« Welcome » de Philippe Lioret.

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Vous avez donc appris pas mal de choses sur la manière dont les immigrés sont traités en France ?
: Oui. Il y a même une compagnie entière de CRS qui ne s’occupent que d’eux, qui font tout pour obtenir leur départ volontaire du territoire. En France, il y a une loi scélérate. Si on l’applique à la lettre, les Citoyens qui aident les immigrés risquent la mise en examen, voire pire.

Militante bénévole de l’Association Salam à Calais, a guidé Philippe Lioret sur son film. Elle parle des réfugiés dans une interview à La Montagne :

«Ils vivent un peu comme des animaux, dans la Jungle (les bois autour de Calais) ou dans les squats insalubres. Aujourd’hui, ils sont environ 700. Il y a des femmes africaines, des mineurs afghans qui ne sont pas protégés». Quant à la répression, ce n’est pas du cinéma : «Elle s’exerce sur les milieux associatifs. Le Vice-président de Salam a écopé d’un mois de prison avec sursis il y a quatre ans pour… propos racistes à l’égard d’un CRS. Le fait que le CRS ait reconnu en appel que c’était faux n’a pas changé la peine. Ces procès ont pour but de nous faire peur pour que nous arrêtions notre action». Sur les passeurs : «On voit les passeurs qui font du business sur le port mais on ne voit pas beaucoup de filières démantelées. La Police a assez de moyens pour les arrêter mais ce n’est pas ce qui se passe. Pourquoi ?» Un pourquoi adressé à Monsieur Besson.

BiBi comprend que la Droite et ses appuis médiatiques ne supportent pas le succès naissant du film «». On y met en images les lois insupportables qui mènent un jeune homme de 17 ans à faire la Manche. Film nécessaire, film militant, film avec un impeccable .
Subsistent pourtant des anachronismes pour BiBi.

– Le personnage féminin qu’est la femme de Vincent Lindon s’en prend à son (ancien) mari en lui demandant : «Pourquoi tout ça ?» alors qu’elle-même, bénévole, aide les immigrés en situation irrégulière. Peu compréhensible.

– Toujours à propos de ces séquences Mari-Femme, BiBi trouve qu’il y a un peu de mièvrerie dans l’exposition de leur séparation. Manque de tranchant et d’intensité dramatique.

– La Forme laissée à vau-l’eau – peu d’invention narrative, pas de surprises dans les plans et leur enchaînement – affadit les propos du film. Il semble que la découverte de la terrible situation de ces réfugiés ait paralysé l’inventivité du cinéaste Philippe Lioret (1). En devenant Citoyen (via son film), il a quelque peu délaissé sa posture de Cinéaste (citoyen). Il ne s’agit évidemment pas de choisir entre l’un ou l’autre mais plutôt d’éprouver et de tenir – par l’image, le son, le montage – un Entre-deux.
Philippe Lioret a encore sûrement beaucoup de films devant lui pour prouver qu’il peut se tenir en funambule sur ce double câblage de la Citoyenneté et de l’Art cinématographique.

(1) « J’ai débuté le film comme un cinéaste et je l’ai terminé comme un citoyen».

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