Blog : inspiration, engagement et méthodes.

répond avec un peu de retard à la Chaîne propulsée par Peuples.net sur l’écriture bloguesque et l’engagement qu’elle demande. « D’où écrire ? Comment écrire ? Dans quel cadre? Dans quelle forme physique et mentale etc ». BiBi s’est prêté au jeu et à l’invitation.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Tous ceux qui respirent.

Qu’est-ce qui déclenche l’acte d’écrire ?

Il faut deux choses pour une mise en mots, deux choses ou idées à mettre en rapport : deux pierres de silex pour faire naître une étincelle, deux tempos pour une concordanse des temps, deux pensées fort éloignées pour faire un nœud ou encore du ciel bleu et deux nuages.

A quel moment de la journée le faites-vous ?

La journée, les forces s’accumulent dans le silence de la page blanche. C’est la nuit que ces forces vives reviennent – fantomatiques, intransigeantes, légères, terribles – sous les touches du clavier et le hachoir de la Pensée.

De quels endroits ?

Rosée du matin sur le balcon, cambouis du garage, table de bistrot dans le jardin japonais (un pied de vigne, de la ciboulette). Mais le plus souvent, dans la jungle de ma chambre.

Comment et où vous installez-vous ? Quel est votre environnement ?

Dans les murmures d’une bibliothèque municipale, mercredi matin, de 10 à 12. Dans ce lieu clos, je me salis les mains au pliage et dépliage des journaux. Ou chez soi : dos courbé, assis sur une chaise devant quatre pieds d’une table de travail. En surplomb : sept étagères de livres au-dessus de ma tête et le dernier numéro du , journal du Frère Lagardère à portée de main.

Quels outils utilisez-vous pour écrire ?

Un agenda pour l’écriture à la main et la prise de notes du mercredi. De ce carnet, BiBi en a déjà fait l’éloge. Logiciel Word pour traiter les textes : cent touches de clavier et guère de retouches.

Faites-vous beaucoup de recherches ? Rédigez-vous beaucoup de brouillons ou d’articles que vous ne publierez pas ?

Pas souvenance d’un brouillon retravaillé ou laissé en jachère. Plutôt un trop-à-dire, un trop-à-écrire qu’un assèchement longue durée.

Au sujet de mes recherches : le socle de mes billets naît souvent de la rencontre de mon Quotidien (ou du quotidien politique) avec ce que j’appelle mes Livres de Vie (Shakespeare, Pierre Sansot, Georges Haldas, Artaud, René Char, Daniel Sibony et beaucoup d’autres – ce sont mes sentinelles indispensables…)

Écrivez-vous en prenant votre temps ou avec une certaine frénésie ?

C’est Flaubert qui résumait le mieux ces Tentatives d’écriture – via ce joli mot de « Marinade » : « La Marinade : le mot est de Gustave Flaubert. On se jette à un moment sur son lit. On ne fait rien. Les Pensées tournent en rond, on est un peu déprimé. Des marinades, j’en ai souvent mais elles ne durent pas longtemps, un quart d’heure à vingt minutes. Après, je reprends courage et je me remets à écrire ».

Frénésie et concentration : qui pourrait les dissocier ? C’est une seule et même chose. Je trie les Choses de la Vie, je sélectionne, je classe, je rassemble, je mets en ordre puis, à la tombée de la nuit, BiBi s’impose : il me pille, il me vole, il s’accapare mon travail, il emprunte sans vergogne. Il prend toute ma place et finit même – le vaurien – par signer « BiBi » de sa main de fer.

Si Librelulle, Tu Quoque Mi Amici ou Captain Haka veulent s’enchaîner, ce sera en toute liberté (la leur).

14 Responses to Blog : inspiration, engagement et méthodes.

  1. captainhaka dit :

    Merci Bibi d’avoir pensé à m’accrocher à ce wagon sur les pratiques de chacun. Ma modeste réponse à cette chaîne de blogs se trouve ici :
    http://captainhaka.blogspot.com/2010/05/jour-de-chaines.html

    Tu as toute liberté pour y lire quelques lignes.

