Lorsque BiBi a ouvert le « Monde », le Monde s’est ouvert à lui sur ces deux photos : l’une couvrant la Une du « Monde Magazine » (Ségolène Royal, l’Effrontée) l’autre se trouvant en page intérieure, dans les replis de l’édition du samedi («La Baigneuse de Coney Island » photographiée par Lisette Model).
Malgré le Monde qui les sépare, ces deux photos se sont imposées à lui ensemble. En écrivant sur cette contigüité, BiBi s’est (un peu) découvert à lui-même, s’est un peu ouvert, à son tour, au Monde.
Quand les modèles ne fixent pas l’objectif…
Ségolène a déjà glissé, les yeux fermés, entre chatouilles et jouissance. Elle se veut hors-temps. La New-yorkaise se laisse attendrir, toute présente au Présent. C’est dimanche de sortie, et la voilà – comme souvent les dimanches de printemps et d’été – sur le sable de Coney Island : elle a fini, un peu éreintée, sa longue semaine chez Harper’s (Dieu que les clientes ont été exigeantes !) et elle se prélasse dans le maillot de bain acheté en soldes l’année précédente.
Dans le Monde du 13 décembre, on apprend que Fillon a des goûts musicaux très eclectiques : Pink Floyd, Pat Metheny, Cziffra, Léonard Cohen, Jefferson Airplane. Dans le même temps, sort aux Editions du Moment, le livre de la journaliste Alix Bouillaguet «La Carpe et le Lapin». Cette dernière a enquêté sur les rapports entre la Carpe (Fillon) et le Lapin (Chouchou), deux hommes si différents mais qui «se sont habitués l’un à l’autre». BiBi imagine bien Chouchou écoutant le «White Rabbit» des Jefferson Airplane. De quoi en rester muet comme une carpe.
VŒUX 2010 DU PRESIDENT.
Dans le visuel de l’allocution des vœux de Chouchou à la Nation le premier janvier, il n’y aura pas de fond d’écran avec une bibliothèque (tout le monde sait qu’il ne sait pas lire) ou avec un bureau ( tout le monde sait que c’est un homme d’action). Il n’y aura qu’un plan serré, ultraserré, avec pour seul décor le drapeau français. La dernière fois que BiBi a vu Chouchou sous un drapeau tricolore, c’était lorsqu’il imitait Jean-Marie Bigard sur la scène du Plateau des Glières enregistrée par Gilles Perret dans son film «Walter Bassan en résistance».
DEUX LECONS D’HISTOIRE.
1. Raymond Soubie, conseiller de l’Ombre de Chouchou, a eu une sévère altercation avec Henri Guaino au sujet de la suppression du cours d’Histoire obligatoire en Terminale S. Chouchou n’était pas là ce jeudi. Le pugilat sera arbitré par le Maitre à son retour. A Copenhague, Chouchou faisait l’Histoire. A Paris, les deux faisaient et la paire et des… histoires.
2. Pour 74% des personnes interrogées par BVA, Ségolène Royal est désormais un «handicap» pour le Parti Socialiste. C’est ça la Voie Royal(e) : au terminus, on finit par perdre la tête.
MANUEL VALLS.
Notre grand révolutionnaire, grand ami du très réactionnaire Stéphane Fouks, va sortir prochainement un livre. Ce sera dans tous les bacs des libraires au premier avril. Un vrai poison d’avril.
PIERRE ARDITI.
Pierre Arditi est «passionné de politique». C’est son hobby. Il participera et animera l’émission de Pierre Sled à partir du mois de janvier («ça va faire du bruit» sur la Chaîne Parlementaire). L’acteur, qui déclara «admirer Sarkozy», sera «opposé» à PPDA, ex-candidat UMP. On appelle ça un Débat contradictoire, un peu à l’image de celui «opposant» Joffrin et Sylvie Brossolette tous les matins sur France-Info. BiBi, qui regrettait simplement la disparition du très objectif UMP Jean-Marie Cavada, voit enfin un vide doublement comblé.
