Q : dialogue autour de la dix-septième lettre.

Cela ne devait concerner que nous trois : Angelina au pseudo @Mespetitesfable (Rédactrice à Bakchich et blogueuse), @elandreas, travailleur social et BiBi.

Ces trois pseudos s’ignorent dans la Vie réelle mais les voilà en court dialogue sur . Soudain s’inscrit le tweet suivant de la rusée Angelina : « #FF  @pensezbibi et @elandreas qui ont du pain sur la planche parce qu’ils ont promis de me raconter leur plus belle histoire de Q». Contrairement à ce que @Mespetitesfable a avancé, je n’avais rien promis. Il reste que je me suis rendu quand-même à sa convocation, lettre Q en main… et que j’en ai fait toute une histoire (une fiction ?).

Le Thème ? J.B(iBi) croise Hervé (RV). De quoi parlent t-ils ? D’Hélène (LN) bien sur.

*

HERVE : Et cette histoire de Q ?

J.B. : Mon histoire avec Hélène ?

HERVE : Hélène ! LN, bien sur ! Avec toi tout commence par les initiales.

J.B. : Oui, amoureux de cet assemblage.

HERVE : La précédente, c’était Béa ?

J.B. : Non, Emma.

HERVE : Et tu lui as déballé tout ton alphabet ?

J.B. : Amour commence par A, Hervé.

HERVE : Grand A ?

J.B. : Oui.

HERVE : Pas une histoire de Q ? Genre histoire d’O ?

J.B. : Film X tant que tu y es. Non, j’aime, j’aime, j’aime.

HERVE : Bah, je te connais : petite fable sans importance.

J.B. : Détrompe-toi : grand roman.

HERVE : Et déjà un petit cadeau ? Un livre, je parie.

J.B. : Oui. «La Disparition» de Georges Perec.

HERVE : Ce bouquin sans la lettre E ? Ton Hélène serait un Alphabet incomplet.

J.B. : Hervé, les femmes parfaites ou trop entières me font peur.

HERVE : Vous vous voyez souvent ?

J.B. : Non. Nous nous écrivons plutôt.

HERVE : Genre «Je t’écris parce que, certes, je t’aime mais aussi et surtout, je t’aime parce que je t’écris», hein ?

J.B. : C’est vrai sauf qu’avec elle, j’en perds mon latin. J’ai juste réussi à écrire ça :

    En nous le feu qui couve les tisons sous nos apparences cendrées

    En nous les grands incendies qui détruisent nos certitudes

    dévastent nos territoires

    En nous les feux où l’on se réchauffe le cœur et les pensées

    où l’on se brûle les doigts

    En nous les petites flammes qui éclairent nos coins fragiles

    et les abords de nos tentes de nomades

    Témoigner par brûlures

    Par pensées incendiaires

    Allons au bout de ce que nous aimons.

HERVE : Elle t’a répondu ?

J.B. : Oui, en échos sensibles.

HERVE : Words, words, words. Toujours des mots ! Toujours tes mots ! Brûlures, pensées incendiaires, mouais. Et la baise ? La chair ? Les corps en flammes ?

J.B. : Laisse-moi la rêver.

HERVE : Si tu attends trop, ça va tourner au cauchemar, ça finira en cendres.

J.B. : J’ai rendez-vous avec elle dans cinq minutes… ici. C’est la fin de ses cours.

HERVE : Professeur ?

J.B. : Oui.

HERVE : Hum, maîtresse femme.

J.B. : Non, professeur de lettres.

HERVE : Cesse de la prendre au mot, de la suivre à la lettre. Elle se lassera.

J.B. : Elle m’enlacera. Je prends mon temps.

HERVE : Tu gaspilles le sien.

J.B. : Au Commencement était le Verbe. La Chair viendra après.

HERVE : Ne tergiverse pas.

J.B. : Patience, Hervé. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

HERVE : C’est une fable finalement ton histoire avec Hélène. Une fable !

J.B. : Non, une femme fabuleuse.

HERVE : Alors, couche là ailleurs que sur tes papiers. Prends-là.

J.B. : Ne sois pas grossier. Travaux d’approche, Hervé.

HERVE : Pas assez proches.

J.B. : D’abord l’Être, Hervé. Elle ne couche pas au premier jour. D’abord, l’Être.

HERVE : Baise-la. Sinon tu la perdras.

J.B. : C’est à la perdre que je la gagnerai.

HERVE : Tu en es sûr ?

J.B. : Non. En amour, on n’est jamais sûr de rien. Il n’y a pas de preuve.

HERVE : Bon je te laisse.

J.B. : Déjà ?

HERVE : Ben, justement, voilà ta preuve… voilà ton épreuve.

*

Les très beaux dessins sur livres et papiers récupérés sont de Benoi Lacroix. (Voir son site ici). 

One Response to Q : dialogue autour de la dix-septième lettre.

  1. Angelina dit :

    Je crois que je ne t’ai pas assez dit à quel point ce texte était génial !

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