  2. Rémi Begouen dit :

    Cela fait plusieurs fois que j’en avais envie ; cette fois je le fais : J’admire comme toi Georges Haldas… et je l’ai connu dans des circonstances bizarres (comme la vie). En bref, j’étais ‘sans papier’ à Genève, vers 1983. A la fois employé clandestin à ‘la plonge’ dans un bon resto, où par ailleurs j’exposais mes photos. Le patron (qui était un très chic type), un jour, vient me chercher à l’office : ‘T’as un client, vient !’… J’arrive, avec mon tablier tout dégoulinant, pour me trouver face à Georges Haldas, ‘mon client’!
    Il était ultra-myope. M’a demandé de décrire telle ou telle photo, dont il ne percevait que des taches de couleur, belles pour lui…
    Il m’en a acheté une, payée sur le champ, plus un pot. Là, je l’ai fait bien rire, lorsque je lui avoué que j’avais, quelques jours avant, chipé un livre de lui (‘Le boulevard des philosophes’, je crois) devenu mon livre de chevet ! Il m’a allongé un billet de plus pour arrêter de ‘piller les honnêtes libraires’ et continuer à le lire … ce que j’ai fait. Quel homme !!!!

  3. BiBi dit :

    @Rémi Begouen
    Oui quel homme ! Je l’ai rencontré plusieurs fois au Salon du Livre de Genève. La première fois, on avait parlé football ! Il avait écrit un livre « La Légende du Football ». Mais c’est son mordant, sa façon singulière de tracer son chemin, ses « leçons » de vie et sa critique sociale que j’aime par dessus tout. Ses livres sont des sources inépuisables.
    J’ai écrit ici même plusieurs articles pour dire mon admiration du bonhomme.
    Quand je vois tous ces écrivaillons qui remplissent les pages Livres de Libé, du Monde, de l’Express et silence sur Haldas, y a de quoi être révolté.

  4. librellule dit :

    Bibi, c’est tentant mais si je vous écoute trop, je ne finirai pas mon roman. Après alors. J’ai beaucoup de retard déjà.

    Je prend note des écrivains qui respirent.
    « Le boulevard des philosophes? »
    Connais pas.

    J’ai une culture littéraire plutôt classique finalement, me semble-t’il et peut-être pas très étendue.

    Je passais prendre des nouvelles.
    Michel est orphelin depuis peu(Bot-papa est décédé) et accuse le coup.

    Tracasseries administratives en vue, notaire et compagnie, dettes à éponger: long séjour, obsèques…

    Bref! Pourvu que nous puissions rester dans notre « chômière »

    Gros bisous

  5. BiBi dit :

    Pour ton roman… il n’y a pas d’urgence, il n’y a que des gens pressés ! Frénésie et concentration sont une seule et même chose lorsqu’on est en « Etat de Poésie » ( la formule est de George Haldas)
    Transmets à Michel le meilleur de BiBi.
    Sur G.Haldas encore : en priorité… ses Carnets et leurs pensées incisives, de celles qui nous aident à vivre. Bibises.

  6. librellule dit :

    j’ai pris ça comme un petit bilan de mes premières expériences littéraires
    Et je le fais pour te faire plaisir
    Après, je disparais.

    Ce qui m’inspire:
    Les gens, les conversations, le besoin de comprendre, le vivant,la nature, l’amour, la mort, des livres

    Ce qui déclenche l’acte d’écrire:
    C’est comme un manque, un besoin, une montée d’adrénaline, une force interne, un élan, une émotion(Joie, peur, tristesse, colère…)

    A quel moment?
    En sortant du travail, plus souvent le soir mais plus par nécessité que par choix. Par intermittence aussi(j’ai de l’arthrose précoce et ne tiens pas longtemps assise)

    A quel endroit?
    Mon écriture s’enrichirait si elle sortait plus, si elle se mettait en contact direct avec la nature, avec les gens. L’idéal? au pied d’un chêne, dans une forêt, dans un champ mais j’ai un peu peur de sortir seule, alors, dans la salle-à-manger avec les bruits « parasites », (pas de place dans la chambre minuscule) ou dans un café même bondé. j’arrive plus facilement à m’extraire du réel hors de chez moi. ça vient… Pour le premier jet, c’est l’idéal mais pour l’écriture finale, c’est la cata! Il me faudrait un silence monacal.

