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Le Cirque médiatique.

Il est des intellectuels d’aujourd’hui qui font honneur à leur statut, se parant en gilets jaunes, défilant, manifestant, signant aussi la pétition pour les défendre. Bien entendu, ils n’ont guère d’espace médiatique pour faire connaître leur soutien. En sens contraire, on voit à longueur de journée des intellectuels mediatiques qui sont bien loin de penser le libéralisme (sa violence économique et policière) comme le premier des périls et quioccupent massivement la piste audiovisuelle. La plupart, sous-fiffres au capital culturel faiblard ou vieux arrogants indéboulonnables, déversent hargne et haine contre les Oubliés de l’Histoire, des Oubliés qui se rappelent chaque week-end, à leurs très mauvais souvenirs.

Tout cela est connu. C’est la France de Macron.

Guère besoin de présenter ces grandes étoiles du Cirque médiatique, experts en tous genre, sondeurs inamovibles, animateurs (trices) serrant amoureusement leurs micros, cyniques à l’humour de potaches, Chevaliers à l’écharpe rouge ou à la chemise blance, Goupil sorti des fourrés de 68, acteur berléanisé et terrorisé etc. Au total, une petite cinquantaine de personnes fières d’être touche-à-tout, répondant à tout, à tous, ouvert à tout, à tous. Avec bien entendu du poil à gratter anti-élite quand il est urgent de ne pas paraître trop servile, avec un zeste de citron acide pour endosser l’habit très consensuel du Rebelle, cet habit très bien porté par la nouvelle génération libérale-libertaire.

Ces clowns de la Grande Parade, les Medias n’ont guère besoin d’aller les chercher, ils les sonnent, ils arrivent, tous déjà connus de par leurs réseaux (ce sont les mêmes). Leurs lieux de retrouvailles ? Les Diners du Siècle, les repas chez Alain Minc, les séances photos de Mimi Marchand, les petits fours Avenue Montaigne, les parties de chasse en Sologne, les Croisières en Méditerranée, les petites sauteries (le JDD pour le 70 ème anniversaire du torchon) etc.

Tout cela est connu. C’était la France de Sarkozy-Hollande, c’est celle de la France de Macron.

Toujours étonnante la défense tarabiscotée de beaucoup de cesintellectuels dès qu’il s’agit pour eux de répondre, de se positionner vis-à-vis de ce mouvement social : «Et vous ? Et les Gilets Jaunes ? Et leurs revendications de justice sociale, dites-nous un peu ? » Les silences à ces questions… très rarement posées (il ne faut pas mettre ces gentils invités sous pression) sont toujours recouverts par leurs parlottes publicitaires. Nous en sommes à l’acte 16 des gilets jaunes mais ils causent : «Oui c’est mon dernier livre ; oui c’est mon dernier album ; c’est important de rappeler combien l’amour est essentiel, oui, il faut se battre, la Planète est en danger, les extrêmes, ah oui les extrêmes, et l’antisémitisme, mon dieu (le visage est grave, une seconde d’arrêt, de recueillement) mon dieu comme c’est affreux ».

Tout cela est connu. C’est la France de Macron. C’est aussi la France des BiBis.

Et là, voilà des questions qui me mettent mal à l’aise. Comment expliquer la gêne qui me prend à suivre ces émissions LCI-BFMTV-GGRMC-CNEWS, où je vois et entends des intervenants avec lequel je suis solidaire ? Pourquoi ai-je toujours cette impression durable qu’ils s’enfoncent, qu’ils s’embourbent irrémédiablement alors que ce ne sont pas leur arguments très justes qui sont en cause ? Pourquoi ai-je ce dépit toujours tenace qu’à la fin de ces pseudos-débats, de ces émissions-poubelles (aux thèmes pré-définis, jamais interrogés), de ces nullités télévisuelles ces Opposants se sont fait avoir ?

