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Vive nos Medias !

******* Ils fêtent leur 70ème anniversaire ! *******

Qui ça ? Mais les présentateurs des Journaux télévisés, voyons. Ils s’agitent, se congratulent, font les Unes des hebdos. Et voilà que l’un raconte ses merveilleux souvenirs et que l’autre déballe ses quelques désagréments. Pour chacun(e), c’est toujours une joie non contenue. Pour ne pas être en reste, j’ai fait mon micro-trottoir. Un micro-trottoir qui s’est arrêté aux paroles de ma voisine. Magnifique Ode à tous ces hommes et à toutes ces femmes, à tous ces pionniers qui ont accompagné merveilleusement nos vies d’enfant, d’adolescent, d’adulte. Citons en vrac ces grands cireurs de pompes élyséens (que ceux que j’oublie me pardonnent) : François Gerbaud, Pernault, Pujadas, Ferrari, Bruno Masure, JM Cavada, Elkabbach, Françoise Laborde, Bilalian, C. Ockrent, Delahousse etc.

Sur Poivre d’Arvor…

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Hélas, nous ne sommes plus en ces temps merveilleux de l’Info. Aujourd’hui tout a changé. Il ne faut plus écouter ces bateleurs, ces émissaires élyséens. Il faut surtout écouter… leurs silences. Car, oui, oui, oui, ils se taisent.

Prenons l’Officine du Monde, les @decodeurs. Nous en sommes au 170ème jour de l’année et malgré les sollicitations quotidiennes des internautes, ils continuent de se taire, de se terrer. Ils ne veulent toujours pas nous dire combien FaceBook les a payé pour leurs travaux de chasse aux fakenews (celles des Gueux) pour 2018. Un oubli ? Non. Un veto de Niel leur Boss ? Rappelons que leurs amis d’à côté, ex-Libedesintox, avaient reçu 245.000 dollars de la part du grand démocrate aux grandes largesses désinteressées, Mark Zuckerberg.

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Silence analogue chez ces jeunes loulous de @Checknewsfr (Cédric Mathiot, Jacques Pezet and Co). Cette fois, leur silence porte sur le dépôt de la question suivante mise en ligne le 6 mai par un internaute. Toujours aucune réponse. C’est qu’il ne faut pas déranger Edouard Philippe dans ses travaux d’Hercule élyséens.



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Un coup d’oeil sur France Inter et sa journaliste Fabienne Sintes. Là voilà qui, dès l’épisode de La Salpêtrière, se rebiffe contre ces odieux gilets jaunes qui envahissent et cassent cet Hopital. Sans précaution aucune, sans vérification (la base de son travail pourtant), elle poste ce tweet avec une célérité incroyable. A croire que, depuis novembre 2018, elle avait retenu une sacrée rage inside !

OK, tout le monde peut se tromper. Mais Fabienne Sintès aurait pu se fendre d’une excuse. Ben non, vous n’y pensez pas ! S’aplatir ? Avoir honte ? Pffftt. Chez les grand(e)s journalistes, ça ne se fait pas.

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Entendu sur les Medias.

On parle beaucoup de Novlangue, de manipulations syntaxiques mais on continue dans les Medias à parler de « la crise des gilets jaunes ». Via mes tweets, je n’ai cessé d’interpeller Bruno Duvic, Delphine Simon, Yaël Goosz Yves Decaens de France Inter, l’hebdo Marianne, Karim Rissouli de C’est A Vous qui, tout tranquilou, usent et abusent de l’expression. Je leur ai demandé la raison pour laquelle ils ne disent pas dans leurs présentations : « la crise de la Macronie révélée par les gilets jaunes ». Silence. Bref, ils ne voient pas la différence entre ces deux expressions. Ayant avalé, depuis leurs premiers biberons journalistiques, la propagande macroniste, ils ne s’interrogent pas même une seule seconde sur cette manipulation.

