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Quand Frédéric Lordon rime avec « Conspiration »…

@Loud m’a indiqué deux beaux articles de Frédéric Lordon que l’économiste critique a mis en ligne sur son blog. Je m’attacherai plus particulièrement à celui qui vise à analyser les idées de Complot et Conspiration. Ces deux thèmes reviennent souvent dans l’explication et l’analyse du Monde (à Droite et… à gauche), monde qu’on pourrait qualifier de «Capitalisme délirant». Voyez ce que j’ai compris de ce lumineux article.

Citations d’Intellectuels : de Godard à Sarkozy.

Jean-Luc Godard

«On ne peut penser à quelque chose que si l’on pense à autre chose» dit Jean-Luc Godard. C’est ce genre de pensée godardienne que BiBi admire. Et c’est sur ce double théorème du rapprochement imprévu, c’est à partir de ces correspondances, de cet espace d’entre-deux que se construisent ses films.

Dernièrement, le Cinéaste fut interviewé chez lui, à Rolle par Edwy Plenel, Ludovic Lamant et Sylvain Bourmeau. BiBi vous renvoie à ces trois extraits mis en ligne sur You Tube. Et insistera sur ce passage où Godard répond à de jeunes cinéastes (28’30 ») en disant que… «Le Cinéma se cherche, se trouve mais ne s’apprend pas».

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Charles Péguy

«Un mot n’est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L’un se l’arrache du ventre. L’autre le tire de la poche de son pardessus».

Tom Ungerer.

Une Flèche de cœur avec cette citation ciblée de Tom Ungerer : «Les enfants ne sont pas des imbéciles : ils savent très vite comment se font les enfants. Par contre, ils ne savent pas comment se font les adultes».

Franz Werfel.

Cet écrivain, poète expressionniste allemand, avait fui le nazisme en passant par les Pyrénées et le Portugal. Plus tard, il revint, désabusé mais lucide, sur ses choix politiques d’entre les deux guerres, sur ces moments où il critiqua férocement la République (de Weimar) au nom de la Démocratie prolétarienne. Il comprit – après-coup – qu’il avait rejoint objectivement les Nationalistes et Nazis qui cherchaient eux aussi à détruire la République : «Nous avons été les chauffeurs de l’Enfer dans lequel le Monde était en train de sombrer». Comme quoi, il ne faut pas se tromper d’adversaires et ne pas confondre quand même le pédalo… avec le bateau qui coule.

Le Collectif de Pratiques Sociales.

Association dont le Collectif veut nouer Inconscient, Idéologie et Social. BiBi signalera leur billet sur l’indignation des Indignés… («Tous les indignés ne s’indignent pas de la même chose, ni surtout de la même manière, ni avec les mêmes perspectives. Il s’agit, non pas d’une entité, mais d’un composite, d’un hybride»).

… et encore les interventions du Philosophe Saül Karsz : «C’est vrai que tout fout le camp ?»

Extrait : «Voilà l’hypothèse que je souhaite soumettre au lecteur. A savoir : nous vivons à l’époque de la révolution néolibérale. Telle est la vérité contemporaine. (…) Ce ne sont pas uniquement des réformes, grandes ou petites, qui sont en cours. Ni non plus des modifications substantielles dans la production et la distribution – effrontément inégalitaires – des biens et des ressources. Sont également en cause la manière de naitre, de vivre et de mourir, la manière de penser, de se penser et de ne pas penser, les modalités du vivre-ensemble». Voilà qui vaut le coup d’aller y voir, non ?

Sarkozy géographe.

On vient de découvrir un grand Intellectuel à l’Elysée. Non, BiBi n’inaugure pas un cours de paléontologie. Il veut juste signaler cet épisode très comique. Dernier Conseil des Ministres : Juppé raconte son voyage au Nigéria. Nicolas Ier intervient de façon intempestive : «Surtout ne confondez pas le Nigéria et le Niger». Il n’a alors pas entendu un de ses Ministres maugréer : «J’avais envie de lui dire : tu nous prends pour des tocards ou quoi ?». BiBi sait maintenant à quoi s’occupe Carla après sa tétée. Elle donne des leçons de géographie à son pauvre petit Nicolas.

Les Capitaines du Net dans le N° de l’Expansion.

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Dans la Nouvelle Economie, foin des Chefs hiérarchiques ! Aujourd’hui, les leaders sont des «donneurs de Souffle» avec leurs visions : ils sont dans la place et l’occupent. Ces leaders ne recourent jamais à la force, ils apparaissent comme de bons démocrates, comme des visionnaires-précurseurs-inventeurs. Ils maillent le sens de leur travail, peaufinent leur projet, sachant transmettre ce même sens et faire partager leur projet à leurs agents.