ANALYSE. Osons l’écrire : singulières croyances, singuliers aveuglements que les leurs. D’abord, cette croyance que leur présence va faire avancer les luttes en cours, illusion qui perdure même lorsqu’ils écoutent les saloperies distillées. Sur ces ignominies, ils vont quand-même répondre alors que le seul geste à faire serait de se pincer le nez et quitter le studio. Croyance donc increvable que chacune de leur intervention leur fera gagner un ou une électrice. On oublie hélas le passé, ce passé où les communistes du PCF de Georges Marchais avaient été fascinés par les interventions TV de leur Premier Secrétaire pendant que, dans le Réel, le potentiel militant était, lui, de moins en moins nombreux, qu’il était de moins en moins écouté, passant de 22% à 2% dix ans plus tard. On a aussi oublié qu’au référendum de 2005, 95% des Medias omni-présents pour le Oui ont été insuffisants pour contrecarrer le résultat.

C’était la France de la fin du XXème siècle mais on continue de l’ignorer.

On l’a oublié et – hélas – ces Organisations contre l’Ordre établi (et leurs chefs charismatiques) croient toujours que présenter leurs arguments politiques devant les présentateurs de JT, devant les animateurs des émissions politiques feront avancer leur Schmilblick.
Et voilà ces mêmes organisations prises totalement au dépourvu devant le Mouvement naissant des Gilets Jaunes, s’étonnant que malgré leurs (souvent justes) revendications, ces mêmes Gilets Jaunes se montrent réticents à leurs arguments (souvent convergents d’aileurs) et se méfient de la bureaucratie de leurs Organisations.

Ces Opposants – hors micro et écran – analysent très souvent avec justesse les Medias mais ils y vont quand-même. Et dès qu’ils sont sur les plateaux ou dans les studios, curieusement, ils rangent leurs armes critiques. Pourquoi ? Je crois que cela tient à une insuffisance de reflexion sur les dispositifs de ces émissions et surtout-surtout à un manque d’analyse sur la place prépondérante des grands Chefs que sont les animateurs/trices. Véritables despotes aux gestes amicaux, aux sourires consensuels etc, ce sont eux et eux seuls qui mènent la danse pro-libérale et gagnent toujours à la fin.

Cette impression de défaite des Opposants ne tient pas seulement à leur minorité (seuls contre deux, voire trois autres invités).

Cette déception qui nous prend à toute émission de cet acabit tient à ce que ces Opposants acceptent d’emblée – sans jamais la critiquer (on rêve d’un Godard venant décentrer toute question de Ruth Elkrief ou d’Yves Calvi) – la supposée position de neutralité, d’indépendance, d’objectivité de ces Meneurs d’émission qui sont là, nommés par leurs Patrons milliardaires, parce que d’obédience libérale.

Là où le bât blesse, c’est que ces invités estimables de la Gauche ne voit pas le dispositif qui les enserre. La contrainte inexorable n’est pas dans le trois contre Un, elle se situe dans l’omni-présence décisive à chaque moment (jusqu’au mot final) du présentateur/trice.

Seul moment de grace : lorsque Xavier Mathieu, invité des Gilets Jaunes, fit exploser le studio de BFMTV en s’en prenant à la position mise en pleine lumière de la pseudo-neutralité de la présentatrice Ruth Elkrief et de Bruce Toussaint.

Car c’est bien là que, tactiquement et stratégiquement, ces invités devraient porter leurs coups – quitte à… quitter majestueusement le studio.

Hélas, tout cela n’est pas assez connu. Et le restera encore longtemps.

Editocrates, Experts et autres Toutous du Système.

LUC FERRY.

Luc Ferry veut tirer à balles réelles sur les Gilets Jaunes. Il appelle à la rescousse l’armée française, quatrième armée la plus puissante au monde. Bref un appel au meurtre qui laisse totalement indifférent ses collègues qui causent dans le poste, aimables agités du PAF, caniches bien toilettés de la Parlocratie.

Luc Ferry dit en fait tout haut ce que bon nombre d’ »intellectuels » pensent tout bas. Ces intellectuels-là, on les a rencontrés déjà dans les années 30 et 40, ceux par exemple passés et formatés à l’école de l’Action Française. Traits exclusifs : la haine des bolchéviques, des francs-maçons et de la juiverie. Ils pensaient, ils rêvaient de leur mettre douze balles dans la peau. Aujourd’hui, sur Radio-Classique (propriétaire : Bernard Arnault), Luc Ferry sonne le début de la chasse et appelle la meute armée à la rescousse.

