Trois entrefilets des Inrocks (n° du 21 juillet).

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1. Nanni Moretti prépare deux documentaires sur l’Italie. BiBi les attendra avec impatience: «Depuis 15 ans, écrit le cinéaste romain, 60 millions d’italiens sont les otages des intérêts d’une seule personne, Berlusconi, une humiliation impensable jusqu’à il n’y a pas longtemps ». En complément, la lecture sur Bakchich.info des rapports Mafia-Berlusconi : http://www.bakchich.info/Quand-les-hommes-de-Berlusconi,08363.html

2. Les Pornstars regrettent le jeu d’acteur de leurs débuts. C’est le règne du Fast Porn, ère des saynètes enchaînées à toute vitesse et sans narration. On y privilégie l’action avant tout. Tête haute mais queue basse.

3. Christelle Berthon : une note finale des Inrocks qui donne envie d’aller voir et écouter Christelle Berthon, harmoniciste d’exception. Frissons garantis paraît-il. «Elle a un truc, c’est sûr : l’overbow, une technique qui permet de jouer la gamme chromatique sur un harmonica diatonique». 

D’autres  vidéos sont disponibles sur You Tube : www.myspace.com/christelleberthon

Frédéric Mitterrand : un artiste très modeste.

Mitterrand Frédéric, modeste artiste.

Le JDD adore notre Frédéric.
Frédéric rebelle : «Je ne suis pas là pour être dans le moule».
Frédéric manipulateur : «Mais la Droite, je ne sais pas ce que c’est?». Voilà bien une parole d’Homme de Droite.
Frédéric populiste (Qui l’eût cru ?) : «Les députés de droite sont des gens du peuple».
Frédéric bon papa : Finie la mauvaise Vie. Frédéric est un bon-papa-pédago. Il a convaincu son fils de 18 ans : «J’ai été obligé de faire de la pédagogie avec mon fils qui téléchargeait illégalement, comme tous les gosses de son âge». Surprenant : pour Frédéric, avoir 18 ans, c’est être un gosse.
Frédéric, artiste dans son genre. Malgré cet aveu final, tout en fausse modestie  et en humilité feinte («Je veux laisser l’image de quelqu’un qui a bien travaillé»), Frédéric lance péremptoire : «Je ne suis pas là pour être dans le moule» puis avoue quelques lignes plus loin : «C’est vrai que les artistes ne sont pas du côté de l’Ordre».

En rapprochant les deux affirmations, la Conclusion s’impose : Frédéric Mitterrand est un Artiste. CQFD.

Pour le JDD, la France se prépare au pire.

La France s’attend au pire.

Ce n’est pas la première fois que le JDD se soucie de la Santé de nos concitoyens et qu’il présente la France comme un grand corps malade (à soigner). Il y a quelques mois en arrière, on avait eu droit au Cancer, à une pétition de nos Chercheurs, au grave problème des psychotropes via le magazine Psychologies, aux dangers du portable pour notre jeunesse, à la Mal Bouffe et aux bons vins conseillés (des caves de Bernard Arnault of course) etc. Ce dimanche, le Journal du Frère Lagardère veut une nouvelle fois nous rendre malade ! Et il le fait très bien. Ce sera de la grippe dont il sera question : «Info ou Intox ?». «La France se prépare au pire», titrent les premières pages. Dans les articles qui suivent, la démonstration est rondement menée. De la question «Info ou intox ?», il ne sera plus question. Et derrière l’affirmation («La France se prépare au pire»), vient cette délicate évidence :«Little Nikos va s’occuper du pire» (20 millions d’électeurs malades à l’automne qu’il faudra chouchouter). Et en fond sonore, cette autre question (l’hôpital ici se fout de la Charité) :« Les politiques et les médias en font-ils trop ?» (Rappel : le JDD en fait 3 grandes pages !)

Manque de chance : Little Nikos s’essouffle, ralentit son tempo et se heurte à des problèmes de cœur après un énième jogging. Du coup, les titres du JDD prennent une saveur particulière et bien involontaire. On se répète que ce n’est pas la France qui prend la grippe mais Little Nikos qui est pris en grippe et que peut-être bien que, oui finalement, «la France se prépare au pire».

Cohn-Bendit déraille sur le Tour.

Daniel Cohn-Bendit dans le JDD ( page Sport)

Dans le dernier JDD, les propos du leader d’Europe-Ecologie sont d’une naïveté consternante. Le voilà qui nous parle de sa passion sportive, de son grand intérêt pour le Tour de France en criant sans honte «Bravo Lance Armstrong !» Voyons sa démonstration : «Amstrong était-il drogué à son apogée ? s’interroge t-il, l’air jovial. Oui mais les autres aussi. Donc le plus fort c’était lui». Naïveté renversante et inquiétante pour une analyse et une conclusion de leader politique ! Faut-il rappeler combien cette explication qui met sur la même ligne de départ tous les coureurs face au Dopage est d’une sottise incroyable ? Faut-il rappeler encore une fois que les équipes, les coureurs ne sont pas à égalité devant le Dopage ? Hé oui, il le faut.

En effet, il y a inégalité à tous les niveaux : inégalité devant la «Médecine», inégalité devant l’argent et inégalité dans les investissements pour la «Recherche». Ne triomphent que les grandes équipes financées par les grands groupes financiers aux plus grands budgets. Les réseaux de dope sont facilement accessibles aux équipes les plus puissantes : laboratoires de pointe qui dament le pion aux labos officiels, recrutements opérés pour les meilleurs médecins, embauche de la crème des chercheurs payés à prix d’or, réseaux hyper organisés et filières extrêmement sophistiquées etc. Aucune égalité donc à supposer entre les équipes, entre les coureurs. Les produits les plus performants sont strictement l’apanage des équipes les plus solides, produits qui ont déjà envahi le marché et qui ne sont repérés et décelés que bien plus tard (voir la dernière EPO), que bien trop tard (après la remise des Trophées, des gains et de la notoriété).
Aussi on peut s’étonner que Daniel Cohn-Bendit, autorisé à causer politique (sportive), puisse proférer de si consternantes contrevérités.

Michel Boujenah change de casquette.

Michel Boujenah dans le JDD du 26 juillet 2009

Michel Boujenah change de casquette. D’humoriste, le voilà acteur puis réalisateur puis directeur de Festival. Pourquoi pas ? Ce qui reste pourtant surprenant pour BiBi, lecteur de son interview au JDD du 26 juillet, c’est cette extrême facilité avec laquelle l’humoriste passe d’un statut à un autre dans le Réel.
Ce passage-là n’est interrogé ni par l’acteur ni par le journaliste comme si, dans cet espace social spécifique, ce changement était naturel, comme s’il allait de soi, comme s’il se faisait sans heurts, sans difficultés.

Pour BiBi, il serait interessant de savoir comment passer d’une fonction spécifique (humoriste) à une autre (réalisateur de longs métrages), comment trouver appui pour matérialiser ce va-et-vient, non par voyeurisme mais par intérêt sociologique.
En contrepoint des trente ans de carrière et de la traversée du désert de l’artiste, BiBi a relevé les propos de Guy Eyermann, délégué CGT de l’usine New Fabris :

«Nous avons été virés comme des malpropres. Du jour au lendemain, PSA et Renault ont cessé leurs commandes. Les 366 salariés seront jetés à la rue après, parfois, 20 ou 30 ans de travail. Impossible de retrouver un emploi».
Des propos qui pèsent bien peu : ce n’est pas dans le journal du Frère Lagardère qu’on en fera un article.
Guy Eyermann, Michel Boujenah : deux places différentes, un même Monde.