Ma Revue de blogs.

Blog LA REVUE

Les blogs restent une lecture indispensable. Voix de découvertes. Voies de nouveauté. Certes, je n’y rencontre pas que des pépites. Dans le tamis de mes recherches et de mes visites sur ma BlogRoll, il y a du très bon, du bon, du moins bon. Dans le patchwork parcouru cette dernière semaine, c’est le burkini et ses discours, c’est l’ignoble etc qui sont en Unes.

Dans les humeurs de blogueurs et blogueuses, on oscille entre la férocité de combattre, la clarté dans les analyses et le désenchantement. Bonne lecture à vous, fidèles lecteurs, irremplaçables lectrices.

SARKOZY

Sarkofrance ne changera peut-être pas le titre de son puisque, effaré, il continue(ra) d’écrire sur/contre Sarkozy. Au-delà de 2017 ? On sera d’accord avec lui sur cette hypothèse : «Comme Trump, Sarkozy peut gagner». Mais à quoi cela sert-il de souligner que «les slogans de bistrot de l’ex-Président sont ignobles». Car c’est justement… grâce à ses slogans ignobles que l’ignoble peut gagner.

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La femme est plurielle

 Sur le blog de Crepe Georgette, il faut vite aller voir et lire son billet qui porte sur la défenses des droits vestimentaires des femmes. En préambule, elle rappelle tout l’intérêt du livre de Fatima Mernissi («Le Harem et l’Occident») qui soulignait ceci : «les femmes orientales subissent un enfermement spatial (image du harem); les femmes occidentales, elles, subissent l’enfermement dans une image, «le harem de la taille 38».

La insiste : «Le vêtement féminin ne peut être analysé comme un simple vêtement. Il est lourd de symboles et extrêmement signifiant». Avec pour exemple récent, l’épisode au sein même de l’Assemblée Nationale où Cécile Duflot «entre son jean et sa robe colorée, en a fait les frais et a subi insultes, quolibets et harcèlement sexiste et sexuel».

Plus loin encore : «C’est justement une habitude typiquement sexiste et patriarcale que de donner du sens à tout vêtement féminin : «et tel vêtement qui fait pute, et tel vêtement qui fait djihadiste, et tel vêtement qui est trop sexy et tel vêtement qui participe à la soumission des femmes etc». Ce sont nos regards sur tel vêtement qui ont du sens, pas le vêtement.

En aucun cas, il n’y a à contrôler les vêtements des femme pour en protéger d’autres. Une femme ne dit pas plus avec son burkini que je ne dis avec mon bikini. Dire que c’est une manière pour elle d’expliquer aux autres femmes qu’elles sont indécentes vous appartient ; vous préférez juger des pensées des femmes au regard de leurs vêtements plutôt que de leurs paroles».

Avec pour double conclusion à méditer qu’il n’y a pas «une seule façon dont la féminité se construit et que les féministes occidentales gagneraient énormément à le comprendre plutôt qu’à supposer que leur exemple est un modèle» et que «le vêtement féminin a toujours et est encore un moyen de contrôle des femmes».

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femme

Sur le blog de Marie-Anne Paveau, on s’arrête sur le tintamarre autour du burkini et sur les discours multiformes qui l’accompagnent. La blogueuse s’attarde, en le déplorant, sur «le fait qu’ il n’existe pas de réflexion sur le fait de prendre la parole au nom d’une personne ou d’un groupe et d’investir sa subjectivité, à partir d’une décision individuelle, sans le consentement de la personne ou du groupe en question». Elle se propose d’appeler cette tendance «l’énonciation ventriloque». Un phénomène qui a – hélas – de grandes chances de perdurer et de s’amplifier.

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Le Yéti  restera sur le même sujet dans une réponse à . Il rappellera l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme et y insistera :

«Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites».

«Il est impossible, sinon invivable, d’exiger de chaque citoyen qu’il opère une totale séparation entre son domaine privé et l’espace public. Dans les faits, celle-ci n’est évidemment (et heureusement) pas respectée au sens strict. Les églises, les mosquées et les synagogues se trouvent en domaine public, ouvertes à tous les publics. Nombre de lieux religieux sont inscrits au patrimoine touristique de notre République laïque».

