Ce dimanche, Clairière des Justes à Thonon-les-Bains.

Ceremonie du 20 juillet 2008

BiBi s’était rendu en mai 2001 à Auschwitz via le train des Justes. Il se souvint qu’il avait été éprouvé par cette magnifique journée ensoleillée, par la propreté des lieux et par le vert d’un gazon rutilant. Il avait eu cette intention primaire et sauvage de salir ce lieu, d’y jeter ses papiers sales, de rendre cette  terre maudite inhospitalière.
Ce dimanche 20 juillet 2008, il y avait le même soleil dans la Clairière des Justes au Mémorial de Thonon-les-Bains. S’y était rassemblée une centaine de personnes afin de célébrer les Justes qui aidèrent des juifs, parents et enfants, à échapper à la Déportation et à l’Extermination. BiBi aima la simplicité de la Cérémonie et admira les arbres tout autour. Plantés chacun voilà dix ans par un Juste de France et les mains d’un enfant juif, il eut une tendresse particulière pour cet olivier un peu incongru dans ce lieu mais bien vigoureux. Le recueillement se fit dans la Sagesse végétale et dans le Souffle d’une brise amie. BiBi se souvint du mot de Cioran : « J’abjurerais toutes mes terreurs pour le sourire d’un arbre ».
C’est un morceau d’Ernest Bloch (« Schlelomo ») qui ouvrit cette Commémoration.Il fut suivi du discours de Jean Denais, Maire de Thonon, qui rappela que nous étions ici au Mémorial National des Justes de France inauguré le dimanche 2 novembre 1997. Cette inauguration se fit en présence de plus de 2000 personnes venus de partout pour découvrir cette belle Clairière des Justes. Il fit aussi l’annonce que le 3 mai 2009, la ville de Thonon-les-Bains recevra officiellement le Livre des Justes et des Gardiens de la Vie.
A sa suite, le Docteur Jean-Bernard Lemel, Président de l’Association en Hommage aux Gardiens de la Vie, prit la parole avec émotion : « Au sens étymologique, expliqua t-il, commémorer, c’est se remémorer ensemble. La Communauté juive est très soucieuse de partager ce moment de recueillement avec l’ensemble des habitants de la région et de la ville car cette journée nous concerne tous, quelles que soient notre origine et notre histoire personnelle ». Il donna ce seul chiffre de 84 %, pourcentage des enfants juifs français sauvés par les gestes de la population française. Voilà qui tempère l’idée défendue trop longtemps d’une France délatrice et toute entière pétainiste. BiBi aurait aimé qu’on soulignât qu’aucun des partis politiques au plus haut sommet eut comme mot d’ordre d’alors de « sauver les enfants », partis qui restèrent prisonniers et crispés sur leurs aveuglements idéologiques respectifs. Le Docteur Lemel insista sur la validité et l’authenticité des témoignages, saluant Jeanne Brousse d’Annecy et Ruth Fayon qui connut, elle, cinq camps de concentration.
Après le morceau musical « Prière de la Vie juive » de Chagall, le Sous-Prefet s’essaya à une lecture historique, mettant l’accent sur la rafle honteuse du Vel’d’Hiv commandée par les politiciens pétainistes et exécutée par la Police française (oubli malheureux du qualificatif de « française« ). Il évoqua les différents statuts des juifs qui furent autant de persécutions. « N’acceptons pas d’être les témoins passifs et les complices de l’Inacceptable. Luttons ».

BiBi fut alors pris d’un léger vertige lorsque s’imposèrent à lui les réminiscences des applaudissements très contemporains d’un certain Ministre célébrant les chiffres des expulsés ramenés par ses préfets, indifférent devant les cris des travailleurs africains expulsés des Foyers au petit matin. Attention, BiBi se garde bien de faire l’amalgame a-historique et de rabattre les oppressions du moment sur l’Extermination. Mais il retiendra ce mot d’ordre : « Luttons » pendant que la Sonnerie aux Morts et la Marseillaise retentiront dans le calme de la Clairière.

Fillon, Sarkozy,Pinault & Lauvergeon : les Amis du JDD.