Luc Ferry. Souvenons-nous : en 2015, il profite, en habitué, d’une croisière autour de la Méditérranée avec ces autres intellectuels de Droite qui n’en pensent pas moins : les Jacques Julliard, les Finkielkraut, les Pascal Bruckner, Stéphane Bern, Laurent Joffrin et autres Comte-Sponville. (Lire encadré ci-dessus). Ils font des Conférences très bien rénumérées sur ces énormes et très laids paquebots pour touristes. En 2011, ce même Luc Ferry avait touché 4499 euros par mois pour des interventions à l’Université de Paris VII qu’il n’a jamais assurés ! Mini-scandale mais Luc Ferry – comme Fillon – n’a jamais rendu l’argent.

FRANCE-INFO.

Mon Dieu ! C’est FranceInfo !

Jean-François Achilli anime ce soir-là l’émission Les Informés sur France-Info. Il introduit en titre le sujet de la violence avec le boxeur
Christophe Dettinger (Bouh, le méchant !) et continue sa présentation d’émission en citant le commandant de Toulon, Didier Andrieux (sans le nommer) qui a agressé un opposant «qui tenait vraisemblablement un tesson de bouteille». Petit relévé de propagande qui, une fois encore, en dit long sur le soutien épouvantable de cette Radio pro-Macron  : cette version du «tesson de bouteille» (non prouvée à l’image) est celle de… la Police. Mais chuttt, on omettra de le préciser à l’antenne ! Silence aussi lorsque cette radio publique (Directeur : Vincent Giret, soutien enthousiaste de Macron 2017) tait que le nombre de 50.000 manifestants samedi dernier est le chiffre du… Ministère de l’Intérieur. Résultat d’aucune importance : Monsieur Achilli, insupportant mes tweets qui lui font remarquer ces menus détails (ici regroupés en un encadré), bloque mon compte Twitter !

NON FREDERIC, ILS NE SONT PAS FOUS.

C’est bien toi qu’ils montrent du doigt pour que tu rentres dans le rang.

Pour Frédéric Lordon, ils sont devenus fous. Mais la psychiatrie n’a rien à voir là-dedans. Leur habitus parle tout haut pour eux. Jusqu’ici tout cela était resté assez intériorisé et n’avait pas été clamé aussi fortement, aussi violemment. Cela tenait au contexte. On bavassait contre les Lois Travail, on plastronnait dans les débats des TV-Chiottes, on répondait tranquillement au micro du Téléphonne Sonne, on était très sérieux devant les caméras de 20 Minutes de Madame Quint, on blablatait sur les réalités économiques nécessaires pour la France, on défendait avec conviction les élans européens. Tout roulait, tout allait à peu près bien… jusqu’à… jusqu’à l’apparition des Gilets Jaunes dont la colère est venue les clouer au mur. C’est l’affolement généralisé devant cette France Spectrale que, jusqu’alors, ils n’avaient pas vu venir, confinés qu’ils étaient dans leur Entre-Soi et leur « supériorité ».

Et voilà – merveilleux moments ! – voilà que leurs gesticulations (des invités aux présentateurs-procureurs), que leur nervosité, leur impuissance politique et idéologique les révèlent. Non, ils ne sont pas fous, ils sont juste les suppôts exaspérés du Pouvoir, incrédules devant l’inédite résistance populaire. Leur inconscient est sur la table, éclate dans leurs mots, sur leurs écrans. Les voilà simplement sortis de leur Entre-Soi, les voilà visages entièrement découverts, totalement mis à nu. Oui, bas les masques, on vous voit et vous n’êtes pas beaux. Pas beaux du tout.

PS : c’est en raison du respect que je porte aux fous que je ne traiterais pas ainsi ces Experts du PAF et n’irais pas les calquer sur ces fous et sur ces souffrants qui emplissent les hopitaux psychiatriques.

  LA GRANDE FROUSSE DES EDITOCRATES ET DE QUELQUES SECONDS COUTEAUX.

Voilà une « élite journalistique dont la déconnexion semble de jour en jour plus stratosphérique. Une élite qui continue de considérer les manifestants avec mépris comme un vaste troupeau moutonnier, dont une carte pourrait mécaniquement déchaîner les pulsions ». (Article du Monde Diplomatique).