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L’obscénité (d’autres diraient : la saloperie) de la quinzaine médiatique revient à Eric Brunet de Radio Monte-Carlo et BFMTV. Il veut que l' »on soutienne Carlos Ghosn« , ce « grand patron qui est resté pour relever Renault« . Eric a mal à la France qui – pour lui – manque de reconnaissance à l’égard de ce magnifique Chef d’Entreprise. Cotisons-nous pour envoyer ce nauséabond Brunet au Japon et demandons aux autorités nippones qu’il le garde dans la même cellule que son admirable ami Carlos.

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Les Medias oseront-ils dire que Stéphane Pallez, amie macroniste reconduite à La Française des Jeux a « contribué au redressement de France Telecom en tant que Directrice financière » en 2004. Ben non, faut pas. C’est qu’il y a en ce moment ce terrible procès France Telecom, avec le rappel de ses suicidé(e)s, de ses blessé(e)s à vie qui sont autant de mauvaises images de marque pour la France de la Macronie.

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Enfin deux autres oublis d’importance. D’autres diraient Censure.

Toujours le silence sur le rôle de Nathalie Loiseau dans les affaires qui concernent la lanceuse d’alerte Françoise Nicolas. On touche ici aux malversations financières à l’ambassade du Bénin. A part le Media TV, silence à Mediapart, Politis, Marianne, Le Monde et autres grands Medias probablement trop occupés ailleurs.

Silence aussi sur le livre de Nicolas Grégoire (« Pas Avant le Deuxième Tour« . A commander sur Amazon) qui conte par de menus détails, aussi ahurissants les uns que les autres, le fonctionnement de la Machine Modem de François Bayrou.

Le Cirque médiatique.

Il est des intellectuels d’aujourd’hui qui font honneur à leur statut, se parant en gilets jaunes, défilant, manifestant, signant aussi la pétition pour les défendre. Bien entendu, ils n’ont guère d’espace médiatique pour faire connaître leur soutien. En sens contraire, on voit à longueur de journée des intellectuels mediatiques qui sont bien loin de penser le libéralisme (sa violence économique et policière) comme le premier des périls et quioccupent massivement la piste audiovisuelle. La plupart, sous-fiffres au capital culturel faiblard ou vieux arrogants indéboulonnables, déversent hargne et haine contre les Oubliés de l’Histoire, des Oubliés qui se rappelent chaque week-end, à leurs très mauvais souvenirs.

Tout cela est connu. C’est la France de Macron.

Guère besoin de présenter ces grandes étoiles du Cirque médiatique, experts en tous genre, sondeurs inamovibles, animateurs (trices) serrant amoureusement leurs micros, cyniques à l’humour de potaches, Chevaliers à l’écharpe rouge ou à la chemise blance, Goupil sorti des fourrés de 68, acteur berléanisé et terrorisé etc. Au total, une petite cinquantaine de personnes fières d’être touche-à-tout, répondant à tout, à tous, ouvert à tout, à tous. Avec bien entendu du poil à gratter anti-élite quand il est urgent de ne pas paraître trop servile, avec un zeste de citron acide pour endosser l’habit très consensuel du Rebelle, cet habit très bien porté par la nouvelle génération libérale-libertaire.

Ces clowns de la Grande Parade, les Medias n’ont guère besoin d’aller les chercher, ils les sonnent, ils arrivent, tous déjà connus de par leurs réseaux (ce sont les mêmes). Leurs lieux de retrouvailles ? Les Diners du Siècle, les repas chez Alain Minc, les séances photos de Mimi Marchand, les petits fours Avenue Montaigne, les parties de chasse en Sologne, les Croisières en Méditerranée, les petites sauteries (le JDD pour le 70 ème anniversaire du torchon) etc.

Tout cela est connu. C’était la France de Sarkozy-Hollande, c’est celle de la France de Macron.

