Antoine Vitez, toujours vivant.

Antoine Vitez est mort le 30 avril 1990. Vingt ans déjà que le grand Homme de théâtre a quitté la Scène. De lui, BiBi a retrouvé un petit texte plein de fureur et d’amour pour son art.

« La situation du théâtre est aujourd’hui paradoxale. Rarement il y a eu en France un tel intérêt pour le théâtre, un tel désir d’en voir et d’en faire, et rarement aussi le théâtre fut autant maltraité par le pouvoir en place.
On nous fait honte, on veut nous humilier. Des jeunes gens, dans toute la France, veulent s’exercer au théâtre – fut-ce en amateurs -, et quels moyens va-t-on leur donner pour cela ? On leur dit que c’est leur névrose qui parle.
Et nous-mêmes qui sommes les gens de métier, il paraît que nous sommes trop nombreux, et que nous, si nous faisons cela, c’est que nous ne pouvons rien faire d’autre : snobisme ou fainéantise.
Le théâtre a l’habitude de ces insultes, mais voilà que les temps ont changé. La nécessité des arts est entrée dans la vie sociale ; nous ne nous laisserons pas intimider ; nous n’avons plus besoin de refaire pour la centième fois la preuve de l’importance que tient la création artistique dans notre pays.
Il y a urgence
».

Dans l’hebdo (8 avril) , plusieurs personnes qui l’ont connu au travail témoignent.  : « Les répétitions étaient des moments de jubilation et de grande liberté. Il nous pensait, il nous situait, nous inscrivait dans l’histoire. C’est ce qui manque aujourd’hui et c’est pour cela qu’il faut raconter à nouveau l’aventure-Vitez pour nous situer «  dans la chaine mémorielle de notre art ».

se souvient : «Nous, les Acteurs vitéziens, nous n’étions reconnus par personne. On était considérés comme des intellos que personne n’engageait ailleurs. Ce que Vitez détestait, c’était le léché, l’heureux-vivre. Il disait « Je hais le métier ».

 rappelle qu’il avait «un regard bienveillant et amoureux sur l’acteur. Il avait toujours un peu de mal à se mettre aux répétitions. Alors il nous parlait des articles de l’Huma, de l’Actualité française, il faisait des imitations. Ensuite, on bossait. Jamais de phraséologie théâtreuse. Rien n’était présupposé. Le concret faisait peu à peu de la pensée».

Voilà une phrase et prise de position qui met BiBi en joie : « Le concret faisait peu à peu de la pensée ».

Photo : Autoportrait 1970.

2 Responses to Antoine Vitez, toujours vivant.

  1. Chr. Borhen dit :

    J’aime bien, BiBi, quand vous êtes sur le pont.

  2. Fidel Castor dit :

    Merci bibi pour votre passage, j’ai trouvé étonnant que ce fait (20 ans ) n’ait pas eu un écho plus fort, même pas sur que le Festival d’Avignon lui rende un petit hommage…

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