Jdd du 20 juillet

Pas de doute possible : le JDD est bien le journal du Frère Lagardère. A l’échéance du lundi où les députés français doivent  se prononcer sur la « réforme » constitutionnelle, le JDD fait jouer de la grosse caisse avec en titre (« Le Grand Suspense »). Le JDD a commandé un méga-sondage étiqueté IFOP ( rappelons-nous que l’ancienne directrice de cet Institut de Sondage n’était autre que la Patronne des Patrons, Laurence Parisot, et que cette brave dame est restée actionnaire majoritaire dans l’Entreprise). Les questions sont posées de telle sorte que, oui, les Français sont pour une révision institutionnelle. Le JDD a tôt fait d’en déduire que le peuple français est favorable à celle présentée par le Petit Nikos. Mais bah, peu importe les approximations et les raccourcis. 
N’oublions pas non plus de rappeler que, depuis le jeudi 10 juillet, les Maisons qui commandent les sondages ont vu un nouvel arrivant de taille : Vincent Bolloré, grand ami du Petit Nikos, qui a pris le contrôle du l’Institut du CSA. Les amis de BiBi le savent déjà : 60% du capital de l’institut de sondages CSA a été acquis par le groupe français Bolloré. L’acquisition permet à ce même groupe, qui détenait déjà 40 % de capital de l’institut de sondage, d’en posséder désormais la totalité. Bien entendu, pour les vertueux et donneurs de leçons du JDD, cela ne fera pas une ligne dans le journal : ils sont au-dessus de tout ça !
Mais leur sondage IFOP ne suffit pas : il nous faut – pages 2 et 3 – les justifications de François Fillon qui s’est relevé de son lit.  Dans l’interview du second Maître du Royaume, on est bien heureux d’apprendre que Nikos et François ont les mêmes problèmes de dos. Auraient-ils conjointement des problèmes de… constitution ?
On ignorait jusqu’alors son nom. Le JDD nous offre son visage : serein, joliment BCBG, discrètes boucles, regard en coin et cheveux châtain, c’est la patronne d’Areva. Ne pas confondre avec l’entreprise Arena, fabricant des maillots de bain. Si la Patronne donne des explications, c’est plutôt mauvais signe. D’abord, le JDD inscrit ce qui s’est passé à Tricastin comme « incident ». Seule ligne de défense : « Nous sommes une industrie transparente ». Madame Anne Lauvergeon devrait savoir que « transparent » est polysémique : transparent… comme si elle disait «Notre Industrie ne se voit pas et donc tous les problèmes qui peuvent exister n’existent pas ». Quant aux ONG qui protestent, le début de l’article donne le ton : « Les incidents (cette fois au…pluriel, tiens, tiens) des uns font le…bonheur des autres ». Plus loin : « Stéphane L’homme, porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire, se…réjouit de l’émoi suscité par les deux fuites successives. » Ben, oui, quoi : tout cela est réjouissant ! Rien ne sera dit sur la fuite qui a conduit au rejet dans la nature de 74 kg d’uranium. Rien ne sera dit des mesures de précautions qui interdisent aux habitants des abords du site de consommer l’eau, d’arroser, de pêcher ou de se baigner. Pourtant il ne s’agit que d’un incident, hein ? Rien ne sera dit sur le mécontentement sur place des habitants et des élus de la région qui estiment avoir été « traités en sous-citoyens » et affirment être déterminés à obtenir réparation, jugeant « inacceptable » la manière dont l’incident a été géré par les autorités et Areva. C’est qu’il ne faut pas mécontenter les Amis du Petit Nikos qui tente de placer nos Centrales un peu partout. En tous les cas, pour une première, Anne Lauvergeon mérite bien son surnom d’ «Atomic Ann ».
Un sur lequel, BiBi verse une larme c’est le fils Pinault (Article en… première page : «  clap de fin pour l’actrice et le milliardaire »). Monsieur François-Henri a du rompre ses fiançailles avec l’autre bombe atomique, l’actrice égyptienne Salma Hayek. Il a aussi fallu décommander le somptueux mariage et la robe à 315.000 dollars. En voilà de l’Info ! De la bonne ! Bon, allez, remets-toi François-Henry. Pas de bêtises ! Un coup de Pinot et tu repars.

Nouvelles de France et d’ailleurs.

