.

Merci aux Internautes pour leurs visites mensuelles. BiBi livre ses statistiques secrètes de juin. Il a noté qu’en ce laps de 30 jours, 9850 visiteurs sont venus lire le blog (dont 8501 en visiteurs uniques absolus). 15527 pages ont été vues (lues) : chaque page comporte 7 à 8 articles. Les chiffres de fréquentation sont en hausse de 35,4% par rapport à mai.

Selon Google Analytics, les Amis de BiBi se classent ainsi :

      Direct 753
      Google 6348

En provenance des sites-citoyens :
 
     betapolitique.fr  115
     Agoravox.fr  52
     wikio  41
     Sportvox.fr  26
     Paperblog.fr  64

En provenance des blogs :

     jegpol.blogspot.com  62
     hyposblog.fr  28
     unclavesien.blogspot.com  19
     rue-affre.20minutes-blogs.fr  17
     blogdejocelyne.canalblog.com  14
     lucamassaro.blogspot.com  14
     Kprodukt.blogspot.com  12
     nouvelhermes.blogspot.com  16
     celestissima.org  10
     Fsd74.org  7
     ceriselibertaire.canalblog.com  6
     Gauchedecombat.wordpress.com  6
     memoiresduvent.canalblog.com   3
 
En ce qui concerne les mots-clés arrivés en tête du hit-parade de ce mois de juin, on trouve « Hélène Mercier » (219), « Jean-Pierre Bernès » (94) et son compère « Alain Migliaccio (101) ». Merci pour la fréquentation du blog, merci pour vos lectures avisées et vos riches commentaires. A bibientôt. 

Photo : www.back-to-intro.com

Chapeau ! Chapeau le BiBi !

Mardi 2 juin 2009

Chapeau ! Chapeau BiBi !

Philip Wright a déclaré que «le BiBi était élégant et chic, que c’était un exemple suprême de simplicité classique à son mieux, une touche de style qui a captivé l’attention des médias du Monde entier». Ce BiBi mérite bien sa place en… tête du Hit-Parade ! Sachez aussi qu’il devance Hugh Jackman, Sean Connery, Daniel Day-Lewis et Johnny Depp. Pas mal, non ?
Lorsque BiBi a lu ça, il écoutait tout autour de lui la foule de ses admirateurs lui crier «Chapeau ! Chapeau le BiBi !».
Aussi quelle ne fût pas son amertume lorsqu’il comprit que ce qui faisait tourner la tête de ses (supposés) fans n’était en rien son Blog ou ses petits articles de pacotille. Non, il s’agissait de bibien autre chose : le BiBi en question était ce bibi gris souris que portait Carla Bruni-Sarkozy en visite d’Etat en mars 2008 devant le public britannique.
Grace à ce BiBi, elle a devancé la Reine au hit-parade de la liste des «Celebrity Hat Wearers» (Célébrités porteuses d’un chapeau). Et Philip Wright est un des membres du consortium Luton First, qui regroupe les nombreux modistes et chapeliers installés à Luton, située dans la banlieue de Londres.
On ne dit pas ce que Carla a reçu en cadeau… Peut-être un exemplaire du livre d’Olivier Sacks qui a pour titre : «L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau» ?

New New-York.

Samedi 23 mai 2009

New New York.

Les étudiants de la University ont fêté leurs grades. Revenus du Geant Stadium où Hillary Clinton a loué leur grande sagesse de futurs administrateurs de la Nation, ils ont fêté leur intronisation dans la future élite, tout autour de Washington Square. Derniers moments collectifs avant la séparation, ils ont mangé saucisses et poulet, dansé dans les rues, pleuré dans les bras de Maman, fumé un pétard hors la présence de Daddy. Le Monde qui les attend sera moins rigolo.

Dans la partie d’Harlem où vit Zoé, il faut débourser 1200 dollars pour un logement de 30 mètres carrés. Pas de vie de quartier hors le bénévolat et les Associations caritatives cloisonnées en ethnies. Pas de bistros, pas de cinémas mais de la bouffe en épicerie, en self-services, en pizzerias.
L’amie de Zoé doit dépenser 300 euros par mois pour une couverture sociale et Zoé 400 dollars pour un détartrage. La santé, passée la quarantaine, reste le grand souci de la petite classe moyenne. On craint la moindre fièvre, la moindre rage de dents, le moindre vertige. Les Français ne savent pas assez combien la Conquête de la Sécurité Sociale en 1945 fût un très très sérieux acquis démocratique (évidemment à défendre).

A , on fume beaucoup moins mais l’angoisse à ne pas fumer fait… grossir. Les 68 kgs de BiBi font de lui un poids coq (gaulois évidemment) ou – au choix – poids plume (acérée éventuellement).

Deux artistes rencontrés :
. Américain, sosie de Léon Trotski, il explique à BiBi sa technique-photo avec des projections de diapositives sur des corps féminins nus. Joël a eu sa quinzaine de gloire parisienne lorsqu’en juin 2008, il a exposé ses travaux au Musée de l’Erotisme. (www.joelsimpsonart.com).
A l’exposition de 60 créateurs new yorkais sur le Projet de www.onebrooklin.com, BiBi n’a retenu que le travail de Luis da Cruz, décorateur sensible (www.luisdacruz.com) et de Katie Quarrier. Une tenture avec un bouddha garni de feuillets d’or, un sol jonché de fleurs en boites métalliques ouvertes en corolle d’un bel effet. Pour le reste, les artistes américains sont confinés dans un individualisme forcené et un ego surdimensionné. BiBi a noté une absence de rage dans leur art, une permanence bien soft dans la dénonciation. Les «Œuvres» tournent beaucoup autour du Sexe, de la Méditation et de l’Exotisme. Ne pas compter y voir une joie de vivre là-dedans, ne pas compter non plus une évocation en formes originales d’un quelconque lien social.

Les New-Yorkais ne s’embrassent pas lorsqu’ils se rencontrent. Ils se serrent dans les bras avec, à peine, un joue-contre-joue. Le toucher sans frein, la bourrade, la bise, le bisou, l’étreinte, le corps-à-corps ne sont pas new-yorkais. Dans la rue, l’habitude est de se frôler sans jamais se toucher (même dans les rues souvent noires de monde). Et même si c’est BiBi qui fait le faux-pas, c’est toujours l’Américain qui se fend en excuses.