Les Flèches de BiBi (Spécial Sarkozy).

Le raté du Match.

Sur la 119 ième page de Paris-Match (20-26 mai), on parle de l’attentat de Karachi. Sont cités : Chirac et Balladur. Il en manque un : devinez lequel ?

UMP pour l’UPM.

Le 13 juillet, on fêtera le troisième anniversaire de l’Union Pour la Méditerranée. Sa seule journée de lancement avait coûté plus de 15 millions d’euros au contribuable. Aucun projet n’est encore sorti de l’eau. Avec la Grèce qui coule, l’euro flottant et le Navire européen qui tangue, les très profondes résolutions de l’UMP (pardon : de l’UPM) sont comme les boites noires au large du Brésil : jamais repêchées.

Ils ne s’en footent pas.

La Réforme des retraites va être rendue publique «autour du 20 juin». Voilà qui est bien joué par l’Equipe-Com de Chouchou. Cette date ne doit en effet rien au hasard. Pendant cette période, les Français seront accrochés à leur poste TV pour les matches qualificatifs des Bleus (17 juin, France-Mexique et 22 juin, France-Afrique du Sud). Sarkozy n’a pas voulu présenter sa réforme plus tard : il ne veut pas prendre le risque de devoir s’expliquer suite à une élimination probable de l’Equipe de France. En cas de défaite sportive, le petit écran perdrait tous ses pouvoirs hypnotiques, ces pouvoirs qui font justement… écran.

Piston d’Or pour les Golden Boys.

Chouchou et Chochotte ont placé leurs Golden Boys bien méritants. Ce sont des places en or pour 1. Mathieu Gallet, passé du Ministère de l’Industrie au Cabinet de Frédéric Mitterrand et qui se trouve bombardé à la tête de l’INA et pour 2. Laurent Solly, playboy de pacotille, ancien chef de cabinet de Chouchou, qui accède à la Direction Générale de Régie publicitaire de TF1. Félicitations.

Anne Fulda.

Dans le Figaro, pensant à son Chouchou, Anne Fulda proclame qu’«en Politique, on ne meurt jamais». Décidément, Anne Fulda est une bonne vivante : elle donnerait sa vie pour faire revivre son ex.

Les Protestants n’ont pas protesté.

On aurait entendu une mouche voler pendant le discours de Sarkozy ce jeudi 27 mai, Boulevard Arago, devant les Protestants français. Aucun d’entre eux n’a protesté contre ce honteux concept de «laïcité positive». Chouchou a ensuite écouté religieusement les propos de Claude Baty, Président de la Fédération Protestante. On n’a pas dit à BiBi si Chouchou était (ou non) accompagné de Tom Cruise, numéro deux de cette autre Église.

Photo : Pierre Chiquelin.

Godard, Kiarostami : cinéastes singuliers.

Ils sont apparus furtivement dans nos lucarnes, tard le soir, fuyants, toujours aussi énigmatiques. Jean-Luc Godard a laissé son petit monde cannois en plan fixe et Abbas Kiarostami s’est réfugié derrière Juliette Binoche, la laissant s’expliquer avec les journalistes présents au Festival (elle finira par adopter le style Kiarostami : se taire tout en -se- donnant à voir).

BiBi se souvient avoir visionné un documentaire sur le réalisateur iranien et il avait admiré son intelligence dans ses tentatives d’explication (moins sur ses prises de vues que sur ses… points de vue). Aujourd’hui, BiBi a retrouvé d’autres traces dans les pages de la revue Politis du 20 mai :

«Toutes les souffrances, toutes les pathologies humaines prennent leurs racines dans une absence de regard. C’est parce qu’on n’est pas vu que l’on souffre. C’est aussi pour cette raison qu’on crée. L’art, comme la vie, a besoin d’être vu. S’il n’est pas vu, l’art est une chose morte. La seule façon d’insuffler de la vie à une œuvre, c’est de poser son regard sur elle ».

Un extrait qui fait écho à cette autre interview de Kiarostami réalisée par Shahin Parhami (Hors-Champ. juin 2004) :

« Il faut déjà avoir digéré ce que l’on a lu ou appris avant même de débuter un projet artistique. Si l’on a vraiment compris une théorie, un concept ou une philosophie, ils vont apparaître subtilement dans notre travail. Une réaction rapide et émotive contre un événement social ou politique réduit le film au niveau d’un journal avec une date de péremption. Quand ces mêmes événements complexes se transforment ou finissent, le film devient sans valeur aucune. Si le cinéaste crée un film avec des idées crues, non digérées en tête, le film devient un slogan animé. Je crois que le véritable art doit être éternel » Clap, clap, clap ! Voilà BiBi qui applaudit à deux mains.