Paris et ailleurs

AU HASARD.
1. BiBi a parcouru de son œil distrait les pages des Quotidiens de ces derniers jours. Il s’est arrêté sur la progéniture de Khadafi dont la Tribune de Genève faisait grand cas. Le fiston s’appelle Hannibal et il a été arrêté et inculpé pour maltraitance sur sa gouvernante. Le journal suisse traite le papa de « Dictateur bédouin » et rappelle que le fiston dénommé Esaâadi avait été footeux à Pérouse où il avait joué seulement dix minutes en Série A avant d’être déclaré positif. Ce même fiston était entré dans le capital de la Juve à hauteur de 7,5% au nom de la Lybian arab Foreign Investment Company. Au plaisir de revoir la Famille !

2. Le baptême de la fille de Dieudonné a été célébré par l’abbé intégriste Philippe Laguerie, grand défenseur de l’ancien chef de la milice pronazie de Lyon, Paul Touvier.

3. Dans le Figaro, BiBi relève cette phrase de ce pauvre Manuel Valls qui n’en peut plus d’occuper les pages des quotidiens de droite si bienveillants à son égard. « La Gauche, déclare le bonhomme, doit s’adapter au monde et à la société, redonner de l’espoir. Il faut une Gauche qui s’oppose ». Défense de rire.

4. Le Pape Benoit XVI n’a pas eu un mot pour les enfants victimes de prêtres pédophiles à Sydney. Faut dire que ce n’est pas le personnel de l’Hôtel où il a dormi qui aurait pu l’aider à réparer cet oubli dans son discours. Le Centre religieux où le Pape s’est reposé appartient à l’Opus Dei.

ROCK-MUSIC : Bibi apprend avec un peu de tristesse la mort du Rock-Critic Alain Dister. Il se souvient de ses articles dans les vieux numéros de Rock et Folk. Comme lui, BiBi aime Bob Dylan, Janis Joplin, Frank Zappa.
Il parait que dans les archives de l’INA-L’Harmattan existe un court film du réalisateur Raoul Sangla sur Jimi Hendrix, un dimanche Rue Daguerre, guitare à la main gauche. Bibi essayera d’aller trouver ça. Les Amis du site peuvent l’aider à trouver.

PETIT NIKOS : Sur la photo du Petit Nikos parue dans le Monde, BiBi y voit 2 lampes-chandeliers dorés, 3 télécommandes bien alignées, une pipe, une boite avec étiquette du RAID, une figurine du Petit Nikos himself, un cadre avec photo du Petit Nikos himself, des DVD. Il répond aux journalistes du Monde : « Il est important pour la démocratie d’avoir des médias qui puissent continuer à prospérer ». Défense de rire.

CASSE-TÊTE CHINOIS : BiBi a des nouvelles de Pékin. Il a noté la présence de 300.000 caméras de sécurité dans la ville olympique. En 2006, il y a eu 140.000 morsures de chiens dans la Capitale. Les morts sûres (et hélas certaines) n’ont pas été comptabilisées.
Le Dauphiné Libéré, parfait dans son rôle, défend la ligne chinoise du Petit Nikos. Le titre d’une abonnée du Courrier des Lecteurs : « Plutôt le Dialogue (avec la Chine) que la Censure ». Petite manipulation habituelle au Royaume du Petit Nikos : le beau mot de Dialogue, c’est pour ne pas rompre avec nos amis chinois et pour justifier l’arrivée triomphale du Petit Nikos à Pékin. Par contre, ceux qui protestent contre les crimes politiques du Gouvernement chinois sont, eux, qualifiés de Censeurs.

SPORTS BIZ : Ce matin, BiBi écoute le reportage de France-Info sur le dernier dopé du peloton (l’espagnol Moises Duenas). Richard Virenque, consultant de la radio publique et ami du Petit-Nikos-roi-du-Vélo, est étrangement silencieux. Il est pourtant bien placé pour donner son avis. Il était probablement occupé à aller faire son petit pipi. Mais BiBi en est sur : Virenque va nous revenir bien vite pour nous parler en exclusivité du dernier dopé l’Italien Riccardo Ricco. Branchez-vous France-Info.

Dans l’Equipe du jour, il y a un article sur l’arrivée de Ronaldihno à Milan, le club cher à notre Ami Silvio. Le journaliste n’écrit pas «Ronaldihno» mais… « l’ancien joueur du PSG » ! Ah, Nostalgie ! Quand tu nous tiens !