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Le N° de L’Expansion de ce mois (1) fait sa Une sur le Big Bang dans les Médias et nous propose un inventaire de ces nouveaux Capitaines d’Industrie du Net. BiBi ne s’arrêtera que sur les photographies qui accompagnent les textes de présentation de leur parcours. Charisme oblige, ils se présentent individuellement via des portraits. En effet, aujourd’hui, l’Economie libérale les oblige à ne plus se cacher. Ils se montrent donc mais leur Singularité n’est pas de l’Egoïsme, c’est avant tout l’image de leur Entreprise dont ils sont l’Icône, l’Emblème. Au service évidemment du Bien Commun, du Citoyen, de la Liberté.

Le titre de l’article ? «Ils cherchent leur business-model de demain». Recherche et Projet. Voilà des Hommes qu’on assimile aux Aventuriers du XXIième Siècle, Christophe Colomb du Second Millénaire. Pasteur ou Einstein des Années 2000.

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 MEDIAPART : Edwy Plenel, placide, porte pantalon noir, chemise bleu nuit, moustache-relique d’ancien baroudeur. A noter : un stylo au revers de la manche de chemise relevée. Edwy est donc prêt à noter tout ce qui se passe à chaque seconde dans le Monde. Façon de faire voir qu’il est la Synthèse de l’Ancien (journaliste au stylo) et du Nouveau (journaliste au clavier). Il est le premier sur la liste, le plus connu. Une moustache déjà légendaire. Parions qu’il y aura beaucoup de mouchoirs et de pleurs quant il finira comme Steve Jobs. Incontournable donc.

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RUE 89 : en seconde position, suit Pierre Haski. Il tient discrètement un portable à la main et un quotidien sous le bras. Lequel ? On n’en saura rien. Peu importe, le Quotidien représente tous les quotidiens. Haski arpente toutes les rues (là où se joue la liberté des Peuples) jusqu’à la Rue au numéro (19)89, celle qui ouvre tous les Carrefours de la Pensée, de l’Action (révolutionnaire).

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XXI : Laurent Baccaria, directeur et inventeur, est assis sur une pile, non de journaux ancienne manière mais de «mooks» colorés (ces couleurs disent probablement qu’il est ouvert à tous les courants de toutes les couleurs). Ces Capitaines, héritiers de l’Idéologie 68, ont compris qu’il ne faut plus paresser mais être des Hommes de leur Temps. Bosseurs, ils se dévouent tous à l’Information. Baccaria est assis sur une pile de book-magazines, il relève les manches. Ouh ! Quelle masse de boulot l’attend  pour ce… XXI ième siècle !

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OWNI : on a Nicolas Voisin de profil. Beau brun ténébreux, il tranche avec les autres. Séducteur distant, veste noire, intellectuel à la barbe naissante. On le voit pouce sur la lèvre mettant ses pensées au travail. Des pensées qui vont à la fois à mille à l’heure et qui sont réfléchies. Un surhomme ordinaire, un homme parfait. Autrement dit : un OVNI.

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ATLANTICO : C’est Jean-Sébastien Ferjou. Avec lui, on ne rigole pas. C’est du sérieux. Visage angulaire, dur. On devine un esprit volontaire. Normal : il a une guerre à mener jusqu’en Mai 2012 pour défendre son Maître Nicolas. Arrivé dernier dans l’inventaire des sites d’Infos, il compte sur le million d’euros de Charles Beigbeder et du soutien de l’Elysée ( à qui il manquait une courroie de transmission) pour rattraper le retard. Avec DSK, sa voiture, ses call-girls, Jean-Sebast’ a grimpé sur l’échelle. (Lire ici billet-BiBi)

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DAILYMOTION : «Sans strass, ni paillettes» est-il écrit. On aura droit à une plus petite photo du Secrétaire Général (Giuseppe de Martino). Photomaton couleur, photo banale mais pas insignifiante sous sa banalité : c’est un entrepreneur sérieux et discret qu’on veut exhiber.

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MYSKREEN : C’est le petit dernier méconnu. Et la photo de Frédéric Sitterlé, président aussi du club de foot de Strasbourg, est là pour se faire connaître par son visage assimilé à l’Entreprise – chaque Capitaine se doit de porter l’Image de son Navire car, autrement, on le taxerait de Narcissique (vilain défaut dans l’idéologie communautaire et partageuse de la Nouvelle Économie). MYSKREEN porté, supporté par Dassault pour porter les valeurs sportives dans les Médias. Notre Frédéric se présente mains croisées, chemise blanche ouverte, pas rasé, montre discrète mais de classe.

