«Qu’est-ce qui se passe, Anna ?»

C’est en furetant au hasard que j’ai trouvé cette émouvante photo d’ tirée du film «» de , l’histoire d’une femme qui – pour vivre sa vie – ira se prostituer de-ci, de-là. La légende qui aurait pu l’accompagner – «Anna ! Anna ! Qu’est-ce qui se passe, Anna ?» – m’est alors venue instantanément, condensée par quelques souvenirs encore à vif. Cette photo d’Anna en larmes me toucha que j’en fis un petit dialogue. Tranche de vie (imaginaire) entre le cinéaste et son égérie des années 60 mais… allez savoir ! 🙂

ANNA : « Ah, ben voilà, t’as choisi cette photo, une femme qui pleure, c’est pas étonnant, ça te rassure hein, une femme qui pleure. Attendrissante cette femme-enfant, comme ça tu peux lui parler en boss, en Maître. Pourquoi tu n’aurais pas par hasard un homme qui pleure ? Hein, t’as pas d’homme qui pleure dans ta photothèque ? Et oh, ça ne pose même pas question à Môssieur ? Quoi, oui je me regarde et Anna, elle te dit qu’elle en a marre. Anna, elle veut  vivre sa vie et hop, hop, hop pour vivre, elle se donne à tous ces Messieurs… Oui, à tout venant, à qui mieux mieux. C’est ça qui t’intéresse chez nous ? Comment on vit notre vie de putasse ? D’accord, t’as pas dit le mot mais il est là, au bord de tes lèvres. Parce que c’est ainsi que tu nous vois, que tous ceux de ton espèce, ils nous voient. Oui, oui, je sais, Jean-Luc, je sais que c’est ton film ce Vivre sa Vie, mais ça en dit long sur la tienne de vie. T’es incapable de la vivre ta vie, voilà. T’es in-ca-pa-ble. Ou alors, en te prostituant. Je t’ai entendu parler à la boulangère ce matin, tu détestes son pain mais tu lui fais de méchants compliments et de jolies courbettes. Tu prostitues ta parole. Tu parles à ton boss au téléphone et tu te laisses acheter. Tu es avec moi et tu me reproches d’être avec toi. C’est toi, toi, toi, le prostitué… Ça y est, j’vais me mettre à pleurer, à penser encore à tout ça. Non, j’en veux pas de ton mouchoir, d’abord je pleure pas, je suis en rage, c’est tout. J’veux plus vivre cette vie. Et toi qui comprends pas, qui prends tout ça à la légère, qui t’en amuse ! Merde, je suis sérieuse et on n’est pas au cinéma, Jean-Luc ! Tu devrais l’arrêter ton cinoche, cesser de me faire tourner. Me faire tourner, oui, me faire tourner en bourrique. J’en veux plus de cette vie. Et de ton cinéma. J’en veux plus, j’en peux plus, Jean-Luc».

ANNA avait plutôt bien récité son monologue et assez bien joué la scène. Mais après la prise, elle a continué de pleurer et Jean-Luc, tout bêtement, s’est avancé vers elle et, se penchant, lui a demandé : «Anna ! Anna ! Qu’est-ce qui se passe, Anna ?»

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2 Responses to «Qu’est-ce qui se passe, Anna ?»

  1. Pleurer ?
    Pour un chien ou un chat qui se fait écraser,d’accord…Pas pour les gonzesses et les mecs,mon dieu quelle horreur ces bipèdes-là ?

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