De Fascisme à « Populisme »: analyse d’un glissement

Deux articles parus dans le Numéro de la revue nous éclairent sur la stratégie de l’extrême-droite et nous aident à comprendre la collaboration entre Droite et Extrême-Droite, collaboration qui devient quasi-générale en Europe (du Nord particulièrement). Et le pivot central de ce changement tourne autour de ce seul mot de… «».

Populisme : un mot fourre-tout repris par les Médias.

En lisant l’article de Benoît Schneckenburger (paru dans le dernier numéro de Sarkophage), on croise une belle analyse sur ces partis d’extrême-droite et leur stratégie. L’angle d’attaque du philosophe se situe sur le terme de «populisme».

«Le terme de «populiste» n’a pas de véritable objet. C’est un mot fourre-tout dont use et abuse le monde médiatique. Chacun le cite sans en donner de définition. Il est plus polémique que descriptif : il assimile démocrates radicaux et démagogues xénophobes car il y a un préjugé antidémocratique en théorie politique : le peuple fait peur».

Je rajouterai ce second axe bien ancré (et dénié) chez nos éditocrates : le peuple serait conduit aux excès et, du coup, n’hésitons pas à limiter ses engagements politiques.

Le philosophe poursuit sur ce terme qui permet de qualifier et de désigner deux mouvements soi-disant identiques, assimilables (identiques jusque dans le nom : Front). Par contre, cette désignation de «populiste» et l’indignation qui l’accompagne est à géométrie variable. Personne n’aura entendu (expert du Think Tank UMP Fondapol) qualifier Sarkozy, Guéant et Hortefeux de «populistes».

Glissement dans la dénomination.

«Plus grave, l’accusation a pu servir la stratégie du . En refusant de qualifier de fascistes ou de xénophobes les partis d’extrême-droite, ils sont rendus seulement populistes – et donc fréquentables» (acceptables).

Ce glissement dans la dénomination des Partis est perceptible partout. Ces modifications au niveau du Nom ne sont pas anodines. En France, les médias – sans même s’interroger dessus – alimentent cette stratégie en reprenant et imposant le «Bleu Marine», une couleur acceptable qui remplace le faisceau fasciste qui traînait sur les affiches de Jean-Marie Le Pen. En Italie, l’ancien parti fasciste a changé de nom pour entrer de plein pied dans la Maison Berlusconi. Au Danemark, le leader Pia Kjaersgaard a imposé un nouveau nom et une nouvelle structure à son parti construit sur les ruines d’un parti xénophobe. Les nationalistes flamands ont fait de même avec le Vlaams Belang etc.

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 Une Droite prête à tout.

Dans le même numéro de Sarkophage, Laurent Chambon insiste sur la collaboration entre la Droite française et l’extrême-droite en regardant opportunément le Nord de l’Europe. Avec ce point central :

«Ce qui compte le plus pour comprendre le succès de cette extrême-droite européenne nouvelle formule, écrit-il, c’est la veulerie de la droite gouvernementale. Avec Rasmussen au Danemark et Rutte aux Pays-Bas, Kjaersgaard comme Wilders ont trouvé des alliés de poids, sans aucune structure intellectuelle ni ligne politique précise, prêts à tout pour rester au pouvoir. Cette nouvelle Droite n’a que quelques buts : rester au pouvoir, protéger les grandes entreprises et favoriser le groupe qui les a aidées à se faire élire». Sans parler de la Ligue du Nord copain comme cochon avec Berlusconi.

Si l’on ramène tout ça à la France, on comprend pourquoi Sarkozy a voulu décerner un brevet de républicanisme au FN, pourquoi la Droite populaire – de Morano à Estrosi – a abandonné les thèmes chers à la «droite républicaine» et au Gaullisme historique.

Et – n’en doutons pas – ça continuera avec Copé en nouveau leader. En ce premier jour à l’Assemblée, BiBi n’avait d’yeux que pour lui, «opportunément» placé aux côtés de son nouvel ami, Gilbert Collard du FN.

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Crapulerie zurichoise.

Hors ces deux billets, je ne saurais finir le mien sans dire un mot sur cette crapulerie zurichoise. Ce week-end, l’, parti xénophobe suisse, a fait des siennes. Un de ses membres, Alexander Müller, responsable du 7 ième et 8ième arrondissement zurichois, a publié un tweet facho dans la nuit du samedi à dimanche : «Peut-être avons-nous besoin d’une Nuit de Cristal ? Cette fois-ci contre les mosquées». Crapulerie hélas courante dans cette Europe du XXIième siècle qui va de Breivik en Norvège à l’Aube Dorée en Grèce.

Et si vous voulez plus, il y a la Page Face Book « Pensez BiBi ». 🙂

2 Responses to De Fascisme à « Populisme »: analyse d’un glissement

  1. benoit barvin dit :

    Merci pour ces rappels utiles, Bibi… Je viens toujours fidèlement sur votre blog, bien qu’un peu dérouté par la nouvelle présentation. Mais les questions de goût et de couleur, hein? En tout cas, de nouveau félicitations pour votre alacrité et l’humour que vous continuez à brandir, tel un étendard censé nous protéger de la bêtise ambiante…

  2. BiBi dit :

    @Benoitbarvin
    Merci pour tes encouragements et ta fidélité.
    Si l’humour passe, alors c’est un peu de bonheur distribué 🙂

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