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Il était une fois « Cinéma Cinémas ».


Bande annonce Cinema cinemas
envoyé par ina. – Regardez des web séries et des films.

BiBi attendait avec des palpitations allant crescendo, il scrutait le moindre programme télévisé avec des mains tremblantes. Il n’allait pas se coucher trop tard car l’émission débutait avant 23 heures et se terminait aux environs de minuit.
Et lorsque, confortablement installé, il voyait démarrer le générique tant attendu, avec les dessins rockambolesques de Guy Peellaert récemment décédé, lorsqu’il écoutait la musique d’entame de l’émission dont il avait oublié les références, alors BiBi était heureux. Bien sûr, il retrouva plus tard le titre et toutes ses coordonnées musicales : l’extrait était tiré du film de George Stevens, «Une Place au Soleil » avec Montgomery Clift et Elizabeth Taylor. Entre les tableaux kitsch de Peellaert et la musique accrocheuse, le générique nous offrait un Eddie Constantine (Alias Lemmy Caution dans Alphaville de Godard) en impeccable imper, chapeau dévissé, qui débaroulait dans un long couloir et qui ouvrait à toute vitesse des portes couleur sépia.
Aussi, ce cadeau de Noël fait à BiBi (1) ne pouvait pas mieux tomber pour voir  et revoir ce joyeux Capharnaüm qu’était le moindre numéro de «Cinéma, cinémas », l’émission sans équivalent sur le Cinéma et les Cinéastes. Trois noms revenaient sur l’écran, trois noms auxquels BiBi donne toute sa gratitude tant d’années après : Anne Andreu, espiègle et timide, Michel Boujut à la voix inégalable et inégalée et Claude Ventura l’Aventurier. BiBi avait les «Fragments du Discours Amoureux » de Roland Barthes dans une main et «Cinéma, Cinémas » dans l’autre œil. C’était le temps damné de Daney, d’un certain gai savoir du Cinéma. Il y avait aussi ce cher Philippe Garnier qui fourrageait jusqu’à la moindre image le « vieux » cinéma US. Cher Philippe qui nous livrait ses road-movies et qui écrivait des articles décalés dans les numéros de Rock et Folk. Cher Philippe Garnier à qui j’avais écrit pour dire ma passion du cinéma et mon adoration des… Kinks.

BiBi se souvient de Robert Mitchum et de sa voix grave, de Lolita (Sue Lyon), l’héroïne de Nabokov-Kubrik ou encore de Gérard Depardieu, un tantinet halluciné à l’interview à Central Park, en complet décalage avec la Comédie qu’il tournait alors («Green Card »), de la chasse au fantôme de David Goodis ou encore – découverte – du fragment abandonné de Jean Eustache.
William Blake écrivait qu’ «il y a des choses connues et des choses inconnues » et «qu’entre les deux, il y a des portes ». Celles-là mêmes qu’un client parisien de 1895, rue Capucine, poussa pour découvrir la première projection cinématographique, celles-là même que pousse rageusement Lemmy Caution au début du merveilleux générique de l’Emission «Cinéma, Cinémas ».

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(1) Cinéma cinémas – Coffret de 4 DVD. Inclus le Livret de 32 pages et 12 cartes postales de Stars. 39,90 euros.

Les Amis de BiBi ont aimé aussi :

La Vespa de Nanni Moretti.

https://www.youtube.com/watch?v=nf8g5fS_M3s

Comment oublier cette balade en Vespa ? Comment oublier le film de Nanni Moretti s’ouvrant sur un homme en scooter noir ? «Sur ma vespa» est le premier des trois chapitres de « Journal intime » tourné en 1994. Il dure 27 minutes et quarante secondes. Pas de plus belles séquences sur une ville (Rome) que ces minutes et que ces quelques secondes.