Avec, en conclusion interessante : «La tolérance quant aux manifestations d’appartenance religieuse sur la voie publique est la «soupape de décompression» indispensable à la vie en commun. Vouloir confiner l’expression d’une croyance quelle qu’elle soit au strict espace privé au nom de principes excessivement formalistes exacerbe le sectarisme et la haine (…)».

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Lenine

Pour résumer cette affaire burkinienne, j’ai retrouvé sur le blog «Feu sur le Quartier Général» un psaume de… (dans Socialisme et Religion) cité par le .

«La bourgeoisie réactionnaire a partout eu soin d’attiser les haines religieuses – et elle commence à le faire chez nous – pour attirer de ce côté l’attention des masses. (…) Nous lui opposerons dans tous les cas une propagande calme, ferme, patiente, qui se refuse à exciter des désaccords secondaires».

Je rajouterais ces autres extraits : «L’Etat n’a pas à s’occuper de la religion, les sociétés religieuses ne doivent pas être liées au pouvoir d’Etat. Chacun doit être absolument libre de confesser la religion qui lui plaît ou de n’en reconnaître aucune (…) Toute distinction des droits entre citoyens, selon leurs croyances religieuses, est absolument inadmissible. Toute mention de la religion des citoyens dans les documents officiels doit être totalement supprimée. L’Etat ne doit accorder aucune subvention ni à l’Eglise, ni aux sociétés ecclésiastiques ou religieuses, lesquelles doivent être des unions de citoyens-coreligionnaires, unions absolument libres, indépendantes vis-à -vis du pouvoir».

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grand-maitre-of-the-outsider-1947

Le blogueur de Nos Consolations n’a cure de toutes ces paroles pieuses. Il est entré ailleurs pour se confesser. Pour lui, ce n’est pas du cultuel dont il faudrait causer mais du culturel. Il a choisi un extrait signifiant de Asphyxiante Culture» aux Editions de Minuit) : «La culture tend à prendre la place qui fut naguère celle de la religion. Comme celle-ci, elle a maintenant ses prêtres, ses prophètes, ses saints, ses collèges de dignitaires. Le conquérant qui vise au sacre se présente au peuple non plus flanqué de l’évêque mais du Prix Nobel. Le seigneur prévaricateur, pour se faire absoudre, ne fonde plus une abbaye mais un musée».

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Un clin d’œil à l’amie Librelulle qui renvoie en prose et haut en couleurs Machos et Grands Séducteurs à leurs chères études.

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Des pas perdus s’arrête, lui, sur le silence des Médias à propos du travail du dimanche («Cette semaine, les «grands» médias n’ont pas consacré une ligne au travail dominical»). En son temps, BiBi en avait tiré une jolie image avec une jolie légende.

Bricorama

2 Responses to Ma Revue de blogs.

  1. Robert Spire dit :

    Pour compléter cette brillante revue, voici un site que j’ai découvert chez « Le Monolecte »:
    http://blog.europa-museum.org/post/2016/08/09/La-race-le-racisme-et-l-antiracisme-sont-essentiels-au-neoliberalisme

    « Quand Clinton dit que le racisme est le péché originel des États-Unis, elle veut dire en réalité que l’exploitation du travail par le capital ne l’est pas. Autrement dit, la race, le racisme et l’antiracisme sont essentiels au néolibéralisme ; ils ne vont pas disparaître de sitôt. »
    Walter Benn Michaels:

    La prochaine présidentielle française sera un copié-collé de de la campagne pestilentielle américaine.

  2. BiBi dit :

    @RobertSpire
    Oui, le blog de Monolecte est aussi dans mes starting-blogs. Tu fais bien de le citer.
    Quant au racisme USA, si j’ai applaudi à l’élection d’Obama, c’était paradoxalement avec la conviction inverse que tout allait continuer – et même empirer.
    Car évidemment si je reste optimiste c’est en étant de + en + inquiet.

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