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« La Droite, c’est la Mort ».

La première fois que BiBi lut cette phrase qui fait encore bondir les lampistes umpistes (tant mieux), ce fut en lisant l’interview de Marie N’Diaye dans une interview aux Inrocks. Elle était à peu près d’accord avec l’affirmation de Marguerite Duras (Relire le court billet-BiBi ici).

Cette phrase avait été prononcée en 1988 à l’approche de la Présidentielle au cours de laquelle Marguerite Duras soutenait son candidat, résistant tardif, François Mitterrand.

Traversant avec dégoût les effets-propaganda de la Communication Louvrier, rageur devant l’arrogance du Petit Chef et la veulerie de ses Courtisans, BiBi, lui, reprend la formule entièrement à son compte. Et c’est avec le dessinateur Ghertmann qu’il traduit et conjugue sa méchante humeur.

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Retour sur Raoult le Censeur et l’exquise Marie.

Eric et Marie

Sur le site de Causeur.fr, on peut lire une intervention d’Odile Cohen, avocate. Son article reparle des propos tenus par Eric Raoult qui ne sont pour Madame Cohen qu’une «sotte injonction» ! Après le discours d’usage sur la défense des écrivains (mais bah, ce n’est qu’une « tempête dans un verre d’eau» !), la collaboratrice de Causeur s’attaque à Marie N’Diaye en rappelant justement ses propos : «Cette France est monstrueuse…» Jusque là, tout va bien.

Mais l’ensemble de sa démonstration va prendre un tour bizarre car l’avocate va renvoyer dos à dos le cher Raoult et l’ecrivain Prix-Goncourt. Pour appuyer sa démonstration, elle va tronquer/rectifier les dires de Marie N’Diaye : «Ceci étant clairement dit, on a cependant le droit de trouver que Marie NDiaye est parfaitement à côté de la plaque. La France serait « monstrueuse », la droite, c’est la « mort et la vulgarité ? ».

CETTE France est subitement devenue : « LA France ». Petit tour de passe-passe (in)conscient ? Madame est avocate et on aurait aimé qu’elle fasse – comme probablement lors de ses plaidoiries – très attention aux mots, aux phrases, aux tournures employées. Or en transformant «Cette France» en «La France», c’est tout le sens et la portée des propos de Marie N’Diaye qui sont dénaturés. Il s’ensuit que la pseudo-démonstration est parfaitement déplacée. A vouloir ménager la chèvre et le chou, Madame l’Avocate se retrouve dans l’enclos, chèvre ligotée et corde au cou, à chevroter et à prendre la défense des Maîtres.

Plus direct et plus offensif est l’article publié par l’écrivain Christian Salmon ( Le Monde lundi 16 novembre). Il écrit : « La Déclaration d’Eric Raoult porte atteinte non pas seulement à la liberté d’expression d’un écrivain, il met en cause la liberté tout court, celle qu’a tout citoyen de trouver en effet « monstrueux » de reconduire manu militari des Afghans dans leur pays en guerre, « monstrueux » de traquer des enfants sans papiers dans les écoles maternelles, « monstrueux » de criminaliser ceux qui prennent leur défense etc… »

Un article sans Chèvre ni chou… ce chou gras qui fait la soupe un peu indigeste de Madame Cohen.

Marie N’Diaye aux Inrocks.

Marie N'Diaye

C’est entendu, une phrase joliment tournée dans une interview ne fait pas le bon écrivain. BiBi n’a pas lu le livre de Marie N’Diaye («Trois femmes puissantes» chez Gallimard) mais il a retenu sa réflexion rapportée de la rencontre de l’écrivaine avec l’équipe des Inrocks.

(Extrait) Les Inrocks : Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

Marie N’Diaye : Je trouve cette France monstrueuse. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité. Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : « La Droite, c’est la Mort ».

BiBi, lui, la reprend à son compte. La Mort, oui.