Toujours étonnante la défense tarabiscotée de beaucoup de cesintellectuels dès qu’il s’agit pour eux de répondre, de se positionner vis-à-vis de ce mouvement social : «Et vous ? Et les Gilets Jaunes ? Et leurs revendications de justice sociale, dites-nous un peu ? » Les silences à ces questions… très rarement posées (il ne faut pas mettre ces gentils invités sous pression) sont toujours recouverts par leurs parlottes publicitaires. Nous en sommes à l’acte 16 des gilets jaunes mais ils causent : «Oui c’est mon dernier livre ; oui c’est mon dernier album ; c’est important de rappeler combien l’amour est essentiel, oui, il faut se battre, la Planète est en danger, les extrêmes, ah oui les extrêmes, et l’antisémitisme, mon dieu (le visage est grave, une seconde d’arrêt, de recueillement) mon dieu comme c’est affreux ».

Tout cela est connu. C’est la France de Macron. C’est aussi la France des BiBis.

Et là, voilà des questions qui me mettent mal à l’aise. Comment expliquer la gêne qui me prend à suivre ces émissions LCI-BFMTV-GGRMC-CNEWS, où je vois et entends des intervenants avec lequel je suis solidaire ? Pourquoi ai-je toujours cette impression durable qu’ils s’enfoncent, qu’ils s’embourbent irrémédiablement alors que ce ne sont pas leur arguments très justes qui sont en cause ? Pourquoi ai-je ce dépit toujours tenace qu’à la fin de ces pseudos-débats, de ces émissions-poubelles (aux thèmes pré-définis, jamais interrogés), de ces nullités télévisuelles ces Opposants se sont fait avoir ?

ANALYSE. Osons l’écrire : singulières croyances, singuliers aveuglements que les leurs. D’abord, cette croyance que leur présence va faire avancer les luttes en cours, illusion qui perdure même lorsqu’ils écoutent les saloperies distillées. Sur ces ignominies, ils vont quand-même répondre alors que le seul geste à faire serait de se pincer le nez et quitter le studio. Croyance donc increvable que chacune de leur intervention leur fera gagner un ou une électrice. On oublie hélas le passé, ce passé où les communistes du PCF de Georges Marchais avaient été fascinés par les interventions TV de leur Premier Secrétaire pendant que, dans le Réel, le potentiel militant était, lui, de moins en moins nombreux, qu’il était de moins en moins écouté, passant de 22% à 2% dix ans plus tard. On a aussi oublié qu’au référendum de 2005, 95% des Medias omni-présents pour le Oui ont été insuffisants pour contrecarrer le résultat.

C’était la France de la fin du XXème siècle mais on continue de l’ignorer.

On l’a oublié et – hélas – ces Organisations contre l’Ordre établi (et leurs chefs charismatiques) croient toujours que présenter leurs arguments politiques devant les présentateurs de JT, devant les animateurs des émissions politiques feront avancer leur Schmilblick.
Et voilà ces mêmes organisations prises totalement au dépourvu devant le Mouvement naissant des Gilets Jaunes, s’étonnant que malgré leurs (souvent justes) revendications, ces mêmes Gilets Jaunes se montrent réticents à leurs arguments (souvent convergents d’aileurs) et se méfient de la bureaucratie de leurs Organisations.

Ces Opposants – hors micro et écran – analysent très souvent avec justesse les Medias mais ils y vont quand-même. Et dès qu’ils sont sur les plateaux ou dans les studios, curieusement, ils rangent leurs armes critiques. Pourquoi ? Je crois que cela tient à une insuffisance de reflexion sur les dispositifs de ces émissions et surtout-surtout à un manque d’analyse sur la place prépondérante des grands Chefs que sont les animateurs/trices. Véritables despotes aux gestes amicaux, aux sourires consensuels etc, ce sont eux et eux seuls qui mènent la danse pro-libérale et gagnent toujours à la fin.