ANNE FULDA DU FIGARO.
Anne Fulda, ex-Chochotte de Chouchou, journaliste recyclée au Figaro, se demande dans son billet du 12 décembre pour quelles raisons Eric Besson est si détesté. Elle n’avance que des raisons d’une psychologie de bazar (pour, évidemment, fournir à notre Ministre de charme des circonstances atténuantes). En effet, pas une fois, elle ne se dit que notre Ministre est haï pour sa politique honteuse.
Voilà qui s’appelle : «faire de la politique sans avoir l’air d’y toucher».
MICHEL PLATINI.
BiBi avait deux mots pour qualifier les dénégations de Platini sur les matches truquées au sein de son Organisation UEFA-FIFA : Plutôt Fair Play pour Michou. Plutôt Flair Pay pour BiBi. Un arbitre bulgare a truqué un match Macédoine-Canada (3-0 avec 4 penalties sifflés dans le match) au profit de l’Industrie des Paris. BiBi 1 – Platini 0.
JOHNNY HALLYDAY.
Dans toute la presse, on se demande ce que va devenir Johnny. BiBi a trouvé indirectement la réponse dans le magazine Forbes. On y révèle qu’Elvis Presley Enterprise continue de gagner un max. La célébrité du King défunt a permis à ses ayant-droits de toucher 55 millions de dollars en 2009. Johnny, clone d’Elvis. Et Priscilla qui rime avec Laetitia.
Poor lonesome Cow-boy. Jean Louis Gergorin s’est livré en exclusivité à la Tribune de Genève : «Lorsque j’étais à EADS, j’avais plein de gens autour de moi qui géraient mon emploi du temps et mes déplacements. Du jour aulendemain, je me suis retrouvé tout seul avec mon Blackberry». Poor lonesome cowboy. Pour un peu, on lui ouvrirait un dossier de bénéficiaire du RSA.
Poor lonesome Cow-girl.
BiBi se demande toujours si Anne Méaux d’Image 7 est la Conseillère Com de Ségolène Royal. Si, comme il le croit, elle l’est, BiBi conseillerait bien à Madame Royal de renvoyer dans les cordes cette ex-adhérente du Parti des Forces Nouvelles pour avoir saccagé son jardin. Cette dame très discrète, conseillère d’Henri Proglio (Veolia), de Jean-Claude Naouri (Casino) est passée par les cabinets de Giscard, d’Alain Madelin et de Raffarin. Ce dernier, surtout, lui a permis d’avoir ses entrées à Matignon. De là, Madame Méaux a conseillé Rachida Dati, a embauché la femme de Michel Boyon ( président du CSA), elle a placé en son temps l’ex-chef de presse de son entreprise à Matignon et s’est constituée un carnet d’adresses exceptionnel. Ségolène Royal, grisée par les fabuleux contacts politiques de cette Conseillère, se serait entichée d’elle chez leur ami commun François Pinault (dont la nostalgique de la Droite extrême fut aussi la conseillère).
Résultats ? Catastrophe sur catastrophe ! Du boubou de Dakar aux photos avec Rachida et Patrick Devedjian, des propos bien benêts («La fraternité doit guider nos pas/De la Vérité naît laLumière/Depuis un an, j’ai été très loyale») à des déclarations inquiétantes («L’alliance avec le Modem n’est plus tabou»), voilà Ségolène Royal lâchée même par ses amis. Ainsi Michel Sapin, son ami de l’ENA : «Elle est de plus en plus seule, elle est dans une stratégie qui est elle-même aussi de plus en plus solitaire». BiBi ne voit qu’une cabane au Canada (voir Alain Juppé pour une adresse), une case à Dakar, un monastère en Grèce pour aller méditer sur l’ingratitude du Monde politique.