De Jean-Luc Godard, BiBi retiendra ces quelques phrases qui ne font effet qu’une fois la revue refermée (Les Inrocks du 12-18 mai) :

«L’œuvre dans son ensemble, le Grand Œuvre, ça ne m’interesse pas. Je préfère parler de cheminement » ou encore… dans ses rapports conflictuels à Truffaut (dont il n’aimait pas beaucoup les films) : «Vous savez, le plus difficile, c’est de dire à un ami que ce qu’il fait n’est pas très bon. Moi, ça me manque ». En conclusion très touchante, le voilà qui avoue : «Quand on est vieux, l’Enfance revient ».

Pour ce qui concerne plus directement les aspects socio-économiques du Cinéma, les deux réalisateurs ne seront pas surpris d’apprendre que dans certains pays (comme la Norvège), la disparition des projections classiques sera complète à la fin de l’année. Il y a été calculé que, très vite, 2 voire 1% des films occuperont… 99 % des écrans (Avatar et sous-avatars). Dans le journal Le Temps, le journaliste Thierry Jobin précise que «le Numérique ne va absolument pas militer pour la diversité». Écran totalement noir sur nos prochaines nuits blanches ?

En tous les cas, BiBi espère  que les deux films («Copie Conforme » et «Film Socialisme») viendront quand même s’échouer sur ses écrans.

Trois phrases, pas plus.

BiBi a relevé dans ses lectures trois extraits parus dans la presse, trois phrases en phase avec l’Actualité. Les deux premières sont destinées à Jean-Louis Masson, le député qui veut que les bloggeurs filent leur numéros de téléphone à la vindicte populaire et qui veut ainsi interdire toute Métamorphose du Sujet.

« C’est lorsqu’il parle en son nom que l’homme est le moins lui-même. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité » (Oscar Wilde).

« Parler de moi est difficile, dit Arié Elmaleh dans le dernier numéro de Psychologie-Magazine. Pour raconter une histoire personnelle, je préfère citer quelqu’un ou me glisser dans la peau d’un autre. Et ce, depuis l’enfance : j’ai toujours aimé jouer des personnages, imiter des attitudes, prendre des accents… Peut-être pour occuper plus d’espace… Mais c’est surtout, pour moi, une façon d’être vu différemment de ce que je donne à voir a-priori. Et de me faire accepter« .

Le troisième extrait est une lettre de lecteur, Serge Fournier, à l’hebdo Politis :

«  La fin des idéologies est précisément l’idéologie du Libéralisme. Celle dont il a besoin. Ce NO FUTURE est le Temps sans lendemain, c’est le Temps de la Bourse qui déjoue constamment les prévisions des prévisionnistes. Le matin, winner ; le soir, loser « .

Photo Libération Bruxelles

Corps lassés, corps enlacés.

Ils nous touchent et ils nous dérangent. Parmi les  milliers de photographies dont le Monde nous bombarde, ce cliché ne peut que nous retenir et nous faire vaciller. Une « belle » photo est une photo qui nous laisse dans l’indécidable. Vous l’avez vue et c’est déjà trop tard. Pourtant, pour ce couple, il n’est pas trop tard. Il est encore tôt : ils sont dans ce temps d’aube crépusculaire, temps au cours duquel, certes, le temps a fait son Œuvre (son chef d’œuvre ?) mais BiBi est sûr qu’ils transformeront ce Temps en Minutes heureuses, en journées ensoleillées, en Épilogue enchanteur. Car il leur reste ces quelques années, ces quelques années-tendresse devant eux, toutes en raccourcis et en éternité, il leur reste ces moments insolents et à peine désespérants, il leur reste cette Force amoureuse plus forte que Tout, cette Énergie solaire que d’aucuns – hélas – ne connaitront jamais, n’auront jamais connue.

On ne peut pas revendiquer haut et fort ce cliché, on ne peut pas l’exposer au Salon, l’afficher en cuisine ou dans nos corridors. Dans une salle de  bains (peut-être ?) Plutôt dans une alcôve  pour les regards à la dérobée. Il n’y a aucune chance pour qu’on envoie le cliché en carte postale, qu’on le fasse voir à ses enfants en ce jour de Fête des Mères ou qu’on le sorte dans une soirée entre amis. Tendresse de corps vieillissants, promis à la décomposition proche et lointaine, tendresse qui se double d’une détresse non-dite, à peine murmurée. Il n’y a pas de dernier mot (nul ne le détient),  il n’y aura que les jours derniers (Tout le Monde les vivra terriblement).

Cette photo est en miroir. A chacun de s’y mirer.

C’est que le Temps devient notre, votre adversaire. Si l’on peut échapper à l’Espace  (les fous remplissent les asiles). Au Temps, nul n’échappe, nul n’échappera. Ni eux, ni vous, ni moi .

Cette beauté photographique est dans le paradoxe. Vous avez envie d’écrire dessus mais, dans les profondeurs, votre main tremble sur le papier, vos yeux ne distinguent plus les touches du clavier. Le cliché vous tient, vous retient. Dans cet entrelacs, cet entrelacement, il y a un apaisement inouï qui pourrait faire peur.