Cette impression de défaite des Opposants ne tient pas seulement à leur minorité (seuls contre deux, voire trois autres invités).

Cette déception qui nous prend à toute émission de cet acabit tient à ce que ces Opposants acceptent d’emblée – sans jamais la critiquer (on rêve d’un Godard venant décentrer toute question de Ruth Elkrief ou d’Yves Calvi) – la supposée position de neutralité, d’indépendance, d’objectivité de ces Meneurs d’émission qui sont là, nommés par leurs Patrons milliardaires, parce que d’obédience libérale.

Là où le bât blesse, c’est que ces invités estimables de la Gauche ne voit pas le dispositif qui les enserre. La contrainte inexorable n’est pas dans le trois contre Un, elle se situe dans l’omni-présence décisive à chaque moment (jusqu’au mot final) du présentateur/trice.

Seul moment de grace : lorsque Xavier Mathieu, invité des Gilets Jaunes, fit exploser le studio de BFMTV en s’en prenant à la position mise en pleine lumière de la pseudo-neutralité de la présentatrice Ruth Elkrief et de Bruce Toussaint.

Car c’est bien là que, tactiquement et stratégiquement, ces invités devraient porter leurs coups – quitte à… quitter majestueusement le studio.

Hélas, tout cela n’est pas assez connu. Et le restera encore longtemps.

A mon réveil, le Capitalisme était toujours là.

Comment se débarrasser de la question-constat qu’un ami me posa innocemment au début de la retransmission du match de football France-Irlande au Stade de France ? «Je ne comprends pas, me disait-il, qu’un match amical de foot rassemble 80.000 personnes et que le défilé du 26 mai ne réunisse pas plus que ce nombre».

Devais-je écarter sa question en la déniant ? Non, car elle était d’importance. D’autant plus qu’écoutant Alain Badiou (entretien au MediaTV avec Aude Lancelin) quelques jours plus tard, le constat du philosophe sur le rapport des forces du présent allait dans la même direction : «L’idée fait défaut… On a affaire à des résistances, donc à des données qui tentent d’empêcher le pire, d’empêcher la dislocation complète du système social… mais ce n’est pas saisi ou resaisi dans une dimension affirmative commune. De là une certaine faiblesse». Il parlait du mouvement populaire qui donne pourtant des signes d’espoir.

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Médias, éditocrates en Macronie.

Lafarge chez Daech ? Les routiers et leurs blocages ? Pffft, pas des sujets interessants pour notre radio publique (France Inter). Par contre Photoshop ou non pour Madame Macron, voilà la question qui – pour Atlantico – remplirait d’aise les foules françaises. On se branche sur France Info ? V’la l’obsessionnel Aphatie qui bavasse exclusivement sur Mélenchon. On met Europe1 ? Raphaël Enthoven y vomit la novlangue (pas la novlangue patronale, hein?).

Ainsi va la Macronie.

Ainsi vont les Médias et leurs éditocrates.

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Les Affaires du « Siècle » (2).

Le Siècle de Louis Kessler

Les Gens de ce Cercle ont persuadé BiBi que peu importait les opinions politiques et les croyances religieuses. Il convenait avant tout d’être honorable en tous points, de respecter les valeurs démocratiques et républicaines, de gagner en puissance au sein de la société, d’être branché sur les réseaux d’influence, d’avoir reçu une bonne éducation mondaine, et bien entendu d’avoir envie de se retrouver entre « gens de qualité ».
BiBi soupire profondément : il n’a aucune chance d’ouvrir le diner ( photo 2) et d’ouvrir les débats parmi les 250 à 300 invités du Mercredi. Heureusement, BiBi va pouvoir demander quelques informations à nos Idoles des Médias.
Sur son carnet d’adresses, BiBi a déjà coché ces grands journalistes qui font l’opinion. Ils sont membres et c’est étrange : ils ne s’en vantent pas.
Voilà sa liste en détail :