Vous verrez, Madame Royal, la Solitude a du bon.
Dans Le Monde du 27 août, Rémi Lefebvre, professeur à l’Université de Reims, décrit avec justesse le PS d’aujourd’hui. Il reprend un peu de ce que BiBi écrivait ici-même sur la composition sociologique du Parti (élément nécessaire à connaître mais non déterminant pour expliquer ses difficultés).(voir article de BiBi : 2012 : les cris de victoire de Little Nikos.) Même si la dernière enquête interne remonte à 1998, voilà ce que Rémi Lefebvre en retire : «Ce qui ressort toutefois, c’est qu’il s’agit d’un parti vieillissant qui compte un grand nombre de retraités et beaucoup de fonctionnaires des collectivités locales ». (BiBi rajouterait là une caractéristique importante : une frange des adhérents socialistes est encore relativement bien protégée de la Crise et de ses effets dévastateurs. A vérifier cependant).
On sait aussi que «la moitié de ses membres sont des élus absorbés principalement par la gestion locale (et par leur réélection, rajoute BiBi). C’est ce lien essentiel et professionnel qui les retient à l’organisation».
Autre précision avancée : «La professionnalisation des militants du PS est un phénomène plus récent. La filière de recrutement n’est plus le syndicalisme ou les réseaux associatifs. Un nombre de plus en plus important de ses adhérents vivent de et pour la politique (…). Ce système fonctionne en vase clos, dans un milieu social fermé, entre personnes liées par des intérêts professionnels et politiques qui se confondent.Loin en tout cas des groupes sociaux que le Parti est censé représenter ou défendre ».
A propos des enseignants, Rémi Lefebvre – preuves à l’appui – dit que le PS a lâché ses supporters numéro Un, ex-courroie de transmission, ex-relais d’opinion et ex-composante stratégique au cœur du Parti jusqu’à récemment ( disons : 2007). Toute cette «désidéologisation» a entraîné «les luttes de position actuelles», ces luttes qui «n’ont de sens que pour les dirigeants» (1).
L’intervention de Rémi Lefebvre ne vise pas qu’à rappeler quelques vérités tues et dérangeantes du haut d’une chaire. Elle distille des conseils plutôt bienvenus et salutaires (Mais cela intéressera t-il les Socialistes ?) : «Le PS doit réfléchir à a reconstruction d’une alliance de classes entre les catégories populaires et les classes moyennes» car «on ne sait plus qui le PS représente, qui il défend, quel est son adversaire. Il y a un déficit de conflictualisation, or la Gauche ne peut faire l’économie du conflit dans une société profondément inégalitaire ».
Rappelons à l’appui de l’argument qu’un récent sondage rapportait que les couches populaires dans leur désarroi trouvaient que le PS ne s’opposait pas assez aux attaques du Pouvoir sur les acquis sociaux.
Les forces droitières et centristes ont encore beaucoup d’influence et la partie d’un PS à gauche n’est pas gagnée. Lorsqu’on lit les propos de Pascal Lamy (Le Monde du 27 août) ou les arguments de l’historien Michel Winock qui nous dit où est l’ennemi, on est en droit de désespérer : «S’il veut être un parti de gouvernement, l’alliance du PS avec les Verts et le Modem est aujourd’hui la voie la plus logique». Ce grand historien veut que le PS se «libère de son Surmoi marxiste». Il nous prend à témoin de la Grande Politique menée en son temps par Lionel Jospin, une politique glorifiée et qualifiée non pas de « socialiste » mais de «sociale»…
C’est vrai qu’elle était très sociale la politique du Premier Ministre trotskyste… achevée brutalement par la grande claque sociale de 2002.
(1) La photo de Madame Royal avec Patrick Devedjian à l’Usine d’Heuliez au moment où se tenait la réunion Peillon à Marseille n’aurait-elle eu pour but que de montrer aux autres dirigeants qu’elle est sur le terrain des luttes et non dans la parlotte ? Naaan ! C’est juste une mauvaise pensée-BiBi. (voir l’article Patrick & Ségolène : the French way of life ?)