Le footballeur Eto’o signerait au Kuruvchi Tachkent en Ouzbekistan pour 40 millions d’euros l’année. Etoonant non ?
Koné, lui, a signé à Marseille. Pour une fois, les dirigeants n’ont pas déconné car Koné, BiBi le connaît et le reconnaît : c’est un tout bon. Mais si l’OM manque de liquidités pour le transfert, il peut toujours faire appel à Bernard Tapie.
A bibientôt.

Lascaux : des Origines à la Copie.

Lascaux Grands taureaux

BiBi s’est replongé dans les écrits crépusculaires d’un Georges Bataille subjugué par Lascaux (1). BiBi revient des bords de la Vézère et a visité pour la seconde fois le fac-similé de Lascaux 2. Il n’a pas oublié ensuite de se rendre dans les ateliers de Montignac, parfait complément à sa re-découverte de la Grotte.
BiBi avait en tête ces mots de l’écrivain maudit : « Si nous entrons dans la Caverne de Lascaux, un sentiment fort nous étreint que nous n’avons pas devant les vitrines où sont exposés les premiers restes des hommes fossiles ou leurs instruments de pierre. C’est ce même sentiment de claire et brûlante présence que nous donnent les chefs-d’œuvre de tous les temps ».
Ce qui nous saisit immédiatement c’est la force de la Raison qui a ordonnancé ces figures dans un ordre encore à déchiffrer, c’est l’intelligence qui a construit ces ensembles couplés et c’est l’apaisement joyeux de ces innombrables figures. Elles courent dans ce volume et sur ces parois ornées sans qu’on puisse encore en saisir toutes les subtilités. Aurochs, cerfs, chevaux, grande vache noire, bisons adossés forment une sarabande étonnante, une fresque étincelante. « Séquence unique de toute l’histoire occidentale de l’Art pariétal » comme l’écrit Renaud Sanson, maître des lieux.
Le succès économique et populaire de Lascaux 2 a poussé l’équipe de Renaud Sanson à envisager un Lascaux 3 où chacun pourra voir – autre sujet d’admiration de BiBi – un merveilleux travail de copie « objective » (ouverture prévue en avril 2010). Renaud Sanson fait la visite de ses ateliers et commente avec passion chaque étape de son travail de réalisation de fac-similés. Le travail entrepris restituera les fresques dans le moindre détail (avec seulement 4 mm d’erreur possible). Ceci est rendu possible grâce à l’ordinateur et à la projection de photographies positionnées avec une très grande précision. En une demi-heure, Renaud Sanson fait partager ses hésitations dans les interprétations, ses pointes d’acuité forgées et éprouvées depuis près de 30 années de présence à Lascaux.
BiBi aime ce genre de bonhomme qui, venu du théâtre et du cinéma, n’oublie en rien la précision dans les hypothèses qui naissent et renaissent des observations. Il décrit et donne à voir avec passion,en quelques mots, la Scène du Puits. « Lascaux, dit-il, s’est mis à me parler ».
Qu’il sache que BiBi, lui aussi, tend son oreille.

(1) Georges Bataille. Oeuvres complètes IX (pages 10-102)

Deux films au secours de BiBi.

Maman j’ai raté le Kung-Fu

BiBi se sert du Cinéma dans son travail éducatif. Il se souvient récemment d’avoir eu à faire du joint entre les enfants/adolescents dont il s’occupe et les histoires que le hasard cinématographique lui a fait rencontrer.

La première de ces rencontres fortuites fut ce film regardé en DVD avec Julien, un marmot de 12 ans, toujours en demande insatiable, toujours en besoin de lait maternel pour combler vide, trous d’amour et trous d’air. A la rescousse de BiBi, il y eut cette magnifique entame tombant à propos de ce film  » Maman, j’ai raté l’avion » où le petit héros, propriétaire provisoire de la carte bleue de son père, ratant l’avion que toute la famille a pris, va pouvoir réaliser tous ses rêves. Il s’en va dans la plus belle des villes (New-York), va viser le plus bel Hôtel ( le Marriott), réservera la plus belle chambre de ce plus bel hôtel, commandera le plus merveilleux des repas, la plus énorme glace devant la plus belle des télévisions, tout ça dans le lit le plus douillet au Monde. Tout cela durera quelques jours et, dis-moi, Julien, que crois-tu qu’il arrivât à notre petit héros ? »