Catégorie: Livres de lecture & Poésie

Livres de lecture.

On n’a pas toujours envie de parler. On a juste ce désir de rester sans voix, sans paroles, de se taire, de laisser venir à nous, moins les lectures (c’est impossible) que les souvenirs de lecture, ceux qui se sont emparés de nous ces derniers temps. Très souvent, trop souvent, les livres s’éloignent, ils nous perdent de vue, les phrases qui nous ont brûlés sont de cendres, émiettées, emportées par les vents. Paysage de désolation. Qu’avons-nous retenu ? Le flux, le reflux, le feu peut-être ? Restent quand-même des bribes qui nous reviennent, qui nous retiennent.

Coin-lecture : « ELLE ME DISAIT ».

Jamais tout cela n’aurait du devenir un livre. Jamais toute cette aventure n’aurait dû s’achever sur les presses de l’Imprimerie Villière (74160 Beaumont). Pourtant.

Pourtant  vous voilà devant une sollicitation-bibi, un produit à placer, une énième pub, devant une énième demande de soutien intéressé (financier). Oui, un peu de tout cela, pourquoi ne pas le dire ? Mais les mots «produit» ou «pub» ne sont pas vraiment à leur place. 
Résultat ? Via ce bibillet, une invitation  à la lecture de mon dernier livre ELLE ME DISAIT (125 pages. 13 euros).

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Lectures et relectures.

En ces temps troublés où l’épisode quinquennal de Macron n’est pas fait pour nous rassurer, on peut quand-même prendre provisoirement la tangente. Et ainsi trouver un petit coin où feuilleter nos livres déjà lus, où tourner laconiquement les pages de ces quotidiens qui veulent nous façonner le Monde à leurs mauvaises manières.

Lire donc, pour retrouver un moment de paix, un moment, car il ne durera pas. C’est qu’avec ces cinq années qui s’ouvrent, c’est une guerre qui nous attend. La guerre économique, pas de doute. La guerre aux plus pauvres, aux sans-dents, la guerre aux migrants, aux fonctionnaires, aux retraités et à tant d’autres.

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« MEMOIRE DE FILLE » d’Annie ERNAUX.

La fille de l’été 1958, celle qu’Annie Ernaux fut, voilà ce que l’auteure du livre voudrait oublier. («J’ai voulu l’oublier aussi cette fille»).Elle aurait voulu ne plus avoir à parler, à écrire sur cette fille de 58, cette fille accompagnée de sa mère pour son premier job (celui de monitrice de colonie dans un aérium de l’Orne). Mais foin de cette volonté d’oubli cinquante cinq années après : «l’idée que je pourrais mourir sans avoir écrit sur celle que très tôt j’ai nommée «la fille de 58» me hante».

Lecture : « Le Yacht du Roi Farouk » de Marlène Belilos.

Il ne s’agira pas ici d’une lecture critique. Les livres qui vous touchent n’en ont pas besoin. On ne lira donc pas ici de reflexions sur la forme et le fond, sur les tics de l’écrivain(e), on ne trouvera pas une lecture comparative entre les beaux passages et les moins bons. De tout cela, je me fiche. Seules comptent les brûlures que les livres (grands ou petits) vous font. Les temps de mes lectures sont des temps hors-monde mais ce hors-monde me ramène au vrai monde, celui du coeur, des palpitations et celui des différences sociales. De tout cela, il en est question dans les souvenirs égyptiens de Marlène Belilos.

Et c’est à elle que j’ai envoyé cette lettre.