Dans le Figaro du jour (26 août), BiBi s’est arrêté sur une photographie en page interne. Il délaissera celle de François Pérol, patron de la BPCE déguisé en enfant de chœur tristounet. Le saint homme semble être passé au confessionnal, tête penchée, mains jointes en signe de rédemption.
C’est l’autre cliché qui interesse et interroge BiBi : il y a un homme, il y a une une femme. Ils sont tous les deux intéressés par un prototype industriel. On dirait un vrai couple, bien assorti, qui se penche avec tendresse sur leur bébé.
Le journal La Nouvelle République n’est pas loin de la croyance de BiBi puisqu’il relève dans ses colonnes un parfum d’«esprit d’union sacrée». Au-dessus de la photographie, page 17 du Figaro, il y a ce titre : «Heuliez fonde ses espoirs sur ses voitures électriques». La photo illustre la visite de Patrick Devedjian dans cette usine d’assemblage de l’équipementier automobile à Cerizay. Plus de 200 emplois sont menacés.
A côté de lui, en robe rouge et petite veste couleur jean, une jeune femme. On pense d’abord à une ouvrière spécialisée (un peu étonnant dans ce type d’usine) mais bien sûr, on fait fausse route. Peut-être une accompagnatrice du Ministre ? Ou encore une jolie secrétaire de Direction, posée là en potiche publicitaire ? La jeune femme séduisante sourit à peine, elle est un peu en retrait. Rien de surprenant donc, sauf ce moment où BiBi reconnaît là… Madame Ségolène Royal.
BiBi l’avait déjà sélectionnée sur un cliché, souriant aux côtés de Rachida Dati. Il va ici agrandir la collection de son Album.
BiBi lit d’ici les commentaires qui ne manqueront pas de lui arriver. Faut faire bloc Droite/Gauche contre les méchants industriels étrangers. Ah bon ? Certains crieront au cliché, ( ce n’est qu’une photo etc), d’autres diront que c’est pour la bonne cause automobile française etc. Mais à force de se laisser prendre en photo auprès d’un membre du gouvernement, quel est le message insistant qu’on envoie et qui passe ?
Avec cette sorte de cliché, BiBi pense que c’est le brouillage «Gauche »/Droite qui perdure, brouillage qui explique le désarroi des électeurs (une grande majorité des français dit que le PS n’est pas assez virulent contre le gouvernement), qui explique l’état du PS et sa déconfiture (regrettée par BiBi). BiBi serait curieux de savoir ce qu’en pensent les futurs licenciés de la boite auxquels on fait croire que le gouvernement se soucie de leurs emplois (La présence de Madame Royal apporte de l’eau au moulin gouvernemental, non ?) N’aurait-il pas été plus simple de différer la visite (refuser de poser avec Devedjian aurait été un acte politique bienvenu) ? De ne pas laisser de tels clichés paraître ?
Mais peut-être que c’est Anne Méaux (ex-Occident et conseillère en Com de Ségolène ? – BiBi n’a pas encore de réponse là-dessus) qui a organisé la rencontre du couple ?
PS : La photo de l’arrivée de Ségolène Royal et de Patrick Devedjian n’est pas celle du Figaro. Si quelqu’un peut envoyer à BiBi la photo du Figaro du 26 août, il se fera un « plaisir » de la mettre en ligne…
Engagée par le JDD à la suite de ses spectaculaires apparitions télévisuelles chez Michel Drucker, Anne Roumanoff est censée nous faire rire. Et c’est vrai que -parfois- point un sourire sur nos lèvres. BiBi s’est attachée à la lecture de ses deux derniers papiers du JDD. Il a regardé sa façon (politique) de tenter de nous faire rire.
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