Un Argentin à Genève.

Un Argentin à Paris

C’est à que BiBi se balade. Précisément dans cette Grand-Rue où il lève les yeux au ciel tout en sachant que l’Or et l’Argent du Monde dort sous ses pas.
Dans cette Grand-Rue, il y a déjà la maison natale de Michel Simon, ce monumental acteur dont il faut se souvenir qu’il fit scandale dans le film de Jean Renoir « Boudu sauvé des eaux ». La séquence scandaleuse qui déchaîna les haines et les passions fut celle où Michel Simon était à table et mangeait les sardines à l’huile… avec ses doigts.
Dans cette Grand-Rue, il y aussi la Maison natale de Jean-Jacques Rousseau et un peu plus loin, au 28, cette pierre où sont inscrits les mots de Jorge Luis Borgès. Que Genève lui ait semblé la ville qui lui fut propice aux plus grands bonheurs, oui, pourquoi pas. BiBi en citerait des milliers qui mériteraient bien plus la palme que la Cité genevoise.
En rentrant chez lui, BiBi chercha dans ses carnets et retrouva dans les Nouveaux Dialogues de l’écrivain argentin ce petit extrait qui dit l’Essentiel :
«  Oui, je crois qu’un vrai poète sent chaque moment comme poétique. Autrement dit, il vit en aimant la vie, ce qui signifie qu’il doit aimer aussi les malheurs, les échecs, les solitudes. Cela constitue les matériaux sans lesquels il ne pourrait composer. Moi, je n’aime pas ce que j’écris mais si je n’écris pas, si je n’imagine pas quelque chose, je sens que je ne suis pas loyal envers mon destin. Mon destin, c’est précisément cela : conjecturer, rêver et éventuellement écrire, et très éventuellement publier, ce qui est le moins important. »L’écrivain argentin continua d’y rêver jusqu’à cette journée poétique que fut le 14 juillet de l’année 1986. Difficile de le déloger alors de cette ville propice aux plus grands de ses bonheurs puisqu’il y fut enterré ce jour-là, Cimetière de PlainPalais.

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