Cliquez sur la carte des lieux du Pouvoir (Monde Diplomatique)

Pourquoi s’interdire de nommer ces canailles parisiennes, répertoriées, cachées quelque part dans ces lieux de pouvoir ? Caroline Fourest (Marianne), Mohamed Sifaoui, Richard Hiaut (Les Echos), Jérôme Soligny, Jean-Michel Aphatie (Europe1), Géraldine Woessner (JDD, Europe1), Sylvia Pinatel (TF1), Raphaël Enthoven, Yves Bourdillon (Les Echos), Alex Sulzer (L’Express), Antoine Garbay (Le Figaro), Arthur Berdat (Le Figaro), Quentin Girard (Libération), Abel Mestre (Le Monde) Yann Barthès et Julien Bellver (TMC), Gérard Grunberg et Elie Cohen.

L’AFP, ANNEXE DE L’ELYSEE.

D’autres chiens de garde sont aussi à l’honneur : Christophe Schmidt, Chef du Service politique de l’AFP, Fabrice Fries, Directeur de cette même Agence France-Presse. (Article d’Acrimed).

GERARD LECLERC, CNEWS.

Le mois dernier on avait vu et entendu Ruth Elkrief de la poubelle BFMTV traiter Xavier Mathieu (ex-leader des Conti, aujourd’hui intermittent du spectacle) de «comédien» sous l’œil goguenard (et méprisant) de Bruce Toussaint. Aujourd’hui, c’est Gérard Leclerc (frère de Julien Clerc), autrefois humilié par Sarkozy, qui veut «interdire les manifestations». Visage crispé, yeux hors des orbites, nerveux à l’extrême, il cherche une approbation tout autour. Frappant le poing sur la table, il poursuit « A partir de  ce moment là, elles sont illégales et dès que vous avez trois personnes qui se réunissent quelque part vous pouvez les coffrer ! Ah bin oui !». Pas géniale cette grande frousse en direct ?

BRAVO A DAVID DUFRESNE, JOURNALISTE INDEPENDANT

David Dufresne (@davduf sur Twitter) recense toutes les violences policières filmées, commises sur le territoire français. En ces temps de répression, temps de silences médiatiques, d’attaques contre soi-disant TOUS les journalistes, en voilà un qui fait son travail d’investigation. Simplement. Efficacement. Et c’est tout à l’honneur d’Aude Lancelin et du @LeMediaTV de le laisser parler et de nous offrir ces vérités sur la Police de Macron.

J’ai sorti mes Top Tweets du frigidaire.

Quand les canaux de l’Idéologie dominante – quasi unanimes pour dégommer la France Insoumise – se mettent En Marche, un seul geste à faire : recueillir toutes ces « pseudos- infos » et les mettre au frigidaire. Oui, ramasser tous ces appétissants amuse-gueules et les ranger méthodiquement en chambre froide. Ne pas se jeter dessus illico, ne pas répondre dans l’urgence, la colère ou l’anathème, ne pas laisser affleurer nos rancoeurs et nos dégoûts. (Et Dieu sait que, cette semaine, j’en ai connu des hauts-le-coeur et des aigreurs stomacales à puissance N à l’écoute des Commentaires des Médias Gna-Gna). 

Et puis, j’ai tout sorti, j’ai tout regroupé sur la table de ma petite cuisine. J’ai salé, j’ai poivré.

Bon appétit. 

L’ami qui n’a pas manifesté.

« Hier, roulant en voiture pour me rendre à la manifestation, je me suis demandé qu’est-ce qui pourrait te pousser à entrer cette fois-ci – au moins pour une première fois – dans la danse de la grande protestation nationale ? Est-ce que vivre en souffrance sociale te suffira à te rendre à la manifestation dont on sait qu’elle passera sous tes fenêtres ? Accepteras-tu de quitter momentanément ton deux-pièces et à aller défiler ?…

La matinée d’un parano.

Je n’en peux plus. Je dois être parano.

Si c’est le cas, c’est pour ma survie.

Survivre ? Mais à quoi ? Attendez un peu, je vais vous dire comment se passe une de mes matinées.

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