Category Archives: Pensées très politiques

Lettre d’un Gaulliste à Nicolas S. (1)

On a beaucoup à apprendre des gens qui ne sont pas d’accord avec soi. Il y a des personnes très éloignées de l’Univers de BiBi et de ses convictions qui lui écrivent. BiBi les lit très attentivement pour comprendre pour quelles raisons une partie de l’électorat de Sarkozy se délite. Avec ce témoignage de A., gaulliste accroché à ses fortes convictions sociales et droitières (genre gaulliste désabusé), BiBi a une photographie en trois volets très instructive d’un moment important du quinquennat.

Cher BiBi,

Je crois qu’avec ce qui suit, tu pourras te faire une idée très précise de ce que je vis et j’espère que ces quelques mots arriveront sur la table présidentielle de Nicolas. Il saura – à la signature un peu longue – que c’est son vieil ami A. qui se languit de le revoir avec Marie-Do à son bras et de boire avec lui un « Casa » au « Café Paoli » de Vico comme avant avec « Tonton Charles » et « Tonton Achille ». Après 2012, au train où ça va, A. pense qu’il reverra son ami Nicolas, que la Princesse Italienne s’éloignera et que les choses reprendront là où elles s’étaient arrêtées le 10 août 1984 quand le jeune Maire de Neuilly célébrait le mariage de Cécilia et Jacques. Merci à toi, BiBi, pour m’avoir ouvert ton espace.

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Cher Nicolas,

1. LE POPULO RETOURNE CHEZ MELENCHON

Dans les 15 jours qui ont suivi ton élection, tu as montré le fossé qui te séparait des électeurs de gauche qui avaient voté pour toi, ceux qui se lèvent tôt (quand ils ont du boulot), qui prennent leurs voitures (quand elle n’a pas brûlé dans la nuit) et qui vont à l’usine (quand elle n’a pas fermé). A ceux là, tu promettais qu’ils pourraient se lever tôt, que leur voiture serait toujours là et que leur usine ne fermerait pas (y’en à même à qui tu as dit qu’elle rouvrirait…) Ceux là, quand ils t’ont vu sur le yacht de Bolloré, ils ont compris. Tu as beau leur dire un an après que tu as changé, tu peux les oublier dans ton arithmétique électorale : ils se recasent en partie, très à leur place, chez Mélenchon.

2. L’ENA.

Il y a ceux qui, tout comme moi, sont attentifs aux détails et qui t’avaient entendu tacler François Hollande en début de campagne avec ces mots : « Vous les Enarques, vous avez une arithmétique particulière. Je n’arrive pas à vous suivre dans vos calculs… ». Comparé à « l’Illuminée du Poitou », qui annonçait en prime-time qu’elle n’était pas aussi tarte qu’on le disait puisqu’elle avait « réussi le concours d’entrée à l’ENA », c’était pas mal et je ne me suis pas opposé à ton élection. Seulement voilà, quand tu as publié la composition de ton Cabinet, de tous tes conseillers, chacun avait l’ENA dans son CV. Chacun ? Sauf Guaino bien entendu, ta « plume » le seul à n’être pas dans le moule, celui dont l’ENA n’a pas voulu à 3 reprises, celui que tu utilises pour faire vibrer les foules au son de ses sincères accents Gaulliens.
Si l’arithmétique de François Hollande t’échappait, j’espère que tu comprends mieux celle de Claude Guéant, Raymond Soubie, Xavier Muscat, Emmanuelle Mignon, Christian Fremont, Cédric Goubet, Grégoire Verdeaux, Olivier Biancarelli, etc.

3. LA MESSE DE JEAN-MARIE.

Il y a aussi cette droite traditionnelle, sociale et paternaliste, celle qui va à l’église le Dimanche matin et fait l’aumône à « ses » pauvres pour pouvoir entrer au Paradis. Ceux là, tu les as laissés à l’entrée du Fouquet’s, ils se sont perdus dans tes histoires de Rolex et de Show-bizz et ils t’ont tourné le dos suite à tes histoires de braguette. Ceux là sont retournés écouter la Messe en latin de Jean Marie.

4. COPENHAGUE.

Copenhague, consistait à demander au Tiers-Monde de se priver des quelques points de croissance (…) C’est là que tu as perdu les Ecolos, les vrais (2%) ceux qui, aujourd’hui, te carbonisent avec leur Taxe.

5. JEAN-JEAN, FISTON à PISTONS.

En voulant bombarder « Prince Jean » patron de l’EPAD, tout en faisant simultanément un discours dans lequel tu précisais que, « désormais, c’était le mérite qui prévalait et plus du tout la Naissance », tu as fait rire la presse Africaine (surtout celle d’Ali Bongo). Tes fidèles lieutenants se sont couverts de ridicule en venant nous expliquer à quel point il était légitime de coller un gamin de 22 ans en première année de Droit à un poste pareil. Ce fut tellement surréaliste que tu es devenu ce jour là un vote par défaut, celui pour lequel on vote quand il n’y a personne d’autre.