Nanni se balade en scooter, emprunte les chemins, serpente les rues en longs panoramiques. Rêveries d’un promeneur solitaire ? Non, pas tout à fait, parce qu’il «sera toujours avec peu de gens», parce qu’il gardera toujours sa «confiance en l’homme mais pas dans la majorité ». Il prend son temps pour dire que le temps presse : il y a urgence à dire qu’il déteste le film Henry, Portrait d’un serial killer de John MacNaughton, qu’il se désole d’une pitoyable et affligeante apologie du film. Le voilà qui s’arrête à Garbatella avant d’embrayer sur Casalpalocco: sinuosités, liberté de ton, fluidité des plans et des images.  Il interpelle un résident du quartier sur sa jeunesse de 1961, piétinée, déniée. Nanni Moretti est en colère : sa rage est brève mais bien sentie. Il monte le ton contre l’omniprésence des «chiens de garde et des cassettes-vidéos » derrière les murs des villas-blockhaus.

En voix-off et en images, Nanni dit ce qu’il aime, il aime les musiques conjuguées de Khaled («Didi »), de Léonard Cohen ( «I’m a Man ») et de Keith Jarrett ( le concert de Koln), il aime la danse (merveilleuse apostrophe en langue italienne de Jennifer Beals, héroïne de «Flashdance »). Et comment ne pas le rejoindre pour s’engager avec lui sur ces magnifiques panoramiques de quartiers romains (les prononcer, là encore, avec l’accent italien du réalisateur : Garbatella 1927, Village olympique 1960 , Tufello, 1960, Vigne Nuove, 1987) ? Comment ne pas aimer ce rythme filmique tout en déambulations et en virages, le tout pris sans brusquerie. «Ce que j’aime faire aussi, c’est regarder les maisons, dit-il de son accent inimitable. Comme ce serait beau un film fait de maisons, de panoramiques sur les maisons ». Premier film où le décor – qui n’en est plus un – devient le corps du film.

La ville revisitée, la ville et ses quartiers populaires d’antan, la danse, le cinéma à venir, le cinéaste Pasolini, fantôme en bordure d’écran : tout s’accumule. Comme ces Unes des journaux empilés sur l’assassinat du cinéaste de la Marge, de la Minorité.
Plage du crime, plage du film en longs plan-séquences. Ce « Pasolini-Plage » est à rebours des sables brûlants et touristiques de la Méditerranée. Sur les à-côtés, la lande est pelée, les roseaux sont vert pâle et au détour, juste derrière les barres de sûreté de la route, il y a un terrain de foot qui a la gale, il y a deux poteaux rouillés et une stèle mangée par le temps. Et encore juste derrière le vieux grillage, voilà Pasolini, toujours vivant, voilà toujours, en promesse entière, une certaine vision d’un cinéma rageur et enragé.  » Voilà, semble nous dire Nanni Moretti, des films vont se faire, des films vont venir : ils seront indestructibles ».

 

Murs, murmures (1943-2009).


Affichage 1943-2009 (sur une musique de Jacques… par PensezBiBi

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BiBi s’affiche.
Il a découvert une interdiction qui date un peu mais BiBi n’est pas tombé dans le panneau. La loi qui n’autorise pas l’affichage, en date du 12 avril 1943, avait été votée par le Gouvernement de Vichy. Les temps étaient durs, entre affichage interdit et fichages permis. Mais les murs d’aujourd’hui continuent de parler, de nous faire signe. Beaux murs que ceux qui murmurent «Liberté ».

Aux premiers jours de 2009, BiBi s’est promené sur le chemin de la Liberté… entre collages et décollages.

Diane Arbus, photographe (1960-1971).

     Diane Arbus à la Fondation Kadist Art.

Les Aristocrates de Diane Arbus.

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Jack Dracula, couvert de 306 tatouages. ( Infinity.Février 1962.)

 Mae West

Mae West, célèbre actrice des Années 30 (Show en janvier 65).

 Le Géant  

 Eddie Carmel à New York en 1970 (ArtForum).

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Andrew Ratouccheff après un show nocturne (Esquire. Juillet 1960).