Ballon fou au Royaume de l’Ovalie (1).

Ellis, Rugby à Rugby et le ballon Gibert

Ce qui fascine lorsqu’il voit le ballon de rebondir c’est cette indécision. Droite ? Gauche ? Avant ? Arrière ? Cette indécision et cette danse impromptue, non-maitrisée, ces petits rebonds impossibles à déchiffrer déroutent souvent le joueur rendu fou et qui, mains tendues, veut saisir ce ballon ovale pendant que, tout autour, la foule gronde. Réussira t-il ou non à capter ce ballon si capricieux ? Ces moments suspendus sont toujours des instants forts de la vision du match de BiBi.
Là comme ailleurs, il y a un Roman des Origines autour de la naissance de ce sport. La paternité du Rugby fut attribuée à William Webb Ellis (photo 2) surveillant-adjoint puis  futur pasteur, qui eut la particularité de mourir en France et d’avoir été enterré en 1872 dans le vieux cimetière de Menton avec 9000 livres en poche.
A Rugby, dans la cour de la Public School, sur la dalle de granit rose perpétuant le souvenir de l’acte révolutionnaire de WWE, sont inscrits ces mots :
« Cette pierre commémore l’exploit de William Webb Ellis qui, avec un beau mépris pour les règles du football qui était joué en son temps, le premier prit le ballon dans ses bras et courut avec. Ce fut la distinction originale du jeu de rugby. A.D. 1823. »
Pourtant son geste est passé inaperçu pendant… un demi-siècle.
L’école de Rugby fut fondée en 1567 par un enfant du village de Rugby ( Comté du Warwickshire), Lawrence Shériff. En 1749, le Comité de Gestion de l’école acheta un premier terrain de football puis le revendit à cause de sa petitesse. C’est donc sur les champs voisins, sur le Bigside acheté en 1816 que réalisa son exploit.
Mais en 1880, voilà que dans le journal le Meteor, , ancien élève de l’école, va mettre la légende en marche. A la suite de cet article, l’Association des Anciens Rugbeians voulurent prouver que c’était bien dans l’antique école de Lawrence Shériff que le football-rugby trouva ses sources. Les membres de l’Association remirent leur rapport à Sir (rien à voir avec l’ex-de Madame Ferrari) qui était l’auteur renommé d’un roman Tom Brown schooldays ( photo tiré du film dans l’article 2) dont la trame se déroulait à Rugby. Elève de l’école entre 1834 et 1842, il fut à l’initiative des premières règles écrites : «  Courir fut autorisé avec ces restrictions : 1. Que le ballon fut attrapé au rebond. 2. Que l’ « attrapeur » ne fut pas en avant de son camp.3. Que le ballon ne soit pas passé à la main, mais l’attrapeur devait porter le ballon et toucher en but lui-même. 4. Ramasser le ballon à terre était absolument illégal ». Le 7 septembre 1846, le Bigside Levee (Comité des meilleurs joueurs) fit imprimer alors un minuscule livret des « Règles de football tel qu’il est joué à l’école de Rugby ».

Il y avait à l’intérieur 37 règles, parfois assez curieuses.

La Règle 19 précise « qu’aucun joueur ne doit se tenir sur la barre transversale pour empêcher le ballon de passer ».

L’arbitre, lui, n’était pas encore né : « Les deux chefs de camp, ou deux délégués désignés par eux, sont les seuls arbitres de toutes les disputes. » (Règle 31).

Le chronométrage était encore très large ! «  Tous les matches sont déclarés nuls après cinq jours ou après trois jours si aucun but n’a été marqué. » (Règle 32).

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