(A suivre).

Pour lire la suite, cliquez ici :  Episode 2 et Episode 3.

Rolex & Bling-bling :« Retour aux Fondamentaux »?

L’Inconscient prend de drôles de chemins. Dimanche dernier, BiBi lit le Figaro et voilà qu’il s’attendrit sur l’édito dominical d’Etienne Mougeotte (« Revenir aux fondamentaux »). BiBi se doute bien que notre brave Étienne anticipe et commence à délivrer ses analyses avant la Soirée électorale désastreuse : «En toute hypothèse, écrit-il, il faudra impérativement dès la semaine prochaine que le président remette les PENDULES à l’heure pour remobiliser tous les déçus du sarkozysme ».

A l’insu alors de son plein gré, BiBi voit son regard s’attarder sur un encart publicitaire attenant, très bling-bling : une pub ROLEX avec une jolie montre (Voir photo). Quoi ? Chouchou remettrait-il sa montre Rolex Daytona (valeur de 10 000 à 15 000 euros) pour sa seconde partie de quinquennat ? Va-t-il revenir à son plan Bling-Bling ? Est-ce que cette pub ne ferait pas partie intégrante de ce retour aux «Fondamentaux » voulu par l’Ami Mougeotte ?

Reviennent à BiBi les mots de Yasmina Reza sur Nicolas Sarkozy. Dans son livre « L’Aube, le soir ou la nuit », elle rappelait cet épisode : « Dans le salon de l’hôtel, avant le meeting de Charleville-Mézières,  [Nicolas Sarkozy] prend Le Figaro qui est sur mes genoux, visiblement attiré par un article. En une, il y a le revers électoral d’Ahmadinejad, et divers sous-titres dont son propre déplacement. En bas de page, à droite, une publicité. Après quelques secondes d’attention, il dit : «elle est belle, la Rolex ».

Pour se changer les idées, BiBi alla s’aventurer sur un de ses sites préférés (« Betapolitique »). Et là, pur hasard ou effet d’Inconscient, il croisa en Une le titre de l’article d’un certain…  Julien Dray (autre amateur de Rolex, de Patek et de Breitling Navitimer). Le titre de l’article de son blog ? «Prochaine étape : 2012 »

BiBi espère seulement que dans deux ans, la Gauche sera alors… bien à l’heure pour le grand Rendez-vous.

Réponse au Troisième Tour.

Tirer des conclusions ? Mettre son grain de sel dans l’analyse des résultats des Régionales ? BiBi n’a pas grand-chose à en dire.

BiBi est bien incapable de s’extirper des banalités entendues et réentendues : Victoire de la Gauche – pas forcément celle de ses désirs – , défaite – un pied à terre – pour l’UMP etc. Oui, l’UMP est en recul, sérieusement en recul mais il est difficile de voir derrière ces visages de ministres (a)battus la préfiguration d’une Victoire 2012. La Droite va se réorganiser et il est possible qu’on assiste dans l’année qui vienne à sa reconstruction. Hypothèse-BiBi : une alliance Sarkozy-De Villepin viendra au devant de la scène (pas une réconciliation des personnages mais une collusion stratégique des deux partis).

Le Murmure des Expulsés.

L’histoire était jusqu’à aujourd’hui inconnue de BiBi. Elle lui est venue de ce petit village de Billère (64140) dans la banlieue de Pau. Son Maire socialiste, Jean-Yves Lalanne, avait donné son aval pour la réalisation d’une fresque murale sur un pan de mur d’une salle des fêtes communale. La fresque était une œuvre citoyenne dédiée aux sans-papiers et à leurs enfants expulsés.

L’inauguration a eu lieu le 5 septembre 2009. Ce jour-là, Isabelle Larrouy, porte parole de Réseau Education Sans Frontière (RESF 64), la députée-maire socialiste de Pau (Martine Lignières-Cassou), et le maire de Billère, Jean-Yves Lalanne y ont présenté le contexte et les raisons de cette commande.

Le préfet UMP très zélé des Pyrénées-Atlantiques, Philippe Rey, est venu s’y opposer prétextant que le premier magistrat de Billères serait sorti de son devoir de neutralité vis-à-vis de la Politique gouvernementale. Il a donc saisi le tribunal administratif de Pau qui – hélas – lui a donné raison. A l’audience du 4 janvier dernier, le rapporteur public s’est en effet prononcé en faveur de l’effacement du Mur et a donc décidé « l’annulation » de la décision du maire.    