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(1) Malheureusement, toutes ces photos de Managers new-look, élevés au biberon de 68, reconvertis dans la nouvelle Économie, ne sont disponibles que dans le numéro de Novembre 2011 de l’Expansion. Ces Hommes de Pouvoir (qui s’autoglorifient en Hommes de Contestation à l’Ordre établi), Jeunes loups aux dents longues sur la Scène médiatique des Temps Nouveaux, veulent dominer le Territoire-Média. Entre eux, il y a une féroce lutte concurrentielle comme dans n’importe quel champ ouvert mais l’Expansion ne… s’étend guère là-dessus. BiBi note un grand absent : Daniel Schneidermann d’Arrêt sur Images (trop vieux probablement pour être dans le Carrosse de cette Jeunesse).

La Une du JDD titre sur la victoire de Denis Robert !

INCROYABLE : le JDD de ce dimanche 6 février n’a pas raté sa Une.

Le Journal de Lagardère l’offre à la victoire de Denis Robert contre la Chambre de Compensation Clearstream (et contre son avocat Richard Malka), grands perdants devant la Justice. BiBi n’en a pas cru ses yeux devant cette magnifique Une ! Pages deux, pages trois, il n’y en a que pour le formidable travail d’investigation du journaliste. Parfois même… c’est un peu trop. Grâces soient rendues à Olivier Jay, à Claude Askolovitch et à Laurent Valdiguié (qui a toujours soutenu Denis Robert – voir billet BiBi ici). Vive nos grandes plumes qui font honneur à la Liberté ( d’informer) !

Sachant que Richard Malka est toujours l’avocat de Charlie-Hebdo, BiBi n’oubliera pas non plus de se précipiter sur le prochain numéro de l’Hebdo et attendra avec impatience les titres en Une.

BiBi a aussi une pensée pour Edwy Plenel qui ne ménagea jamais son soutien à Denis Robert dans ses aventures qui virent plus de 200 huissiers frapper à sa porte. Là aussi, Mediapart célèbrera – à n’en pas douter – l’obstination de Denis Robert.

Gloire aussi au Monde qui accéléra les ventes du livre « Révélations » et celui de « La Boite Noire » (qui au grand bonheur de tous reparaîtront – interdits qu’ils étaient – à la suite de l’avis de la Cour de Cassation).

Ajoutons à cette liste les Grands visionnaires Hervé Gattegno, Philippe Val, Frédéric Ploquin, Ivan Rioufol qui refusèrent, en 2006, de propager les cancans qui estimaient que Denis Robert était le possible Corbeau de l’Affaire Clearstream II.

«Je n’ai pas choisi la marginalité. Autour de moi, les hommes et les règles ont glissé. Les journalistes installés ne me soutiennent pas car je les renvoie à leur suffisance, leur vacuité, leur démission devant l’ampleur de la tâche ou les pressions de la hiérarchie. Je n’ai rien à attendre d’eux et ils me le rendent bien ». (Denis Robert).

Saluons enfin ( et surtout) tous les anonymes – dont BiBi fit partie – qui firent part de leur indignation contre les procès en nombre, contre les attaques injustifiées, qui alimentèrent les caisses pour défendre les coûteux procès faits à Denis Robert. Saluons les adhérents d’ATTAC qui multiplièrent les débats autour du film « Les Dissimulateurs » et « L’Affaire Clearstream expliqué à un ouvrier de chez Daewoo ».

Après cette victoire de Denis Robert sur le monstre Clearstream, BiBi – qui reviendra sur cette Victoire – s’associe à la joie de tous ceux qui aujourd’hui sont fiers de voir un peu de Justice redescendre sur Terre.


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Les bibis peuvent toujours lire les billets en nombre sur ce Blog :

L’Indien et le Journaleux : Denis Robert / Edwy Plenel.

BiBi a lu l’article de l’Indien Denis Robert sur AgoraVox (via Dazibaoueb) et a relu les déclarations du 13 juin 2006 du vertueux Plenel  devant les juges de l’Affaire Clearstream. Pas de doute, l’Indien a bien mérité le scalp du Shériff Edwy. BiBi a aussi bien aimé relire cette appréciation acide et juste de l’Indien.

« Je n’ai pas choisi la marginalité. Autour de moi, les hommes et les règles ont glissé. Les journalistes installés ne me soutiennent pas car je les renvoie à leur suffisance, leur vacuité, leur démission devant l’ampleur de la tâche ou les pressions de la hiérarchie. Je n’ai rien à attendre d’eux et ils me le rendent bien ».

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