Les choses « artistiques » changent parfois notre vie de fond en comble. Regardez les secousses que sont  « Le goût de la Cerise« , le film d’Abbas Kiarostami, le Don Quichotte, « La Nuit étoilée » de Van Gogh. Alors, tout ce qui touche à votre vie vous emportera et vous ne serez plus jamais jamais jamais plus jamais le même.

Ici, c’est toi, l’Homme qui enlace : tu n’es déjà plus du tout du tout le même. Le Temps t’est devenu une denrée rare. Tu ne fais plus semblant d’aimer : tu aimes. Enfin. Sans arrière-pensées, littéralement et en tous sens(ations).

Alors pour sauvetage, pour dernière éclaircie,tu embrasses, tu enlaces cet Alter Ego, cette Autre, cette Bien Aimée qui, tête enfouie au creux de ton épaule, fait miracle.

Pour BiBi, c’est la Bien Aimée qui sauve la Vie du Cliché pour en faire une photo.

Pour BiBi, elle s’appelle Ève.

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Photographie de la néerlandaise  MARRIE BOT

Carla Bruni et Grégoire Verdeaux dans l’arène 2012.

BiBi a déjà parlé de la « Nouvelle Stratégie de la Discrétion » mise en place par le Pool élyséen (Guéant, Guaino, Levitte, Soubie et… Verdeaux) : ne plus intervenir tous azimuts mais occuper les créneaux porteurs (aujourd’hui la Conférence de Chouchou à Genève pour l’Euro-2016 ).  Un autre de ces créneaux, c’est l’Aide à l’Autre via une orchestration top au bal de la Charité (médiatique). Carla Bruni-Sarkozy et Grégoire Verdeaux, son aide de camp, en sont les fers de lance. Un seul objectif : 2012.

Loto-Promotion.

Notre Auvergnat de Saint-Flour a envoyé un courriel de convocation à de hauts responsables de la TV publique, à des publicitaires de la Charity-Business. But de cette opération ? Préparer une future émission vedette sur France 2 en prime-time. Son titre ? « Parions pour un Monde meilleur ». Son principe ? Un grand Loto humanitaire avec grilles et billets à 2,30 euros. Sponsor ? La « Française des Jeux » qui les mettra en vente.

Un Verdeaux rempli de… bonnes intentions.

Le petit auvergnat de luxe, chef du Cabinet adjoint de Sarko, Conseiller Com’ de Carla, a grandi : il peut même répondre personnellement au Canard Enchaîné qui publie ces infos en se présentant comme « simple facilitateur du projet » (C’est beau le Langage des Managers, non ?). La dernière fois, il vint rendre visite à BiBi sous le pseudonyme «Mentrel» pour défendre sa propre personne. C’est dire si le bonhomme a pris du poids !

Dans le Monde du 10 avril (Article double-page avec photo, «Qui parle au nom de Sarkozy»), Grégoire avait son médaillon comme les autres Grands et il est resté dans le peloton malgré les coupes de Chouchou dans son équipe. Pas bavard, il reste la pièce-maitresse dans les apparitions-Carla, les plans Com’ Carla, les discours-Carla. Peut-être lui écrira t-il bientôt ses chansonnettes fleur-bleue ?

Carla va jouer « La Discrète ».

Elle avait imposé discrètement sa demi-sœur Consuelo Remmert dans la cellule diplomatique de l’ Elysée, elle l’a cette fois pistonnée pour qu’elle participe de plein droit au projet Loto et qu’elle soit présente à ses côtés. C’est que sur la discrétion magnifiée, sur ce paradoxe («je me cache mais je fais tout pour être vue») démonté régulièrement par BiBi, il n’y a pas mieux que Chochotte et son cinoche. Elle veut aider des adolescents en détresse ? Hop, un entrefilet dans le Figaro. Elle se veut Femme solidaire des Opprimées ? Hop, une soirée à la Fondation de France au-delà – bien entendu – de toute position partisane. Une chansonnette à promouvoir ? Hop y a Canal Plus. Pudeur, Sérénité, présence discrète : une manœuvre bien apprise et des refrains bien récités.

Un Loto humanitaire, donc. Une Opération bienvenue pour combiner Campagne 2012 et caisses vides de la Foundation. Apparemment, la tentative d’assèchement d’Unitaid n’a pas été une réussite : Douste-Blazy a su gagner l’estime de Banki Moon (qui a du s’en amuser), de Clinton, d’Elie Wiesel.

On attend la fin de l’été.

Ce Loto n’a encore pas reçu l’aval du Duo De Carolis-Duhamel. Peut-être faudra t-il attendre leur départ car leur contrat arrive à échéance ? Le temps pourtant presse : il faut placer les trétaux pour la féroce campagne 2012. Carla et sa poudre aux yeux sont autant d’atouts. Quant à Grégoire Verdeaux, il peut toujours venir poser un Commentaire-BiBi. Même sous pseudo, BiBi lui tend les bras. Même si cet anonymat ne plait pas à Jean-Louis Masson.