Plus de mur certes… mais restent ces murmures d’expulsés et leurs soutiens.

Murmures qui reconstruiront le Mur.

Hervé Gaymard et sa Littérature à deux balles.

Souvenons-nous : depuis son appartement parisien de 600 m2 au loyer (1440 euros mensuels seulement) payé par les contribuables, Hervé Gaymard nous donnait des conseils pour qu’on se serre la ceinture ( BiBi ne compte pas les 150000 euros de travaux entrepris). En 2009, Chouchou a invité ce Chiraquien dans ses appartements à de nombreuses reprises. Pour récompenser ce nouveau larbin, Chouchou lui a offert la direction de l’Office National des Forêts.

Mais BiBi se demande de quoi ils ont pu parler. De Littérature, peut-être ?

On pourrait croire qu’Hervé a aidé notre Président à devenir Lecteur puisque ce dernier – depuis son arrivée au Pouvoir – essaye (en vain) d’ouvrir un livre et essaye (en vain) de le finir (N’est-ce pas, Carla ?). On pourrait le penser aussi puisque Le Monde (du samedi 6 mars) offre une page entière à Hervé Gaymard avec ce titre : «Contraint de démissionner de son poste de Ministre de l’Economie en 2005 (…), Hervé Gaymard se dit sauvé par son amour des livres » et clame que « la littérature est un extraordinaire viatique ».

La Littérature comme consolation à ses souffrances passées, comme nourriture sacrée qui comble sa faim et sa misère d’antan ! Quel bel article ! Merci Le Monde.

Toute cette interview complaisante ne sera que prétexte pour qu’Hervé puisse justifier ses inqualifiables errements passés. Avec cette contre-vérité manifeste : « J’ai découvert quelques heures avant tous les Français, le prix de la location (…). J’ai immédiatement demandé ma démission ». Or, rétablissons les faits : ce Monsieur n’a JAMAIS demandé sa démission : il y a été contraint. En effet, l’affaire de l’Appartement, révélée par le Canard Enchaîné, avait pris une telle ampleur qu’elle faisait tâche dans le gouvernement Chirac (Hervé est toujours un très grand ami de la famille Chirac).

Tout le Monde s’en souvient sauf… le Monde (Josyane Savigneau qui l’interroge n’intervient absolument pas pour le contredire là-dessus). Plus même, pendant dix jours, ce cher Hervé avait tenté de justifier piteusement son loyer et son séjour permanent dans cet appartement… Dix jours qu’il a évidemment oubliés et au cours desquels il avait défendu l’indéfendable. Monsieur avait même affirmé  avoir ignoré le prix d’un appartement de 600 m2 proche des Champs-Elysées. Ce cher Hervé – rappelons-le – avait en charge alors la gestion des finances publiques françaises comme Ministre de l’Economie !

Monsieur le Député UMP nous parle un peu « Littérature ». Il analyse Malraux : « Malraux, c’était la littérature liée à l’action ». Bravo. Dix lignes auparavant, Hervé s’était auto-analysé : « Pour moi, la littérature est une passion et une vie secrète et la politique répond à ma soif d’agir ». Conclusion d’évidence : notre Hervé est une réincarnation vivante d’André Malraux. Pas gêné pour deux sous, notre Hervé, non ?

Aucun doute pour BiBi : cette pleine page du Monde lui a finalement été offerte pour remettre en selle un «Intellectuel » de Droite bon chic bon genre, de ceux qui manquent à la Bande à Nicolas et à la panoplie UMP.

Hervé n’hésite guère à faire dans la vaillance, dans l’affrontement à la souffrance ( il avoue du bout des lèvres qu’il n’a pas fait de « faute personnelle » mais que dans cette affaire, il y a eu « un défaut de vigilance »), il nous joue la sérénade pitoyable de la « traversée du Désert » (comme un authentique héros de tragédie grecque), il veut nous convaincre qu’il est prêt (non à écrire un livre… encore que…) à revenir en scène (« J’ai payé à tous les sens du terme » dit-il dans un mauvais français). Il cite De Gaulle et Sœur Emmanuelle, il flirte avec un professeur du Collège de France, il adore l’Afrique (pas celle de Bolloré) mais il ne dit pas mot – ouf! – de sa femme Clara, Capitaine libérale d’Industrie, directrice de cabinet de Juppé, Présidente de General Electric qui, elle, n’aime pas du tout, du tout, du tout, évoquer « l’Affaire Gaymard ».

Pas de chance pour Hervé et Clara Gaymard : BiBi, au contraire, aime beaucoup « l’Affaire Gaymard ». Et il n’est pas loin de déclarer que, hors ce Scandale éhonté, tout le reste n’est que littérature.