    Quels outils:
    Des blocs-notes éco aux feuillets détachables. Pour les textes courts ou des idées, des amorces:
    Des tickets de magasins, de rapido, ma main, mes bras, mes chéquiers… pas encore réussi sur le bout de mon nez. Le crâne d’un chauve mais je ne sais pas s’il sera d’accord.
    Un stylo à bille noir qui ne bave pas.
    Un chat à mes côtés
    Une hache imaginaire pour ceux qui me dérangent. je deviens insupportable…

    Des recherches?
    J’ai besoin souvent d’une ambiance, d’une atmosphère particulière. Pour mon roman(si j’y arrive), j’ai renoué avec mes racines, je me suis replongée dans une ambiance provinciale, je vérifie les dates ou saisons des évènements spécifiques à la région, leur déroulement. Je fais de plus-en-plus de brouillons, ou disons que je deviens plus exigeante. je retravaille.

    Ecrire avec frénésie ou en prenant mon temps?
    Pour le premier jet, je me jette sur une feuille comme une malade. j’écris sans réfléchir pendant un ou deux mois.

    Après, je prend mon temps, trop, et je doute! je bute, je rage, je trépigne, je rature, je rajoute, je m’énerve, je m’arrache les cheveux, je reste une heure sur une phrase.
    -je la vire ou pas?
    -J’en dis trop ou non?
    -Est-ce bien nécessaire?
    Et je redoute ces instants. je suis dedans. Du mal à en sortir, à « oublier »

    Faut que je me lève! j’ai mal au dos!
    Il vaut mieux commencer jeune, c’est sûr!

    Bisous et à bientôt.

  7. librellule dit :

    Il y a une belle médiathèque à Limoges, je vais y penser…
    Plutôt qu’assise sur une fourmilière…

  8. librellule dit :

    « Oh! Mon Capitaine! »

    Où trouver vos/tes réponses sur votre/ton site précisément.
    Merci.
    le tu, c’est au cas où il s’agirait d »un Cap’tain breton. Les bretons se tutoient aisément , parait-il.

    Cordialement à tous
    Bisous quoi.

  9. librellule dit :

    J’ai trouvé.

    Petite anecdote.
    je plaisais beaucoup au kiné de l’un de mes employeurs
    Il devait me trouver « spirituelle » et amusante
    Il m’appelait l’écrivaine
    Il me voulait comme amie sur facebook
    Il a lu que j’avais le coeur à gauche
    Il m’a écrit:
    -Si c e n’est pas un penchant irréductible, chouette!
    Je l’ai contrarié

    Depuis, il m’appelle « Petite »…

    J’ai décidé qu’il ne m’appellerait pas petite très longtemps…
    Un bon kiné sinon

  10. librellule dit :

    Y’ a eu un quiproquo en fait
    Il va être mon ami
    Pas sûr qu’il reste longtemps
    C’est un test

    Il a le coeur à gauche et voterait plus à droite
    Y’a un truc qu’il a pas réglé
    S’il me lit, je suis cuite…

  11. librellule dit :

    Choisissez vos camps hein! sinon on est pas sorti…

  12. librellule dit :

    Nous NE sommes pas…

  13. Alain Cocarix dit :

    L’épopée de l’être terrestre recèle 3 mille brouillons ou dix mille études sur une feuille de papier. Le récit bride le temps au lieu d’être anéantit par lui. «Le temps de la postmodernité est le temps de Kairos (…)»

  14. valerie dit :

    Le temps de curer mes os, je m’y replonge…
    Kairos? ça me dit bien quelque-chose mais quoi?
    Une réminiscence du passé sans doute

    D’où tenez-vous vos chiffres?

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